Dimanche  24  Août   2025

(Isaïe 66,18-21)  (Heb.12,5-7.11-13)  (Luc 13,22-30)

Ce n’est pas étonnant que quelqu’un ait demandé à Jésus : N’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? A l’époque, les opinions étaient partagées. Certains rabbins enseignaient que tous les israélites seraient sauvés en tant que fils d’Abraham, d’autres prétendaient que ceux qui périraient seraient plus nombreux que ceux qui seraient sauvés. Jésus ne répond pas directement à la question posée, mais il recommande à chacun de faire ce qu’il faut pour être sauvé. En d’autres termes : le nombre des sauvés, cela ne vous regarde pas ; occupez-vous de votre salut à vous : efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à rentrer et n’y parviendront pas.

Profitant de l’occasion, il répète une fois encore ce qu’il avait déjà répété bien des fois : Produisez des fruits de repentir et ne vous avisez pas de dire en vous-mêmes : nous avons pour père Abraham. Car je vous le dis, des pierres que voilà, Dieu peut susciter des enfants à Abraham. (Mt.13,8,9) Aujourd’hui il insiste : vous aurez beau dire : Seigneur nous avons mangé et bu en ta présence et tu as enseigné sur nos places, le Maître vous répondra : Je ne sais pas d’où vous êtes. Eloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice.

Produire des fruits de repentir, Qu’est-ce que le Christ entend par là ? Tout simplement ne pas commettre d’injustice, mais  pratiquer la justice. Il insiste là-dessus parce que la pratique religieuse de l’époque se contentait trop souvent de célébrations festives et de sacrifices, laissant de côté les devoirs de justice, alors que justement l’Ecriture et la Tradition enseignaient le contraire : pratiquer la justice et le droit vaut mieux que les sacrifices, lit-on au livre des Proverbes, (21,3) tandis qu’à travers Amos et Osée le Seigneur est catégorique : Je hais, je méprise vos fêtes, pour vos solennités je n’ai que dégoût…Vos oblations, je n’en veux pas, vos sacrifices de bêtes grasses, je ne les regarde pas. Eloigne de moi le bruit de tes cantiques, que je n’entende pas le son de tes harpes, mais que le droit coule comme l’eau et la justice comme un torrent qui ne tarit pas. (Amos 5,21-24) C’est l’amour que je veux, non les sacrifices. (Osée 6,6)  

Pour un certain nombre d’auditeurs de Jésus, leur monde s’écroule. Ils étaient pratiquement sûrs d’être sauvés puisqu’ils étaient fils d’Abraham et  observaient soigneusement les pratiques pieuses en usage. Et voilà que Jésus leur explique que tout cela ne vaut rien aux yeux de Dieu si cela ne débouche pas sur un changement de vie, une conversion et la pratique de la justice. Et le Seigneur achève de les assommer en ajoutant que tous ceux qui se seront convertis et auront pratiqué la justice et la charité seront sauvés, même s’il s’agit de païens, de collecteurs d’impôts ou de prostituées : IIs entreront avant vous dans le Royaume de Dieu. Jean est venu …et vous ne l’avez pas cru, collecteurs d’impôts et prostituées l’ont cru. (Mt.21,31-32) Il y a des derniers qui seront premiers et des premiers qui seront derniers. (Mt.19,30)

Nous aussi aujourd’hui nous avons besoin d’entendre ce rappel à l’ordre de Jésus. Comme les Juifs de son temps, nous avons tendance à croire que pour être un bon chrétien, il suffit de  faire quelques prières et d’aller à la messe le dimanche. D’ailleurs comment définit-on un chrétien ? On dit : C’est quelqu’un qui va à la messe. On devrait dire c’est quelqu’un qui pratique la justice ou qui fait la volonté de Dieu. Le Christ est formel : il ne suffit pas de me dire Seigneur, Seigneur… il faut  


faire la volonté de mon Père (Mt.7,21).  700 ans auparavant Michée enseignait déjà : On t’a fait savoir homme, ce qui est bien, ce que Yahvé réclame de toi : rien d’autre que d’accomplir la justice, d’aimer avec tendresse et de marcher humblement avec le Seigneur ton Dieu. (Michée 6,8) On dirait que les croyants de tous les temps ont toujours essayé de tricher avec Dieu et de se persuader qu’il suffisait de dire quelques prières et d’accomplir quelque rites liturgiques pour régler la question de nos devoirs envers lui et qu’ensuite, on pourrait faire ce qu’on veut. On a toujours été d’accord pour reconnaître que la prière était absolument nécessaire pour se rapprocher de Dieu et entrer en communion avec lui, mais il semble bien que souvent on ait oublié que  le but de la prière,  en définitive, c’est  de trouver dans cette communion avec Dieu l’inspiration de notre vie et de nos activités. Une prière qui ne débouche pas dans une action est une prière avortée. Consacrer un temps à l’adoration du St Sacrement, c’est très bien, mais on ne peut pas en rester à chanter le Tantun Ergo. L’adoration du Sacrement par lequel le Christ donne sa vie pour nous demande que nous allions jusqu’à donner nous aussi notre vie pour les autres. Bien sûr, ce ne sera pas d’une manière spectaculaire en mourant crucifié sur une croix, ce sera en gardant chaque jour et durant toute la journée une attitude de service envers ceux qui nous entourent. C’est exigeant, mais de toute façon on ne peut pas y échapper : si on prétend être chrétien, il faut faire comme le Christ. Jésus a donné sa vie pour nous, nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères, dit St Jean (1 Si bien que tout cela nous amène à nous demander si notre idéal est toujours d’imiter le Christ à Jean,4,7)travers le service des autres ? Est-ce que c’est cela que nous avons en tête chaque matin quand nous commençons notre journée ?  

nous ne sommes pas de grands criminels ni des pécheurs notoires, mais ce qui ruine notre vie chrétienne et nous maintient dans la médiocrité, c’est que nous nous laissons enfermer dans l’univers étriqué des nécessités immédiates dont il est urgent de s’occuper : la visite de sécurité de la voiture, le repas de midi à préparer, les enfants à aller chercher à l’école,  sans voir plus loin, sans voir leur sens devant Dieu. Je pense souvent à ces ouvriers d’un chantier naval dont parle saint Exupery : le voilier te parle de ses voiles, le charpentier te parle de ses planches le cloutier te parle de ses clous… et tous oublient la mer. Comme si la bonne marche du foyer, l’éducation des enfants n’étaient pas aussi des manières de remplir des tâches que le Seigneur nous confie, comme si ce n’était pas là ce qui constitue l’accomplissement de notre vocation. Obstinément nous persistons à ne voir dans tout cela que des tâches profanes. C’est faux. Mais cette erreur  est ancrée depuis des siècles dans la mentalité des croyants. Avez-vous quelquefois vu une image ou une statue de Notre Dame la montrant en train de faire le ménage ou la cuisine ? Surtout pas. Il est entendu une fois pour toutes que tout ça c’est profane. Désolé, le Seigneur n’a jamais demandé à personne de passer sa vie les mains jointes en récitant son chapelet. L’Evangile est clair : le Seigneur dira aux élus  venez les bénis de mon Père recevoir en partage le Royaume…parce que vous êtes restés tout le temps les mains jointes à dire votre chapelet ? Non mais parce que j’ai eu faim vous m’avez donné à manger …..parce que vous avez fait plein de choses que bêtement vous appelez profanes (Mt.25, 34)

Que retenir de tout cela ?

Cherchez à rentrer par la porte étroite. Produisez des fruits de repentir…Que le droit coule comme l’eau et la justice comme un torrent qui ne tarit pas. Alors, qu’est-ce qu’il faut faire ? Rien.  Rien d’autre que ce que nous faisons déjà. Mais le faire autrement, le faire en voyant le sens,


la portée, le poids de tout cela devant  Dieu. Continuez à vous occuper de vos voiles, de vos clous et de vos planches,  mais n’oubliez pas la mer. Continuez à vous occuper de la visite de sécurité de votre voiture, de préparer votre repas, de vous occuper de l’éducation de vos enfants, parce que c’est cela que le Seigneur attend de vous. Et n’oubliez pas de perdre un peu de temps à prier parce que c’est en riant que vous découvrirez la valeur de tout ça devant Dieu.


Dimanche 10 août 2025

(Sagesse 18,6-9)  (Hébreux 11,1-2.8-19)  (Luc 12,32-48)

L’évangile d’aujourd’hui renforce l’enseignement de l’évangile de dimanche dernier où le Seigneur critiquait   ceux qui ne voient pas que leur avenir s’étend beaucoup plus loin que leur vie ici-bas, mais va jusqu’à tout ce qui suit leur retour auprès du Père après la mort. Aujourd’hui l’évangile nous invite à ne pas nous assoupir dans le train-train de la vie quotidienne, mais à nous tenir prêts pour la venue du Fils de l’homme, d’autant plus que c’est à l’heure où nous n’y pensons  pas qu’il viendra.  Comme le Seigneur  sait bien qu’une telle perspective nous fait peur, il nous rassure tout de suite : sois sans crainte, petit troupeau, votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. Autrement dit : rassurez vous ! Il n’y a rien à craindre. Ce que le Père a prévu pour nous, c’est une vie dans la justice, la paix et l’amour dans le  Royaume. Et comme pour renforcer cette invitation à la confiance, la deuxième lecture de la liturgie d’aujourd’hui nous donne l’exemple d’Abraham et de Sara. Ils ont osé croire à des promesses très incertaines, Quitte ton pays, ta parenté… pour le pays que je t’indiquerai, avait demandé Yahvé.(Gen.12,1) Abraham  est parti dans l’inconnu sans savoir aucune idée de l’endroit où le Seigneur l’emmènerait… Résultat : lui qui n’était qu’un  modeste éleveur païen est devenu   l’ancêtre de la  multitude des croyants répandus aujourd’hui dans tout l’univers. Sara,  de son côté, a cru l’incroyable. Elle, une femme, stérile,  et qui avait  passé l’âge d’avoir des enfants,  est devenue la mère fondatrice du peuple immense des croyants.

Mais la venue du Seigneur et notre entrée dans le Royaume peuvent paraître des évènements encore lointains. Aussi l’évangile nous propose-t-il quelques conseils utiles pour nous y préparer dès maintenant en particulier en ce qui concerne l’attitude à avoir devant l’argent. Les propositions du Christ sont radicales : vendez ce que vous possédez et donnez le en aumône. St Pierre qui trouve cela un peu raide demande au Seigneur : une telle consigne, c’est pour nous, tes disciples proches ou pour tout le monde ? Jésus ne répond pas directement à la question mais précise sa pensée en expliquant que dans tous les cas, personne n’est propriétaire des richesses qu’il a entre les mains, il ne peut pas en faire n’importe quoi. Nous sommes seulement des gérants,  administrateurs des biens que le Maître nous a confiés pour que nous les partagions entre tous et un jour, nous aurons à rendre compte un jour de notre gestion.  

Dans l’Ecriture, la richesse apparaît comme un bien et un don de Dieu  qui comble de biens ceux qu’il aime. Abraham était très riche. Isaac et Jacob extrêmement riches, nous dit la Genèse (13,2. 26,12) Sans compter que la richesse est le fruit et la  récompense du travail et de l’effort. Mais la richesse apparait aussi comme  un bien dangereux, qui peut avoir des effets secondaires négatifs, voire mortels. Si vous êtes riche, votre argent, votre instruction, votre culture qui sont aussi des richesses,  vous permettent de vous procurer tout ce que vous désirez. Très facilement, vous en venez à penser que vous n’avez besoin de rien ni de personne, pas même de Dieu. Déjà l’auteur du Deutéronome nous mettait en garde :Quand tu auras vu abonder ton argent et ton or, s’accroître tes biens, n’oublie pas alors Yahvé ton Dieu. Garde-toi de dire en ton cœur :


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c’est ma force, c’est la vigueur de ma main qui m’ont procuré ce pouvoir. Souviens-toi de Yahvé ton Dieu, c’est lui qui t’a donné cette force, qui t’a procuré ce pouvoir. (Deut.8, 12) Les riches, disait le prophète Osée, Leur cœur s’est enflé, c’est pourquoi ils ont oublié Dieu.(13,6)   Le Christ lui, est catégorique : Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent. (Mt.6,24)Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu. Mt.19,24) Donc l’évangile d’aujourd’hui nous dit : Non à l’argent comme maître et idole dirigeant notre vie.

Maintenant en ce qui concerne la consigne de vendre tout ce qu’on possède et de  le donner en aumône, St Luc évoque deux manières de faire différentes, l’une obligatoire pour tous les croyants qui consiste à toujours partager ses richesses et l’autre, facultative, réservée à ceux qui font l’objet d’une vocation spéciale et qui consiste à abandonner tous ses biens pour suivre le Christ. Il est évident qu’un père de famille ne peut pas vendre ses biens et les distribuer en aumônes, alors que le Seigneur lui a confié l’entretien d’une famille. De même un chef d’entreprise ne doit pas liquider son affaire et mettre ses employés en chômage, ce serait aller contre la volonté de Dieu qui lui confie la tâche de subvenir à leurs besoins et d’assurer une certaine prospérité autour de lui dans la société. Par conséquent, Oui à l’argent comme moyen pour faire la volonté de Dieu et construire le Royaume.

Il convient de nous garder d’affirmations hâtives selon lesquelles, l’argent, les richesses seraient à damner et la pauvreté à canoniser. L’argent, les richesses sont des biens, des dons de Dieu qui les accorde, cf. la prospérité des patriarches et des rois d’Israël. Mais ils  entraînent  souvent des effets secondaires extrêmement nocifs, ils nous ferment à Dieu et aux autres, nous enferment dans l’égoïsme et l’orgueil  et sont à l’origine de tous les conflits  sociaux et de toutes les guerres avec leur cortège de ruines et de morts. La pauvreté de son côté est un mal, on ne la souhaite  à personne, mais elle entraîne ses effets secondaires positifs. En nous faisant prendre conscience de notre misère, elle nous invite à rechercher l’aide de Dieu et des autres.

En fait, la richesse comme  la pauvreté sont des valeurs ambigues. Elles peuvent être bonnes, et elles peuvent être mauvaises. Tellement, que le sage Agur dans le livre des Proverbes ose dire à Dieu : Ne me donne ni pauvreté ni richesse, laisse-moi goûter ma part de pain, de crainte qu’étant comblé je ne me détourne et ne dise : Qui est Yahvé ? Ou encore, qu’étant indigent je ne dérobe et ne profane le nom du Seigneur. (Prov.30,8)

Que retenir de tout cela ?

L’évangile d’aujourd’hui nous invite à préparer notre avenir et à ne pas nous assoupir dans le train-train de la vie quotidienne. Le Seigneur nous invite particulièrement à nous méfier de l’argent et des richesses. On ne peut pas leur faire confiance.  Ce  sont des biens que le Seigneur  met à notre disposition, mais qui deviennent des poisons mortels dès que  nous laissons notre égoïsme et notre orgueil  ériger l’argent et les richesses en idoles qui gouvernent notre vie. Ils deviennent  alors la cause de tous les conflits et de toutes les guerres avec leur cortège de ruine et de mort.  


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Dimanche dernier je vous rappelais cette prière de la messe qui nous fait dire  au Seigneur : Tu as créé l’homme à ton image et tu lui as confié l’univers, afin qu’en Te servant, Toi son créateur, il règne sur la création. Ce qui laisse entendre clairement que nous avons le choix :si nous utilisons l’argent et les richesses qui sont des dons de Dieu selon sa volonté pour construire un monde de paix, de justice et de charité alors nous régnerons sur le monde, tandis qu’autrement nous deviendrons  esclaves de notre orgueil et de notre égoïsme dans un monde  de conflits, d’injustice et de haine. A chacun de choisir.  


Dimanche 20 Juillet 2025

(Gen.18,1-10a) (Col.1,24-28) (Luc 10,38-42)

Tu te donnes bien du mal et tu t’agites pour bien des choses. Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. En entendant cela nous sommes tentés de penser : le Seigneur nous enseigne ici que ce qui est bien, c’est la prière, la contemplation, tandis que dans le travail et dans l’action, on se disperse et on se coupe de Dieu. Ceci est complètement faux. Malheureusement beaucoup de nous le croient, sans se rendre compte des désastres que cela entraîne pour une vie qui se veut chrétienne , comme le souligne le P. Teilhard de Chardin dans “Le Milieu Divin: ” ‘Je ne pense pas exagérer, écrit-il, en affirmant que pour les neuf dixièmes des chrétiens pratiquants, le travail humain reste à l’état d’encombrement spirituel. Malgré la pratique de l’intention droite et de la journée quotidiennement offerte à Dieu, une masse de chrétiens garde obscurément l’idée que le temps passé aux champs ou à l’usine est quelque chose de distrait à l’adoration et qui nous coupe de Dieu… Sous l’empire de ce sentiment, une foule de chrétiens mènent une existence parfaitement double ou gênée. Il leur faut quitter leur vêtement d’homme pour se croire chrétiens et chrétiens inférieurs seulement.“En réalité, jamais le Seigneur ne condamne l’action, le travail ou les tâches matérielles. D’ailleurs dans le passage précédant immédiatement l’évangile d’aujourd’hui, il fait l’éloge du bon Samaritain qui se démène pour soigner le malheureux blessé, le charge sur sa monture et le conduit jusqu’à l’auberge où il s’assure qu’il sera bien soigné. Rappelons-nous aussi la mise en garde très claire du Seigneur à propos de certaines prières : Il ne suffit pas de me DIRE : Seigneur, Seigneur pour entrer dans le Royaume des Cieux ; il faut FAIRE la volonté de mon Père qui est aux cieux. (Mt.7,21) Et quand il met en scène le jugement dernier, les élus ne sont pas élus parce qu’ils ont fait des prières, mais parce qu’ils ont fait de ces actions que nous appelons bêtement matérielles ou profanes : Venez les bénis de mon Père, car j’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire…(Mt.25,34,35) Dans cette rencontre avec Marthe et Marie, Jésus ne condamne absolument pas le dévouement de Marthe qui s’active pour le servir, il relève simplement que Marie a choisi la meilleure part. Qu’est-ce que c’est exactement cette MEILLEURE PART ? C’est s’asseoir aux pieds de Jésus pour recevoir un enseignement. Or l’enseignement de Jésus, ce n’est pas un savoir dormant que l’on rangerait dans sa tête entre le théorème de Pythagore et les règles d’accord du participe passé. Son enseignement, c’est une parole de vie, une parole à vivre, qui pousse à agir et donne tout son sens au travail et à l’agir humain. La meilleure part que Marie a choisie n’est donc pas la prière opposée à l’action, la prière contre l’action, mais une écoute en vue de recevoir du Seigneur, un enseignement qui pousse à l’action, au travail, dont il révèle tout le sens et toute la valeur.Prenons par exemple le travail d’un maçon qui construit une maison. Ce faisant, il gagne sa vie et subvient aux besoins de sa famille. Bien sûr, mais il y a plus ;Et la parole et l’enseignement du Christ mettent en lumière ce plus. 1°) Dans son travail, le maçon met en œuvre les talents que le Seigneur lui a donnés et qu’il a développés. 2°) Son travail lui permet de subvenir aux besoins de sa famille, mais du même coup, il accomplit la tâche et remplit la vocation de père de famille que le Seigneur lui a confiées. 3°) La maison que construit ce maçon fera le bonheur de ceux qui l’habiteront Et ce que vous aurez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’aurez fait.(Mt.25,40) 4°) Et enfin, la maison nouvelle qu’il a construite constitue un agrandissement, un développement de la création. Donc, loin de nous éloigner ou de nous couper de Dieu, l’action et le travail sont, comme la prière, mais d’une autre manière, un moyen de nous unir à Dieu et de faire sa volonté. Mais nous avons du mal à le croire.La preuve en est qu’on ne voit jamais une image ou une statue représentant Notre Dame en train de faire la cuisine ou le ménage. Pourtant elle était aussi sainte lorsqu’elle faisait la cuisine que lorsqu’elle chantait des psaumes !!! Mais nous n’osons pas croire que ce que nous appelons matériel ou profane a sens et valeur devant Dieu. Rien n’est profane disait Teilhard. Mais nous avons d’autant plus de mal à le croire que, très facilement, tout peut être profané. La recherche effrénée de l’enrichissement ainsi que les rythmes de travail démentiels qu’elle engendre, entraînent la dégradation de la qualité de la vie et nous coupent de Dieu. Ce n’est que trop vrai. Il est donc nécessaire de prendre le temps de se mettre à l’écoute de Dieu, car c’est dans l’écoute de sa parole que nous découvrons tout le sens et toute la valeur devant Dieu de notre agir et de notre travail qui, affranchis du désir effréné d’enrichissement et de rentabilité à tout prix se révèlent comme une autre manière que la prière de rester unis à Dieu et de faire sa volonté. Une des prières de la messe nous fait dire : Seigneur, Tu as créé l’homme à ton image et tu lui as confié l’univers, afin qu’en te servant, toi son créateur, il règne sur la création. (sous-entendu : si on s’écarte du service de Dieu, ça va coincer !) Selon le Christ et son évangile, la prière n’est pas le seul moyen d’être uni à Dieu. St. Ignace de Loyola l’avait bien compris qui ne voulait pas que les jeunes jésuites en formation trouvent Dieu seulement dans l’oraison. Il désire qu’ils ne trouvent pas moins de dévotion en n’importe quelle œuvre de charité et d’obéissance que dans l’oraison et la méditation (Christus N°6, Avril 1955, p.177) Tant il est vrai que l’agir et le travail ne sont pas ennemis de la prière mais permettent, comme la prière, encore que d’une manière différente, de vivre en communion avec Dieu…Il revient constamment là-dessus dans ses lettres « Il serait bon que l’on considère que l’homme ne sert pas Dieu uniquement lorsqu’il prie ; ou alors elles seraient courte les oraisons qui n’atteindraient pas 24 heures sur 24…puisque tout homme doit se donner à Dieu aussi complètement que possible » (Ibid p. 183)

Que retenir de tout cela?

Dans cette scène d’évangile, non le Seigneur ne nous met pas en garde contre l’action, le travail et les tâches matérielles qui nous détourneraient de lui. Il ne nous invite pas à fuir l’action pour nous consacrer à la prière. Il n’y a pas à choisir entre la prière et l’action. Loin de nous couper de Dieu l’action et le travail sont, comme la prière, mais d’une autre manière, un moyen de nous unir à Dieu et de faire sa volonté. Or très souvent nous sommes tentés de ne voir dans l’action et le travail qu’un obstacle qui nous détourne de Dieu tandis que nous pensons que la prière est le seul vrai moyen de rester en communion avec le Seigneur. Comme s’il fallait canoniser la prière et damner le travail et l’action. Pas du tout. Que ce soit la prière ou l’action et le travail, ils peuvent être aussi bien des moyens de nous mettre en communion avec Dieu pour faire sa volonté que des occasions de nous couper de Dieu et de nous éloigner de sa volonté. Quand nous cherchons Dieu dans la prière, elle nous rapproche de Lui, mais elle nous éloigne de Lui lorsque nous prions comme des pharisiens qui disent et ne font pas ou qui prient pour être vus et admirés. Le travail et l’action nous rapprochent de Dieu, lorsqu’ils sont pour nous l’occasion de faire fructifier les talents qu’il nous a donnés, de servir les autres et de prolonger la création. Mais ils nous éloignent de Dieu lorsque nous n’y voyons que des moyens d’accaparer avec rapacité des richesses, du prestige, et du pouvoir en écrasant les autres. L’évangile d’aujourd’hui insiste donc pour que toujours, comme Marie, nous demeurions à proximité, avec, en communion avec le Seigneur; sinon notre prière, ce n’est plus que des mots et notre action comme notre travail, ce n’est plus que de l’agitation prétentieuse et inutile.

Dimanche 6 Juillet 2025

(Isaïe 66,10-14c) (Gal.6,14-18) (Luc 10,1-12.17-20)

Le Seigneur avait déjà envoyé les douze proclamer l’évangile et faire des guérisons. Pourquoi envoie-t-il encore d’autres disciples en mission ? Et pourquoi au nombre de 72 ? Peut-être y a-t-il là une allusion aux 72 peuples de la terre dont parle la Genèse (Gen.10,2-31) ? En tous cas cela manifeste que l’évangélisation n’est pas réservée à quelques-uns dans l’Eglise, elle est confiée à tous.. D’ailleurs il est écrit en toutes lettres dans la liturgie du baptême que tout baptisé participe de la vie du Christ prêtre, prophète et roi. Malheureusement de nos jours, le sacerdoce des laïcs est largement oublié dans l’ensemble de l’Eglise, sauf en pays de mission où, à cause du manque de prêtres, (mais peut-être faudrait-il dire grâce au manque de prêtres) dans toutes les églises, en particulier en brousse, tous les dimanches, un laïc, le plus souvent un homme, mais parfois c’est une femme, après une formation appropriée, dirige l’assemblée de prière dominicale et prononce l’homélie. Ceci en parfaite conformité aux traditions les plus anciennes de l’Eglise. J’en ai été le témoin durant les vingt années où j’ai été curé en brousse à Madagascar. Rappelons-nous que dans l’Eglise, on a célébré l’Eucharistie bien avant qu’il y ait des prêtres ! C’était le presbyteros, un ancien de la communauté qui présidait la célébration. A la fin de l’épitre aux Romains, St Paul fait même allusion à des femmes qui présidaient la communauté chrétienne et donc présidaient aussi le repas eucharistique, avec la fraction du pain (J.Moingt : L’Evangile sauvera l’Eglise p.41). Comme dans la suite des siècles, le bon peuple chrétien était illettré, les clercs, qui eux savaient lire et écrire, étaient les seuls à pouvoir enseigner. Ils en ont malencontreusement profité pour monopoliser la fonction sacerdotale. Si bien qu’aujourd’hui, lorsqu’on suggère qu’on pourrait peut-être ordonner des hommes mariés ou des femmes, le bon peuple chrétien est horrifié par ce qu’il pense être des nouveautés dangereuses. Et ne parlons pas de la hiérarchie et de la majorité du milieu clérical qui sont toujours les derniers à s’affranchir des habitudes acquises. Du temps du Christ il en était déjà ainsi. La majorité du milieu clérical, les prêtres, les lévites, les scribes et les docteurs de la Loi faisaient bloc contre lui. D’après eux il ne fallait surtout pas changer quoi que ce soit aux pratiques en usage. Ils accusaient Jésus d’être un révolutionnaire impie qui voulait détruire la religion traditionnelle et en introduire une nouvelle parce qu’il s’élevait contre leur interprétation légaliste et figée de la religion. Ils ne voulaient pas entendre parler d’une compréhension meilleure et plus profonde de l’Ecriture et de la Tradition., telle qu’il la proposait. Vous avez appris qu’il vous a été dit… et moi je vous dis. (Mt.ch. 5 et 6) répète -t-il six fois dans son grand discours inaugural qu’on appelle le sermon sur la montagne. Toujours le Christ voulait faire évoluer les choses. Mais toujours la hiérarchie et l’ensemble du milieu clérical de l’époque s’opposaient farouchement à tout changement.Aujourd’hui, le peuple chrétien n’est plus un peuple illettré. On rencontre même parmi les laïcs des diplômés en théologie, en Ecriture Sainte ou en ecclésiologie. Et de toutes façons, même sans être diplômé en sciences religieuses, tout chrétien est éclairé par l’Esprit Saint. Le pape François aimait à souligner que L’Eglise n’est pas animée seulement par l’Esprit Saint descendant de l’archevêché en direction du peuple chrétien, mais aussi par le l’Esprit Saint montant de la base, de la foule des laïcs, mais il n’était guère écouté . Mais de toutes façons, c’est le Seigneur qui appelle et envoie. Personne ne peut se donner à soi-même autorité pour partir en mission. Si quelqu’un ressent le désir de s’engager, c’est que le Seigneur lui a ouvert l’esprit et le cœur. Il a mis en lui le désir, l’élan et la force nécessaires. Le Seigneur le dit bien dans l’évangile d’aujourd’hui : N’emportez ni bourse, ni sac, ni besace, c’est-à-dire : ce n’est pas l’argent, les ordinateurs, les diplômes de théologie ou d’écriture sainte qui vous permettront d’accomplir votre mission, mais l’amour que je mettrai dans vos cœurs, la passion que je planterai en vous, de faire connaître l’amour de Dieu et l’enseignement que je vous apporterai. Il l’a dit clairement aux quatre premiers apôtres qu’il a appelés : je vous ferai pêcheurs d’hommes (Mt.4,19) Puisque c’est le Seigneur qui appelle et qui forme les ouvriers pour sa moisson, c’est à lui qu’il faut demander d’en envoyer si on en manque, l’évangile d’aujourd’hui nous le rappelle : Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. On le fait. Partout on prie pour les vocations, on organise des journées des vocations, chaque année, on consacre au moins un dimanche aux vocations, mais à l’évidence sans grand succès. Les séminaires et les noviciats restent désespérément vides. Pourquoi ? Ce n’est sûrement pas le Seigneur qui n’appelle pas ou ne veut pas appeler. Si nos prières n’aboutissent pas, cela ne peut venir que de nous.Pourquoi ? Pour beaucoup de raisons, je n’en soulignerai que deux qui me paraissent les deux principales. D’abord nous ne croyons pas que notre Dieu est un Père qui a un projet pour chacun de ses enfants, il n’en laisse aucun de côté et il appelle chacun à faire quelque chose de précis dans le monde afin d’y mettre un peu plus de paix, de justice et de charité . Nous pensons généralement que les vocations, cela ne concerne que les prêtres, les religieux et les religieuses et que le Seigneur ne s’occupe pas des autres. Comme si les prêtres, les religieux, les religieuses, seraient les vrais enfants de Dieu dont ils s’occupe, les autres, il ne s’en occuperait pas vraiment, ce serait des sortes de bâtards. C’est insultant Tous les jours en récitant le Notre Père nous prions que ta volonté soit faite mais qui s’interroge : c’est quoi sa volonté pour moi aujourd’hui, qu’est-ce qu’il attend de moi aujourd’hui ? Il m’appelle à quoi aujourd’hui ? Est-ce que nous apprenons aux enfants à se poser cette question ? Comment pouvons-nous prier : Seigneur appelle nombreux des ouvriers pour travailler à la moisson, quand, en même temps, nous n’écoutons pas les appels qu’il nous adresse chaque jour, quand en même temps, nous ne cherchons même pas à écouter, étant persuadés d’avance qu’il n’y a rien à entendre ?Une autre raison pour laquelle nos prières pour les vocations n’aboutissent pas, c’est notre étroitesse d’esprit. Nous ne voulons pas entendre parler de vocations d’un type différent de celles auxquelles nous sommes habitués. Pas question d’ordonner des hommes mariés ou des femmes, Pourquoi ? Aucune raison théologique ne s’y oppose, le pape pourrait très bien changer les règlements actuels. D’ailleurs il y a déjà des prêtres mariés chez les catholiques maronites au Moyen Orient. Quant à l’ordination des femmes, nous sommes tout simplement prisonniers des coutumes et de la culture des cent dernières années. Nous refusons de voir que le monde autour de nous a changé. C’est une femme qui est à la tête de la banque mondiale, il y a des femmes chefs d’état, premiers ministres, hauts fonctionnaires, maires de villes importantes ou chefs d’entreprises En France les deux plus importants syndicats sont dirigés par des femmes. Mais dans l’Eglise de3 / 3France, si, dans beaucoup de paroisses des femmes font les lectures et distribuent la communion, il y a encore des prêtres qui ne veulent pas de filles ou de femmes dans le service de l’autel. C’est minable. Nous prions pour les vocations, mais en même temps nous les étouffons, les vocations.Que retenir de tout cela ?En envoyant, outre les 12 apôtres, 72 autres disciples annoncer l’évangile, le Christ nous rappelle que l’évangélisation n’est pas réservée à un petit groupe de prêtres et de religieux mais qu’elle est confiée à tous les baptisés qui participent de la vie du Christ prêtre. Ces 72 disciples que le Christ envoie annoncer l’évangile sont les ancêtres fondateurs des laïcs catéchistes, des équipes de laïcs qui célèbrent les enterrements et des équipes liturgiques de nos paroisses d’aujourd’hui. Il n’y a pas place pour les chômeurs dans l’Eglise. Tous les baptisés sont appelés à travailler sur le chantier de l’évangélisation‘

29 juin 2025 St Jean Baptiste

(Actes 12,1-11) (2Tim.4,6-8.17-18) (Mt.16,13-19)Jésus intriguait. On se demandait qui il était vraiment. Un prophète ? Peut-être ! Sa prédication faisait penser à celle d’Elie qui s’adressait lui aussi aux étrangers. Parfois aussi il répétait mot pour mot des paroles de Jean Baptiste, et comme Jérémie, il annonçait la ruine du Temple. Certains se demandaient même s’il ne serait pas le Messie. En général, il était bien vu, mais les prêtres, les docteurs de la Loi et l’ensemble du milieu clérical lui étaient profondément hostiles. Ils lui reprochaient de s’opposer à la Loi et aux traditions, d’introduire des nouveautés, et de changer la religion. D’après eux, il fallait respecter la Loi jusque dans les moindres détails et surtout, il ne fallait rien changer. Jésus critiquait cette interprétation légaliste de la religion. Pour lui, l’important était d’aimer Dieu et son prochain et l’amour devait inspirer toute la vie. Il était bon et miséricordieux même envers les pécheurs. Au contraire, les prêtres, les docteurs de la Loi et les Pharisiens étaient stricts et passaient leur temps à juger, condamner et mépriser les petites gens, lesquels étaient heureux d’entendre Jésus remettre à leur place tous ces notables arrogants. Si bien que l’opinion publique était de plus en plus favorable à Jésus, tandis que la réputation des prêtres et des Pharisiens s’effondrait. Vexés et jaloux, ils voulaient à tout prix faire passer Jésus pour un révolutionnaire et un impie.C’est dans ce contexte troublé que Jésus demande à ses disciples : Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? Pierre, toujours le premier à réagir, répond : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Christ, c’est-à-dire celui qui a reçu l’onction, la consécration, l’investiture. Le Christ avait reçu cette investiture le jour de son baptême. L’Esprit Saint était descendu sur lui tandis qu’une voix venue du ciel disait : Tu es mon Fils bien-aimé (Mt.5,17). Tous les assistants en avaient été témoins. Pierre affirme donc ici : Tu es Christ, c’est-à-dire consacré, mais pas comme un simple prophète, tu es Fils de Dieu. Jésus reprend alors la parole pour le féliciter et souligner qu’il n’a pas trouvé cela tout seul : Ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela mais mon Père qui est aux cieux. Personne ne peut connaître Dieu. Notre intelligence est trop courte pour l’atteindre et notre cœur trop étroit pour le comprendre. Lui, l’au-delà de tout…Lui, l’indicible car tout ce qui se dit est sorti de lui…lui, l’inconnaissable comme dit l’hymne de St Grégoire de Naziance. Si quelqu’un croit que le Christ est Dieu, c’est parce que l’Esprit l’éclaire. St Paul .l’écrit aux Corinthiens :Nul ne peut dire : Jésus est Seigneur, si ce n’est par l’Esprit Saint (1Cor.12,3) Mais encore faut-il avoir le cœur et l’esprit ouverts pour recevoir la révélation. Combien ont vu le Christ de leurs yeux et entendu de leurs oreilles, mais ne l’ont pas reconnu ? Alors, moi, aujourd’hui, est-ce que je le reconnais ? Et je le reconnais comme quoi ? Peut-être que je le reconnais comme un Dieu un peu lointain, je crois qu’il est Dieu, comme je crois que Tokyo est la capitale du Japon, mais cela ne change rien à ma vie de tous les jours …. Peut-être que je le reconnais, c’est déjà mieux, comme tenant une certaine place dans ma vie, à certains moments. En cas de difficulté ou d’épreuve, je me tourne vers lui, j’ai confiance que, dans sa bonté, il va me venir en aide, mais le reste du temps, quand tout2 / 3va bien, il n’est guère présent dans ma vie. C’est un peu comme s’il était une sorte de roue de secours. On y tient à sa roue de secours. Elle est toujours dans le coffre de la voiture, mais on ne s’en sert pas tous les jours et même on espère qu’on n’aura pas à s’en servir ! ……..Ou bien alors, ce serait l’idéal, peut-être que je regarde le Christ comme celui qui m’a donné la vie, l’intelligence et tous les talents que je possède. Je le vois comme celui qui est à l’origine de tout ce qu’il y a de bien en moi, comme celui qui me confie un petit bout de son royaume à édifier, afin que là où je suis, grâce à lui, il y ait un peu plus de paix, de justice, de charité. Alors là, le Christ n’est plus simplement un Dieu-roue de secours, précieux, certes, mais à qui on n’a recours qu’en cas de crevaison, il serait plutôt un Dieu-moteur qui à tout instant me permet d’avancer et en même temps un Dieu-GPS, qui me guide tout au long de ma route ! Cela suppose que je sois continuellement vigilant et attentif à suivre ses orientations mais sans tension ni inquiétude, parce que je sais qu’il m’aime et veut le meilleur pour moi…St Paul appelait cela : rester sur le qui-vive dans l’action de grâces.(Col.4,2) Jésus, tout heureux de voir que Pierre a été éclairé par le Père, reprend la parole et lui répond en l’instituant chef de l’Eglise : Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise…je te donnerai les clés du Royaume, l’instituant ainsi chef de l’Eglise. Pierre n’a pas les qualités requises pour cela, mais c’est sans importance. Le Seigneur sait bien que personne n’a jamais les qualités nécessaires pour répondre à la vocation à laquelle il l’appelle, aussi se charge-t-il lui-même de soutenir et de former ceux qu’il appelle. Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes (Marc 1,17) dit-il à ses apôtres lorsqu’il les choisit. Aujourd’hui encore, comme il l’a fait avec ses apôtres, le Seigneur nous demande parfois des choses qui dépassent nos capacités. Mais la grâce, qui est le pouvoir donné aux hommes de faire par eux-mêmes ce qu’ils ne peuvent pas faire par leurs propres forces nous permet de nous en sortir.Et puis l’évangile d’aujourd’hui se termine par la consigne que donne Jésus aux apôtres de ne dire à personne qu’il était le Messie. Pourquoi cette consigne ? Il ne veut pas qu’on le reconnaisse comme Messie pour de mauvaises raisons, parce qu’il parle bien ou parce qu’il fait des miracles étonnants Il est venu parmi nous pour révéler que Dieu est Amour et la seule chose qui puisse vraiment le prouver, c’est sa passion et sa résurrection parce que c’est là ,quand il donne sa vie pour nous, que se manifeste de la manière la plus éclatante l’infini de son amour.Que retenir de tout cela ?L’évangile d’aujourd’hui nous invite à faire le point : Pour moi, qui est le Christ ? Est-ce que je crois que le Christ est Dieu, comme je crois que Tokyo est la capitale du Japon, mais cela n’a aucune incidence sur ma vie ? Est-ce que pour moi, le Christ c’est celui qui vient à ma rescousse quand je suis en difficulté, mais le reste du temps, quand tout va bien, je l’ignore ? Ou bien, ce serait l’idéal, est-ce que le Christ et son évangile sont pour moi une référence constante, je ne fais rien sans lui demander comme St François d’Assise : Seigneur, que veux-tu que je fasse ? D’autre part l’évangile d’aujourd’hui nous invite à avoir toute confiance dans la grâce de Dieu même s’il nous demande des choses qui dépassent nos capacités. A travers l’exemple de St Pierre nous voyons que la grâce nous permet de faire par nous-mêmes ce que nous sommes incapables de faire par nos propres forces. St Pierre proclame : Tu es le Messie Fils de Dieu, alors que l’intelligence humaine, trop courte ne peut affirmer une vérité de cet ordre. Appelé par Jésus à3 / 3être le chef de l’Eglise, alors qu’il n’a pas les qualités nécessaires, il y parviendra malgré tout. Et puis dans l’évangile d’aujourd’hui le Christ nous fait comprendre : la preuve que je suis le Christ, bien plus que la profondeur de mes paroles ou les merveilles de mes miracles, c’est l’amour qu’il y a dans tout ça, et surtout dans ma mort et ma résurrection. Pour nous aujourd’hui cela veut dire que la preuve qu’un chrétien est chrétien ce n’est pas qu’il aille à la messe le dimanche et fasse un peu de bien autour de lui de temps en temps, c’est que l’amour inspire toute sa vie. Impossible. C’est vrai. Mais, comme disait St Paul, il y a celui dont la puissance agissant en nous peut faire bien plus, infiniment plus que tout c que nous pouvons désirer ou imaginer. (Eph.3,20)

Faites cela en mémoire de moi, 22 juin 2025

Solennité du corps et du sang du Seigneur. année C. (Gn 14,18-22 ; 1 Co 11,23-26 ; Lc 9,11b-26)

« Ceci est mon corps qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. »

Frères et sœurs, dans cette lettre de Saint Paul aux Corinthiens, Saint Paul nous redit ce qu’il a entendu des Apôtres. Ce commandement de faire l’Eucharistie en mémoire de Jésus.

Et aujourd’hui, ce que nous faisons, nous le faisons en mémoire de Jésus. Et faire cela, cela nous rappelle chaque dimanche que Jésus est mort pour nous. Et nous proclamons sa mort jusqu’à ce qu’il vienne. Et le Seigneur vient. Il vient dans son Eucharistie. Il vient dans son Esprit Saint. C’est ça l’essentiel de ce que nous vivons dans l’Eucharistie.

Jésus nous dit, faites cela en mémoire de moi. Il ne nous dit pas, recevez le corps et le sang en mémoire de moi. Il nous dit, faites cela. C’est-à-dire que lorsque nous sommes réunis et que nous faisons ces gestes en mémoire de lui, nous devenons davantage le corps du Christ. C’est pour ça que les théologiens du Moyen-Âge disaient que l’Eucharistie fait l’Église.

L’Église, elle fait l’Eucharistie parce que Jésus le lui a demandé. Mais l’Eucharistie, elle nous rend davantage un, elle nous rend davantage frères et sœurs, elle nous rend davantage cette capacité d’aimer avec la force de Dieu. Et cela, c’est très important parce que, surtout dans les temps modernes, il y a une tendance à l’individualisme : je viens à l’Eucharistie, je reçois le corps et le sang du Seigneur. Et nous n’avons pas de difficulté de nos jours à croire que c’est réellement le corps et le sang du Seigneur qui sont présents. (Je parle pour les pratiquants). Mais par contre, nous avons une tendance à l’individualisme, à penser que je viens pour recevoir mon petit morceau de Dieu et que je repars chez moi. Mais frères et sœurs, c’est oublier une partie de l’Eucharistie parce que l’Eucharistie, elle fait l’Église, elle fait le corps du Seigneur. Et cela, nous le retrouvons très nettement dans l’Évangile d’aujourd’hui.

L’Eucharistie, elle part toujours d’une situation de manque. Vous voyez ces foules qui sont venues à Jésus pour être guéries, pour entendre sa parole, et tout à coup, elles ont faim. Et la réaction des disciples, c’est notre réaction quand nous voyons une détresse qui nous dépasse. Quand nous voyons une grande détresse, nous sommes tentés de dire « Eh bien, allez voir telle personne, allez voir telle institution. » Et là, Jésus nous dit « Donnez-leur vous-même à manger ». Donnez-leur vous-même à manger, c’est-à-dire, prenez en charge les faim et les soifs de l’humanité. Si nous regardons dans notre quartier, il y en a des faims et des soifs. Il y en a énormément !

Alors, devant ces faims et ces soifs qui nous dépassent complètement, nous voyons nos forces. Combien sommes-nous ici aujourd’hui ? Trente, quarante peut-être ? Et alors nous sommes comme les disciples. Qu’est-ce que nous pouvons faire ? Nous avons cinq pains et deux poissons.

Mais le Seigneur ne se décourage pas avec nous. Il ne se décourage pas du fait que nous ne soyons que trente ou quarante. Il nous dit simplement d’apporter à Lui ce que nous avons. Chacun a des talents, chacun a un cœur et nous sommes invités à le mettre dans les mains de Jésus. Et c’est cela que nous ferons tout à l’heure dans les offrandes. Si nous avions des enfants dans cette communauté, nous pourrions faire une magnifique procession d’offrandes. Nous avons Isaac, mais on ne va pas lui demander de venir tout seul. Et donc nous apportons nos cinq pains et nos deux poissons. Mais ce qui est très important, c’est que nous ne sommes pas seuls pour répondre aux faims et aux soifs.

Ces cinq pains et ces deux poissons, nous sommes appelés à les mettre dans les mains de Jésus. Et Jésus va les bénir. Jésus va les présenter à son Père et il va rendre grâce. Et ensuite, Jésus va les partager. Les partager parce que c’est le sens de ce qu’il a fait de sa propre vie. Il s’est partagé au point d’en mourir.

Et nous, les chrétiens, nous sommes appelés à partager nos vies aussi. Mais par la puissance de l’Esprit Saint, et bien c’est là que la merveille s’accomplit. Il partage, il donne, il redonne aux disciples et les disciples doivent distribuer. Et là, il y en a assez pour tout le monde. Frères et sœurs, c’est là que le peuple de Dieu, le corps du Christ est constitué. Dans le partage du corps du Seigneur.

Et on nous dit que tous furent rassasiés. Et à la fin, il reste douze corbeilles. Alors, je me suis parfois demandé pourquoi on ramassait les morceaux qui restaient. Je pensais que, comme c’était une image de l’Eucharistie, il s’agissait du corps eucharistique et donc il fallait aller le mettre dans un tabernacle ! Jusqu’au jour où j’ai partagé ce texte avec des personnes en difficulté et qui me disaient non ! il faut le mettre dans les paniers parce qu’il y a certainement d’autres personnes qui ont faim. Voilà.

L’Eucharistie, elle nous convoque au partage avec ce que nous avons. Mais non pas simplement avec nos propres forces, mais en les mettant dans les mains du Seigneur. Le Seigneur rend grâce, le Seigneur les bénit et le Seigneur transforme ce que nous donnons en sa présence, son amour, concrètement sous la forme du pain et du vin qui va nous remplir de son amour.

On pourrait dire que c’est le pain de l’amour dont tous nous avons besoin. Mais le pain de l’amour que nous recevons, eh bien, nous conduit à nous donner, comme Jésus qui nous a tout donné. Amen.

Dimanche 22 juin Saint Sacrement

(Gen.14,18-22) (1 Cor.11,23-26) (Luc 9,11b-26)

Le Saint Sacrement qu’on appelle aussi sacrement de l’Eucharistie est un sacrement par lequel le Christ nous donne en nourriture son corps livré et son sang versé pour nous. Le soir du Jeudi Saint, faisant ses adieux à ses apôtres, avant d’entrer dans sa Passion, le Seigneur a voulu nous laisser un moyen d’entretenir la vie nouvelle que le baptême introduit en nous. Il a donc inventé un sacrement qui serait la nourriture absolument nécessaire pour entretenir cette vie nouvelle, car, nous dit-il : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. (Jean 6,53)

Mais quand il nous dit : il faut vous nourrir de moi pour avoir la vie, de quel moi et de quelle vie s’agit-il ? Il s’agit du moi livré pour vous. Quand nous recevons la communion, nous ne recevons pas le petit Jésus de Bethléem, ni le Christ prêchant l’évangile ou faisant des miracles, nous recevons le Christ qui donne sa vie pour nous. La vie que nous recevons c’est la vie du Christ qui donne sa vie. En d’autres termes, la vie que le Christ veut nous donner, la vie dont il veut que nous vivions, c’est une vie qui se donne par amour pour les autres. Pour un chrétien, donner sa vie, ce n’est pas quelque chose de facultatif, ce n’est pas quelque chose qu’on peut faire ou ne pas faire, comme de dire son chapelet ou de faire une neuvaine, c’est quelque chose d’indispensable, de nécessaire, d’essentiel. St. Jean le dira dans sa première épitre : Lui, Jésus a donné sa vie pour nous ; nous aussi nous devons donner notre vie pour nos frères ; (1 Jean, 3,10)

Mais donner sa vie pour ses frères comme le Christ, ça veut dire quoi ? Est-ce que ça veut dire mourir crucifié comme lui ? Non, évidemment. Cela veut dire les aimer, donc faire tout ce qu’on peut pour qu’ils soient épanouis, heureux. Cela va demander des efforts, de la peine, des sacrifices, bien sûr. Mais ne dramatisons pas, ce n’est pas un martyre pour autant. Il ne viendrait à l’idée de personne de dire qu’une maman qui se consacre à son enfant toute la journée mène une existence de martyr ! Loin de là ! Son enfant lui cause bien des tracas. Elle se donne du mal pour lui, mais pour rien au monde elle ne voudrait en être débarrassée ! C’est le miracle de l’amour : Quand on aime, il n’y a pas de peine ; et s’il y a de la peine, c’est une peine qu’on aime.
                                     Encore faut-il aimer d’amour. Car on peut aimer des personnes sans qu’il y ait d’amour à proprement parler. Elles nous plaisent. On aime leurs qualités, leurs talents, leur caractère, On éprouve des sentiments pour eux, voire une réelle affection. On dira qu’on les aime bien. Mais ce n’est pas vraiment de l’amour. Qu’est-ce qu’il faut pour qu’il y ait amour ? Il faut que l’attirance que j’ai pour la personne que j’aime soit tellement forte que je mets cette personne au-dessus de moi, je la fais passer avant moi. Or ceci est contraire à la psychologie humaine la plus élémentaire. Regardez un bébé dans son berceau ; il essaie d’attraper tout ce qui passe à portée de ses mains, même son pied, et le porte à sa bouche. Par nous-mêmes, étant donnée notre psychologie, par nature, nous sommes centrés sur nous-mêmes, incapables de mettre quelqu’un au-dessus de nous, de le faire passer avant nous, de l’aimer d’amour. Autrement dit l’amour n’est


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pas un sentiment humain. Pourtant nous arrivons à aimer d’amour. Partout, dans le monde, des couples s’aiment d’amour, des parents et des enfants s’aiment d’amour. Il faut donc que l’amour que nous avons dans le cœur vienne d’ailleurs, d’au-dessus de nous. Dieu qui est amour, qui est la seule source d’amour dans le monde, lui seul peut nous le donner.  Comme il nous a créés à son image, nous sommes capables de recevoir cet amour Mais comme par nature, nous sommes centrés sur nous-mêmes, il v falloir résister aux assauts de l’égoïsme. Comment faire pour nous maintenir au niveau de l’amour et ne pas retomber dans l’égoïsme ? Là encore, seul Dieu qui est seule source d’amour peut nous donner la force, la nourriture qui nous permettra de résister à la tentation de nous replier sur nous-mêmes. Il nous donne cette force, cette nourriture dans le sacrement de l’Eucharistie et il est absolument nécessaire que nous prenions cette nourriture, sinon la vie divine reçue au baptême va dépérir et mourir en nous. Il nous a bien prévenu : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. (Jean 6,53)

Que retenir de tout cela ?

Le Saint Sacrement ou Sacrement de l’Eucharistie  est un sacrement par lequel nous recevons Christ en train de se donner, pas le Christ enfant, le Christ menuisier à Nazareth ou le Christ annonçant l’évangile à travers la Palestine, nous recevons le Christ qui donne sa vie pour nous.

                                                        Pourquoi le Christ a-t-il inventé ce sacrement ? Pour nous donner une nourriture qui nous procure la force dont nous avons besoin pour donner, comme lui, notre vie tous les jours dans le service des autres. Car, même si par le baptême nous avons reçu la vie de Dieu-Amour,  cette vie reste menacée par notre nature pécheresse. Nous avons donc besoin d’une force, d’une nourriture qui entretienne dans toute sa vigueur cette vie  et nous permette de résister aux tentations de l’égoïsme et du repli sur soi. Voilà  pourquoi le Christ a inventé le sacrement de l’Eucharistie et il a tenu à préciser Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, vous n’aurez pas la vie en vous.(Jean 6,53) Comparant  le baptême à une naissance, on pourrait dire : de même que le nouveau-né a absolument besoin de nourriture pour développer la vie reçue à sa naissance, de même, le Chrétien a absolument besoin du Pain de Vie pour développer la vie nouvelle reçue le jour de son baptême

En insistant pour que nous ayons recours à ce sacrement sous peine de ne plus vivre de sa vie, le Christ nous fait comprendre que donner sa vie dans le service des autres , ce n’est pas quelque chose que le chrétien pourrait faire ou ne pas faire, c’est quelque chose d’essentiel sous peine de ne plus être chrétien


Homélie de Pentecôte 8 juin 2025

 Ô Seigneur, envoie ton esprit qui renouvelle la face de la terre !

C’est ce que nous avons chanté tout à l’heure au moment du psaume.

Je crois que l’Esprit-Saint est véritablement ce qui renouvelle la face de la terre et qui nous renouvelle également de l’intérieur. Je crois que pour comprendre les textes d’aujourd’hui, il faut comprendre que l’Esprit vient renouveler entièrement la religion juive qui était celle des apôtres. L’Esprit est toujours celui qui renouvelle.

À Pâques, nous avons vu que l’Esprit a ressuscité Jésus et qu’il a renouvelé le sens de la Pâques. La Pâques, c’était le passage de la Mer Rouge et c’est devenu le passage de la mort à la vie pour Jésus-Christ.

Alors quel est ce renouvellement pour la fête de la Pentecôte ?

La fête de la Pentecôte, pour les juifs qui étaient réunis à Jérusalem, c’est la fête du don de la loi aux Sinaï, 50 jours après la fête de la Pâques. Ceci nous permet de comprendre pourquoi lorsque les disciples sont réunis avec Marie au Cénacle, tout à coup il y a un violent coup de vent et comment tout à coup des langues de feu arrivent sur chacun des apôtres. Il s’agit pour Luc de nous montrer qu’à ce moment-là, il y a comme un renouveau du don de la loi. Mais cette fois-ci, la loi de Dieu n’est plus inscrite comme avec Moïse sur des tables de pierre, elle est inscrite sur des tables de chair qui sont nos propres cœurs.

Donc avec la fête de Pentecôte, nous passons de la loi à l’Esprit. Et cette loi qui était pour le peuple d’Israël, elle est accomplie dans l’Esprit, non seulement pour le peuple d’Israël, mais pour tous les peuples. Et nous ne serions pas chrétiens s’il n’y avait pas eu la Pentecôte. Nous voyons que ce matin, nous sommes originaires de différents endroits du monde et partout où l’on va sur la terre, on trouve des chrétiens. Ce mouvement de la mission, il a commencé le jour de la Pentecôte.

Si on regarde l’Évangile, on voit aussi qu’on trouve ce renouvellement de la loi. Vous savez que Jésus est celui qui a renouvelé la compréhension de la Loi. Le chrétien n’est pas celui qui applique les 613 commandements de la Loi, mais Jésus nous a dit qu’il s’agissait d’aimer Dieu et son prochain. Jésus nous dit dans l’Évangile que : « si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole. Mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et chez lui nous ferons une demeure. » Avec le don de l’Esprit Saint, c’est l’amour pour Jésus qui grandit. Vous savez que l’Esprit Saint, comme nous dit Saint Paul en Galates 5,22, est amour, paix, joie, confiance, bienveillance, douceur, maîtrise de soi… toute une liste.

Mais la première de la liste, c’est l’amour, la charité. L’Esprit Saint est violent dans sa puissance, mais il est doux. Il rentre dans le cœur de chacun.

Il est amour. Et c’est pour cela que les gens qui étaient réunis le jour de la Pentecôte disaient que les apôtres, qui étaient galiléens, parlaient dans leur langue. C’est parce que l’Esprit est la douceur même. L’Esprit nous rejoint au plus profond de nous-mêmes. Qu’est-ce qu’il y a de plus profond pour un être humain que la langue qu’il a apprise de sa propre maman ? Ça commence par « maman », ensuite peut-être « papa », ensuite « manger ». Voilà, il n’y a rien de plus profond qu’une langue maternelle.

Et bien l’Esprit Saint, il est celui qui nous parle au cœur au plus profond. L’Esprit, il est l’Esprit de Jésus. Et cet Esprit, il est amour.

Et si nous gardons la parole, c’est une nouvelle manière de vivre la loi et de l’accomplir pleinement. Et l’Esprit de Jésus nous donne de l’accomplir. Parce que cette loi, elle n’est plus seulement une loi écrite, elle nous habite profondément, elle nourrit notre cœur et elle nous pousse à vivre.

Saint Paul le dit aussi d’une autre manière. Il nous explique comment, avec l’Esprit, nous commençons une vie nouvelle. Et il oppose deux réalités, ce qu’il appelle la chair et l’Esprit.

La chair, il faut comprendre que c’est notre nature humaine dans ce qu’elle a de faillible, de faible, de pécheresse. Et un petit peu plus avant ce passage de la lettre aux Romains, Saint Paul nous explique que celui qui vit sous l’emprise de la chair ne peut pas plaire à Dieu, qu’il ne peut pas accomplir la loi, qu’il n’en est même pas capable. Parce que toutes ces actions finissent par se dévier de leur trajectoire, pour finir dans l’égoïsme, dans la recherche du plaisir, dans la recherche de l’argent, de la gloire.

Et tout ça, nous savons que cela ne fait pas l’unité, comme le jour de la Pentecôte, mais ça fait la division et cela produit la mort à la fin. Et Saint Paul nous dit qu’avec l’Esprit, nous avons une force qui nous permet d’être plus forts que cette loi de la chair, contre laquelle nous avons à combattre tous les jours de notre vie. C’est ce qu’on appelle le combat spirituel.

Mais aujourd’hui, nous sommes vainqueurs en celui qui nous a aimés. Nous avons dans notre cœur, depuis notre baptême, mais nous pouvons aussi sentir ce renouvellement de la grâce de Dieu au moment de la Pentecôte. Nous avons dans notre cœur cet esprit, cet esprit qui nous permet de vivre de l’intérieur l’Évangile.

Alors rendons grâce à Dieu pour cela, et puis essayons d’être fidèles à cette grâce de l’Esprit. Essayons de le suivre maintenant que nous l’avons reçu. Prenons le temps de prier à la fin de chaque journée, par exemple, de voir où était l’Esprit, où est-ce qu’il était présent aujourd’hui ? comment est-ce qu’il m’a conseillé ? quelle force est-ce qu’il m’a donnée ? Comment a-t-il a transformé mes pensées ? Comment il m’a amené à plus de paix, plus d’amour, plus de joie, plus de douceur, plus de bienveillance ?

Voilà comment l’Esprit agit dans notre vie. L’Esprit n’est pas simplement quelque chose de spectaculaire qui arrive dans le vent, qui fait trembler les vitraux, mais il est aussi ce murmure de fin silence dont parlait Élie à l’Horeb. Demandons la grâce d’être dociles à l’Esprit Saint. Amen.

Dimanche 8 juin 2025, Pentecôte

(Actes 2 1-11) (Rom.8,8_17) (Jean 14,15-16.23b-26)

En ce jour de la Pentecôte, nous célébrons la descente de l’Esprit Saint sur les apôtres cinquante jours après Pâques. Je crains que nos idées sur l’Esprit Saint ne soient un peu floues. Dieu Père, cela nous parle. Un père, nous savons ce que c’est. Jésus Christ, qui s’est fait homme comme nous, c’est encore plus clair. Mais le Saint Esprit…On le représente sous la forme d’une colombe dont le modeste roucoulement évoque la voix discrète de l’Esprit. Mais cela ne nous dit pas grand-chose… On pourrait le comparer au vent. Le vent, on ne le voit pas, mais on peut en constater les effets : on l’entend souffler, on voit les feuilles des arbres bouger et la poussière s’envoler sur son passage. De même l’Esprit Saint. On ne le voit pas, mais on en perçoit très bien les effets.

Le jour de la Pentecôte, l’action de l’Esprit Saint sur les apôtres est impressionnante. Jusque-là ils demeuraient, craintifs, enfermés au cénacle par crainte des Juifs, mais après avoir reçu l’Esprit Saint, ils partent pleins d’audace proclamer partout la Bonne Nouvelle. Sans broncher, ils vont affronter l’opposition violente des Juifs orthodoxes, les persécutions et même le martyr. De plus, ils annoncent désormais avec autorité l’évangile dont l’Esprit Saint vient de leur en donner la pleine intelligence, eux qui, jusque-là, avaient bien du mal à comprendre l’enseignement de Jésus et le sens de sa mission Pour ne citer qu’un exemple, le jour de l’Ascension, alors qu’ils ont été trois ans avec lui, ils en sont encore à lui demander si c’est maintenant qu’il va restaurer l’indépendance d’Israël (Actes 1,6). Jésus, qui était très conscient de ces malentendus leur avait confié, le Jeudi Saint au soir : J’ai encore bien des choses à vous dire, mais vous n’êtes pas à même de les supporter ; lorsque viendra l’Esprit de Vérité, il vous fera accéder à la vérité tout entière. (Jean 16,9). Non seulement l’Esprit Saint a rempli de force et d’audace les apôtres jusque-là très craintifs et les a rendus capables de partir annoncer l’Evangile par toute la terre, mais il a éclairé leur intelligence leur donnant la pleine intelligence de la parole du Seigneur. Le Christ part, mais il ne veut pas nous laisser dans l’embarras. Il veut que son Esprit le remplace pour nous guider.

D’autre part, l’effet le plus spectaculaire de la venue de l’Esprit St. le jour de la Pentecôte, c’est que des gens venant de partout, parlant toutes sortes de langues, entendent chacun dans sa propre langue la parole de Dieu annoncée par des Galiléens. C’est là le début de la mondialisation de l’Eglise. Jusque-là limité au monde juif, le christianisme devient catholique, du grec kat’olèn tèn gen c’est-à-dire qu’il s’adresse à toute la terre. Et c’est l’Esprit Saint qui réalise l’union dans une même foi de millions de croyants répandus dans tout l’univers.

Et sur nous aujourd’hui, quels sont les effets de l’Esprit Saint ? Les mêmes que sur les apôtres. Il nous met en communion intime avec Dieu. Il éclaire notre intelligence en nous permettant de comprendre dans toute sa profondeur une parole de Dieu que nous avions entendue bien souvent mais qui jusque là ne nous avait pas frappés. Un jour l’Esprit nous éclaire et nous faisant accéder à la vérité tout entière, (Jean 16,13) nous en saisissons tout le sens. Et il ne s’agit pas là seulement d’idées nouvelles qui nous entrent dans la tête, mais de quelque chose qui nous réchauffe le cœur et va transformer notre manière de vivre. Ce qui n’est pas étonnant puisque la Parole de Dieu n’est pas un savoir pour l’intelligence, c’est une parole de vie, une parole à vivre.

Mais nous avons bien du mal à repérer la présence de l’Esprit dans nos vies et à entendre sa voix.

Pourquoi ? Je pense que c’est tout simplement parce que nous ne croyons pas vraiment que l’Esprit Saint s’occupe de chrétiens ordinaires comme nous. Que l’Esprit Saint éclaire le pape ou les grands Saints, d’accord, mais des chrétiens ordinaires comme nous… Nous n’arrivons pas à croire que notre Dieu s’intéresse à tout le monde et qu’il ne laisse personne de côté. Nous devrions nous rappeler de temps en temps que le premier homme dont nous sommes sûrs qu’il soit entré au ciel, c’est un gangster, le bon larron. Evidemment, si nous pouvions voir l’Esprit Saint de nos yeux et l’entendre de nos oreilles, il n’y aurait pas de problème… Mais, au fait, le démon, nous ne le voyons pas de nos yeux, nous ne l’entendons pas de nos oreilles. Pourtant nous arrivons assez facilement à reconnaître ses interventions. Il nous est arrivé à tous, après avoir fait quelque chose de mal, de reconnaître : je me suis laissé emporter par une tentation du démon. On dit alors : c’est la voix de la conscience qui nous permet de reconnaître les tentations du démon.  Mais pourquoi ce que nous appelons la voix de la conscience ne nous permettrait pas aussi de reconnaître la voix de l’Esprit ? D’autant plus qu’en définitive, la conscience, ça n’existe pas. Ce qu’on appelle la voix de la conscience, c’est la voix de l’Esprit Saint.

Mais si nous arrivons à croire que l’Esprit Saint s’occupe de nous, nous éclaire et nous guide, que faire pour repérer ses interventions ? Peut-être tout simplement veiller à relever dans nos journées tout ce qui nous a touchés et rapprochés de Dieu, au cours d’un moment de prière, en assistant à la messe, en écoutant une homélie, une parole que nous avons entendue dans une conversation, en passant dans la rue ou en regardant la télévision. Il faudrait aussi relever tout ce qui se fait de bien autour de nous et ce que nous-mêmes nous faisons de bien. Car il n’y a qu’une source de bien dans le monde, c’est Dieu. Donc, chaque fois que quelqu’un quelque part dit ou fait quelque chose de bien, l’Esprit Saint est là, qui l’a inspiré. Ce serait certainement une bonne chose de prendre l’habitude de noter tout ce qui s’est passé de bien dans la journée, cela nous permettrait de remarquer toutes les fois où le Seigneur a été présent et cela nous encouragerait certainement à rester toujours plus unis à lui pour faire toujours plus de bien autour de nous.

Que retenir de tout cela ?

L’Esprit St, c’est comme le vent, on ne le voit pas, mais on l’entend souffler et on voit la poussière s’envoler sur son passage. Le St Esprit on ne le voit pas mais on peut en constater les effets. Les apôtres qui, jusqu’alors, ne comprenaient pas grand-chose aux paroles du Christ après avoir reçu l’Esprit Saint en ont la pleine intelligence et annoncent partout l’évangile avec autorité. Eux qui, jusque-là, vivaient dans la crainte des Juifs, après avoir reçu l’Esprit Saint n’ont plus peur de rien et affrontent sans broncher les oppositions les plus violentes, le persécutions et le martyre. Après la Pentecôte l’évangile qui, jusque-là, n’était annoncé qu’à des petits groupes de Juifs se répand par toute la terre, c’est le début de la mondialisation, de la catholicité du Christianisme.

Pour nous   l’Esprit de Dieu, c’est ce qui éclaire nos intelligences en nous faisant comprendre toute la profondeur de sa Parole, il enflamme notre cœur et nous donne la force de vivre désormais selon cette parole. Notre témoignage se répand alors partout, quelle que soit l’indifférence ou l’hostilité du monde qui nous entoure.

L’ennui c’est que nous ne croyons guère à l’action de l’Esprit St. Nous ne croyons pas qu’il s’intéresse à des gens ordinaires comme nous. Il faudrait nous rappeler qu’il n’y a qu’une source de bien dans le monde, c’est Dieu. Soyons donc attentifs à repérer toutes les fois où quelqu’un, quelque part dans le monde dit ou fait quelque chose de bien, l’Esprit de Dieu est là, c’est lui qui l’a inspiré. A l’Ascension le Christ est remonté auprès du Père, Mais nous ne sommes pas abandonnés. Aujourd’hui nous fêtons la venue de celui qu’il a envoyé pour le remplacer, l’Esprit Saint qui nous guide chaque jour pour nous maintenir dans la Voie, la Vérité et la Vie.

Dimanche 1er juin 2025

7eme dimanche de Pâques année C (Actes 7,55-60)  (Apoc.22, 12-14.16-17.20) (Jean 17,20-26)

Ce soir-là, c’était le soir du Jeudi Saint. Priant le Père pour tous ceux qui, à travers les siècles croiront en lui, le Seigneur nous laisse entrevoir son rêve pour eux : il le répète quatre fois dans sa prière : Père, qu’ils soient un. Et il précise : qu’ils soient un, COMME Toi, Père et moi nous sommes un. C’est quoi, c’est comment, cette union  entre le Père et le Fils ? C’est, je crois en ceci qu’ils n’existent pas pour eux-mêmes. Ils n’ont pas d’ambition personnelle. Chacun veut tout pour l’autre. Chacun est animé par un dynamisme d’amour envers l’autre et c’est ce dynamisme d’amour réciproque qui crée cette unité parfaite entre eux. Le Père se réjouit de la gloire du Fils et le Fils se réjouit de la gloire du Père.

C’est quoi cette  gloire ? Alors que dans le français courant, le mot gloire désigne la renommée, dans la Bible, la gloire désigne la valeur réelle de quelqu’un, son importance, le respect qu’il inspire, l’autorité dont il jouit. Dans l’Ancien Testament en particulier, la gloire de Dieu révèle l’éclat de sa sainteté, la puissance de son Être qui met toute son énergie à sauver et relever son peuple. En un mot,  la gloire de Dieu, c’est la face visible de son amour qui apparait lorsque  son amour se manifeste extérieurement. Par exemple,  la gloire  du Christ se manifeste dans son incarnation, lorsque son amour se manifeste dans  le geste de se faire homme,  elle se manifeste à travers son enseignement, quand son amour se manifeste en rendant  sa pensée accessible à nos intelligences, elle se manifeste à travers ses miracles, quand son amour révèle sa puissance. Mais surtout,  la gloire de Jésus apparait dans le triomphe de son amour sur le mal, le péché et la mort, à travers sa Passion et sa Résurrection. La glorification du Christ se prolonge aussi en nous chrétiens d’aujourd’hui dans la mesure où nous  demeurons en communion avec lui, comme le dit superbement St Paul aux Corinthiens Et nous tous qui réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, toujours plus glorieuse, comme il convient à l’action du Seigneur qui est Esprit. (2 Cor. 3,18)

En somme, quand Jésus exprime ce souhait    Qu’ils soient un, comme Toi, Père et moi nous sommes un,  cela veut dire : qu’ils soient unis dans l’amour comme Toi, Père et moi nous sommes unis dans l’amour. Notre destinée, c’est d’être un avec le Seigneur pour que règne son amour sur le monde Depuis l’incarnation l’humanité n’est plus à part, à distance de Dieu  Depuis mon baptême, je suis greffé sur lui. Je ne peux pas me penser en dehors de lui. Nous sommes  en quelque sorte métissés de divin. La dignité de la condition humaine va jusque-là.

Si on l’oublie ou si on l’ignore, on est comme amputé de la meilleure partie de soi-même. On est ratatiné, un peu comme si on était passé entre les mains des réducteurs de têtes d’Amazonie.  Un homme, on ne va plus le considérer   qu’en fonction du montant de ses revenus, il vaut ce qu’il gagne,  et c’est tout. Une femme on ne va plus l’estimer    que d’après son physique, son sex-appeal et rien de plus. Ou même sans aller jusque là, on va s’enfermer dans un univers étriqué, avec des ambitions humaines honnêtes certes, mais  fort limitées :  un bel appartement, une grosse voiture, rien au-delà.

 Mais en même temps, on peut constater que personne n’est vraiment satisfait.  Dans notre monde, les maîtres mots c’est week-ends, vacances, sortir, s’évader Tout le monde rêve d’autre

chose. C’est sans doute pourquoi, de plus en plus, et   dans tous les milieux, on se drogue. Mais rêver d’autre chose, ce n’est peut-être pas  forcément mauvais, cela peut être aussi l’amorce  d’une conversion salutaire. St Augustin  lui aussi rêvait d’autre chose,  lui qui disait Tu nous as faits Seigneur pour Toi, et notre cœur est sans repos, jusqu’à ce qu’il repose en Toi. Rêver d’autre chose, finalement, cela peut être  très bien,  à condition que cette autre chose ne soit pas n’importe quoi, mais quelque chose  qui nous comble vraiment Et qu’est-ce qui peut vraiment nous combler sinon celui qui est la Voie, la Vérité, la Vie (Jean 14,12 ), l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin de toutes choses comme nous le rappelait la 1°lecture. C’est pourquoi,  dans l’évangile d’aujourd’hui, le Christ insiste pour que nous soyons  uns avec lui, unis à lui constamment. C’est le sens de sa prière : Père, ceux que Tu m’as donné, je veux que là où je suis, ils  soient eux aussi avec moi On pense généralement que Jésus fait ici allusion à notre existence auprès de lui, après notre mort, c’est vrai, mais cela se rapporte aussi à notre existence auprès de lui, dès maintenant,  ici-bas. Car ce que veut Jésus, ce n’est pas que nous soyons uns avec lui seulement après notre mort, mais dès maintenant, afin de faire régner partout  l’amour.

 Cela veut dire que nous ne pouvons pas d’abord aménager notre vie, établir nos projets, faire notre petit business en solo,  et ensuite demander à Dieu dans la prière qu’il fasse que ces projets se réalisent. Si,  comme  je le disais plus haut, depuis notre baptême, nous sommes métissés de divin, si Dieu est en nous, nous ne pouvons pas tout régler dans notre vie comme si nous étions tout seuls, ne faisant appel à lui qu’en cas de difficulté. Inconsciemment, sans nous en rendre compte nous aurions alors  relégué Dieu au rang de roue de secours éternelle et increvable. On y tient à sa roue de secours, elle est toujours là,  dans le coffre de la voiture, on ne part jamais nulle part sans l’emmener, mais on espère bien ne pas avoir à s’en servir !!!  Si le Seigneur est avec nous, en nous, alors, nous aussi il faut rester avec lui. J’aime la manie de St François d’Assise qui tout le temps priait : Seigneur que veux-Tu que je fasse ? Nous aurions avantage à faire nous aussi cette prière tous les jours, chaque fois que nous avons quelque chose à faire , une décision à prendre, une difficulté  à surmonter : Seigneur, que veux tu que je fasse ? Comment veux-tu que je réagisse ? Qu’est-ce que tu ferais si tu étais à ma place ?

Mais  vous rétorquerez : Très bien mais comment reconnaître, identifier la réponse du Seigneur à nos  prières ? Si seulement nous pouvions  voir le Seigneur de nos yeux et l’entendre de nos oreilles il n’y aurait pas de problèmes ! C’est vrai.  Mais le démon non plus ne nous apparait pas et nous n’entendons pas sa voix avec nos oreilles. Pourtant nous arrivons assez facilement à reconnaître ses tentations. On dit : c’est la voix de la conscience qui nous permet de reconnaître les tentations. Eh bien, c’est cette même voix de ce que nous appelons la conscience qui va nous permettre de reconnaître la voix de Dieu, sa réponse à nos prières. A ceci près que la conscience, ça n’existe pas, c’est une invention de la république laïque, ce qu’on appelle la conscience, c’est la voix de l’Esprit Saint. Comme la république laïque ne veut pas reconnaître l’Esprit Saint, elle l’a débaptisé et l’a appelé conscience

Que retenir de tout cela ?

Que tous soient un comme Toi, Père et moi un. Qu’est ce qui fait leur unité ?  L’amour qui les tourne chacun vers l’autre. Le Seigneur prie le Père pour que nous soyons unis par  l’amour qui les tourne eux chacun vers l’autre, afin que nous soyons à notre tour unis par cet amour là qui nous tourne chacun vers les autres pour faire régner dans notre monde, la paix, la justice et la charité