Dimanche 22 mai 2022

6° Dimanche de Pâques – année C - Jean 14, 23-29

Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole

Je vous propose quelques réflexions sur la Parole de Dieu.

Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Christ dans l’évangile d’aujourd’hui. Bien sûr. Si on aime le Seigneur, on est conquis par sa parole et on la garde. Mais comment arriver à aimer Dieu ? Comment arriver à s’approcher de Dieu, à le connaître et à l’aimer ? Il est hors de notre atteinte…C’est vrai.Mais notre Dieu est un Dieu qui s’approche. Depuis toujours il communique et se révèle à nous, à travers les prophètes dans l’Ancien Testament, par Jésus Christ venu nous apporter la Bonne Nouvelle et par l’Esprit Saint qui nous inspire chaque jour. Mais dans la réalité, si parfois nous avons envie d’aimer Dieu et d’accueillir sa Parole, parce que c’est un Dieu bon qui nous pardonne nos fautes, un Père toujours prêt à venir en aide à notre faiblesse, parfois aussi nous sommes tentés de nous raidir et de nous fermer, nous ne voulons pas qu’il nous dérange en intervenant dans nos vies.

Vais-je l’accueillir ou le rejeter ? Il va falloir trancher. Il va falloir que je décide, car Dieu qui est Amour n’entre pas en force dans nos vies. Comme quoi, aimer implique un choix libre et une décision de la volonté, ce n’est pas, comme on le croit trop souvent,se laisser emporter par une inclination ou se laisser aller à un attrait. Aimer Dieu, cela ne va pas tout seul. Et ce n’est pas d’aujourd’hui. Il ya deux mille ans Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu, (Jean 1,11)

Si, touchés par l’amour de Dieu, nous répondons à son amour en l’aimant à notre tour, alors nous accueillerons sa parole. Et qu’est-ce qu’il va se passer ? Celui qui garde ma parole, dit le Christ, mon Père l’aimera. Bien sûr ! c’est logique, puisque la parole qu’il entend n’est pas de moi, dit Jésus, elle est du Père qui m’a envoyé. Mais Jésus poursuit : Mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous ferons notre demeure. Voilà qui est surprenant, incroyable. Qui sommes-nous pour que le Seigneur vienne habiter en nous ? Qu’il vienne de temps à autre éclairer notre intelligence ou enflammer notre coeur, ce serait déjà énorme, mais qu’il vienne en permanence habiter notre intimité, à nous qui sommes des êtres contaminés par le péché, orgueilleux, égoïstes, envieux, c’est incroyable. Voilà que le créateur de toutes choses nous aime au point de venir vivre avec nous, partager avec nous tout ce qu’il a et tout ce qu’il est, habiter en nous, cela dépasse tout ce que nous pourrions imaginer !

Et s’il vient s’installer en nous,qu’est-ce qu’il va faire ? Il va nous envoyer son Esprit qui nous enseignera tout et nous fera souvenir de tout ce que le Christ nous aura déjà dit. Cela veut dire que tant que nous n’avons pas l’Esprit Saint en nous, la parole de Dieu ne pénètre pas vraiment en nous, n’est pas vraiment comprise. L’exemple des apôtres dans l’Evangile le montre bien. Bien souvent ils ne comprennent pas ce que le Seigneur leur dit. Lorsqu’il les met en garde Méfiez vous du levain des Pharisiens, (Mt.16,6) ils croient qu’il leur parle du ravitaillement en pains. Lorsqu’il les invite à aller avec lui auprès de Lazare qui est mort, pour être témoins de sa résurrection, Thomas répond, complètement à côté Allons et mourons nous aussi avec lui. (Jean 11,16) Un jour le Seigneur finira par leur dire : J’ai encore bien des choses à vous dire, mais vous n’êtes pas en état de les porter, quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira vers la vérité tout entière (Jean 16,13) Si même les apôtres qui voyaient le Seigneur de leurs yeux et l’entendaient de leurs oreilles, n’arrivaient pas à comprendre sa parole, à plus forte raison, nous autres aujourd’hui. Sans l’Esprit Saint qui nous enseigne, nous ne comprenons guère la parole de Dieu. C’est grâce à l’Esprit que nous pouvons avancer dans la connaissance et l’amour de Dieu. En venant chez nous et en y établissant sa demeure, le Seigneur fait pénétrer l’Esprit qui nous enseigne et nous fait progresser. St Paul exprime cela dans une formule saisissante : Et nous tous qui réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image toujours plus glorieuse comme il convient à l’action du Seigneur qui est Esprit (2Cor.3,18) On n’a jamais compris complètement une parole de Dieu. Il en reste toujours qu’on n’a pas encore saisi.St Ephrem disait : la parole de Dieu c’est comme un torrent. Quand on poursuit son chemin après s’y être abreuvé en passant, il continue de couler, on ne l’a pas asséché.

Cette parole de Dieu dont on n’a jamais épuisé tout le sens, cette parole que seul l’Esprit Saint peut nous faire comprendre, c’est aussi une parole qui s’adresse à notre coeur et provoque du changement dans notre vie. Quand j’ai compris une parole de Dieu je ne suis plus le même après. Lorsque je comprends que Tokyo est la capitale du Japon, cela ne change rien à ma manière de vivre. C’est un savoir que mon intelligence enregistre et puis c’est tout.Tandis que la parole de Dieu ce n’est pas une parole à comprendre avec notre intelligence seulement. C’est une parole à vivre.Par exemple : Aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés (Jean 13,34). Je ne peux pas me contenter d’engranger cela dans ma tête, à côté du théorème de Pythagore et des règles d’accord du participe passé. Il va falloir que je l’accepte, cette parole, que je l’accueille avec mon coeur et que je la mette en pratique. Même si des fois elle vient déranger mes plans et m’ emmène dans une direction où je ne voudrais pas aller. Jérémie, persécuté par le peuple à qui le Seigneur envoie annoncer des catastrophes s’en plaint amèrement et a envie de tout plaquer : Chaque fois que j’ai à dire la parole, je dois proclamer violence et ruine. La parole de Yahvé a été pour moi opprobre et raillerie…Je me disais, je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son Nom; alors c’était en mon coeur comme un feu dévorant, je m’épuisais à la contenir sans y réussir(Jer.20,7…) Il a résisté, Jérémie, à la tentation de déserter. La Parole de Dieu qui était un obstacle à sa tranquillité, il n’a pas pu y résister. Pourquoi ? Pourquoi acceptons nous de nous compliquer la vie avec cette parole dérangeante ? Parce que, même si nous voyons clairement l’inconfort de ses exigences, l’Esprit qui souffle en nous nous fait voir encore plus clairement qu’il n’y a pas d’autre parole qui soit valable. Un jour où beaucoup de ses disciples se retiraient, Jésus demanda aux douze : Allez vous partir,vous aussi ? Mais Pierre répondit : A qui irions nous, tu as les paroles de la vie éternelle. (Jean 6,68) Lorsque nous achetons quelque chose dans un magasin, toujours nous l’utilisons selon la pensée de celui qui l’a fabriqué, un chapeau, on le met sur sa tête, des chaussures, on les met aux pieds. Alors la vie, il n’y a pas d’autre solution, nous ne pouvons pas faire autrement, il faut l’utiliser dans la pensée de celui qui l’a fabriquée. L’évangile, mode d’emploi de la vie. Même s’il est dérangeant parfois, même s’il s’oppose à notre égoïsme, à notre volonté de chercher nos aises et notre confort. Mais sommes nous vraiment convaincus que le point de vue de Dieu est le meilleur, qu’il sait mieux que nous quel est le meilleur pour nous ? Ou sommes nous assez bêtes pour croire que nous sommes plus malins que lui ?

Que retenir de tout cela ? 

Notre intelligence est trop courte pour appréhender la parole de Dieu. Il faut l’Esprit Saint joint à notre esprit pour que nous la comprenions. Mais jamais nous ne parvenons à en saisir tout le sens, toute la richesse. Quand nous avons compris quelque chose à cette Parole, quand elle nous a désaltérés, telle un torrent, elle continue de couler, nous ne l’avons pas asséchée, il en reste encore et toujours, offerte à nos soifs à venir.

La Parole de Dieu ce n’est pas une parole pour notre intelligence seulement, c’est une Parole pour notre coeur aussi et pour nos vies, c’est une Parole de vie, une Parole à vivre. une Parole à pratiquer. C’est dire qu’il nous faut constamment vérifier : Au fait, suis-je en train de la vivre, cette Parole, suis-je en train de la pratiquer ?

Dimanche 15 mai 2022

5° Dimanche de Pâques – année C – Jean, 13,31-33,34,35

Maintenant le Fils de l’homme est glorifié

Je commenterai deux phrases de cet évangile : Maintenant le Fils de l’homme est glorifié et le commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.

Nous sommes le Jeudi Saint au soir. Après le repas au cours duquel le Seigneur a institué l’Eucharistie, célébré la Pâque juive et a lavé les pieds de ses apôtres, il leur fait ses adieux avant d’entrer dans sa Passion. Il vient de leur annoncer que l’un d’eux allait le trahir, ce qui les a profondément troublés. Et il poursuit .Maintenant le Fils de l’homme est glorifié. A quel moment précis ce maintenant fait-il allusion ? Il vient de se passer quelque chose de grave. Judas est sorti pour aller livrer le Seigneur à ses ennemis. Le processus de la Passion est enclenché. C’est à cela que Jésus fait allusion avec son maintenant. Ce qu’il veut nous dire, c’est : Maintenant que la Passion est commencée le Fils de l’homme est glorifié. Le Fils de l’homme est glorifié par sa Passion.

Comment peut-on dire une chose pareille ? Dans sa Passion, est-ce que le Christ n’apparaît pas humilié, vaincu ? Ses adversaires s’emparent de lui, il est dépouillé de ses vêtements, battu, torturé, flagellé et finalement il meurt cloué sur une croix. Quelle glorification y a-t-il là-dedans ? Pourtant à plusieurs reprises Jésus parle de sa Passion comme de quelque chose de glorieux. Quelques jours auparavant,parlant de sa passion imminente, il avait dit à Philippe et André : L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. (Jean 12,23 ) C’est que, contrairement aux apparences, ce ne sont pas les ennemis du Christ qui se sont emparés de lui, c’est lui qui s’est offert volontairement : Ma vie, nul ne me l’enlève, je la donne de moi-même (Jean 10,18) leur a-t-il déclaré un jour. Il est parti pour Jérusalem, sachant ce qui l’attendait. Par trois fois il avait annoncé aux apôtres qui n’y avaient rien compris, qu’il fallait que le Fils de l’homme souffit beaucoup de la part des Anciens, des grands prêtres et des scribes, être mis à mort et ressusciter le troisième jour (Mt.16,21). Volontairement il va laisser déferler sur lui toute la puissance du mal, du péché et de la mort, mais tel un tsunami irrépressible, la puissance de son amour infini va recouvrir les forces du mal du péché et de la mort dont elle va triompher. Au moment où on le cloue sur la croix il prie encore pour ses bourreaux : Père pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. (Luc, 23,34) Autrement dit : vous pouvez me tuer si vous voulez, moi, je vous aime encore. C’est là que son amour se révèle plus fort que toute la haine des hommes. C’est là que la gloire du Christ se révèle. En dépit des apparences, la Passion et la mort du Christ sur la croix, avant même le triomphe de la Résurrection, manifestent la gloire de l’amour infini du Christ qui l’emporte sur toutes les forces du mal, du péché et de la mort. St Paul écrira plus tard : Oui, j’en ai l’assurance, ni la mort, ni la vie, ni le présent ni l’avenir,ni les anges ni les dominations, ni aucune autre créature, rien ne pourra jamais nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en JCNS. (Rom.8,38,39)

Voir dans la Passion et la crucifixion un Christ humilié et vaincu par ses ennemis qui se seraient emparés de lui, c’est voir les choses à l’envers, un peu comme on regarderait un tapis à l’envers. Tous les fils de toutes les couleurs sont là, on les voit, mais on ne voit pas le dessin du tapis. Par contre s’il est clair pour nous que dans la Passion, ce ne sont pas ses ennemis qui s’emparent de lui mais lui qui se livre, alors on voit la Passion et la mort du Christ à l’endroit, comme une victoire de son amour infini qui a surpassé, balayé et vaincu les forces du péché et de la mort. La Passion et la mort du Christ sur la croix, loin de montrer un Christ humilié et vaincu, montrent au contraire un Christ triomphant par la puissance de son amour dont rien ne peut venir à bout. Avec la Résurrection, la gloire et le triomphe du Christ seront complets puisqu’il aura vaincu le mal, le péché et la mort. Mais déjà avec la Passion et la mort sur la Croix où son amour infini triomphe du mal et du péché,le Christ est glorifié.

Et maintenant, venons en au commandement nouveau Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres.C’est le « comme je vous ai aimés » qui est embarrassant. Autrement, s’aimer les uns les autres, c’est faisable, parfois nous y parvenons. Il y a des familles, des petits groupes où on s’aime vraiment bien les uns les autres, on a suffisamment d’affinités communes, il n’y a pas de problèmes. Mais le Seigneur n’aime pas seulement ceux qui ont des affinités avec lui. Il aime tout le monde. Il a un parti pris absolu de bienveillance envers tous, même envers ses ennemis. L’auteur du livre de la Sagesse disait déjà : Oui tu aimes tous les êtres et n’as de dégoût pour rien de ce que tu as fait, car si tu avais haï quelque chose, tu ne l’aurais pas formée et comment une chose subsisterait-elle si tu ne l’avais voulue, comment conserverait-elle l’existence si tu ne l’y avais appelée… Mais tu épargnes tout parce que tout est à toi, Maître ami de la vie. (Sagesse 11,24,25)

Comment le christ peut-il nous demander de nous aimer les uns les autres COMME il nous a aimés? Il sait bien que c’est impossible. C’est vrai, par nous-mêmes, jamais nous ne pourrons parvenir à nous aimer comme il nous a aimés, cependant, peut-être que nous pouvons quand même avancer dans cette direction, d’abord parce que le Seigneur nous a créés à son image, de plus par le baptême, nous sommes greffés sur la vie nouvelle du Christ ressuscité, nous avons en nous sa force et chaque fois que nous participons à la messe, notre union au Christ se trouve renforcée. En effet, à la messe, en même temps que nous offrons le sacrifice du Christ, nous nous offrons nous-mêmes, nous offrons notre vie, notre travail et au moment où le Seigneur transforme le pain en corps du Christ et le vin en sang du Christ, le prêtre lui demande de nous transformer aussi, de nous rendre un peu plus semblables au Christ : Dieu tout puissant, nous te supplions de consacrer ces offrandes, sanctifie-les par ton Esprit pour qu’elles deviennent, c’est à dire pour que NOUS devenions le corps et le sang de JCNS. Chaque messe nous rend toujours plus semblables au Christ et donc un peu plus capables de nous aimer les unes les autres comme il nous a aimés. Alors ne cherchons plus d’excuses, en mettant en avant de faux prétextes et une fausse humilité : »Je n’y arriverai jamais, de toutes façons, ce n’est même pas la peine d’essayer ! » Avec la force de la vie du Christ en nous, nous pouvons essayer de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés, même si nous n’y arriverons jamais parfaitement.

Que retenir de tout cela ? 

Contrairement aux apparences, dans sa Passion, le Christ est glorifié, parce que dans sa Passion, ce ne sont pas ses ennemis qui se sont emparés de lui. C’est lui qui s’est livré par amour pour nous, offrant sa vie pour nous sauver. Il a laissé déferler sur lui toute la puissance du mal et du péché, mais son amour infini dont rien ne peut venir à bout, a été le plus fort et en a triomphé. Dès le Vendredi Saint, avant même sa victoire sur la mort lors de sa Résurrection au matin de Pâques, la gloire du Christ est manifestée à travers le triomphe de son amour sur le mal et le péché.

Nous aimer les uns les autres comme le Christ nous a aimés, c’est possible parce que nous sommes créés à son image, parce que depuis notre baptême, nous avons en nous la vie et la force du Christ ressuscité et parce que chaque messe à laquelle nous participons nous transforme davantage en christs et par conséquent nous rend toujours plus capables de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Nous n’atteindrons peut-être jamais la perfection, mais ce n’est pas une raison pour ne pas tout faire pour mettre toujours un peu plus d’amour dans notre monde qui en manque si cruellement.

Dimanche 8 mai 2022

4° Dimanche de Pâques – année C – Jean 10,27-30

les brebis écoutent ma voix

L’image du pasteur qui s’occupe de ses brebis était parlante pour les auditeurs de Jésus. qui étaient  pour la plupart des agriculteurs et des éleveurs. Pour nous qui sommes des citadins, cela ne nous dit pas grand chose. Des bergers, des moutons,  nous n’en voyons guère qu’à la télévision dans la publicité pour les fromages ! Qu’est-ce que nous dit le Seigneur sur le pasteur et ses brebis dans l’évangile d’aujourd’hui ?

D’abord il nous dit  les brebis écoutent ma voix. Puis il ajoute je les connais, elles me suivent, je leur donne la vie éternelle, elles ne périront pas.   Si les brebis écoutent la voix du berger et le suivent, c’est qu’elles le connaissent comme lui les connaît.   Le Bon Pasteur connaît ses brebis et ses brebis le connaissent (Jean10,14) nous dit Jésus dans la parabole du Bon Pasteur. Un berger rencontré dans les Alpes où j’étais en vacances  m’a fait comprendre ce qu’il y a vraiment derrière cette phrase apparemment banale. Il m’a raconté qu’il était venu en train depuis la Provence avec son troupeau de 500 moutons. Et il m’a dit : quand les agents de la SNCF ont débarqué les 500 moutons sur le quai de la gare de Modane, j’ai vu tout de suite qu’il en manquait deux…Cela nous parait incroyable qu’un  berger puisse arriver à connaître chacune des bêtes d’un troupeau de cinq cents têtes ! Et encore plus incroyable que le Seigneur connaisse  et s’intéresse à chacun d’entre nous personnellement. C’est  que nous n’arrivons pas à croire que Dieu est un Père. Un père,  connaît s’intéresse à tous ses enfants.  Même si parfois il n’est pas dans les meilleurs termes avec l’un ou l’autre d’entre eux, jamais il n’en renie un seul. Sans oser le dire tout haut, au fond nous voyons Dieu comme le grand patron d’une immense multinationale qui ne peut pas connaître et s’intéresser  à chacun de ses employés. De plus, nous avons du mal à croire que Dieu puisse s’intéresser à des gens ordinaires comme nous. Qu’il s’intéresse au pape, aux grands saints, à des gens comme Mère Theresa ou à des chrétiens d’élite, d’accord, mais à des gens ordinaires comme nous… Pourtant constamment l’Ecriture nous redit  que Dieu veut que TOUS les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. (2Tim.2,4) Pas question d’en laisser tomber un seul. Et la vie de Jésus  montre que notre Dieu n’est pas une espèce de grand PDG qui ne fréquenterait  que les membres de son conseil d’administration. Jésus est toujours au milieu de tout le monde, avec n’importe qui, et souvent avec ceux qui sont au plus bas de l’échelle. Il va chercher ses apôtres parmi des pécheurs du lac, des hommes sans instruction et, au grand scandale des bien  pensants, il est toujours fourré  avec les pécheurs. Mais justement il dit et répète moi je suis venu chercher et sauver ce qui était perdu. (Luc 19,10). Alors, si nous sommes des pécheurs et des gens pas importants, tant mieux, nous sommes  d’autant mieux placés  pour qu’il s’intéresse à nous,  parce que comme il  le dit dans l’Ecriture :Le ciel est mon trône et la terre mon marche-pied, mais celui vers lequel je jette les yeux, c’est le pauvre et le coeur contrit. (Isaïe 66,1,2)

Nous avons du mal  à croire que Dieu s’intéresse à  nous, c’est vrai, mais nous y croyons quand même un peu. De temps en temps,  par exemple quand il exauce nos prières, ou quand il nous aide dans nos difficultés, nous savons  le reconnaître,  Je me rappelle ma mère disant, après un moment difficile : Je ne sais pas comment j’ai fait pour  m’en sortir, sûrement que le Bon Dieu y a mis les mains ! Ou bien encore nous voyons un jeune homme ou une jeune fille ayant déjà une bonne situation, tout quitter pour  s’engager dans le sacerdoce ou la vie religieuse. Alors là, nous nous disons il doit y avoir un Bon Dieu quelque part, il est intervenu pour l’appeler et il ou elle a répondu à son appel.Malheureusement trop souvent on ne répond pas à cet appel……. Presque toujours parce qu’on le l’a pas entendu.

Comment faire pour entendre la voix de Dieu et y répondre ? D’abord il faut savoir que Dieu parle, qu’il y a quelque chose à entendre. Pourquoi les chercheurs d’or  trouvent ils de l’or  ? Parce qu’ils savent  qu’il y a de l’or à trouver, alors ils se mettent à chercher et ils finissent par trouver. Pourquoi va-t-on entendre la voix de Dieu ? Parce qu’on sait qu’il y a quelque chose à entendre, alors on va se mettre à écouter et on va finir par entendre.   D’abord : est-ce que je crois qu’il me parle ? Ensuite, comment repérer parmi toutes les pensées qui nous viennent à l’esprit :voilà, ça, c’est la voix du Seigneur ? Il y a une telle distance entre lui et nous : Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes paroles sont élevées au-dessus de vos !!! (Isaïe 55,9) C’est vrai mais il veut que nous entendions ses paroles et que nous y répondions  Quand vous me chercherez, vous me trouverez pour m’avoir cherché ce tout votre coeur. Je me laisserai trouver par vous. (Jer.29,13,14) dit-il en Jérémie. Nous le trouverons en repérant  parmi toutes les pensées qui nous traversent l’esprit,  celles qui nous orientent vers le bien. De la même manière que nous arrivons facilement à distinguer parmi nos  pensées  celles qui sont  des tentations du démon, parce qu’elles nous poussent au mal, de même nous pouvons arriver facilement à distinguer parmi les idées qui nous passent par la tête, celles qui viennent  de Dieu : ce sont celles  qui nous poussent au  bien.

C’est pourquoi il est absolument nécessaire que nous soyons tout le temps dans une attitude de recherche, d’écoute de Dieu. Dans notre prière, reprenons tout simplement la prière de st François d’Assise : Seigneur que veux-tu que je fasse ? dans la situation où je me trouve,là, maintenant,, comment veux-tu que je réagisse, comment ferais-tu à ma place ? Et puis dans le courant de nos journées restons dans cette attitude de recherche et d’écoute de Dieu.Ce n’est pas  compliqué. Cherchons tout simplement ce que nous ou les autres autour de nous avons pu dire ou faire de bien. Il n’y a qu’une source de bien dans le monde, c’est Dieu. Donc chaque fois que moi ou quelqu’un quelque part, dit ou fait quelque chose de bien, Dieu est là présent, en train d’agir. Nous pouvons le prendre en flagrant délit ! En train d’agir dans nos vies. C’est ça la parole de Dieu ,en acte, prise sur le vif. Je pense que ce serait une excellente chose de faire tous les jours notre examen de conscience pour chercher non pas nos péchés mais ce que nous avons dit ou fait de bien, car là, à chaque fois, nous nous sommes laissés guider par la parole de Dieu qui nous a fait agir. Débrouillons nous pour être un peu plus habiles à écouter la parole de Dieu. Parce que l’ Evangile, la Bonne Nouvelle, c’est que les brebis écoutent la voix du Pasteur et se mettent à sa suite. Ce n’est pas au Pasteur d’écouter les bêlements du troupeau et de se mettre à leur suite.

Que retenir de tout cela ? 

Comme le berger connaît et se préoccupe de chacune de ses brebis, Dieu notre Père connaît et se préoccupe de chacun d’entre nous. Comme les brebis écoutent la voix du berger et le suivent, il nous revient d’écouter la voix du Seigneur et de le suivre. ….Comment repérer la voix du Seigneur : En demeurant toujours dans une attitude de recherche. Dans la prière, appeler : Seigneur que veux tu que je fasse ? Et chaque jour  faire notre examen de conscience sur le bien que nous faisons . Il n’y a qu’une source de bien dans le monde, c’est Dieu Par conséquent, chaque fois que nous faisons ou que nous disons quelque chose de bien, c’est que nous nous sommes laissés guider par la parole de Dieu.

Nous ne sommes peut-être pas très habiles pour écouter la parole de Dieu, mais autour de nous certains sont encore moins habiles, ils auraient besoin que nous les entraînions. Ne nous y trompons pas, ce que veut le Seigneur, ce n’est pas tellement que nous soyons un troupeau de moutons mais que nous soyons un troupeau de pasteurs

Dimanche 1er mai 2022

3ème dimanche de Pâques – année C - Jean 21,1-19

Et Jésus leur dit : Venez manger…

Je dirai unmot sur l’évangile d’aujourd’hui avant de parler sur la célébration des 1° Communions.

Nous sommes quelques jours après Pâques. Le Christ n’est plus présent sur la terre à plein temps. Il apparaît de temps en temps avant de remonter au ciel définitivement le jour de l’Ascension. Ce matin là il avait décidé d’apparaître aux apôtres Ils sont en train de pécher en mer de Tibériade, pas loin du bord. Jésus les hèle Vous avez quelque chose à manger ? Unpeu honteux, car ils n’ont rien pris, ils répondent Non. Et voilà que, après avoir jeté les filets à droite comme il leur a demandé de faire, ils font une pêche abondante. Ce n’est pas normal. C’est la nuit, quand les poissons remontent et s’approchent de la surface qu’on peut attraper quelque chose. Dans la journée, on n’a aucune chance. Dès le lever du jour les poissons s’enfoncent dans les profondeurs, les filets tendus en rideau à partir de la surface ne peuvent les attraper. Devant cette pêche anormale, miraculeuse, St Jean réagit le premier. C’est le Seigneur ! Aussitôt Pierre se jette à l’eau, les autres apôtres rejoignent le bord. Et qu’est-ce qu’ils voient ? Un feu de braise avec du poisson posé dessus et du pain. Et Jésus leur dit:Venez manger… Qui est-ce qui a fait la cuisine ? Vous vous rendez compte ? On a un bon Dieu, il fait la cuisine ! Un tas de gens s’imaginent que le Bon Dieu il est loin …au ciel … pour ne pas dire dans la lune, et qu’ il a autre chose à faire que de penser à nos petites histoires. Eh bien non ! Le Seigneur, il est près de nous. Quand il veut apparaître à ses apôtres, il ne leur apparaît pas à l’église, dans le Temple, revêtu d’ornements sacerdotaux, au beau milieu d’une cérémonie solennelle où on chante plein de psaumes, non, il les retrouve là où ils sont, en train de faire leur métier de pécheurs et il les invite à un barbecue au bord de la mer.

Eh bien, c’est encore comme ça aujourd’hui. Le Seigneur vient au milieu de nous à Beaucamp. Il ne nous invite pas à un barbecue, c’est vrai, mais il vient nous donner son corps en nourriture. Pour la première fois, vous, mes enfants, vous allez recevoir le corps du Christ. Avant vous étiez trop petits. Maintenant vous êtes assez grands pour comprendre. Vous pouvez recevoir le corps du Christ et participer à la messe tout entière. Mais qu’est-ce que c’est exactement, ce corps du Christ  ? Et la messe, qu’est-ce que c’est exactement ?

Recevoir la communion, recevoir le corps du Christ, c’est quoi ? Le Christ, juste avant de mourir pour nous sur la croix pendant qu’il était en train de souper avec ses apôtres, il a pris du pain, l’a béni et donné à ses apôtres disant : ça, c’est mon corps livré pour vous. Autrement dit quand on reçoit la communion, on ne reçoit pas le petit Jésus dans la crèche, on ne reçoit pas Jésus en train de prêcher l’évangile ou de faire des miracles, on reçoit Jésus qui donne sa vie pour nous. Et tout de suite après, Jésus a ajouté Faites ceci en mémoire de moi. Autrement dit  Moi je donne ma vie pour vous, vous, faites en autant, donnez votre vie pour les autres. Comment  ça ? Le Christ ne nous demande pas de mourir crucifié comme lui, mais de nous mettre au service des autres, de les aider, comme lui il a fait, tous les jours, venant au secours des malades, des possédés, de ceux qui étaient rejetés par tout le monde. Il a inventé le sacrement de l’eucharistie, la communion, pour que nous puissions trouver dans cette communion la force et le courage, tous les jours, de nous mettre au service des autres, de les aider. Ce n’est pas facile d’ aider les autres tout le temps. Des fois, quand votre maman vous demande de l’aider à faire quelque chose, cela vous ennuie, vous préféreriez continuer à jouer, ce n’est pas vrai ? C’est pour ça qu’on a besoin de faire la communion, de recevoir Jésus pour qu’il nous donne la force et le courage de toujours être prêts à aider autour de nous.

Pour recevoir la communion comme il faut, il faut bien comprendre de quoi il s’agit, c’est pourquoi il faut apprendre le catéchisme mais surtout il faut être décidé, du fond du coeur, à i s’offrir à Jésus pour toujours faire comme lui, aider les autres. Et c’est à la messe. que se fait cette offrande là. La messe, c’est quoi ? C’est une célébration où on offre à Dieu notre Père le sacrifice de son Fils qui a donné sa vie pour enous sur le croix On dit à Dieu notre Père : Rappelle toi, Jésus, il est mort pour nous sur la croix il y a deux mille ans pour nous pardonner nos péchés et pour que règne dans le monde la justice la paix, la charité Alors que ce sacrifice, ça marche encore pour nous aujourd’hui. C’est cela le principal dans la messe.

Mais à la messe, on n’offre pas seulement le sacrifice du Christ. On s’offre aussi soi-même, pour devenir plus pareil à Jésus. On offre tout ce qu’on fait, son travail, pour qu’il soit sanctifié, et que notre monde devienne le monde de Dieu où règnent la justice, la paix, la charité. Et cela c’est représenté par le pain et vin fruit du travail des hommes et de la terre . Alors, vous les parents, quand vous venez à la messe le dimanche soyez fiers d’offrir tout ce que vous avez fait pendant la semaine, pour que le monde du Bon Dieu tourne plus rond, que vous soyez instituteur, commerçant, agriculteur ou maman au foyer, soyez fiers d’offrir tout ce que vous avez fait pour bien élever vos enfants, pour qu’ils deviennent des hommes et des femmes ouverts, intelligents, honnêtes. Et demandez lui de vous aider à faire mieux la semaine prochaine. Et vous, mes enfants, soyez fiers d’offrir ce que vous faites pour grandir chaque jour, pour apprendre toujours plus de choses à l’école, offrez les bons moments que vous avez passés à jouer à la maison avec les copains ou les copines, les petits coups de main que vous avez donnés à votre papa, à votre maman ou à vos frères et soeurs. Moi, le prêtre, je vais prendre tout ça et l’offrir au Bon Dieu. Regardez bien, vous verrez, à la consécration, je tends mes mains au dessus de vous tous, parce que en même temps que le sacrifice du Christ c’est vous tous que j’offre à notre Père du ciel. Et au moment où le Seigneur transforme le pain en corps du Christ, le vin en sang du Christ, le prêtre lui demande de nous transformer aussi, de nous chisti-fier. de nous faire un peu plus Christ, de nous rendre un peu plus pareils au Christ :Père Saint, Nous te supplions de consacrer toi-même les offrandes que nous te présentons, sanctifie les par ton Esprit pour qu’elles deviennent, c’est à dire pour que nous devenions le corps et le sang de JCNS.

Que retenir de tout cela ? 

Comme Jésus a rejoint les apôtres là où ils étaient, en train de pêcher, il nous rejoint aujourd’hui là où nous sommes, à Beaucamp, et il veut rentrer dans notre coeur pour nous rendre pareils à lui, capables d’apporter l’entraide,la justice, la paix, la charité autour ce nous.

Pour recevoir Jésus, il faut être décidés, du fond du coeur à faire comme lui, il faut nous offrir à lui. C’est ce qu’on fait à la messe.En même temps qu’on offre le sacrifice du Christ, on s’offre soi-même, sa vie, son travail pour que, en même temps qu’il change le pain et le vin en corps et sang du Christ, il nous change nous aussi pour que nous devenions plus pareils au Christ. Et afin que le Christ pénètre bien en nous, nous le recevons dans la communion Après ça, nous pouvons repartir davantage capables de faire comme lui, d’aider les autres, de nous mettre à leur service. Si tout le monde recevait la communion comme il faut, il n’y aurait plus de disputes de conflits, de guerres nulle part, le Seigneur règnerait dans tous les coeurs, partout régneraient la justice, la bonne entente, la paix, l’amour. La communion que nous allons faire ne va pas changer le monde mais parce qu’elle peut nous changer, elle peut amener davantage d’entente de paix de justice et d’amour dans nos familles et dans notre entourage. Cela vaut la peine de tout faire pour que le Seigneur puisse faire régner chez nous la bonne entente, la paix la justice et l’amour qu’il veut y faire régner.

Dimanche 24 avril 2022

2° Dimanche de Pâques ou de la divine Miséricorde – Jean 20,19-31

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Le récit de ces deux apparitions nous donne des indications intéressantes sur le Christ ressuscité, ainsi que sur notre propre résurrection à venir. Il nous montre aussi que le but du Christ dans ces apparitions n’est pas seulement de réconforter les apôtres plongés dans le deuil après sa mort mais de les envoyer prêcher la Bonne Nouvelle par toute la terre.

La première de ces apparitions a lieu le soir de Pâques. Les apôtres sont troublés. Pierre, Marie Madeleine, deux disciples en route vers Emmaüs disent l’avoir vu vivant, mais ils ne les croient pas. Ils sont là dans une pièce fermée à clef par crainte des Juifs. Tout à coup Jésus apparaît au milieu d’eux. La paix soit avec vous !

Comme Jésus voit qu’ils doutent encore, il leur montre ses mains transpercées et la plaie à son côté.Ils sont alors convaincus. Jésus enchaîne alors:De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Il souffle sur eux pour leur donner l’ Esprit Saint et leur donne le pouvoir de remettre les péchés. Ils sont stupéfaits. Ils s’attendaient plutôt que le Seigneur leur fasse des reproches pour s’être enfuis et l’avoir abandonné lors de son arrestation. Ils ont du mal à croire que le Maître leur fait encore confiance Ce n’est pas étonnant que Thomas n’ait rien cru de tout cela, lorsqu’ils lui ont raconté ce qui s’était passé.

Huit jours après, le Seigneur apparaît de nouveau à ses apôtres. Thomas est là. Jésus s’adresse à lui directement Avance ton doigt ici et vois mes mains,… mets ta main dans mon côté. Tout heureux en même temps que honteux Thomas fait profession de foi Mon Seigneur et mon Dieu !

Qu’est-ce que nous montre cet évangile ? D’abord que les apôtres ont eu bien du mal à croire en la résurrection. Ensuite que le Christ ressuscité n’est pas un esprit, un fantôme. Il a un corps que les apôtres voient de leurs yeux et touchent de leurs mains. Et enfin que ce corps n’est pas exactement semblable à son corps d’avant. Il apparaît et disparaît instantanément dans la pièce où ils se trouvent sans avoir à ouvrir ou à fermer la porte.

C’est intéressant à savoir parce que c’est comme ça aussi que nous ressusciterons, ainsi que l’a promis le Seigneur : Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais (Jean 11,25,26) Je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi. (Jean 17,24) L’évangile nous donne donc trois indications sûres à propos de notre résurrection : 1°) Nous ressusciterons pour une vie éternelle comme le Christ, pas comme Lazare ou la fille de Jaïre qui, ramenés à la vie par le Christ sont morts quelques années après. 2°) Comme le Christ nous ressusciterons avec un corps. 3°) Mais ce corps sera un corps nouveau comme le corps du Christ ressuscité.Voilà ce que nous savons sur notre résurrection. Il reste beaucoup d’inconnu. Quelqu’un qui meurt à quatre vingts ans après avoir été amputé d’une jambe après un accident d’auto quand il avait cinquante ans, il va ressusciter avec une jambe ou avec deux jambes ? Nous n’en savons rien. L’évangile nous donne trois indications sûres. Pour le reste, nous verrons quand nous y serons. Nous aurons le plaisir de la découverte !

De plus, dans l’évangile d’aujourd’hui nous voyons que le but du Seigneur en apparaissant à ses apôtres, n’est pas seulement de les consoler, de les tirer de la tristesse où ils sont de le croire mort, son but c’est de les envoyer témoigner de l’évangile partout dans le monde. De même il nous envoie aujourd’hui témoigner autour de nous de la foi. Ne disons pas trop vite que ça nous dépasse, que nous ne sommes pas à la hauteur. N’oublions pas que depuis le jour de notre vbaptême, nous avons en nous la vie et la force du Christ ressuscité. Rappelons nous ce que disait St Paul aux Ephésiens : Nous sommes l’ œuvre du Seigneur. Il a fait de nous des êtres nouveaux en Jésus Christ en vue des œuvres bonnes qu’il a préparées à l’avance pour que nous les accomplissions (Eph. 2,10 . Traduction littérale d’après le texte de la Bible m:algache)

Que retenir de tout cela ? 

L’évangile d’aujourd’hui nous éclaire sur la vie nouvelle du Christ ressuscité. Il est ressuscité pour une vie éternelle pas pour quelques années seulement comme Lazare ou la fille de Jaïre. Il est ressuscité avec un corps humain, mais un corps nouveau, différent de son corps d’avant. Les théologiens parlent d’un corps spirituel.

Le Christ qui est la résurrection et la vie veut nous ressusciter comme lui. NouS ressusciterons donc pour une vie éternelle, avec un corps humain, mais un corps nouveau, comme lui.
De plus l’évangile d’aujourd’hui nous rappelle que le Christ nous envoie témoigner de l’évangile autour de nous. Ne cherchons pas d’excuse en disant que ça nous dépasse, que nous ne sommes pas à la hauteur. La force du Christ resssuscité est en nous depuis notre baptême et nous rend capables de faire ce que nous ne pouvons pas faire par nos propres forces. C’est St Augustin, je crois, qui disait:Si noble est le poste que Dieu nous a confié qu’il ne nous est pas permis de déserter.

Dimanche 17 avril 2022

Solennité de Pâques – Luc 24,1-12

Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font

Joie et soulagement. Tels sont nos sentiments en ce matin de Pâques. Joie parce que le Christ est ressuscité. Il nous était insupportable de penser à toutes les souffrances de sa Passion et de sa mort sur la croix, d’autant plus que nous avons une part de responsabilité dans ce qui est arrivé. C’est insupportable pour nous de voir un juste persécuté ou des innocents massacrés. Aujourd’hui le sort de millions d’Ukrainiens victimes d’une guerre injustifiable, des ethnies pourchassés en Chine, en Ethiopie et ailleurs, ou encore le sort des opposants opprimés en Russie et ailleurs nous indigne. A plus forte raison, le Christ, lui qui est passé en faisant le bien, soulageant les misères physiques aussi bien que morales, plein de miséricorde envers n’importe quel pécheur dévoyé, que ce soit un fonctionnaire douteux comme Zachée ou une malheureuse femme adultère, lui qui est allé jusqu’à prier pour ses bourreaux Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font (Luc 23,34 ), sa passion et sa mort sur la croix nous sont absolument insupportables. Nous sommes heureux et soulagés de le voir ressuscité dans ce matin de Pâques, victorieux et triomphant de l’injustice, du péché, du mal et de la mort.

Mais cette résurrection du Christ n’est pas une sorte de « happy end », ce n’est pas une histoire qui finit bien, marquant la fin de la mission du Seigneur sur la terre et la réconciliation des pécheurs avec le Père, c’est le début d’une ère nouvelle, car le triomphe absolu du Christ ressuscité dépasse sa seule personne et déborde sur toute l’humanité. Ce Jésus Christ ressuscité, c’est Jésus Christ vrai Dieu et vrai homme. En Jésus Christ ressuscité, ce n’est pas seulement la divinité qui est ressuscitée. Son humanité aussi est ressuscitée, une humanité entièrement semblable à la nôtre. Donc en Jésus Christ ressuscité vrai Dieu mais aussi vrai homme comme nous, le premier homme comme nous est ressuscité. Cela veut dire que la résurrection du Christ transforme et bouleverse le destin de tous les hommes. Il est arrivé quelque chose à la mort, on n’en meurt plus.La résurrection du Christ n’est pas une histoire individuelle qui ne concerne que lui, elle est la source et le gage de notre résurrection à venir, comme il l’affirme plusieurs fois solennellement dans l’évangile Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. (Jean 11,25,26) Je veux que là où je suis ils soient eux aussi avec moi. (Jean 17,24).

Mais notre résurrection à venir reste quelque chose de bien mystérieux. Toutefois l’évangile nous apporte trois indications sures. D’abord il nous dit qu’après la mort nous allons ressusciter comme le Christ, donc pour une vie éternelle, qui ne finit pas, et non pas pour une simple prolongation de notre vie terrestre, comme ce fut le cas pour Lazare ou la fille de Jaïre, qui après avoir été ressuscités moururent de nouveau.

Ensuite et c’est la deuxième indication que nous donne l’évangile sur notre résurrection : comme le Christ, nous ressusciterons avec notre corps. Car le Christ ressuscite avec son corps ses disciples ont pu le voir de leurs yeux et le toucher de leurs mains. Donc nous aussi, comme le Christ, nous ressusciterons avec notre corps.

Mais et c’est la troisième indication, le corps du Christ ressuscité est un corps nouveau, pas tout à fait semblable à son corps d’avant la passion. Lors des apparitions, il apparaît et disparaît subitement dans la salle où se trouvent les apôtres sans ouvrir ni fermer la porte. C’est pourquoi on dit que le corps du Christ ressuscité est un corps spirituel. Lors de notre résurrection, nous aurons ce genre de corps, un corps spirituel comme le corps du Christ ressuscité.

Nous avons du mal à y croire. Nous ne valons guère mieux que les apôtres qui ont eu bien du mal à croire à la résurrection du Seigneur. Il a fallu qu’ils le voient de leurs yeux, qu’ils le touchent de leurs mains, qu’ils mangent et boivent avec lui autour de la même table pour qu’ils soient convaincus. Et nous avons encore plus de mal à croire en notre résurrection. C’est vrai que tout n’est pas clair. Bien des questions demeurent : quelqu’un qui est mort à 80 ans mais qui avait perdu une jambe après un accident de voiture à l’âge de cinquante ans va-t-il ressusciter avec une jambe ou avec deux jambes ? Nous n’en savons rien !!! Restons en aux certitudes que nous donne l’évangile. Nous ressusciterons pour une vie éternelle avec un corps nouveau.Et pour le reste nous aurons la surprise de le découvrir lorsque nous y serons !!!

Mais ce n’est pas seulement après la mort que nous tirons parti, si j’ose dire, de la résurrection du Christ. Dès le jour de notre baptême la vie du Christ que nous recevons, c’est la vie du Christ ressuscité, ce n’est pas la vie du petit Jésus, ni la vie du Christ parcourant la Palestine en prêchant l’évangile. Par conséquent, dès maintenant nous sommes greffés sur cette vie nouvelle du Christ ressuscité, vainqueur du mal, du péché et de la mort. Nous devrions toujours garder cela présent à l’esprit. Cela nous donnerait plus d’audace et de courage pour lutter contre le mal et la tentation.

Que retenir de tout cela ? 

C’est une grande joie et un grand soulagement pour nous de célébrer aujourd’hui la résurrection de NSJC. D’autant plus que nous avons une part de responsabilité dans les souffrances qu’il a endurées dans sa Passion et sa mort sur la Croix. Tout cela est arrivé à cause de nos péchés. Aussi, sa Résurrection recouvre d’une joie infinie la tristesse amère et le remords lancinant où sa Passion et sa mort nous avait plongés.

Mais ce triomphe du Christ n’est pas une sorte de happy end. C’est le début d’une ère nouvelle pour l’humanité. Car la résurrection du Christ dépasse sa seule personne. Le Christ ressuscité nous entraîne dans sa résurrection. Le Christ ressuscité vrai Dieu et vrai homme est le premier homme comme nous qui soit ressuscité. Il est arrivé quelque chose à la mort, on n’en meurt plus. C’est sa volonté que tous ceux qui croient en lui, même s’ils meurent, vivent auprès de lui, là où il est, dans l’éternité. Donc nous ressusciterons comme le Christ c’est à dire pour une vie éternelle avec notre corps mais un corps nouveau.

Mais ce n’est pas seulement après notre mort que nous sommes rattrapés par la résurrection du Christ. Depuis le jour de notre baptême, nous sommes greffés sur la vie nouvelle du Christ ressuscité vainqueur du mal, du péché et de la mort. Il est avec nous au long de nos journées et nous pouvons compter sur la force du Christ vainqueur du mal, du péché et de la mort dans les épreuves et les tentations qui jalonnent notre route. Nous avons donc d’excellentes raisons en ce jour de Pâques pour chanter Alleluia !!! Mais nous ne pouvons pas en rester à applaudir Dieu sans rien faire. Mettons tout en œuvre pour développer et faire croître cette vie nouvelle non seulement en pensant à nous mais aussi avec le souci de tous ceux qui, autour de nous, trop éprouvés par la vie, n’arrivent plus à croire en la résurrection. Tout cela leur paraît trop beau pour être vrai. Qu’ils soient présents à notre prière tous ces nouveaux disciples d’Emmaüs qui avancent accablés sur le chemin, ayant perdu toute espérance. C’est dans cet esprit que nous renouvellerons maintenant les engagements de notre baptême.

Vendredi 15 avril 2022

Vendredi Saint – Passion (Jean,18,1-19,42)

Elle est venue l’heure où le Fils de l’homme doit être glorifié.

Nous venons d’entendre, le coeur serré, ce récit de la Passion de NS. Tant de méchanceté, d’injustice, de haine, c’est insoutenable. Et nous sommes d’autant plus accablés que nous sommes en partie responsables de ces horreurs puisque c’est à cause de nos péchés à nous, que le Christ a souffert tout cela. Aussi, à une infinie tristesse s’ajoute une immense honte. Lui qui nous a tant aimés. Comment a-t-on pu en arriver là ? Et que faire maintenant ? On comprend que Judas soit allé se pendre.

Pourtant, si nous en restons là, la pleine réalité de la Passion nous échappe. Car la Passion de NS ce n’est pas seulement les souffrances terribles qu’il a supportées et dont nous ressentons l’horreur. La Passion du Seigneur c’est aussi et surtout une manifestation de sa gloire ainsi qu’il le dit lui même lorsque parlant à ses apôtres de sa passion et de sa mort imminentes, il a cette parole surprenante : Elle est venue l’heure où le Fils de l’homme doit être glorifié. (Jean 10,10) Et juste après que Judas fut sorti pour aller le livrer, il ajoute : Maintenant le Fils de l’homme est glorifié et Dieu a été glorifié par lui. (Jean 13,32)

Dans sa passion et sa mort sur la croix le Christ apparaît bien comme vaincu. Alors, comment peut-on dire que la Passion et la mort du Christ révèlent sa gloire ? D’abord, il faut bien voir que ce ne sont pas ses ennemis qui se sont emparés de lui, c’est lui qui s’est livré, il a voulu donner sa vie pour nous, ainsi qu’il l’a dit aux apôtres le soir du Jeudi Saint : Ma vie, personne ne me l’enlève, mais c’est moi qui m’en dessaisis. (Jean 10,10) Quand il est monté à Jérusalem, il savait ce qui l’attendait. Par trois fois il avait annoncé aux apôtres sa passion et sa mort. Pourquoi a-t-il voulu souffrir sa passion ? Fallait- il qu’il souffrit sa passion pour nous racheter, pour obtenir le pardon des péchés qui nous coupaient du Père ? Absolument pas. Il aurait pu procéder autrement, faire une proclamation officielle ou même envoyer un prophète annoncer « A partir de maintenant Dieu vous pardonne » Pourquoi a-t-il voulu passer par là ? Parce qu’il a voulu prendre sur lui le péché des hommes, rentrer dans le péché des hommes pour le recouvrir de la toute puissance de son amour. Les forces du mal du péché et de la mort ont été surpassées, balayées et vaincues définitivement. Même l’extrême de la haine, même le fait de tuer le Christ n’est pas venu à bout de son amour. Pendant qu’on était en train de le crucifier il priait encore pour ses bourreaux Père pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. (Luc 23,34). Autrement dit : vous pouvez me tuer si vous voulez,moi, je vous aime encore. C’est là que se révèle la gloire du Fils de l’homme. Déjà, à ce moment là, avant même la Résurrection, éclate le triomphe du Christ. Les flots de son amour, tel un tsunami irrépressible recouvrent les forces du mal, du péché et de la mort. Même quand les hommes déploient le maximum de haine dont ils sont capables, même pendant qu’ils sont en train de tuer le Christ, même à ce moment là, la toute puissance de l’amour du Christ pour les hommes l’emporte encore. D’où l’hymne à l’amour de Dieu de St Paul:dans l’épître aux Romains:Qui nous séparera de l’amour du Christ ? La détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger, le glaive ?…. Oui, j’en ai l’assurance : ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent ni l’avenir, ni les puissances, ni les forces des hauteurs, ni celles des profondeurs, ni aucune autre créature, rien ne pourra jamais nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ. (Rom.8,395-39). D’où toutes les croix que nous mettons partout dans nos maisons, au bord des routes, dans les carrefours, au sommet des montagnes et tous les signes de croix qui ponctuent nos gestes au long de nos journées et qui évoquent à tout instant l’amour et la miséricorde du Seigneur qui nous enveloppent.

C’est donc avec confiance que nous allons poursuivre cette office avec les deux moments forts que sont la grande prière universelle et l’adoration de la croix glorieuse.

Jeudi 14 avril 2022

Jeudi saint – Jean 13, 1-15

Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Nous célébrons ce soir l’institution du sacrement de l’Eucharistie par le Seigneur au cours du repas solennel de la Pâque Juive qu’il prit avec ses apôtres. Cette Pâque juive célébrait l’anniversaire de la libération du peuple juif retenu en esclavage quarante ans en Egypte, l’anniversaire du repas pascal où, comme le rapporte la première lecture, chaque famille avait mangé debout , un agneau rôti avant de se mettre en route pour la Terre Promise sous la conduite de Moïse. C’est au cours de ce repas rituel que Jésus va introduire deux gestes nouveaux : l’institution de l’Eucharistie et le lavement des pieds.

On peut s’étonner que dans l’office de ce soir, le récit de l’institution de l’Eucharistie soit refoulé dans la deuxième lecture, tandis que le lavement des pieds prend la place d’honneur dans l’évangile. C’est que l’Eucharistie comme le lavement des pieds sont deux expressions différentes d’une même réalité :l’extrême de l’amour dans le le don de soi pour ceux qu’on aime. En ce qui concerne l’Eucharistie, c’est évident puisque c’est le sacrement du corps livré pour nous et du sang versé pour nous. C’est bien là l’extrême du don de soi. On ne peut pas faire plus : il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. (Jean15,13) Par contre il est plus difficile de voir en quoi le lavement des pieds est une manifestation de l’extrême de l’amour dans le don de soi pour ceux qu’on aime.

Pourquoi peut-on dire que le lavement des pieds représente un témoignage de l’extrême de l’amour de Jésus pour nous ? Il faut bien voir ce que représentait ce geste du temps de Jésus. C’était un geste de courtoisie envers les hôtes qui arrivaient chez vous après avoir marché pieds nus ou chaussés de sandales sur des chemins boueux ou pleins de poussière. Mais c’était considéré comme un geste extrêmement humiliant au point qu’on ne pouvait même pas l’imposer à un esclave juif. Cette tâche était réservée au dernier des esclaves non juifs de la maison. Jamais un maître de maison n’aurait lavé les pieds d’un hôte. C’est pourquoi les apôtres et St Pierre en particulier sont profondément scandalisés et choqués de voir Jésus se mettre à leur laver les pieds. C’est un peu comme si, pardonnez moi cette comparaison inconvenante, l’archevêque en visite chez vous nettoyait les toilettes. Nous avons du mal à réaliser l’énormité de ce geste de Jésus. St Jean lui, qui en est conscient rapporte la scène sur un ton très solennel : Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, lui qui avait aimé les siens qui étaient dans le monde, leur donna de son amour un témoignage suprême. Au cours d’un repas, alors que déjà le diable avait jeté au coeur de Judas Iscariote, fils de Simon, la pensée de le livrer, sachant que le Père a remis toutes choses entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il va vers Dieu, Jésus se lève de table, dépose son manteau et prend un linge qu’il se noue à la ceinture Il verse ensuite de l’eau dans un bassin et commence à laver les pieds de ses disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.

L’Eucharistie, le corps du Christ livré pour nous comme le lavement des pieds sont ceux expressions différentes d’une même réalité : le don de soi jusqu’à l’extrême. C’est tellement vrai qu’à la messe, dans la 4° prière eucharistique, les paroles d’introduction à la consécration reprennent les paroles d’introduction au lavement des pieds :

LAVEMENT DES PIEDSLA MESSE
Sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son PèreQuand l’heure fut venue où tu allais le glorifier
Jésus ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima
jusqu’au bout.
Au cours du repas, il se lève de table, prend un linge et lave les pieds de ses disciples. Au cours du repas qu’il partageait avec eux il prit du pain et le donna…

Ce qui veut dire qu’il y a deux manières de communier au Christ 1°) En recevant l’hostie, le corps du Christ livré pour nous, en vue d’avoir la force nous aussi de donner notre vie pour les autres. Car le but de la communion, c’est de nous donner la force de donner nous aussi notre vie pour les autres. Recevoir la communion pour être reçu à un examen ou pour être guéri d’une maladie, ce n’est pas un péché, mais la communion ce n’est pas fait pour ça. Et il n’est pas permis de recevoir la communion en dehors de la messe, exception faite pour les malades. Pourquoi ? Parce que recevoir la communion ce n’est pas manger une hostie et manger une hostie ce n’est pas faire la communion. St Thomas d’Aquin disait : si un rat mange une hostie, il ne fait pas la communion. Pour faire la communion, il faut d’abord s’offrir avec le Christ pour le salut du monde, ce que nous faisons à l’offertoire de la messe en nous offrant avec lui pour le salut du monde. Alors seulement nous sommes en communion avec le Christ. Mais si je ne m’offre pas, si je ne me donne pas au service des autres, je peux consommer un plein ciboire d’hosties, je ne suis pas en communion avec le Christ. 2°) Par contreet c’est là la deuxième manière de faire la communion : si je me donne au service des autres, je suis en communion avec le Christ même si je ne reçois pas l’hostie consacrée. C’est ainsi qu’une foule de divorcés ou de non pratiquants peuvent être authentiquement en communion avec le Christ, même s’ils ne s’en rendent pas compte et même s’ils n’y croient pas, ainsi que le pape François le souligne dans le huitième chapitre de son exhortation apostolique Amoris Laetitia même s’ils ne s’en rendent pas compte, et même s’ils n’y croient pas. Mais le Seigneur leur dira Venez les bénis de mon Père, car j’ai eu faim, j’ai eu soif, j’étais en difficulté et vous m’avez secouru ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens , c’est à moi que vous l’avez fait. (Mt.25,34,40)

Que retenir de tout cela ? 

L’institution de l’Eucharistie, le lavement des pieds deux gestes par lesquels le Seigneur nous donne de son amour un témoignage suprême et par lesquels il nous invite nous aussi à le suivre et à l’imiter. Autrement dit il y a deux manières de se mettre en communion avec le Christ : soit en recevant une hostie consacrée soit en se mettant au service des autres.

L’Eucharistie c’est le sacrement du corps du Christ livré pour nous. Le Seigneur a voulu nous donner ce sacrement pour que nous puissions y trouver la force de vivre comme lui en nous donnant au service des autres. Car si le Christ c’est celui qui donne sa vie pour nous, le chrétien c’est celui qui donne sa vie au service des autres aussi bien dans la vie de famille que dans la vie professionnelle ou dans le rôle que nous avons à jouer dans la société, qu’il soit enseignant, commerçant ou ministre du gouvernement. Dans sa première épître, St Jean faisant le portrait du chrétien conclut, péremptoire : Lui, Jésus a donné sa vie pour nous, nous devons nous aussi donner notre vie pour nos frères. (1Jean 3, 16)

C’est pourquoi le lavement des pieds qui est une illustration manifeste du service des autres est comme le fait de recevoir une hostie consacrée, une autre manière d’être en communion avec le Christ. Le geste du Christ lavant les pieds de ses disciples n’est pas n’est pas quelque chose d’anecdotique. Le Seigneur nous donne là un enseignement qu’il estime essentiel au point qu’il nous commande avec insistance de l’imiter. Reprenant sa place à table avec les apôtres, il leur dit : Si je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres ; car c’est un exemple que je vous ai donné ; ce que j’ai fait pour vous, faites le vous aussi pour les autres…..Un serviteur n’est pas plus grand que son maître…. Sachant cela, vous serez heureux, si du moins vous le mettez en pratique. (Jean 13,14-17)

Dimanche 10 avril 2022

Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur – année C – Luc 19,28-40 et Luc 22,14-23,56

Voici ton roi qui vient vers toi, juste et victorieux, plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne…Il proclamera la paix parmi les nations.

Après le récit de l’entrée à Jérusalem selon St Luc (19,28-40)

Pourquoi le Seigneur a-t-il accepté d’entrer triomphalement dans Jérusalem, monté sur un ânon lui qui d’ordinaire est extrêmement discret ? C’est que l’heure est venue pour celui qui aimait apparaître comme un humble charpentier de village de se révéler aux yeux de tous comme le Messie annoncé par le prophète Zacharie : Voici ton roi qui vient vers toi, juste et victorieux, plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne…Il proclamera la paix parmi les nations. (Zach.9,9,10). Il n’avance pas monté sur un cheval, monture guerrière, mais sur un ânon, symbole de paix et de simplicité. C’est Jésus, doux et humble de coeur (Mt.11,29), mais c’est aussi le véritable Messie, envoyé par le Père et annoncé par les prophètes.

Après la lecture de la Passion selon St Luc (22,14-23,56)

La lecture de la Passion de Notre Seigneur que nous venons d’entendre nous plonge dans des sentiments contradictoires. D’un côté nous sommes submergés par un profond sentiment de tristesse et de honte, parce que c’est à cause de nos péchés qu’il a souffert tout cela. Mais d’un autre côté, voyant comment les forces du mal ne peuvent venir à bout de l’amour infini de Notre Seigneur : lorsqu’on est en train de le tuer il prie encore pour ses bourreaux Père pardonne leur ils ne savent pas ce qu’ils font (Luc 23,34 ) c’est à dire : vous pouvez me tuer si vous voulez, moi je vous aime encore, nous sommes émerveillés et remplis d’action de grâces en voyant la puissance de l’amour de Dieu l’emporter sur les forces du mal.

Mais assez parlé de nous, de nos péchés et de notre responsabilité dans la Passion de Notre Seigneur. Voyons comment lui a abordé ces heures tragiques. Ce n’est pas quelque chose qu’il a subie, qui lui a été imposé, c’est quelque chose qu’il a voulu. Car ce ne sont pas ses ennemis qui se sont emparés de lui pour le tuer, c’est lui qui a donné sa vie. Il l’a bien précisé à ses apôtres le soir du Jeudi Saint Ma vie on ne me l’ôte pas, je la donne de moi-même. (Jean,10,18). Il a voulu en donnant sa vie montrer comment la puissance de son amour en dominant les forces du mal allait manifester sa gloire. C’est pourquoi, ce même il dit encore aux apôtres, parlant de sa passion et de sa mort imminentes : L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. (Jean 12,23 ) Il a laissé déferler sur lui les forces du mal, du péché et de la mort, mais tel un tsunami, les flots de son amour infini ont recouvert la puissance du mal du péché et de la mort qui ont été balayées et vaincues définitivement. Ce qui inspirera à St Paul son hymne à l’amour de Dieu dans l’épître aux Romains : Qui nous séparera de l’amour du Christ ? … J’en ai l’assurance, ni la mort, ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent ni l’avenir, ni les puissances, ni les forces des hauteurs, ni celles des profondeurs, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ Notre Seigneur. (Rom.8,35,38,39).

Au cours de la célébration des Rameaux nous voyons le Seigneur face à deux triomphes : le triomphe humain de l’entrée triomphale à Jérusalem, et le triomphe divin de son amour infini dominant les forces du mal, du péché et de la mort, dans la Passion.

Le revirement de la foule qui exige la mort du Christ cinq jours seulement après l’avoir acclamé comme roi trahit l’extrême fragilité des triomphes humains. Cinq jours seulement après son entrée triomphale dans Jérusalem, il ne reste rien de ce triomphe.

Par contre, le triomphe divin du Seigneur dont l’amour infini est venu à bout des forces du mal, du péché et de la mort dans sa passion, rien ne peut le détruire. Rien ne peut venir à bout de la toute puissance de son amour, comme nous le rappelait St Paul il y a un instant.

Nous autres maintenant, quel genre de triomphes, quel genre de succès allons nous rechercher ? Les triomphes et les succès humains sont tentants. Allons nous nous laisser séduire ? Ou allons nous nous décider à rechercher les succès et les triomphes aux côtés du Seigneur, dont la puissance agissant en nous peut faire bien plus, infiniment plus que tout ce que nous pouvons désirer ou imaginer, comme dit St Paul. (Eph.3,20) ?

Dimanche 3 avril 2022

5° Dimanche de Carême Jean 8, 1-11

Celui d’entre vous qui est sans péché,qu’il soit le premier à lui jeter une pierre.

Les Pharisiens amènent à Jésus une femme prise en situation d’adultère et l’interrogent : la Loi de Moïse dit qu’il faut lapider ces femmes là. Et toi, que dis-tu ? La démarche des Pharisiens relève d’un souci de justice. Il convient de respecter la Loi. Il n’y a plus de vie possible en société si on ne respecte plus les lois. Personne ne le conteste et Jésus non plus. Seulement il évalue différemment les choses. Pour les Pharisiens, ce qui compte, c’est que la Loi soit respectée. Pour Jésus, ce qui compte, c’est que les personnes soient sauvées, restaurées dans une vie digne et honnête. Pour lui, ce n’est pas assez de venger la loi bafouée en imposant une sanction, il veut aller jusqu’à sauver la femme adultère, le pardon qu’il lui accorde la relance dans une vie droite. Pour les Pharisiens, il n’y a pas d’autre solution que la sanction. C’est pourquoi ils posent à Jésus la question La Loi de Moïse dit qu’il faut lapider les femmes adultères. Et toi, que dis tu ? Apparemment Jésus est coincé dans un dilemme imparable. S’il dit non, il ne faut pas lapider ces femmes là, alors il ne respecte pas la Loi de Moïse et se range parmi les impies ; s’il dit oui, il faut lapider ces femmes là comme le prescrit le Loi de Moïse, alors il ne doit cesser de prêcher un enseignement nouveau qui sème le trouble parmi les croyants.

Mais Jésus ne se laisse pas enfermer dans ce dilemme, parce que pour lui, la solution, ce n’est pas la sanction, mais le repentir et le pardon qui ouvrent à la conversion. Pourquoi ce n’est pas la sanction ? Parce que même si la crainte de la sanction peut retenir celui qui est tenté d’enfreindre la loi, cela ne résout pas le problème, cela ne fait que le repousser. Dès que les représentants de l’autorité ne sont plus là, les adultères, les voleurs et les malfaiteurs en tout genre récidivent. La vraie solution, c’est que le voleur, l’adultère, le malfaiteur se convertisse. Or qu’est-ce qui peut amener à la conversion ? Le repentir, bien sûr. Prenant conscience du mal commis, on le regrette et on décide de changer de conduite. On voit très bien ces deux temps du repentir dans la démarche du fils prodigue qui dit J’irai vers mon père et je lui dirai Père j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Par ces paroles il reconnaît sa faute et exprime son regret de sa conduite passée. Mais il ajoute Traite-moi comme un de tes ouvriers. Il exprime là sa volonté de changer de conduite à partir de maintenant. Il veut désormais cesser de mener une vie de plaisirs et se remettre au travail sous les ordres de son père. Avec cette nouvelle orientation , le repentir se transforme en véritable conversion. Car se convertir ce n’est pas aller vers l’avenir en marchant à reculons, les yeux fixés sur ses péchés passés, qu’on essaie de laver à coups de regrets et de pénitences. Se convertir c’est en plus de la contrition et du regret du passé, décider de changer et de faire autrement à l’avenir.

Mais plus encore que notre repentir, ce qui permet d’arriver à se convertir, c’est le pardon accordé par le Seigneur au pécheur. En effet qu’est-ce que c’est que ce pardon ? Ce n’est pas simplement quelque chose qui efface la faute passée, comme un coup de chiffon donné sur un meuble en évacue la poussière, le pardon donné par le Seigneur en plus d’effacer le mal change notre coeur, nous donne un coeur nouveau, j’ôterai de votre chair le coeur de pierre , et je vous donnerai un coeur de chair dit l’Ecriture. (Ez.36,26) En nous donnant son pardon, le Seigneur nous donne un coeur nouveau, un esprit nouveau. Il transfère son coeur dans le nôtre. Transformé par le pardon, le pécheur a désormais la force de se convertir, de changer de vie . Le pécheur pardonné est dynamisé. De plus, le pardon que nous accorde le Seigneur est quelque chose de complètement immérité. Devant la générosité de ce pardon où on lui fait confiance alors qu’il ne le mérite pas, le pécheur bouleversé, retourné, s’engage dans la conversion dans la joie et l’action de grâces. C’est ainsi que St Ignace et Ste Thérèse de Lisieux rapportent qu’ils aimaient méditer sur leurs péchés passés parce que c’était pour eux l’occasion de de redécouvrir l’amour que Dieu leur avait manifesté en leur pardonnant .

Alors que les Pharisiens visent à une justice règlement de comptes, tournée vers le passé,le Seigneur vise à une justice miséricorde tournée vers le futur, qui relance le pécheur dans une vie droite. Les Pharisiens renfonçaient la femme adultère dans son péché passé, Jésus la libère la tourne vers un avenir de femme pardonnée, transformée par le pardon qui l’a refaite juste, promise à un avenir honnête. Va et ne pèche plus lui dit le Christ. Ne regarde plus ton passé, mais va de l’avant.

Ne pas regarder le passé mais aller de l’avant avec le Christ, c’est ce que nous disent les trois lectures de la messe aujourd’hui. Ne faites pas mémoire du passé, ne pensez plus aux choses d’autrefois nous dit Isaïe. Et St Paul renchérit Oubliant tout ce qui est en arrière, c’est à dire mon passé de pharisien, je cours vers le but, le bien qui dépasse tout, Jésus Christ mon Seigneur.

Le but est clair. En ce temps de carême, il s’agit de regarder le Christ, afin de mieux le connaître, l’aimer et le servir est non pas nous tourner vers nous, perdre ,notre temps à ressasser nos faiblesses et nos péchés. Le carême ce n’est pas un moment où il faut lutter contre es défauts et ses péchés, point final, c’est un moment où il faut lutter contre ses défauts et ses péchés pour être plus comme le Christ, en communion avec lui. Le but, ce n’est pas moi, ma perfection, mon but c’est le Christ, mon union au Christ.

Que retenir de tout cela ? 

Devant la femme adultère qui a transgressé la Loi, les Pharisiens veulent sauver la Loi. Leur justice est une justice de règlement de comptes, tournée vers le passé. Jésus lui, veut sauver la femme adultère, qu’elle s’écarte du mal et puisse repartir à l’avenir dans une vie honnête. Sa justice, c’est une justice de miséricorde tournée vers le futur, qui fonctionne à coups de pardons.

Le pardon du Seigneur,ce n’est pas seulement quelque chose qui efface les péchés passés. Parce que dans son pardon le Christ transfère son cour dans le nôtre, ce pardon nous transforme, nous donne un coeur nouveau, un esprit nouveau. Forts de la force du Christ, nous pouvons, rénovés, repartir vers un avenir nouveau.

Le pardon, ce n’est pas une simple décision par laquelle le Seigneur déciderait d’oublier nos fautes, c’est un geste d’amour qui nous ré-unifie avec le Christ , sans que nous l’ayons mérité, par conséquent en toute injustice. Le pardon, c’est l’injustice de l’amour. Mais il n’y a pas que le pardon qui nous unit au Christ. La messe aussi nous unit au Christ. Profitons de cette messe pour nous offrir au Seigneur et en repartir plus unis qu’à lui en arrivant.