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Dimanche 6 octobre 2024

Genèse (2,18-24)  Hébreux (2,9-11)  Marc (10,12-16)

Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. Difficile d’accepter cette parole. De nos jours, lorsqu’un homme et une femme se marient, ils considèrent que c’est leur choix, leur décision. Ils acceptent de bonne grâce les félicitations et les vœux de bonheur de leurs parents et amis mais n’aiment pas beaucoup qu’on interfère dans leur décision Leur mariage, c’est leur affaire à eux, leur volonté à eux. S’ils sont chrétiens ils acceptent volontiers que le Seigneur bénisse leur union, parfois même ils vont  jusqu’à reconnaître que c’est Dieu qui a mis leur fiancé(e) sur leur chemin, Mais est-ce qu’ils croient vraiment que c’est Dieu qui les a unis ? J’en doute fort.

Et pourtant…On pense généralement que c’est l’amour qui est à la base de l’union des conjoints dans le mariage. Or il n’y a qu’une seule source d’amour dans le monde, c’est Dieu. Donc c’est bien Dieu qui unit les conjoints, puisque l’amour qu’ils ont l’un pour l’autre ne peut venir que de lui. Mais encore faut-il que les mariés s’aiment d’amour.

Car on peut aimer quelqu’un sans l’aimer d’amour. Il y a de tas de gens qu’on aime bien sans les aimer d’amour. On goûte, on apprécie  les qualités, les talents, ses capacités d’une personne, il est sympathique, on l’aime bien, sans plus. Je peux aimer le général de Gaulle, pour  sa personnalité  et son génie politique ou Kylian Mbappé pour son adresse au football,  il n’y a pas d’amour là-dedans !  

Et surtout, en toute bonne foi, on peut prendre pour de l’amour les sentiments sincères, l’attachement profond qu’on  a pour quelqu’un. C’est ainsi que dans beaucoup de films, de romans ou de chansons, l’amoureux c’est une personne qui a très envie de l’autre à qui elle déclare avec une entière sincérité: « je ne peux pas vivre sans toi » ou « j’ai besoin de toi ». Mais où est l’amour de l’autre là-dedans ? Quand je dis « j’ai besoin de toi, je ne peux pas vivre sans toi », ce n’est pas toi que j’aime c’est moi profitant de tes qualités. Des couples se forment ainsi, croyant s’aimer, en toute bonne foi, alors qu’il n’y a pas amour entre eux. Chacun prend plaisir à être en compagnie de l’autre, il apprécie son caractère, son physique, il prend plaisir à parler ou à travailler avec lui donc il pense :  je l’aime.  Oui, mais il ne l’aime pas d’amour ; d’ailleurs, ce n’est pas l’autre qu’il aime, mais lui jouissant des qualités, des talents, de la personnalité de l’autre. Souvent, au bout d’un certain temps, l’un des deux ou chacun des deux se rend compte que l’autre le consomme, le consume, le détruit et le couple se sépare. Il arrive aussi, grâce à Dieu,  que le couple évolue et que les sentiments que chacun éprouve pour l’autre se transforment en véritable amour où chacun construit l’autre.

Qu’est-ce qu’il faut pour qu’il y ait amour ?  Il faut que les sentiments, l’attachement, le désir que je peux avoir pour quelqu’un en arrivent à un point où je mets l’autre au-dessus de moi, je le fais passer avant moi. Or ceci est contraire à la psychologie humaine la plus élémentaire. Regardez un bébé dans son berceau : il attrape tout ce qui passe à portée de ses mains, même son pied et le porte à sa bouche. Par nous-mêmes, étant donnée notre psychologie, par nature, nous sommes centrés sur nous-mêmes, incapables de mettre quelqu’un au-dessus de nous, de le faire passer avant nous, de l’aimer d’amour. Autrement dit, l’amour n’est pas un sentiment humain. Pourtant nous arrivons à aimer d’amour. Autour de nous des couples s’aiment d’amour, des parents et des enfants s’aiment d’amour. Comment est-ce possible ? Il faut que l’amour que nous avons dans le cœur vienne d’ailleurs, d’au-dessus de nous. C’est Dieu, qui nous a créés à son image, qui  nous rend capables


d’aimer. Quand dans un couple, un homme et une femme s’aiment, c’est que Dieu a donné à cet homme-ci un amour spécial pour cette femme-ci et à cette femme-là un amour spécial pour cet homme-là.1°) Le Christ peut donc dire à propos du mariage : ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. Il n’y a là rien de choquant. Et cela n’empêche pas chacun des époux de s’engager par une décision libre et personnelle.

2°) D’autre part il est juste de parler du mariage comme d’un engagement vocationnel comme le fait le pape François dans son exhortation apostolique La joie de l’amour. Le mariage est bien une vocation puisque le Seigneur en donnant à chacun des époux de s’aimer  les appelle à cet engagement.  

3°) Et enfin, puisque Dieu est à la base du mariage dans lequel s’engagent les époux, ils peuvent s’engager pour la vie, c’est du solide, cela ne repose pas sur des sentiments humains incertains et fluctuants, Dieu est derrière. Cela ne veut pas dire que tout sera facile. Car même si des époux ont dans le coeur un amour authentique venant de Dieu, chacun aura tous les jours à lutter pour se maintenir à ce niveau-là et  persister à mettre l’autre avant lui chaque jour.

Maintenant supposons un couple tout à fait de bonne foi, qui se marie à l’église mais qui n’y voit pas très clair, il ne croit pas vraiment que l’amour qui les unit vient de Dieu et que leur mariage est un engagement vocationnel, Y a-t-il sacrement ? Non. Pour qu’il y ait sacrement, il ne suffit pas que les paroles sacramentelles soient prononcées : « Consentez-vous… ? J’y consens, » il faut qu’elles soient prononcées dans la foi et avec l’intention de faire ce que veut l’Eglise. Quand je célèbre la messe, lorsque, ayant l’hostie en mains , je prononce les paroles de la consécration, le pain devient corps du Christ. Mais si, ayant en mains mon trousseau de clefs, je prononce les paroles de la consécration, mon trousseau de clefs ne devient pas le corps du Christ. Et si ce couple qui s’est marié à l’église sans trop comprendre de quoi il s’agit, se sépare,  y a-t-il divorce religieux ? Non, leur mariage était  invalide. D’où la prise de position du pape François d’autoriser, après enquête, un certain nombre de divorcés à recevoir la communion. Il ne change rien à l’indissolubilité du mariage, mais il se trouve que certains mariages, quoique célébrés à l’église sont nuls, il n’y a pas eu sacrement. Le 16 Juin 2016, lors de l’ouverture du congrès ecclésial du diocèse de Rome, le pape François interrogé par des laïcs est allé jusqu’à dire : La grande majorité des mariages célébrés dans l’Eglise catholique sont nuls.(La Croix du lundi 15 Octobre 2018). Raison de plus pour nous de ne pas jamais juger et encore moins condamner des divorcés. Nous ne connaissons pas leur histoire. Et surtout il faut savoir que ceux qui se marient sans comprendre qu’il s’agit d’un engagement sacramentel, ne sont pas mariés selon ce que l’Eglise voit dans le sacrement de mariage.

Que retenir de tout cela ?

Il ne convient  pas  d’appeler amour n’importe quel attachement qu’on peut avoir pour quelqu’un. On peut aimer quelqu’un sans l’aimer d’amour. Quand est-ce qu’on aime d’amour ? Lorsque les sentiments qu’on a pour quelqu’un sont tels qu’on met ce quelqu’un au-dessus de soi, on le fait passer avant soi. Or ceci est contraire à la psychologie humaine la plus élémentaire. Par nature nous sommes centrés sur nous-mêmes. C’est pourquoi l’amour qui nous fait mettre un autre avant et au-dessus de nous-mêmes n’est pas un sentiment humain. C’est quelque chose que Dieu, seule source d’amour, nous donne. En nous créant à son image et en nous unissant à lui en Jésus Christ et par notre baptême, Dieu nous fait participer à son Etre d’Amour et nous rend capables d’aimer d’amour. C’est pourquoi le Christ peut dire tout-à-fait légitimement à propos du mariage : Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. Cela n’altère en rien le consentement libre et personnel de chacun des conjoints, mais nous invite à admirer la délicatesse de l’intervention de Dieu au plus


intime de nous. « Dieu plus intime encore que le plus intime de moi, meilleur encore que le meilleur de moi » disait, je crois, St Augustin. (Deus intimior intimo meo, superior summo meo)


  Dimanche  4  Février  2024                     Beaucamps

C’était un jour de sabbat. Sortant de la synagogue où il venait d’enseigner Jésus entre avec ses disciples chez Simon et André. Leur belle mère est alitée avec la fièvre. Mis au courant, Jésus la guérit. Le bruit de cette guérison se répand dans la ville et le soir venu, on se presse à la porte pour écouter Jésus tandis que les malades et les possédés accourent pour se faire délivrer de leurs maux. Il va en guérir beaucoup. Toutes ces guérisons miraculeuses comportent bien des ambigüités et du côté des malades et du côté de Jésus. Essayons d’y voir un peu plus clair.

Les malades qu’est-ce qu’ils veulent ? Se faire guérir. Bien sûr, mais pas seulement. Car pour eux, une maladie n’est jamais un pur désordre physique, elle a toujours un lien avec le péché. Parfois même, comme dans le cas de la lèpre, elle est considérée comme une punition divine. Si bien que lorsqu’ils demandent la guérison d’une maladie, ils demandent peut-être en même temps une certaine purification spirituelle.

 Et Jésus, quel est son but lorsqu’il guérit les malades ou délivre les possédés ?  Pris de pitié, il veut soulager leur souffrance, mais en même temps il veut leur donner un signe, une preuve de sa présence, de la présence de Dieu au milieu d’eux. Et cela on ne le voit pas parce qu’on en reste à l’aspect prodige du miracle et au bienfait immédiat qu’il apporte. Jésus le reprochera durement à la foule qui le rejoint, le lendemain de la multiplication des pains : Ce n’est pas parce que vous avez vu des signes que vous me cherchez, mais parce que vous avez mangé du pain à satiété. (Jean 6,26 ) Dans un miracle, il y a toujours un prodige. Sur une simple parole de Jésus la maladie disparait, le démon est chassé. C’est tellement impressionnant qu’on en reste là. Or pour Jésus un miracle, c’est plus qu’un simple prodige ; c’est, au-delà du prodige et à travers ce prodige, un signe accordé à quelqu’un qui a déjà un peu la foi, afin que, éclairé par ce signe il reconnaisse la présence de Dieu dans sa vie et soit plus uni à lui. D’ailleurs Jésus dit souvent à celui qu’il guérit ta foi t’a sauvé (Mt.9,22) ou qu’il soit fait selon ta foi (Mt.9,29) Et sans la foi, Jésus ne fait pas de miracles. St.  Mt nous rapporte qu’au cours d’une de ses visites à Nazareth, il ne fit pas beaucoup de miracles parce qu’ils ne croyaient pas.  (Mt.13,58 ) 

 Pour Jésus les miracles c’est aussi une manière d’exercer son ministère, c’est une prédication par gestes : multiplier les pains, c’est une manière de dire par gestes : Je suis le pain de vie (Jean 6,48) ; guérir un aveugle, c’est dire par gestes Je suis la Lumière du monde (Jean 8, 12) ; ressusciter un mort, c’est dire par gestes : Je suis la Résurrection et la Vie (Jean 11,25 ).

Donc, quel est le but de Jésus lorsqu’il fait un miracle ? C’est d’apporter un signe, une preuve que Dieu est présent, agissant au milieu de nous, à travers le bienfait accordé, une guérison par exemple Au fond, le véritable miracle, ce n’est pas une guérison, du pain multiplié, une tempête apaisée, mais à travers la guérison, le pain multiplié, la tempête apaisée, la présence du Seigneur au milieu de nous. Malheureusement presque toujours on en reste au bienfait accordé et au prodige. C’est à cause de de ces graves malentendus que Jésus s’entoure de précautions quand il fait des miracles. Souvent il emmène le malade à l’écart avant de le guérir et lui commande sévèrement (Mt.9,30) de ne rien dire à personne. Il ne veut pas qu’on le prenne pour un Messie aux pouvoirs impressionnants voire terrifiants. Il est venu révéler un Dieu Amour.

Mais l’évangile d’aujourd’hui ne nous parle pas seulement de la guérison de la belle-mère de Pierre. En nous rapportant comment, le lendemain matin bien avant l’aube, Jésus se rendit dans un endroit désert pour prier, il nous apprend quelque chose de fondamental sur la prière. Il n’avait pas besoin de l’aide ou du pardon de Dieu, comme nous qui sommes des créatures faibles

et des pécheurs, alors pourquoi priait-il ? Il avait besoin de retrouver la paix et le calme de l’intimité avec le Père, lui qui était assiégé par la foule qui l’écrasait, (Marc 5,24) Elle le pressait tellement qu’il ne pouvait plus rentrer dans les villes, il devait rester en dehors, en des endroits déserts  (Marc 5,24) D’autre part, les prêtres, les scribes et les pharisiens le harcelaient sans cesse, essayant de dresser tout le monde contre lui.. Il avait donc besoin de s’isoler de temps en temps pour retrouver la paix dans l’intimité du Père.

 Certainement que nous aussi, qui sommes souvent débordés par toutes nos activités, nous aurions besoin de nous retrouver devant le Seigneur de temps en temps, pour réfléchir calmement à notre situation, retrouver la paix et faire le point avec lui, dans une prière désintéressée. En nous montrant comment Jésus priait pour retrouver un moment d’intimité avec son Père, l’évangile d’aujourd’hui nous rappelle que la prière n’est pas uniquement une démarche pour demander quelque chose à Dieu mais qu’elle est fondamentalement une démarche où on s’approche de lui pour être en communion avec lui, le retrouver, retrouver sa mentalité, son point de vue, et voir comment faire.

Et la fin de l’évangile d’aujourd’hui nous laisse entrevoir le dynamisme infatigable du Christ que nous sommes invités à imiter. Au matin, voyant que Jésus a disparu, Pierre et ses compagnons se mettent à sa recherche et l’ayant trouvé lui disent : Tout le monde te cherche. Cela se comprend : heureux de voir les nombreuses guérisons opérées par Jésus, les habitants de Capharnaüm veulent le garder chez eux. Mais Jésus répond : Allons ailleurs dans les villages voisins, afin que là aussi, je proclame l’évangile ; car c’est pour cela que j’ai été envoyé. Ce qui veut dire deux choses :

1°) d’abord qu’on ne peut pas garder le Christ pour soi, il faut le partager avec les autres. On n’avait pas encore compris qu’il n’était pas venu pour quelques bourgades de Palestine seulement mais, comme le dira plus tard St Paul, pour que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (2Tim.2,4) Est-ce clair pour nous aujourd’hui que nous ne pouvons pas garder le Christ pour nous tout seuls, pour qu’il nous vienne en aide dans les moments difficiles quand nous en avons besoin, mais que nous devons garder le souci de tous ceux, en particulier dans notre entourage, qui ne connaissent pas ou qui ne veulent plus connaître le Seigneur 

2°) Ensuite l’attitude de Jésus qui va toujours de l’avant et entraîne ses apôtres avec lui doit nous faire comprendre que quand on a commencé à suivre le Christ, on ne peut jamais s’arrêter, on a toujours à s’efforcer de mieux le connaître, de mieux comprendre sa parole et de mieux la mettre en pratique. C’est urgent pour chacun de nous et pour tous ceux qui attendent notre témoignage pour se mettre en route.

Que retenir de tout cela ?

Trois choses 1°) Les miracles de l’évangile ne sont pas simplement des prodiges.  Le miracle, ce n’est pas la guérison obtenue ou la tempête apaisée, mais le signe, la preuve de la présence de Dieu parmi nous à travers un prodige et un bienfait. Le miracle, c’est aussi une prédication par gestes. Multiplier les pains, c’est une manière pour Jésus de dire par gestes Je suis le Pain de Vie.

2°) En nous montrant comment Jésus prie pour retrouver l’intimité avec le Père l’évangile nous rappelle que notre prière ne doit pas être seulement une prière de demande, Nous qui sommes si souvent débordés, nous aurions bien besoin de nous retrouver devant le Seigneur pour retrouver la paix, réfléchir à notre situation, faire le point, et voir avec lui comment faire.

3°) Enfin, le Christ qui ne s’arrête jamais, mais va toujours de l’avant, nous rappelle que quand on se met à sa suite, il n’y a pas de pause prévue. Comme disait Saint Exupery : Il n’y a pas de repos, sinon dans la paix des moissons, quand Dieu engrange.

Voici l’Agneau de Dieu DIMANCHE    14 JANVIER   2024 Ennetières

Jean Baptiste voyant Jésus aller et venir dit en le regardant : Voici l’Agneau de Dieu. Qu’est-ce que cela veut dire ? C’est une parole codée qui fait  allusion à l’agneau pascal immolé par  chaque famille juive avant de quitter l’Egypte terre d’esclavage, et d’ entrer en terre promise, où ils seront libres.  Le  sang de cet agneau immolé  dont ils avaient marqué les linteaux de leurs portes  était le signe grâce auquel l’ange exterminateur chargé de frapper tous les premiers nés des Egyptiens les avait épargnés. Donc, quand J.B.dit : Voici l’Agneau de Dieu cela veut dire : voici  le Messie, celui qui a reçu l’onction, qui va  vous guider aujourd’hui et vous faire passer des ténèbres à la pleine lumière du Royaume, comme l’agneau pascal autrefois vous avait fait passer de l’esclavage à la liberté.

Deux des disciples de Jean, entendant cela se mirent à suivre Jésus. Pourquoi ? Qu’est-ce qu’ils faisaient là ces deux disciples ? Ils étaient  venus écouter celui qui se présentait comme le précurseur du Messie et qui prêchait :  Convertissez vous, le Règne de Dieu s’est approché (MT.3,3) Il n’y a plus de temps à perdre, déjà la cognée est à la racine des arbres, tout arbre qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu (Luc 3,9).   Il avait révélé à ses auditeurs qu’il avait vu l’Esprit, tel une colombe descendre du ciel et demeurer sur Jésus . Et il avait ajouté : celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : Celui sur lequel tu verras l’Esprit descendre et demeurer sur lui, c’est lui qui baptisera dans l’Esprit  et moi j’ai vu et j’atteste que c’est lui, le Fils de Dieu. (Jean 1,32,34). Dès lors, les deux disciples n’hésitent plus. Ils décident de suivre Jésus.

Ce dernier en les voyant le suivre leur demande : Que cherchez-vous ? Il sait bien ce qu’ils cherchent mais il veut le leur faire dire. Toujours il insiste pour que nous disions ce que nous attendons de lui, comme pour nous faire exprimer notre confiance en lui.  A l’aveugle qui le supplie Seigneur aie pitié de moi, il demandera : Que veux-tu que je fasse pour toi ? alors qu’il sait très bien  ce que veut cet aveugle :  recouvrer la vue.  Les deux disciples répondent à la question de Jésus par une autre question Rabbi, où demeures-tu ? Ce qui est une manière de dire : Rabbi,: toi qui es un Maître en Israël, nous voulons te suivre, rester avec toi, demeurer auprès de toi, dis nous où tu habites.

Que s’est-il    passé ? Pourquoi André et son compagnon  sont-ils venus écouter Jean Baptiste ? Parce que quelque chose dans la prédication de J.B.correspondait à une certaine attente en eux .Ils ne le savaient pas clairement, mais ils commençaient à ressentir en eux l’appel que le Seigneur leur adressait. Et quand J.B. a désigné Jésus comme le Sauveur, le Messie, ils se sont décidés à le suivre. Ils n’étaient pas les seuls qui soient  venus écouter J.B.. Ils étaient des foules à venir écouter Jean parce qu’ils cherchaient quelque chose. Et ils étaient encore plus nombreux ceux qui ne se sont pas déplacés pour venir écouter Jean Baptiste. Pourquoi certains sont venus écouter Jean tandis que d’autres ne se sont pas dérangés ? André et son compagnon ont ressenti un appel et ils y ont prêté attention. D’autres aussi ont entendu cet appel, mais ils n’y ont pas prêté attention. C’est encore comme ça aujourd’hui. Le Seigneur appelle tout le monde à quelque chose Certains prêtent attention à cet appel, d’autres ne veulent pas être dérangés.  Sommes nous de ceux qui ont prêté attention au Seigneur qui nous  appelle ou sommes nous de ceux  qui ne veulent pas être dérangés ? Et si nous avons prêté attention au Seigneur qui nous a appelés, est-ce que nous continuons à prêter attention aux appels qu’il nous adresse chaque jour ? En plus de lui demander dans nos prières de nous aider à réaliser nos projets ou nos désirs légitimes, comme il nous invite à le faire, Demandez et vous recevrez (Jean16,24)  est-ce que nous avons le courage de lui demander : Toi, Seigneur, que veux tu que je fasse aujourd’hui ? Est-ce que nous osons dire Seigneur qu’aujourd’hui ton nom soit sanctifié dans ma vie, dans ma famille et dans mon entourage,  que ton règne vienne aujourd’hui dans ma vie, dans ma famille et dans mon entourage  que ta volonté soit faite aujourd’hui, dans ma vie  dans ma famille et dans mon entourage ?

Mais l’évangile ne s’arrête pas seulement à nous rapporter la décision d’André et de son compagnon de se mettre à la suite du Christ. Tout heureux d’avoir trouvé le Messie, André communique cette bonne nouvelle à son frère et l’amène  à Jésus. Celui ci l’accueille et lui donne un nouveau nom : Tu es Simon, fils de Jean, tu t’appelleras Kephas, ce qui veut dire pierre. Il y a là trois choses à relever : 1°) d’abord André ne peut pas garder pour lui tout seul sa joie d’avoir trouvé le Messie, il faut qu’il partage cela avec son frère. 2°) Ensuite Jésus donne un nouveau nom à Simon : Tu es Simon, fils de Jean, tu t’appelleras Kephas c’est-à-dire Pierre. Or le  nom dans la Bible,  indique le rôle, la fonction de quelqu’un. En donnant à Simon un nouveau nom et en l’appelant  Pierre Jésus lui donne un nouveau rôle, une nouvelle fonction. Ce Simon qui était pécheur de poisson, Jésus en lui donnant le nom de Pierre en fait la pierre de fondation de l’Eglise. 3°) Mais et c’est là la troisième chose à relever, le Seigneur n’appelle pas Simon directement, il passe par un intermédiaire. C’est  André qui va amener à Jésus celui dont il fera le chef de l’Église. Le Seigneur ne veut pas opérer le salut du monde à lui tout seul. Il veut passer par nous,  nous associer à son œuvre de salut.

Pour nous aujourd’hui cela veut dire que , devant la misère, les conflits,les injustices, les guerres, qui s’étalent partout dans le monde, inutile de  demander à Dieu dans notre prière : Mon Dieu faites que ça cesse et que règnent partout la paix, la justice, la charité, il ne veut pas faire cela tout seul, c’est à nous que le Seigneur demande de transformer le monde, de le convertir. D’un autre côté,  nous les hommes, nous sommes incapables, à nous seuls, de ramener la paix, la justice et la charité dans le monde.  Mais si nous laissons l’Esprit d’amour de Dieu pénétrer en nous, alors le Seigneur ramènera à travers notre collaboration, la paix, la justice, la charité dans notre monde car nous pouvons tout si le Seigneur est avec nous : Je puis tout en celui qui me fortifie (Phil.4,13 ) disait St Paul. Le Seigneur ne nous demande peut-être pas de ramener la paix à Gaza ou en Ukraine ? Mais certainement qu’il attend de nous que nous mettions un peu plus de paix, de justice et de charité, dans notre famille, notre village,notre milieu et nous n’avons aucune excuse pour ne pas nous y mettre, dès maintenant , tout de suite, sérieusement et avec détermination.

Que retenir de tout cela 

Voici l’agneau de Dieu, le Messie envoyé du Père pour sauver le monde est là a dit J.B. à André et à son compagnon. Aujourd’hui l’évangile nous délivre le même message et nous savons  que depuis le premier Noël, le Christ est avec nous. Il nous en a donné l’assurance Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. (Mt.28,20) Il ne veut pas opérer ce salut lui seul, mais il nous demande de nous laisser pénétrer de son Esprit et de son amour pour que, unis à Lui,  nous puissions changer notre monde de conflits et d’injustice en un Royaume de justice, de paix, de charité.Car la grâce nous transforme, elle fait de nous des êtres nouveaux en J.C. en vue des œuvres bonnes qu’il a préparées à l’avance pour que nous les accomplissions. (Ephes.2,10)