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Dimanche 11 janvier 2036 Baptême du Seigneur

(Isaïe 42,1-4. 6-7) (Actes 10,34-38) (Mt. 3,13-17)

Cet évangile nous rapporte comment Jésus reçut le baptême de Jean, comment, à cette occasion, une intervention céleste se produisit, au cours de laquelle l’Esprit Saint descendit sur lui et comment une voix venue du ciel confirma son investiture comme Messie. Mais cela soulève deux questions : Pourquoi Jésus demande-t-il à recevoir le baptême de Jean qui purifie des péchés ? Il est sans péché. Il n’a pas besoin de ce baptême là. Et pourquoi l’Esprit Saint descend-il sur lui après ce baptême ? Jésus, étant Dieu, a nécessairement l’Esprit Saint en lui. Il n’a pas besoin de le recevoir.Jésus a pris l’initiative de s’approcher pour demander à JB de lui conférer le baptême de purification. J.B. a d’abord refusé de baptiser Jésus : C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi. Mais Jésus ayant insisté : C’est ainsi qu’il faut faire pour accomplir pleinement la volonté du Père, J.B. a cédé. Jésus ne vient pas demander le pardon de ses péchés, il est sans péché, il vient demander le pardon des péchés des hommes qu’il a voulu prendre sur lui. Son amour envers nous l’a poussé à prendre nos péchés sur lui et à intervenir en notre faveur. Le Père ne pouvait pas refuser une telle prière venant de son Fils. Nous avons du mal à comprendre l’énormité de l’humilité de Jésus qui prend sur lui le poids de nos fautes. Il s’abaisse jusqu’à nous pour nous relever jusqu’à Lui.Mais plus incompréhensible encore est la descente de l’Esprit Saint sur Jésus. Lui qui est vrai homme est aussi vrai Dieu, et en tant que tel, il est un avec le Père et l’Esprit. Il n’a donc pas besoin de recevoir l’Esprit Saint… Oui, mais en se faisant homme, le Christ s’est séparé de ses prérogatives divines. Il ne retint pas le rang qui l’égalait à Dieu explique St Paul aux Philippiens, il s’est dépouillé, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes (Phil.2, 6,7) C’est ce que les théologiens appellent la kénose, du grec kénoo viderLe Christ en se faisant homme s’est vidé, s’est volontairement privé de l’exercice de ses prérogatives divines. On ne peut pas dire par exemple que l’enfant Jésus dans la crèche à Bethléem, voyant arriver deux bergers, se dit en lui-même Tiens ! voilà Levi et Josaphat !!!Puisque lorsqu’il se fait homme, il s’est volontairement privé de ses prérogatives divines, l’enfant Jésus qui naît à Bethléem est un petit bébé impuissant comme tous les petits bébés. Il va devoir apprendre à parler, à marcher, à prier comme tous les petits enfants. Volontairement il a renoncé à ce que la puissance de l’Esprit Saint s’exerce en lui. L’Esprit Saint est toujours en lui, mais comme dormant. Et au moment où il reçoit le baptême de Jean, au moment où sa vie cachée arrive à son terme, au moment où il va commencer son ministère public, l’Esprit Saint qui descend sur lui redevient actif en lui et ses prérogatives divines lui sont rendues afin qu’il puisse remplir sa mission.C’est alors que la voix du Père venant du ciel se fait entendre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. Il s’agit là d’une investiture solennelle par laquelle le Christ est désigné comme l’envoyé spécial du Père pour établir son Règne sur la terre. Dans cette scène de l’évangile, deux faits se détachent qui sont importants pour nous, pour notre vie chrétienne de tous les jours. D’abord Jésus, en se faisant homme, renonce à son rang et à ses prérogatives de Dieu, il s’abaisse pour se mettre à notre niveau. Mais ensuite, lorsqu’il va commencer son ministère, le Père lui rend toutes ses prérogatives divines Il se reçoit du Père. C’est important de voir comment le Christ se renonce pour se recevoir ensuite du Père. C’est important, parce que si nous voulons suivre le Christ, nous devons, comme lui, nous renoncer et ensuite comme lui, nous recevoir du Père. Cette exigence est mentionnée en toutes lettres dans l’évangile : Si quelqu’un veut se mettre à ma suite, qu’il renonce à lui-même (Mt. 16,24) pour nous recevoir ensuite du Père. Le souci de rester en accord avec la volonté de Dieu devrait être notre première préoccupation. Le pape François disait que lorsqu’il était confronté à un problème, il étudiait les données de ce problème, ensuite, il prenait une décision, mais avant de la mettre application, il l’examinait encore une fois pour voir si elle était en accord avec la volonté de Dieu. Mais nous autres, j’ai bien peur que trop souvent, nous prenons nos décisions, certes le plus honnêtement possible, mais sans trop nous soucier de la volonté de Dieu. Et puis ensuite, nous demandons au Seigneur de nous aider pour que ces décisions se réalisent, sans nous rendre compte qu’elles sont l’expression de notre volonté plus que de la sienne !!! Je me souviens d’avoir demandé un jour à un groupe d’élèves de terminale ce qu’ils voulaient faire après le bac. L’un m’a répondu MPC, l’autre Droit, un autre encore langues étrangères, mais lorsque je leur ai demandé : est-ce que vous vous êtes quelquefois posé la question : Qu’est-ce que le Seigneur voudrait que je fasse ? Ils sont restés bouche bée et bien embarrassés. Ils ne s’étaient jamais posé cette question. Leurs décisions n’étaient pas contre la volonté de Dieu. Peut-être même qu’elles étaient, sans qu’ils s’en rendent compte, en accord avec la volonté de Dieu. Mais c’est dommage qu’elles aient été prises sans référence à la volonté de Dieu comme si Dieu n’avait rien à voir avec notre vie de chaque jour.Et deuxième fait important : La volonté du Père n’est pas d’abord de nous accorder le pardon de nos fautes, mais de nous greffer sur lui, de nous plonger dans la vie nouvelle que procure le baptême dans l’Esprit. Pour cela il fallait que soient opérés le pardon des péchés et la réconciliation avec le Père, c’est vrai, mais le Père n’a pas envoyé le Christ parmi nous pour opérer le pardon des péchés, pour opérer un règlement de comptes. Son but en envoyant son Fils parmi nous est d’ouvrir un avenir nouveau à l’humanité, de nous faire participer à une vie nouvelle d’enfants de Dieu, ce qui était son projet depuis le commencement des temps. Même s’il n’y avait pas eu le péché originel et tout le contentieux de péchés à pardonner pour obtenir la réconciliation et la communion avec le Père, le Père aurait envoyé son Fils sur la terre puisque son but était de nous élever au rang de fils. St Irénée avait bien compris cela qui disait Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu. Il n’aurait jamais dit : Dieu s’est fait homme pour que les péchés des hommes soient pardonnés.Que retenir de tout cela ?Cette page d’évangile ne nous rapporte pas seulement le baptême de Jésus, elle nous rapporte aussi l’intronisation solennelle de Jésus en tant qu’envoyé du Père pour établir le Royaume sur la terre . La vie cachée du Christ s’achève, sa vie publique de Messie commence.Jésus ne reçoit pas le baptême de Jean pour obtenir le pardon de ses péchés, mais pour obtenir le pardon de nos péchés qu’il prend sur lui. Au moment de son baptême, comme en témoigne la voix venue du ciel, le Père rend à Jésus le plein exercice de ses privilèges divins et sa pleine communion avec l’Esprit Saint, à quoi il avait renoncé en se faisant homme.Le Christ se renonce avant de se recevoir du Père. Celui qui veut se mettre à la suite du Christ doit suivre le même parcours. Comme le Christ, chaque chrétien devrait pouvoir dire en vérité : Je ne suis pas là pour faire ma volonté mais la volonté du Père. (Jean 6,38)

Dimanche 4  Janvier 2026, Epiphanie 

(Isaïe 60, 1-6)  (Eph.3,2-3a.5-6(Mt.2, 1-12)

Nous célébrons aujourd’hui l’Epiphanie, c’est-à-dire la manifestation du Seigneur à tous les peuples de la terre représentés dans l’Evangile par les Mages. Qui étaient les Mages ? Ce n’était pas des rois,  comme on le dit souvent à tort, mais des astronomes originaires de Chaldée, région où se trouvent aujourd’hui l’Arabie, l’Iran, l’Irak. Ils étaient aussi astrologues et devins, pratiquaient la médecine et interprétaient les songes. D’après leur traditions, l’apparition d’une étoile nouvelle dans le ciel annonçait la naissance d’un roi ou d’un personnage important. Ayant découvert une étoile nouvelle dans le ciel, ils se mirent en route, suivant la trajectoire de cet astre nouveau qui les conduisit jusqu’à Jérusalem. Arrivés là, ils demandèrent naïvement aux autorités : Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? sans se douter de l’émoi qu’ils provoquaient. Hérode, affolé, craint que ce nouveau roi ne le détrône, et les Juifs croyants, troublés,  se demandent si cette étoile nouvelle n’annoncerait pas l’arrivée du Messie. Tout le monde est bouleversé. On convoque les grands prêtres et les scribes et on leur demande où,  selon l’Ecriture, doit naître le Christ. S’appuyant sur des textes des prophètes Samuel et Michée, on leur répond que cela doit être à Bethléem. Hérode invite alors les Mages à se rendre là-bas et leur demande de revenir le renseigner afin qu’il  puisse, lui aussi, aller se prosterner devant ce nouveau roi.

St Mt. est le seul évangéliste à nous rapporter la visite des Mages. Il y tient parce que ce récit l’aide à évangéliser ses lecteurs, des Juifs qui envisagent de devenir chrétiens mais comme ils sont persuadés que le Messie ne doit venir que pour leur nation,  puisque Yahvé n’a fait alliance qu’avec Abraham et ses descendants ils sont gênés. Ils se demandent si le Christ ne représente pas une religion nouvelle en rupture avec le judaïsme traditionnel. En fait l’histoire des Mages ruine leurs préjugés.  En effet, elle  montre que la naissance de Jésus à Bethléem était annoncée par les anciens prophètes, donc le Christ n’est pas en rupture mais  bien en continuité avec le judaïsme ancien et comme c’est une lumière venue du ciel qui annonce la naissance du Sauveur aux nations païennes, on ne peut plus prétendre que le Messie ne vient que pour les Juifs seulement. Il a fallu du temps pour que les chrétiens se retrouvent catholiques, c’est-à-dire universels, venant de partout, de toute la terre kath’olèn tèn gèn. Au tout début, les premiers chrétiens provenaient seulement de l’entourage de Jésus et des apôtres,  tous  des Juifs  de Palestine comme eux. Puis comme les Juifs commerçaient dans les pays bordant  la Méditerranée, grâce à eux l’évangile se répandit rapidement parmi les habitants de ces pays, en particulier les Romains qui dominaient alors toute l’Europe occidentale.

 Vers les années 65-70 Marc, secrétaire de Pierre a déjà écrit son évangile pour les chrétiens de milieu romain, Luc aura écrit le sien pour les chrétiens de culture grecque au plus tard vers les années 80,90 en même temps que Mt aura terminé le sien dans les mêmes années, pour les juifs convertis au christianisme C’est la première fois qu’une religion prétendait à l’universalité suivant le commandement du Seigneur : Allez, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du St Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit. (Mt.20,19,20) Jusqu’alors les fidèles des différentes religions,  y compris les Juifs, gardaient leur foi pour eux, orgueilleusement,   ne la partageant qu’exceptionnellement avec les autres qu’ils considéraient comme des infidèles, de races plus ou moins inférieures.

                         A ma connaissance, c’est également la première fois qu’une religion s’adressait à tous, sans aucune discrimination   d’aucune sorte. Elle n’était pas réservée aux riches, aux puissants, aux savants. Au contraire les pauvres étaient mis en avant et les premières places réservées aux enfants et aux tout-petits. Absolument personne n’est exclu. Même les mauvais, les pécheurs, les injustes sont accueillis chaleureusement, dès lors qu’ils se convertissent. Le premier homme dont nous sommes sûrs qu’il soit entré au paradis est un gangster : le bon larron (Luc 23,43). St Paul pourra écrire aux Corinthiens : Considérez frères qui vous êtes, vous qui avez reçu l’appel de Dieu ; il n’y a parmi vous ni beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de gens de bonne famille. Mais ce qui est folie dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre les sages, ce qui est faible dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre ce qui est fort, ce qui dans le monde est vil et méprisé, ce qui n’est pas, Dieu l’a choisi pour réduire à rien ce qui est afin que, comme dit l’Ecriture, celui qui s’enorgueillit, s’enorgueillisse dans le Seigneur. (1Cor.1,26-31)

Le plus frappant dans ce récit c’est que ce sont des Mages d’Orient,  donc des païens qui ont vu l’étoile. Les croyants, les grands prêtres, les scribes et les docteurs de la Loi malgré leur connaissance approfondie de la Loi et des prophètes n’ont rien vu venir. Cela nous invite à ne jamais nous croire supérieurs à ceux qui ne partagent pas notre foi. Autre fait remarquable : les mages ont découvert l’étoile qui les a conduits à Dieu non pas dans la prière, mais en faisant leur travail d’astronomes. Cela veut dire que le travail peut nous mener à Dieu tout autant que la prière. Encore faut-il que nous ne fassions pas du  travail un moyen de rechercher des richesses à tout prix, par tous les moyens,  même en écrasant les autres et que nous ne nous laissions pas prendre par de rythmes de travail impossibles. Encore faut-il qu’on ne se laisse pas noyer dans un tourbillon d’occupations, mais qu’on prenne le temps de faire surface pour respirer. Les mages ont vu l’étoile parce qu’ils avaient le nez en l’air. Nous qui sommes souvent des super-actifs, cela devrait nous faire réfléchir.

Que retenir de tout cela ?

Aujourd’hui célébrant la manifestation de Dieu à tous les hommes, de toutes conditions et de toutes les nations, réjouissons-nous de ce qu’à travers le monde des hommes de toutes les couleurs et de toutes les cultures partagent notre foi. Tant mieux si nous sommes croyants depuis notre petite enfance. Remercions le Seigneur qui a mis sur notre chemin des parents, des éducateurs, des amis, qui nous ont éclairé et amenés vers Lui. N’oublions pas ceux qui, autour de nous, n’ont pas encore découvert le Christ. Serons-nous pour eux l’étoile qui les guide vers Lui ?

D’autre part, c’est dans leur travail d’astronomes que les mages ont découvert l’étoile qui les a conduits jusqu’à Dieu. cela veut dire que le travail peut nous mener à Dieu tout autant que la prière. Mais encore faut-il ne pas nous laisser noyer et a brutir par tout ce que nous avons à faire. Les mages ont vu l’étoile parce qu’ils avaient le nez en l’air. Tachons d’avoir, de temps en temps, nous aussi, comme les Mages, le nez en l’air ! Ainsi soit-il !!!

Dimanche  28  Décembre  2025 Fête de la Sainte Famille

(Ben Sirac 3,2-6. 12-14)  (Col. 3,12-21)  (Mt.2,13-15.19-23)

Nos célébrons aujourd’hui la fête de la Ste Famille. Pourquoi dit-on de Joseph, Marie et Jésus

qu’ils constituent une Famille sainte ? D’abord, bien sûr parce que Jésus est Fils de Dieu, mais aussi parce que Joseph et Marie ne forment pas un couple ordinaire. Ils sont l’un et l’autre dans une relation de dépendance spéciale avec le Seigneur. Marie dirige sa vie d’après les paroles de l’ange de l’Annonciation, tandis que Joseph mène la sienne en compagnie de Marie, selon les révélations d’un songe divin.

 L’évangile d’aujourd’hui nous fait retrouver cette famille à un moment où elle se trouve dans une situation difficile. Quelques jours après la naissance de Jésus, des savants venus d’Orient,  qu’on appelle souvent les Rois Mages, arrivèrent à Jérusalem, en suivant une étoile qui selon leurs croyances annonçait la naissance d’un roi, et allèrent trouver Hérode qui régnait à Jérusalem, afin de savoir où se trouvait ce roi qui venait  de naître et à qui ils voulaient rendre hommage. Hérode, craignant de se faire détrôner par ce nouveau roi envisagea aussitôt secrètement de le faire supprimer. Mais averti en songe, Joseph s’enfuit en Egypte avec Marie et l’Enfant. Puis, Hérode étant mort, la Ste Famille rentre en Palestine. Cependant ne voulant pas s’attarder en Judée à proximité du fils d’Hérode qui règne maintenant à Jérusalem, elle poursuit sa route jusqu’à Nazareth en Galilée. Ce récit nous montre la sollicitude permanente du Père céleste qui veille sur les siens. Mais de la même manière qu’il veille sur la Sainte Famille, menacée par le cours des évènements, il veille aussi sur toutes les autres familles où se trouvent aussi les siens, qui sont aussi menacés par les vicissitudes de la vie.
                                     Aujourd’hui où nous fêtons la Ste Famille, prions pour les familles si souvent  menacées par leur environnement. Sans parler des pays en guerre ou des pays en proie à la famine et aux épidémies, même chez nous où on peut voir plusieurs pharmacies dans la même rue et partout des poubelles débordant de nourriture jetée, combien d’enfants grandissent sans pouvoir profiter de l’amour d’un papa et d’une maman présents chaque jour à leurs côtés… Dans des pays comme le nôtre, deux sources de problèmes, entre autres, menacent l’équilibre et le bonheur des familles : d’abord  la dureté de la vie moderne avec surtout la vie chère et les difficultés dans le travail et ensuite l’instabilité familiale.

Derrière une apparence de prospérité, bien des familles vivent à flux tendu. Parfois le travail du père de famille, marin pêcheur ou chauffeur de poids lourd, le retient chaque semaine plusieurs jours de suite hors de chez lui, Parfois le papa et la maman se croisent dans l’escalier, l’un  travaillant dans une équipe de jour et l’autre dans une équipe de nuit. Un père de famille me disait l’autre jour, qu’il n’arrive à voir ses enfants que quelques instants le soir en rentrant du travail, avant qu’ils ne montent dormir ! Heureusement les vacances, les congés payés, les congés parentaux limitent les dégâts. J’ai même eu la chance de découvrir l’autre jour,  une perle rare, une famille privilégiée, où le papa et la maman ayant créé chacun leur entreprise, travaillent à domicile et peuvent par conséquent être plus présents à leurs deux enfants encore en bas âge !

Et puis il y a tous les problèmes d’instabilité familiale. Il y a bien des raisons à cela, je n’en soulignerai qu’une : on appelle n’importe quoi amour. On peut aimer quelqu’un sans l’aimer

d’amour. Par exemple on aime tel joueur de foot ou tel homme politique. On peut aussi éprouver des sentiments assez profonds pour quelqu’un sans l’aimer d’amour. Chacun de nous a d’excellents amis qu’il aime bien, mais il ne les aime pas d’amour ! D’autre part souvent  on croit sincèrement aimer l’autre alors que c’est seulement soi qu’on aime . Par exemple quand on dit : je t’aime, je ne peux pas vivre sans  toi, j’ai besoin de toi, ce n’est pas toi que j’aime, mais moi appréciant tes qualités, profitant de toi. Dans ce cas, au bout d’un moment, celui qui est « apprécié », lassé d’être consommé par son partenaire, décroche. C’est ainsi que se créent tant d’accouplements saisonniers ! L’autre me plaît vraiment, j’ai envie de lui, j’éprouve un réel attachement pour lui. mais je ne l’aime pas d’amour. C’est moi que j’aime dans mon désir de profiter de lui. L’autre je le consomme, je le consume, je le détruis. Alors que si j’aime vraiment l’autre d’amour, je le construis.

 Aimer d’amour quelqu’un, c’est le mettre au-dessus de soi, avant soi, c’est  vouloir faire être l’autre. Or ceci est contraire à la psychologie humaine la plus élémentaire. Regardez un bébé dans son berceau, il essaie d’attraper tout ce qui passe à portée de ses mains et le porte à sa bouche, même son pied. Ce qui veut dire que l’homme est naturellement égocentrique sinon égoïste, centré sur soi, et que l’amour n’est pas un sentiment humain. Mais comment se fait-il qu’ on rencontre partout des couples  qui s’aiment d’amour, des familles où parents et enfants s’aiment d’amour, alors que par nature, nous sommes fermés  sur nous-mêmes, centrés sur nous-mêmes ? Il faut que cet amour qui nous unit vienne d’ailleurs. Il n’y a qu’une source d’amour, c’est Dieu. S’il existe des couples qui s’aiment d’amour, c’est donc  que Dieu donne à chacun d’aimer l’autre. C’est pourquoi le Christ peut dire Que l’homme ne détruise pas ce que Dieu a uni (Mt.19,7), même si les époux se choisissent librement. Et si dans les familles on s’aime d’amour, c’est parce que le Seigneur donne aux parents comme aux enfants de s’aimer mutuellement. Et c’est pourquoi toute famille, dans sa source même, est sainte. En célébrant aujourd’hui la Saine Famille, nous célébrons aussi toutes les familles que  le Seigneur

sanctifie en  les faisant participer à son amour. A chaque famille désormais de se maintenir  dans l’amour  en évitant de retomber dans l’égoïsme qui nous menace tous,  tous les jours.

Que retenir de tout cela ?

La célébration de cette fête de la Ste Famille nous invite à redécouvrir que c’est au Seigneur que nous devons tout l’amour qui se vit dans nos familles. Certes elle sont loin d’être parfaites,  mais soyons honnêtes : Combien de fois dans une journée, chacun des membres de la famille ne s’efface-t-il pas pour faire passer un autre avant lui ? Nous sommes peut-être foncièrement égocentriques, mais grâce à Dieu, par la grâce de Dieu, personne n’arrive à compter les gestes de renoncement, d’entraide, d’affection, d’amour même, de chacun vis-à-vis de ceux qui l’entourent, qu’il y a au long d’une journée dans une famille.

Remercions le Seigneur pour l’amour qu’il nous donne de partager avec les nôtres. Puisse-t-il garder chacun de nous et chacune de nos familles dans cet amour.

Noël 2025

A Noël nous fêtons la venue du Christ parmi nous. Dieu se fait homme, il nait à Bethléem comme nous venons de l’entendre à la lecture de l’évangile il y a quelques instants, et vient habiter au milieu des hommes.

Jusque là c’est clair. Mais si on commence à creuser et à s’interroger. Pourquoi vient -il ? alors Noël se révèle être un vrai mystère dont on ne perçoit jamais toute la richesse. Pourquoi le Christ vient-il parmi nous ? Souvent on dit qu’il vient pour nous réconcilier avec le Père. C’est vrai. Il y avait un contentieux qui traînait entre le Père et nous depuis longtemps. Nos ancêtres s’étaient laissé avoir. Le démon leur avait fait croire que s’ils se libéraient de l’autorité du Père, ils ne mourraient pas mais ils deviendraient comme des dieux décidant par eux-mêmes du bien et du mal. Ils se sont donc coupés de Dieu. Évidemment se séparer de Dieu, source de vie, ne pouvait avoir que des conséquences catastrophiques. L’égoïsme, l’orgueil, l’envie, la haine ont tout envahi tout de suite. Heureusement Dieu qui est amour n’a pas laissé tomber. Au long des siècles il a envoyé auprès des hommes des sages, des prophètes pour les guider leur promettant qu’un jour il enverrait un Messie pour opérer la réconciliation. C’est l’arrivée de ce Messie Sauveur que nous fêtons aujourd’hui.

Mais pourquoi Dieu a-t-il voulu cette réconciliation et nous réintégrer dans son intimité ? Cela ne lui rapporte rien, il n’a besoin de rien. C’est que dans son amour pour nous, il ne pouvait pas supporter de nous voir déchus, entraînés par le péché dans les violences, les souffrances, les massacres, les ruines qu’entraîne le péché.

Et pourquoi a-t-il envoyé le Fils de Dieu en personne communiquer ce pardon ? Il aurait pu envoyer quelqu’un d’autre, un prophète, proclamer : A partir de maintenant, vous êtes pardonnés. C’est qu’Il ne veut pas se contenter d’un simple pardon qui annulerait le péché et puis tout recommencerait comme avant. Depuis toujours dès avant la création du monde il avait le projet de de faire de nous ses enfants, Il a donc profité de ce pardon qu’il fallait apporter aux hommes pour réaliser son projet d’unir l’humanité à sa divinité. Et Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu comme dit St Irénée. Si bien que le but véritable de l’incarnation n’est pas de proclamer une réconciliation entre le ciel et la terre, comme nous le disons souvent. La réconciliation n’est qu’un effet secondaire de l’incarnation. Le véritable but de la venue du Christ au milieu de nous c’est de greffer la divinité sur l’humanité, ce qui était le projet du Père depuis toujours. Dire que Noël c’est fêter la venue du Christ qui se fait homme au milieu de nous, c’est vrai, mais c’est incomplet. En réalité Noël c’est la célébration de ce mystère où Dieu se fait homme pour que l’homme soit fait Dieu. Au départ, l’homme avait été créé à l’image de Dieu mais il restait comme une certaine distance entre l’homme et Dieu. Dès que Jésus se fait homme, cette distance disparait, puisque Jésus est à la fois vrai Dieu et vrai homme. En se faisant homme, il fait rentrer la divinité dans l’humanité. En Jésus Dieu et l’homme sont un. Désormais à tous ceux qui le reçoivent est donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu dit St Jean. Tous ceux qui reçoivent le baptême reçoivent la vie de Dieu et sont comme recréés, parfaitement unis désormais, à la vie de Dieu, greffés sur Dieu. La prière de l’offertoire à la messe nous faisait dire autrefois : Dieu qui avez créé l’homme d’une manière admirable (en le créant à votre image lors de la création du monde) et qui l’avez restauré d’une manière plus admirable encore (à Noël en unissant en Jésus la divinité et l’humanité), accordez nous d’avoir part à la divinité de celui qui a pris part à notre humanité.

Noël est donc beaucoup plus que la touchante histoire d’un charmant petit poupon, c’est en quelque sorte une seconde et nouvelle création de l’homme.

A Noël le Christ nous apporte le salut et la réconciliation mais il ne faut pas dire que désormais tout reprend comme avant. Non, tout reprend mieux qu’avant. A Noël il y a du nouveau. L’histoire de l’humanité reprend sur de nouvelles bases. Comme st Paul l’écrit aux Ephésiens :Dieu a fait de nous des êtres nouveaux en Jésus Christ, en vue des œuvres bonnes qu’il avait préparées à l’avance pour que nous les accomplissions. (Ephes.2,10) L’apparition du Messie sous l’apparence d’un enfant nouveau-né a déconcerté tout le monde. On attendait le Messie dans le cadre d’une apparition imposante voire terrifiante toute en gloire et puissance. On l’imaginait comme un personnage imposant, quelqu’un comme un grand prophète. Jamais on n’aurait imaginé qu’il arrive sous les traits d’un enfant nouveau-né. C’est bien le même Dieu que celui qui est apparu autrefois à Elie au sommet de l’Horeb. Il y eut un ouragan si fort qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais Yahvé n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais Yahvé n’était pas dans le tremblement de terre ; et après le tremblement de terre, un feu, mais Yahvé n’était pas dans le feu et après le feu, le bruit d’une brise légère et Yahvé était dans la brise légère. (1 Rois 19,12,13) Il est arrivé dans une extrême discrétion. Il a vraiment tout fait pour ne pas nous effrayer. Naître dans une grotte qui servait d’étable, on ne souhaiterait cela à personne. Pourquoi a-t-il voulu cette vie dure qui fut la sienne, de la crèche à la croix ? Il aurait pu s’accorder de meilleures conditions de vie, attendre qu’il y ait l’eau courante, l’électricité, les moyens modernes de communication : l’imprimerie, les voitures, internet, la télévision, les ordinateurs. Cela aurait été précieux pour le lancement de l’évangile !!! Pourquoi un tel abaissement ? Comme ça, il était sûr de ne laisser personne en dessous. Il voulait nous sauver tous, surtout eux qui en avaient le plus besoin. C’est pour ça qu’il frayait avec tout le monde même avec ceux qui n’avaient pas tellement une bonne réputation. Les premiers à être avertis de sa naissance ce sont des bergers, des gens assez mal vus qu’on accusait de voler des poules lorsqu’ils traversaient les villages ave leurs troupeaux. On le retrouve en grande conversation avec une femme qui a eu cinq maris, on lui a reproché d’être toujours fourré avec les pécheurs. C’est qu’il est venu pour chercher et sauver ce qui était perdu. Alors si, ce soir de Noël, devant tant de bonté et tant d’amour, nous nous sentons un peu gênés, parce que sans être des pécheurs abominables, nous sommes quand même assez minables, toujours pas capables de faire le bien que nous aimons et faisant quelquefois le mal que nous n’aimons pas, tant mieux ! C’est pour des gens comme nous que le Seigneur vient. Il vient pour relever ceux qui en ont besoin.

Que retenir de tout cela ?

Noël c’est beaucoup plus que l’histoire touchante du petit Jésus. C’est même beaucoup plus que l’histoire de Dieu qui se fait homme. C’est le mystère de Dieu qui se fait homme pour que l’homme soit fait Dieu. C’est l’histoire d’une mutation et d’un nouveau départ pour les hommes.Pour la première fois en Jésus un homme est à la fois Dieu et homme. Et depuis tous ceux qui l’accueillent sont transformés, renouvelés, greffés sur Dieu.

Aujourd’hui en cette fête de Noël tout pourrait recommencer mieux qu’avant. Voici que le Seigneur vient. Pendant trop de siècles, pendant trop d’années, nous ne l’avons pas reçu ; le résultat n’a pas été brillant. Aujourd’hui ne laissons plus passer notre chance. Seigneur viens ! Il n’y a pas d’autre nom en qui nous puissions être sauvés. Vienne ton règne dans nos cœurs ! Vienne ton règne sur notre terre.

Dimanche 21 Décembre 2025

Isaïe 7,12-16) (Rom.1,1-7) (Mt.1, 18-25)

Marie avait été accordée en mariage à Joseph. A cette époque, souvent, les jeunes époux étant encore adolescents, un certain temps s’écoulait entre l’engagement matrimonial et la venue de l’épouse sous le toit de son mari. C’est dans ce laps de temps que Marie se trouva enceinte. Joseph ne manifesta ni reproches ni colère, il décida de renvoyer Marie secrètement, même si, selon la Loi, les répudiations devaient être publiques. Mais voici que l’Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit de prendre Marie pour épouse, que l’enfant qu’elle porte vient de l’Esprit Saint et qu’il sera le Sauveur. Dans la Bible, les songes sont un des moyens utilisés par Dieu pour faire connaître ses desseins aux hommes. Dans l’Ancien testament, Abraham, David, Daniel, entre autres, en ont bénéficié. Dans le Nouveau Testament St Paul a fait l’objet de plusieurs visions nocturnes qui l’ont guidé et réconforté dans son apostolat. Mais le songe de Joseph est tout-à-fait à part. D’abord ce n’est pas un ange mais Dieu lui-même qui intervient. En effet dans le langage biblique, l’expression « l’Ange du Seigneur » est une périphrase employée pour désigner Dieu, dont par respect et par crainte on ne veut pas prononcer le nom. Ensuite l’objet de ce songe n’est pas de révéler tel ou tel dessein de Dieu plus ou moins important, mais d’annoncer l’arrivée imminente du Messie. D’autre part il est demandé à Joseph de donner son nom à l’enfant. Or chez les Juifs le nom n’est pas simplement un terme qui désigne quelqu’un, il exprime l’activité ou la destinée de celui qui le porte. Et le nom dont il est demandé à Joseph d’appeler l’enfant qui va naître c’est Jésus, c’est-à-dire : Sauveur. Et puis enfin chez les Juifs, celui qui donne son nom à un enfant c’est celui qui a autorité sur lui. Joseph a donc un pouvoir et une autorité toute spéciale sur l’enfant. C’est lui qui doit le faire entrer dans la société, dans la descendance de David. Avec Marie, c’est lui qui doit former et éduquer l’enfant. Ce songe n’apporte donc pas une information insignifiante, il s’agit d’une véritable annonciation. D’ailleurs on le qualifie souvent « d’Annonciation à Joseph ». Ce qui est impressionnant dans cette page d’évangile c’est la façon dont Joseph reçoit le message qui lui est adressé. Il ne pose pas de questions, ne demande pas d’explications, il n’hésite pas une seconde. Quand il se réveilla, il fit ce que l’ange lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse. Pour Joseph, il est bien entendu que le Seigneur veille sur chacun, qu’il n’est jamais loin, qu’il a de projets pour chacun. Il trouve donc normal qu’il intervienne dans sa vie pour lui confier la mission d’introduire le Messie dans le monde, et d’assurer avec Marie son éducation et sa formation. Quelle foi extraordinaire que celle de Joseph ! Lorsqu’un ange est apparu à Zacharie pour lui annoncer que sa femme, bien que très âgée, mettrait au monde un enfant, il ne l’a pas cru. Joseph lui, a cru des choses bien plus extraordinaires : que l’enfant qui allait naître était l’œuvre de l’Esprit Saint, que lui, simple charpentier de village était appelé à être le père légal du Messie. Comment aurions-nous réagi à sa place ? J’ai bien peur que souvent, nous n’osons pas croire que le Seigneur s’intéresse à nous personnellement au point de nous confier une tâche, une mission. Lorsqu’un appel du Seigneur nous atteint, par fausse humilité et aussi en raison de notre manque de foi, spontanément, persuadés que Dieu ne peut pas s’intéresser à quelqu’un d’ordinaire comme nous, nous écartons cette pensée, la prenant pour une idée sans queue ni tête, qui nous passe par la tête, une idée imaginaire, sans aucun fondement dans la réalité. Je suis persuadé que c’est là une des causes principales de la crise des vocations. Pourquoi le nombre des prêtres se raréfie, ? Bien sûr, ce n’est pas parce que Dieu n’appelle plus, je ne crois pas non plus parce que ceux qui sont appelés refusent de répondre à l’appel qui leur est adressé, mais tout simplement parce qu’ils n’entendent pas cet appel, parce qu’ ils ne le reconnaissent pas comme appel, parce qu’ils prennent cet appel pour une idée imaginaire qui leur passe par la tête, sans aucun fondement réel. Ce qui est curieux c’est que si une idée survient en nous de faire quelque chose de mal, sans trop de difficultés, nous savons reconnaître : c’est le démon qui me tente, il essaie de m’avoir. Tandis que si une idée de faire quelque chose de bien surgit en nous nous ne pensons pas une seconde que cette suggestion puisse venir de Dieu, nous croyons que cela vient de nous, que c’est une idée comme d’autres qui nous passe par la tête. Mais si Dieu nous parle, comment repérer sa parole ? Quand Dieu nous parle, il nous touche au cœur. De deux manières. Parfois en nous faisant des reproches quand nous avons mal fait. Comme on n’ose pas croire que c’est le Seigneur qui intervient, on appelle cela la voix de la conscience. En réalité, c’est Dieu qui intervient. Parfois aussi, il nous parle en nous attirant à lui. Si quelque chose nous touche, nous rapproche de Dieu, nous fait comprendre quelque chose sur lui, que ce soit en priant, en lisant l’évangile, en écoutant une homélie, en voyant quelque chose dans la rue, en causant avec quelqu’un, en regardant la télévision, en lisant le journal, attention ! il est en train de nous dire quelque chose. C’est quand même invraisemblable, lorsqu’une tentation nous fait pencher vers le mal, nous savons reconnaître : le démon est là, il essaie de m’avoir ! Mais quand quelque chose fait pencher notre cœur vers le bien, nous ne sommes pas fichus de reconnaître : le Seigneur est là. Il ne faudrait pas que le Seigneur dise de nous aujourd’hui ce qu’il disait de ses compatriotes et que nous rapporte St Mt. : Le coeur de ce peuple s’est endurci, ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux pour ne pas voir de leurs yeux, ne pas entendre de leurs oreilles, ne pas comprendre avec leur cœur. (Mt.13,14,15)Que retenir de tout cela ?Joseph n’a pas dit en se réveillant : Tiens, j’ai fait un drôle de rêve cette nuit ! Il a cru tout de suite que ce rêve était une communication divine, quand il se réveilla, il fit tout de suite ce que l’ange lui avait commandé. Exactement comme N.D. qui répond tout de suite à l’ange je suis la servante du Seigneur que tout s’accomplisse pour moi selon ta parole. Ces deux-là étaient faits pour s’entendre !!! En voyant comment dans l’Evangile le Seigneur appelle des gens ordinaires Joseph, un charpentier de village, Marie, une petite jeune fille de la campagne, les apôtres, des pêcheurs sans instruction, cessons de penser : le Seigneur ne peut pas s’intéresser à des gens ordinaires comme moi. Le Seigneur ne laisse personne de côté. Il a des projets pour chacun de nous. Les vocations ce ne sont pas des appels extraordinaires réservés à quelques uns. Par conséquent tous nous devons avoir le souci de chercher ce qu’il attend de nous Tous les jours, il communique avec nous. Lorsque nous avons fait quelque chose de mal, ce n’est pas la voix de je ne sais quelle conscience qui nous fait de reproches, c’est le Seigneur. Et lorsque quelque chose nous touche, nous fait comprendre quelque chose de lui, nous attire vers lui et vers le bien, ce n’est pas une idée en l’air sans fondement dans la réalité qui nous passe par la tête, c’est encore le Seigneur lui-même qui, discrètement, nous attire. Il ne faudrait pas que le Seigneur ait à nous reprocher, aujourd’hui encore : Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? (Jean 8,43)

Dimanche  14  Décembre 2025 3e dimanche de l’Avent.

(Isaïe 35,1-6a)  (Jacques 5,7-10)  (Mt.11,2_11)

Jean Baptiste ne doutait pas que Jésus soit le Messie. Lorsque ce dernier était venu recevoir le baptême, J.B. avait vu l’Esprit Saint descendre sur lui sous l’apparence d’une colombe et il avait entendu une voix venant du ciel proclamer : Celui-ci est mon Fils bien-aimé (Mt.3,17) et puis l’enseignement de Jésus et ses miracles l’impressionnaient profondément. Mais ses disciples eux, se posaient des questions.

C’est que Jésus était déconcertant. C’était quelqu’un comme tout le monde. Or justement, tous les croyants pensaient que le Messie devait être quelqu’un de différent, d’imposant, quelque chose comme un grand prêtre ou au moins comme un scribe savant versé dans les Ecritures. Or qui voit-il arriver ? Son cousin, charpentier à Nazareth. J.B. annonçait un Messie qui viendrait en juge sévère châtier les pécheurs. Il prêchait avec violence et colère : Engeance de vipères, repentez-vous tandis que Jésus lui, c’était : Laissez venir à moi les petits enfants (Luc 18,16) et puis il y avait l’anticléricalisme véhément de Jésus qui n’arrêtait pas de s’en prendre aux prêtres, scribes, docteurs de la Loi, lévites, et aux bien pensants : pharisiens et saducéens. Alors J.B. ne doutait pas, mais il était quand même perplexe à certains moments. Il est donc bien content d’envoyer ses disciples demander à Jésus de régler la question une fois pour toutes : Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ?

Face aux questions des envoyés de J.B., Jésus les renvoie à leur propre jugement : regardez ce qui se passe : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent et les pauvres entendent la Bonne Nouvelle. Or ce sont là les termes employés par le prophète Isaïe pour décrire  les œuvres qu’accomplira le Messie lorsqu’il viendra. (Isaïe 26,19—29,18—35,5,6—61,1) Jésus ne se contente pas de répondre simplement : Oui, je suis celui que vous attendez, mais il  renchérit  : d’ailleurs je suis tel que les prophètes l’ont annoncé.

Aujourd’hui, nous aussi, comme les disciples de J.B. autrefois, nous avons des raisons de douter et de nous demander comme eux : est-ce bien lui le Messie Sauveur ou devons-nous en attendre un autre ? Après vingt siècles de christianisme où en sommes-nous ? Le monde n’a pas l’air tellement sauvé…Scandales de mœurs dans l’Eglise… Et la société, ce n’est pas mieux. Selon des enquêtes sérieuses, en France,  plus de 80% des crimes de pédophilie seraient commis au sein des familles. D’un bout à l’autre du monde, partout des injustices, des guerres, des persécutions ethniques ou religieuses et des inégalités scandaleuses. Certains osent s’inquiéter d’une possible pénurie de foie gras pour leur réveillon tandis que le Secours Catholique, le Secours Populaire et les banques alimentaires voient se multiplier le nombre de nécessiteux à leurs portes. On en vient à se demander à qui va-t-on pouvoir encore souhaiter un joyeux Noël ?

                                    Mais si après vingt siècles de christianisme, on en est encore là, est-ce parce que le Christ n’est pas le sauveur et qu’il n’a rien sauvé du tout, ou est-ce que c’est nous qui mettons obstacle au salut ? Le Christ a réellement apporté un salut. Par sa mort et sa résurrection il a vaincu le mal, le péché et la mort. Mais c’est nous aujourd’hui qui bloquons le salut que le Christ veut continuer d’apporter. Alors qu’il nous confie la tâche de poursuivre son œuvre de salut en faisant régner partout où nous sommes la loi d’amour et de charité, bien souvent nous nous détournons de lui, nous prétendons aller chercher ailleurs salut et bonheur, dans la raison, le progrès, la science, la technique ou dans n’importe quelle idéologie douteuse, quand ce n’est pas dans l’alcool, la drogue ou la violence.Comme le fait remarquer un historien :Les pires régimes de l’histoire moderne ont été  ceux qui ont le plus clairement renié la vision chrétienne de la réalité et cherché à la remplacer par autre chose (Hart Atheist Delusions p.107) Il y a plus de 2.000ans le Seigneur le déplorait déjà : Ils m’ont abandonné moi la source d’eau vive pour des citernes lézardées qui ne retiennent pas l’eau. (Jer.2,13) On est tenté de dire que les choses n’ont pas changé.

Mais ce serait malhonnête de ne pas reconnaître que malgré tout, le christianisme a fait bouger les choses dans le monde, aussi bien au sommet, au niveau des gouvernements et des grandes instances internationales qu’à la base, dans la vie quotidienne d’un chacun. La législation des droits de l’homme au niveau international, le droit du travail, les régimes gouvernementaux d’aide sociale, les innombrables associations d’entraide officielles ou privées, religieuses ou laïques en faveur des personnes ou des pays les plus défavorisés, des migrants, des réfugiés des enfants ou des personne âgées sont incontestablement des conquêtes de l’esprit chrétien. On n’admet plus aujourd’hui d’abuser des enfants, de laisser sans soins des malades,  d’abandonner à leur solitude des personnes âgées. C’est un fait. Mais c’est un fait aussi que dans la réalité, nous sommes encore très loin de mettre parfaitement en pratique les idéaux que nous professons et notre monde n’est pas encore le Royaume de paix, de justice et de charité que le Seigneur nous demande de construire.

Alors ? Je ne vais pas sauver le monde à moi tout seul. Ce n’est pas moi qui vais guérir les aveugles, les sourds et les boiteux du monde entier. Mais je peux m’attaquer à ce qui est aveugle sourd et boiteux en moi et autour de moi. Et peut-être arriverai-je à améliorer un peu la situation, parce que le Seigneur vient qui veut apporter du salut à travers moi. Lui, dont la puissance agissant ennous, peut faire bien plus, infiniment plus que tout ce que nous pouvons désirer ou imaginer comme dit St Paul (Ephes.3,20) C’est pourquoi il est si urgent pour chacun de mieux accueillir le Seigneur aujourd’hui, de façon à apporter un peu plus de paix de justice et de charité  autour de lui.

Que retenir de tout cela ?

Devant tout ce qui va mal dans le monde, nous pouvons être tentés de questionner comme les disciples de Jean :Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en  attendre un autre ? d’autant plus que notre manque de lucidité nous empêche de reconnaître ce que le Christ et son Evangile ont déjà apporté au monde. Si, après vingt siècles de christianisme, le monde est encore dans le triste état que nous constatons, c’est bien parce que le Christ est venu chez les siens  et que les siens ne l’ont pas reçu. Aujourd’hui, il continue de venir. Allons nous continuer de ne pas le recevoir ? le voici qui vient et nous appelle à continuer son œuvre de salut. Au lieu de perdre notre temps à pleurer hypocritement des larmes de crocodile sur les malheurs du temps, ouvrons tout grand notre cœur pour accueillir celui dont la puissance agissant en nous peut nous rendre capables de déboucher ce qui est sourd et aveugle en nous et autour de nous, et de décoincer ce qui en nous et autour de nous est aveugle et boiteux. Alors Noël 2025 sera le bon et joyeux Noël que tous, nous espérons.

2e dimanche de l’Avent 7 décembre 2025

(Isaïe 11,1-10)   (Rom.15,4-9)  (Mt.3,1-12)

Tout le monde attendait le Messie. Deux ou trois faux messies étaient déjà apparus, mais leur supercherie avait été rapidement dévoilée. Jean Baptiste surgit, il annonce l’imminence de la venue du Messie. Lui faisait sérieux. Son apparence et son comportement étaient ceux d’un vrai prophète :  Il portait un vêtement de poils de chameau et une ceinture autour des reins, ce qui était la tenue habituelle des prophètes, et comme eux, il se nourrissait de miel sauvage et de sauterelles. Et puis, lui ne prétendait pas être le Messie. Aux prêtres et aux lévites venus lui demander : Qui es-tu ? il  répondit clairement Je ne suis pas le Christ, expliquant avec simplicité et humilité : Je suis celui qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, ….celui qui vient après moi et plus fort que moi, est plus fort que moi, je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Et surtout sa franchise et la vigueur de son enseignement plaisaient à ses auditeurs. Il osait attaquer de front les Pharisiens et les Saducéens qui se prenaient pour des modèles et méprisaient les autres Bande de vipères, repentez-vous…Déjà la cognée est à la racine des arbres ; tout arbre qui ne porte pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. Heureux d’entendre J.B. remettre durement en place ceux qui d’ordinaire les méprisaient, ils étaient d’autant mieux disposés à son égard et accueillaient volontiers son message de conversion même s’il était exigeant et sévère.

Son message était clair : Convertissez-vous et même menaçant : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. En d’autres termes : il faut que ça change !

Le changement, c’est exactement ce que demande la conversion.  Ce terme de conversion vient du grec métanoïa qui signifie très exactement changement de mentalité et retour vers Dieu. Se convertir, c’est ordonner sa vie selon Dieu. Pour cela il  faut commencer par faire pénitence, c’est-à-dire lutter contre le péché jusqu’à le vaincre si possible, (cela est à notre portée,) mais le but de celui qui se convertit c’est plus que de vaincre le péché, plus que de faire pénitence, c’est de changer de conduite pour rejoindre Dieu. Or rejoindre Dieu n’est pas à notre portée, par nous-mêmes tout seuls nous ne pouvons pas rejoindre Dieu ; il faut que lui s’approche de nous, et c’est ce qu’il fait. Par conséquent la conversion, c’est un changement de conduite, fruit d’un effort de l’homme pour lutter contre le péché auquel  se joint l’action de la grâce qui lui permet de rejoindre Dieu et de vivre désormais en communion avec lui.

Pourquoi J.B. demande-t-il à ses auditeurs et surtout aux pharisiens et aux saducéens de se convertir ? Surtout parce qu’ils sont d’un orgueil insupportable. Alors que devant Dieu, nous sommes tous pécheurs, ils croient que leur observance pointilleuse  de la Loi  fait d’eux des justes.  Dieu, ils croient pouvoir traiter avec lui d’égal à égal ou presque. Ils pensent que Dieu leur doit quelque chose en retour de leurs pratiques et ceux qui ne pensent pas comme eux, ils les méprisent, se jugeant bien supérieurs. Voilà pourquoi J.B. et Jésus sont si sévères avec eux et leur demandent de se convertir.

Et pour cel a, il les invite à faire le geste de se plonger dans l’eau du Jourdain, exprimant par là symboliquement leur désir d’être purifiés de leurs fautes. C’est ce qu’on appelle le baptême de Jean qui n’a rien à voir avec le sacrement de baptême qui nous communique la vie de Dieu. A l’époque de J.B. les sacrements n’existaient pas encore. Le baptême de Jean est une simple démarche de pénitence en vue d’obtenir le pardon des péchés. Et J.B. explique clairement moi, je vous baptise dans l’ eau en vue de la conversion. Celui qui vient après moi, le Messie, vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Ce baptême là sera à l’origine du sacrement de baptême qui est un engagement en vue d’être fait enfant de Dieu.

Pour nous aujourd’hui, quel est le message de cet évangile ? Le même que celui que Jean adresse à ses auditeurs : Convertissez vous, car le Royaume de Dieu est tout proche. Concrètement quelle conversion faire ? Il y a toujours en nous une l’une ou l’autre mauvaise habitude,  de la colère ou de l’impatience dont il faudrait se séparer etc. mais peut-être avons-nous tous à faire une conversion plus profonde, plus fondamentale, concernant ce qui nous empêche d’accueillir le Seigneur et d’avancer au long des jours avec lui ? Il me semble que souvent, note vie est divisée en deux : d’un côté notre travail et nos diverses occupations, où nous essayons de nous débrouiller intelligemment, honnêtement, sans faire de tort à personne, mais là   on n’a pas le temps de penser à Dieu  on est éloigné voire même coupé de lui,  et puis d’un autre côté un  peu de prière de temps en temps et la messe du dimanche 

Mais pourquoi faire comme si le travail et nos activités de toutes sortes étaient nécessairement une agitation profane qui nous éloigne ou nous coupe de Dieu ? C’est vrai qu’ils peuvent nous séparer de Dieu, notamment quand nous nous laissons abrutir par le rythme frénétique du monde moderne. Mais normalement le travail et nos occupations de toute sortes sont une manière différente de la prière mais tout aussi vraie de nous unir à Dieu. Lorsque je suis occupé à la gestion de mon foyer, à la préparation d’un repas, lorsque je suis au bureau ou au volant de ma voiture, le travail que je fais n’est pas une agitation profane qui me couperait de Dieu, je suis en train de remplir  une tâche que Dieu m’a confiée, de répondre à la vocation à laquelle il m’a appelé en me confiant la responsabilité d’une famille. Loin de nous éloigner ou de nous couper de Dieu, le travail et les occupations de toutes sortes qui remplissent nos journées sont un moyen, autre que la prière, mais tout aussi authentique de nous maintenir en communion avec le Seigneur. Tant que nous n’aurons pas compris cela nous resterons des chrétiens maladroits dont le Dieu n’est qu’un Dieu genre roue-de-secours, auquel on ne fait appel qu’en cas de crevaison. Il s’agit de nous convertir et de passer à un Dieu genre GPS  qui guide et inspire l’ensemble de notre vie et qu’on ne perd pas de vue un seul instant jusqu’à ce qu’on soit arrivé à destination.

Que retenir de tout cela ?

Le message que nous donne l’évangile d’aujourd’hui est clair : Convertissez vous ! se convertir du grec métanoein c’est changer sa manière de vivre et revenir vers Dieu. Pour nous, en ce temps de préparation à Noël, nous convertir c’est cha nger tout ce qui nous empêche d’accueillir le Seigneur et de marcher avec lui au long de chacune de nos journées . Outre telle ou telle conversion secondaire, portant sur un défaut personnel que chacun doit choisir de faire, il y a un changement beaucoup plus important que tous nous devons faire, c’est de ne pas couper notre vie en deux avec d’un côté notre travail et nos diverses occupations  qui seraient de l’ordre du profane, coupé de Dieu, et puis de l’autre côté quelques prières et la messe du dimanche. Car c’est dans notre  travail et nos occupations quotidiennes que s’accomplit la volonté de Dieu,  c’est là que se réalise la vocation à laquelle chacun est appelé. C’est là un moyen, autre que la prière mais tout aussi authentique, de nous  mettre en communion avec Dieu. Si notre Dieu est encore un  Dieu roue de secours qui n’intervient qu’en cas de crevaison, il est temps de passer à un Dieu GPS qui guide et inspire toute notre vie qu’on ne perd jamais de vue tant qu’on n’est pas arrivé au bout.

1er  Dimanche  de  l’Avent  30 Novembre  2025

(Isaïe 2,1-5)  (Rom.13,11-14a)  (Mt.24, 37-44)

Nous entrons aujourd’hui dans le temps de l’Avent, qui précède la fête de Noël Les textes liturgiques des quatre dimanches de l’Avent nous invitent à nous préparer à l’avènement du Seigneur. Mais on ne voit pas très bien de quel avènement il s’agit. De l’avènement  du Seigneur à la fin des temps ? de son avènement à Noël ? ou encore de son avènement  parmi nous chaque jour , puisqu’il nous a bien dit : je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. (Mt.28,20)

 Aujourd’hui la première lecture et surtout  l’évangile nous parlent plutôt de l’avènement du Seigneur à la fin des temps. Le Christ nous recommande vivement d’être prêts pour cette venue  car c’est à l’heure où vous n’y pensez pas que le Fils de l’homme viendra.  Mais très probablement, cette venue là, ce n’est pas pour tout de suite. Aussi, je vous propose de la laisser de côté, pour  nous concentrer sur la venue du Seigneur à Noël et sur sa présence chaque jour au milieu de nous.

Comment nous préparer à Noël ? Presque toujours on dit que Noël, c’est la célébration de la venue parmi nous de Dieu qui se fait homme. C’est vrai, mais c’est incomplet. Il ne faut pas laisser de côté la conséquence très importante de cette venue : A ceux qui l’ont reçu… il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu nous dit St Jean (Jean1,12). Il est donc plus exact de parler de Noël comme St  Irénée qui disait : à Noël, Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu  A Bethléem, ce jour-là, dans l’extrême discrétion de la naissance d’un petit enfant dans une grotte, à l’écart du village, c’est un énorme rebondissement qui s’est produit dans l’histoire de l’humanité. Jusque-là, l’homme, créé à l’image de Dieu, était encore comme en face de lui. Il y avait une certaine distance entre l’homme et Dieu. Désormais Dieu entre dans l’humanité.  En  Jésus vrai Dieu et vrai homme, il n’y a plus de distance entre lui et les hommes,  et ceux qui reçoivent le baptême, vivent désormais de la vie même de Dieu. Comme nous le disions il y a quelques années encore, à l’offertoire de la messe : Dieu qui avez créé l’homme d’unemanière admirable (en le créant à votre image au début du monde) vous l’avez restauré d’une manière plus admirable encore (en l’unissant à votre divinité par votre incarnation à Noël). Aujourd’hui, à l’offertoire nous disons plus clairement encore : Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions nos être unis à la divinité de celui qui a voulu prendre part à notre humanité.

Mais à Noël, il s’est produit un énorme scandale : il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. (Jean 1,10), ils ne l’ont pas reconnu. Seuls quelques bergers l’ont accueilli, des gens assez mal vus d’ailleurs, on les accusait de profiter de leurs déplacements pour voler des poules dans les villages qu’ils traversaient. Nous aimerions que cette année, cela se passe mieux. Mais les choses en se présentent pas tellement bien. On parle énormément de Noël, des vacances de Noël, des fêtes de Noël, du réveillon de Noël, des cadeaux de Noël, mais pas tellement de la venue du Sauveur. On peut voir partout des représentations du Père Noël, mais on ne voit guère de représentations de la crèche de Noël. Le Seigneur est le grand absent de cette fête de Noël devenue une fête profane, pour ne pas dire profanée.

que devions-nous faire aujourd’hui pour   accueillir le Seigneur afin qu’il rentre vraiment dans nos cœurs comme dans  nos familles ? Ainsi que l’évangile d’aujourd’hui nous y invite, tâchons d’être plus attentifs à sa venue au milieu de nous chaque jour. Pourquoi attendre le 25 Décembre pour chercher la présence du Seigneur ? Le jour où il est remonté vers le Père il en a assuré ses apôtres : Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. (Mt.28,20) Comment est-il présent parmi nous chaque jour ? Certes nous ne le voyons pas de nos yeux, mais son Esprit est là qui nous guide vers la vérité tout entière (Jean 14,16). C’est lui qui nous fait comprendre l’évangile quand nous le lisons, quand nous prions, quand quelque chose nous touche en écoutant une homélie. C’est lui qui nous montre la présence du Créateur à travers la nature qui nous entoure, la pluie qui arrose notre terre, le soleil qui nous éclaire, C’est lui qui nous fait comprendre que les prodiges réalisés par les sciences et les techniques des hommes sont des reflets de  l’intelligence que Dieu leur a donnée ! Et surtout l’Esprit Saint nous fait voir la présence de Dieu à travers le bien qui se fait dans le monde, quels que soient le mal et le péché qui le salissent, car il n’y a qu’une source de bien dans le monde, c’est Dieu. Chaque fois que quelqu’un quelque part dans le monde dit ou fait quelque chose de bien, le Seigneur est là qui agit. A l’approche de Noël, plus que jamais, soyons attentifs à le voir,  à le remercier de sa présence et de son action au milieu de nous. La présence réelle, elle n’est pas seulement dans le tabernacle fermé à clef ! Elle est aussi dans toute action bonne qui se fait dans le monde. Il y a 2.000 ans il est venu parmi les siens et les siens ne l’ont pas reconnu. Pourvu que ce ne soit pas la même chose aujourd’hui…. Qui d’entre nous sait le nombre d’associations style secours Catholique, restos du cœur, accueil des migrants qui existent qui existent autour de nous ? Qui d’entre nous pense quelquefois à faire une litanie d’action de grâce pour le dévouement des personnels soignants dans les hôpitaux, les cliniques, les maisons de retraite ? Qui d’entre nous pense quelquefois à louer Dieu pour toute la délicatesse et l’amour qui se vivent chaque jour dans les familles ? Serions-nous encore ce peuple, Jésus en parlait avec tristesse dont le cœur s’est endurci, ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux pour ne pas voir de leurs yeux, entendre de leurs oreilles, ne pas comprendre avec leur cœur. (Mt.13,15)

Que retenir de tout cela ?

Que pouvons nous faire pour mieux préparer la venue du Seigneur à Noël ? Peut-être tout simplement nous efforcer de mieux repérer son passage chaque jour dans nos vies, chaque fois qu’il nous fait dire ou faire quelque chose de bien. Ne soyons pas de ceux dont l’Ecriture dit avec tristesse : Ils ont des yeux mais ne voient pas. (Ez.12,2), mais demandons à Notre Dame de nous aider à bien voir et à bien accueillir son fils présent au milieu de nous. Si vous voulez, reprenons ensemble le refrain de ce beau chant à Notre Dame 

« Chercher avec toi, dans nos vies, les pas de Dieu, Vierge Marie

Par toi, accueillir en nos vies le don de Dieu, Vierge Marie »

Dimanche  23  Novembre2025

(2 Sam.5,1-3)  (Col.1,12-20)  (Luc 23,35-43)

Christ- Roi

Pourquoi donner au Christ ce titre de Roi ? Quand les gens ont voulu le faire roi après la multiplication des pains, il n’a pas aimé cela du tout. Très mécontent, il les a renvoyés chez eux. Sa vie, de la crèche à la croix, n’a rien de somptueux ni de royal. Il n’a ni armées, ni richesses, ni palais, comme les rois de la terre. Et si on veut à tout prix le célébrer comme Roi, pourquoi choisir comme évangile de cette fête une page où, supplicié sur la croix, il est méprisé et moqué par la foule rassemblée au Golgotha ? Pourtant ce titre de Roi, il le mérite, en tant que Créateur et en tant que Rédempteur, comme St Paul le laisse entendre dans la 2° lecture.

En tant que Créateur, bien sûr, puisque c’est en lui que tout a été créé dans le ciel et sur la terre…Il est avant toute chose et toute chose subsiste en lui. Tout subsiste en lui, cela veut dire que ce qui existe aujourd’hui, c’est lui qui le maintient dans l’existence. Il n’a pas créé l’univers, il y a un certain nombre de millions d’années et depuis, il aurait pris sa retraite ! Non, le Christ Roi est un roi en exercice, il continue de créer, jour après jour, tout ce qui est. La vie dont nous jouissons en ce moment, c’est lui qui la crée, non seulement notre vie physique, mais aussi notre vie de communion avec lui, avec son Esprit présent en nous depuis notre baptême et notre confirmation.

Et puis le Christ mérite encore le titre de Roi en tant que Rédempteur. L’humanité qui était séparée de lui par le péché, il l’a reconquise en offrant sa vie pour nous à travers le sacrifice de la croix, où la toute puissance de son amour a vaincu toute la puissance du mal et du péché, opérant la réconciliation avec le Père. Souvent nous pensons que la passion et la mort du Christ sur la croix sont des défaites du Christ et qu’il faut attendre sa résurrection au matin de Pâques pour voir son triomphe. C’est faux. Son triomphe éclate déjà dans sa passion et sa mort sur la croix, puisque là, déjà, la toute puissance de son amour l’emporte sur toute la puissance du mal déchaînée contre lui. Alors qu’on est en train de le tuer, il prie pour ses bourreaux : « Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34). Autrement dit : vous pouvez me tuer si vous voulez, moi, je vous aime encore.  C’est là que son amour tout puissant se montre plus puissant que la toute puissance du mal, du péché et de la mort. Rien ne peut venir à bout de son amour. Son titre de Roi, il l’a donc conquis en mourant sur la croix puisque c’est bien là, à ce moment-là, que se manifeste la toute puissance de son amour qui l’emporte sur toute la puissance du mal, du péché et de la mort.

Ce n’est donc pas étonnant et cela n’a rien de choquant que l’évangile choisi pour la célébration de la fête du Christ-Roi nous montre le Christ mourant sur la croix puisque c’est là que se révèle le triomphe royal de son amour sur toutes les forces du mal, du péché et de la mort.

La royauté du Christ n’a rien de commun avec les royautés de la terre. Elle est d’un autre ordre. Elle n’a pas besoin de palais splendides, de richesses somptueuses, de l’entourage spectaculaire d’une cour brillante, de la puissance écrasante d’armées redoutables ou d’un pouvoir politique dominateur. Tout cela apparait comme du folklore, de la pacotille à côté de la royauté du Christ reposant sur la toute puissance d’un amour qui l’emporte sur toute la puissance du mal, du péché et de la mort.

Mais le Christ-Roi, nous ne pouvons pas nous contenter de l’admirer à distance. Il  se trouve que nous participons à  sa royauté depuis notre baptême, comme le souligne le célébrant au cours de la cérémonie : Vous êtes maintenant membres du Christ, vous participez à sa dignité de prêtre, de prophète et de roi. Or comment se manifeste la royauté du Christ ? Dans le service des autres dans l’amour. Participer à la royauté du Christ, c’est donc, comme lui, se consacrer au service des autres par amour. Peut-être pas à travers des gestes spectaculaires, mais dans l’ordinaire d’une foule de gestes quotidiens qui ont de la valeur aux yeux de Dieu, ce que généralement nous ne soupçonnons pas. Regardez, dans la parabole du jugement dernier, qu’est-ce qui a valu aux justes d’être comptés parmi les élus ? Venez à moi, les bénis de mon Père, dit le Seigneur, recevez en partage le Royaume qui vous a été préparé , parce que…parce que vous avez fait des choses extraordinaires ? Non. Parce que vous êtes allés à la messe le dimanche et fait un tas de prières ? Même pas ! Mais parce que j’ai eu faim, vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif, vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, malade et vous m’avez visité. Et les justes diront : Seigneur quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te donner à boire …(Mt.2534…) Ils ne se seront pas rendu compte que ce qu’ils ont fait pour n’importe qui, un enfant, un conjoint, un ami, un inconnu, c’est comme s’ils l’avaient fait pour le Christ en personne, car ce que vous aurez fait pour l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous l’aurez fait. (Mt.25,40)

Pour nous aujourd’hui, cela veut dire que lorsqu’une maman prépare le repas des siens, lorsqu’un instituteur apprend à lire à ses élèves, lorsqu’un médecin soigne un malade, lorsque les employés municipaux vident les poubelles, lorsqu’un boulanger prépare le pain pour les habitants du quartier, il y a du service des autres là-dedans et un peu d’amour et cela a du prix aux yeux de Dieu. Par là nous sommes unis au Christ Roi qui se donne au service des autres par amour. Mais nous avons du mal à le croire. Nous sommes persuadés que nos tâches  quotidiennes sont des choses banales matérielles, sans valeur aux yeux de Dieu. C’est d’ailleurs pourquoi on ne voit jamais une image ou une statue de Notre Dame en train de faire la cuisine ou le ménage. Comme si tenir son foyer ne faisait pas partie des tâches que le Seigneur lui avait confiées. Cette fête du Christ Roi nous invite à ouvrir les yeux pour voir l’amour et se service des autres qu’il y a dans nos tâches familiales ou professionnelles et à prendre conscience que par là nous sommes unis au Christ Roi dont la royauté s’exerce dans le service des autres  par amour.

Que retenir de tout cela ?

Pourquoi donner au Christ le titre de Roi ? Parce que il est  le Créateur de l’univers. Et parce que en tant que Rédempteur, son amour tout puissant  a triomphé de toutes les puissances du mal, du péché et de la mort. Sa  royauté n’a rien à voir avec celle des rois de ce monde qui se manifeste par des richesses ou le pouvoir politique ou militaire. Le Christ est un roi très spécial. Son sceptre, c’est la croix et sa politique, le lavement de pieds. La royauté du Christ se manifeste dans le don de soi pour ceux qu’il aime. C’est  dans  le don de soi qu’il y a dans tout ce que nous faisons pour le service des autres à  travers le quotidien de nos tâches familiales et professionnelles, que se manifeste notre participation à la Royauté du Christ même si, pareils aux justes  de l’évangile admis dans le Royaume, nous ne nous  rendons pas compte. Saint Exupery parlant de quelques dames âgées qui brodaient des chasubles d’or pour leur Dieu écrivait : Elles allaient, ne le sachant pas,  les mains  pleines d’étoiles. Eh bien,  quand vous êtes au travail tous les jours, dans un bureau ou un magasin, sur un chantier ou au volant de votre voiture, quand vous faites le ménage ou préparez le dîner, je crois, moi, que vous allez, ne le sachant pas les mains pleines d’étoiles. Et je suis fierd’offrir tout cela au Seigneur dans cette messe ,  en même temps que le sacrifice du Christ.                                                   

Dimanche 16 novembre 2025

(Malachie 3,19-20a) (2 Thess.3,7-12) (Luc 21,5-19)

Jésus et ses apôtres admirent le Temple. Sa restauration, commencée vers les années 19-20, vient d’être achevée. Il est comme neuf. Ce Temple n’est pas une sorte de grande cathédrale, c’est un quadrilatère de 500m sur 400m environ comprenant autour de l’autel des sacrifices dressé en plein air, le Saint des Saints, l’Arche d’Alliance, le temple de Salomon et différents parvis, le tout encerclé de hautes murailles. Devant cet édifice impressionnant, les apôtres ressentent un vif sentiment de sécurité et de puissance. Dieu est là. L’Arche d’Alliance est le symbole de sa présence au milieu d’eux. Le Seigneur a fait alliance avec leur ancêtre Abraham. Il ne peut rien leur arriver. Ils sont le peuple de Dieu. Mais le Seigneur refroidit leur enthousiasme en leur révélant que de jour viendront où il ne restera rien de la magnifique construction qu’ils ont sous les yeux : Tout sera détruit. A quoi le Seigneur fait-il allusion ? Peut-être à la destruction de Jérusalem par les Romains qui aura lieu en 70. Mais il fait surtout allusion aux bouleversements qui marqueront son retour à la fin des temps. Inquiets, les apôtres lui demandent :Quand cela arrivera-t-il ? Le Christ ne répond pas à la question des apôtres. Sa réponse porte sur COMMENT se préparer à ce jour-là.D’abord, il les met en garde contre de fausses annonces d’un retour prochain du Seigneur :Beaucoup viendront et diront : c’est moi ou le moment est proche. Ne marchez pas derrière eux. De fait, dans les premiers temps de l’Eglise, tout de suite après la Pentecôte, certains chrétiens croyant le retour du Seigneur imminent, vont cesser de travailler et mener une existence désordonnée, d’où les remontrances de St Paul, que nous avons entendues dans la 2° lecture et par lesquelles il exhorte les croyants à travailler dans le calme pour manger le pain qu’ils auront gagné.Ensuite le Seigneur annonce une série de malheurs : guerres, famines, épidémies, tremblements de terre qui accompagneront son retour lequel sera précédé de persécutions contre les croyants. Mais en même temps le Seigneur rassure : Vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer…Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. Il va même jusqu’à dire : Quand ces évènements commenceront à se produire, redressez-vous et relevez la tête, car votre délivrance est proche. (Luc 21,28)Ce qui veut dire que, pour les justes, le dernier jour sera un jour de triomphe. D’ailleurs dans la première lecture, nous avons entendu Malachie présenter le jour du Seigneur comme un jour de jugement entraînant la ruine de ceux qui commettent l’impiété, mais en même temps comme un jour de triomphe pour les justes : Pour vous, qui craignez mon nom, le soleil de justice se lèvera, il apportera la guérison dans son rayonnement.En d’autres termes, cet évangile nous fait savoir deux choses ; d’abord que le monde présent, un jour viendra où il n’en restera rien ; ensuite que le retour du Seigneur sera pour les impies la ruine mais pour les justes l’heure de la délivrance dans un monde nouveau. Il est donc inexact de parler de la fin du monde comme si, après, il n’y avait plus rien. Il serait plus exact de parler de la fin d’un monde qui marque l’avènement d’un monde nouveau délivré du mal, du péché et de la mort.Faut-il vraiment se préparer au retour du Seigneur à la fin des temps ? Ce n’est peut-être pas tellement urgent. Très probablement, la fin des temps, ce n’est pas pour tout de suite. Par contre, la fin de mon temps, l’heure de ma mort, c’est sûrement plus urgent. Je ne suis pas sûr et personne n’est sûr d’être encore là demain ! Alors, quoi faire ? Pas question d’être angoissé. Ce serait insultant envers le Seigneur. Lui qui a donné sa vie pour nous et dans quelles conditions ! Ce serait insultant de le voir comme un flic en embuscade, cherchant à coincer des délinquants. Ce que veut le Seigneur, c’est que tous les hommes soient sauvés (1 Tim.2,4) Sûrs que rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu, nous pouvons aller au-devant de lui, sereinement, mais appliqués avec sérieux chaque jour, à accomplir sa volonté. Quoi faire ? Comment faire ? Une phrase de la quatrième prière eucharistique à la messe, nous donne la marche à suivre : Tu as créé l’homme à ton image et tu lui as confié l’univers, afin qu’en te servant, toi son créateur, il règne sur la création. Le Seigneur nous a placés quelque part dans l’univers, il a confié à chacun de nous une tâche à remplir afin de construire un morceau du royaume de justice et de charité là où il l’a placé A chacun, chaque matin, de se remettre devant le Seigneur et de lui demander : Seigneur,aujourd’hui, que veux-tu que je fasse ? Comment veux-tu que je fasse ? Car chacun de nous est appelé à remplir une tâche précise.Dans cette page d’évangile le Seigneur a tout l’air de nous embarquer dans l’évocation du dernier jour auquel il faut se préparer. Mais de quel dernier jour s’agit-il ? Du dernier jour, lorsqu’il reviendra à la fin des temps. ? Ce dernier jour-là, très probablement nous ne le verrons pas, alors ce n’est peut-être pas très urgent de nous en soucier. S’agit-il du dernier de mes jours où je me retrouverai face à face avec le Seigneur ? Ce dernier jour-là il faut m’y préparer. C’est assez urgent. Mais il y a encore un autre dernier jour où il y a une venue du Seigneur, et c’est ce dernier jour là qu’il est le plus urgent de nous occuper, c’est le jour d’aujourd’hui. Car chaque jour, le Seigneur est avec nous ; Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps nous a-t-il affirmé en prenant congé de nous. (Mt.28,20) Et c’est de ce dernier jour-là, le jour d’aujourd’hui, qu’il est le plus urgent de nous occuper puisque c’est dans chacun de ces aujourd’hui que se préparent les autres derniers jours, le dernier de mes jours, le jour de ma mort et le dernier jour celui du retour du Seigneur à la fin des temps.Que retenir de tout cela ?Le Christ a bien raison de ne pas répondre à la question des apôtres : quand est-ce que ce sera le dernier jour ? mais de les renvoyer à comment se préparer à ce jour-là.Pour nous aussi aujourd’hui, ne perdons pas notre temps à nous soucier de savoir quand prendra place le dernier jour, ne perdons pas notre temps non plus à nous préoccuper du jour de notre mort, nous verrons bien quand nous y serons ! mais occupons-nous du jour d’aujourd’hui. Car le Seigneur est là avec nous. Occupons-nous de chercher : maintenant, là, tout de suite, Seigneur, que veux-tu que je fasse maintenant ? Et surtout occupons nous de le faire.