homélie

Noël 2025

A Noël nous fêtons la venue du Christ parmi nous. Dieu se fait homme, il nait à Bethléem comme nous venons de l’entendre à la lecture de l’évangile il y a quelques instants, et vient habiter au milieu des hommes.

Jusque là c’est clair. Mais si on commence à creuser et à s’interroger. Pourquoi vient -il ? alors Noël se révèle être un vrai mystère dont on ne perçoit jamais toute la richesse. Pourquoi le Christ vient-il parmi nous ? Souvent on dit qu’il vient pour nous réconcilier avec le Père. C’est vrai. Il y avait un contentieux qui traînait entre le Père et nous depuis longtemps. Nos ancêtres s’étaient laissé avoir. Le démon leur avait fait croire que s’ils se libéraient de l’autorité du Père, ils ne mourraient pas mais ils deviendraient comme des dieux décidant par eux-mêmes du bien et du mal. Ils se sont donc coupés de Dieu. Évidemment se séparer de Dieu, source de vie, ne pouvait avoir que des conséquences catastrophiques. L’égoïsme, l’orgueil, l’envie, la haine ont tout envahi tout de suite. Heureusement Dieu qui est amour n’a pas laissé tomber. Au long des siècles il a envoyé auprès des hommes des sages, des prophètes pour les guider leur promettant qu’un jour il enverrait un Messie pour opérer la réconciliation. C’est l’arrivée de ce Messie Sauveur que nous fêtons aujourd’hui.

Mais pourquoi Dieu a-t-il voulu cette réconciliation et nous réintégrer dans son intimité ? Cela ne lui rapporte rien, il n’a besoin de rien. C’est que dans son amour pour nous, il ne pouvait pas supporter de nous voir déchus, entraînés par le péché dans les violences, les souffrances, les massacres, les ruines qu’entraîne le péché.

Et pourquoi a-t-il envoyé le Fils de Dieu en personne communiquer ce pardon ? Il aurait pu envoyer quelqu’un d’autre, un prophète, proclamer : A partir de maintenant, vous êtes pardonnés. C’est qu’Il ne veut pas se contenter d’un simple pardon qui annulerait le péché et puis tout recommencerait comme avant. Depuis toujours dès avant la création du monde il avait le projet de de faire de nous ses enfants, Il a donc profité de ce pardon qu’il fallait apporter aux hommes pour réaliser son projet d’unir l’humanité à sa divinité. Et Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu comme dit St Irénée. Si bien que le but véritable de l’incarnation n’est pas de proclamer une réconciliation entre le ciel et la terre, comme nous le disons souvent. La réconciliation n’est qu’un effet secondaire de l’incarnation. Le véritable but de la venue du Christ au milieu de nous c’est de greffer la divinité sur l’humanité, ce qui était le projet du Père depuis toujours. Dire que Noël c’est fêter la venue du Christ qui se fait homme au milieu de nous, c’est vrai, mais c’est incomplet. En réalité Noël c’est la célébration de ce mystère où Dieu se fait homme pour que l’homme soit fait Dieu. Au départ, l’homme avait été créé à l’image de Dieu mais il restait comme une certaine distance entre l’homme et Dieu. Dès que Jésus se fait homme, cette distance disparait, puisque Jésus est à la fois vrai Dieu et vrai homme. En se faisant homme, il fait rentrer la divinité dans l’humanité. En Jésus Dieu et l’homme sont un. Désormais à tous ceux qui le reçoivent est donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu dit St Jean. Tous ceux qui reçoivent le baptême reçoivent la vie de Dieu et sont comme recréés, parfaitement unis désormais, à la vie de Dieu, greffés sur Dieu. La prière de l’offertoire à la messe nous faisait dire autrefois : Dieu qui avez créé l’homme d’une manière admirable (en le créant à votre image lors de la création du monde) et qui l’avez restauré d’une manière plus admirable encore (à Noël en unissant en Jésus la divinité et l’humanité), accordez nous d’avoir part à la divinité de celui qui a pris part à notre humanité.

Noël est donc beaucoup plus que la touchante histoire d’un charmant petit poupon, c’est en quelque sorte une seconde et nouvelle création de l’homme.

A Noël le Christ nous apporte le salut et la réconciliation mais il ne faut pas dire que désormais tout reprend comme avant. Non, tout reprend mieux qu’avant. A Noël il y a du nouveau. L’histoire de l’humanité reprend sur de nouvelles bases. Comme st Paul l’écrit aux Ephésiens :Dieu a fait de nous des êtres nouveaux en Jésus Christ, en vue des œuvres bonnes qu’il avait préparées à l’avance pour que nous les accomplissions. (Ephes.2,10) L’apparition du Messie sous l’apparence d’un enfant nouveau-né a déconcerté tout le monde. On attendait le Messie dans le cadre d’une apparition imposante voire terrifiante toute en gloire et puissance. On l’imaginait comme un personnage imposant, quelqu’un comme un grand prophète. Jamais on n’aurait imaginé qu’il arrive sous les traits d’un enfant nouveau-né. C’est bien le même Dieu que celui qui est apparu autrefois à Elie au sommet de l’Horeb. Il y eut un ouragan si fort qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais Yahvé n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais Yahvé n’était pas dans le tremblement de terre ; et après le tremblement de terre, un feu, mais Yahvé n’était pas dans le feu et après le feu, le bruit d’une brise légère et Yahvé était dans la brise légère. (1 Rois 19,12,13) Il est arrivé dans une extrême discrétion. Il a vraiment tout fait pour ne pas nous effrayer. Naître dans une grotte qui servait d’étable, on ne souhaiterait cela à personne. Pourquoi a-t-il voulu cette vie dure qui fut la sienne, de la crèche à la croix ? Il aurait pu s’accorder de meilleures conditions de vie, attendre qu’il y ait l’eau courante, l’électricité, les moyens modernes de communication : l’imprimerie, les voitures, internet, la télévision, les ordinateurs. Cela aurait été précieux pour le lancement de l’évangile !!! Pourquoi un tel abaissement ? Comme ça, il était sûr de ne laisser personne en dessous. Il voulait nous sauver tous, surtout eux qui en avaient le plus besoin. C’est pour ça qu’il frayait avec tout le monde même avec ceux qui n’avaient pas tellement une bonne réputation. Les premiers à être avertis de sa naissance ce sont des bergers, des gens assez mal vus qu’on accusait de voler des poules lorsqu’ils traversaient les villages ave leurs troupeaux. On le retrouve en grande conversation avec une femme qui a eu cinq maris, on lui a reproché d’être toujours fourré avec les pécheurs. C’est qu’il est venu pour chercher et sauver ce qui était perdu. Alors si, ce soir de Noël, devant tant de bonté et tant d’amour, nous nous sentons un peu gênés, parce que sans être des pécheurs abominables, nous sommes quand même assez minables, toujours pas capables de faire le bien que nous aimons et faisant quelquefois le mal que nous n’aimons pas, tant mieux ! C’est pour des gens comme nous que le Seigneur vient. Il vient pour relever ceux qui en ont besoin.

Que retenir de tout cela ?

Noël c’est beaucoup plus que l’histoire touchante du petit Jésus. C’est même beaucoup plus que l’histoire de Dieu qui se fait homme. C’est le mystère de Dieu qui se fait homme pour que l’homme soit fait Dieu. C’est l’histoire d’une mutation et d’un nouveau départ pour les hommes.Pour la première fois en Jésus un homme est à la fois Dieu et homme. Et depuis tous ceux qui l’accueillent sont transformés, renouvelés, greffés sur Dieu.

Aujourd’hui en cette fête de Noël tout pourrait recommencer mieux qu’avant. Voici que le Seigneur vient. Pendant trop de siècles, pendant trop d’années, nous ne l’avons pas reçu ; le résultat n’a pas été brillant. Aujourd’hui ne laissons plus passer notre chance. Seigneur viens ! Il n’y a pas d’autre nom en qui nous puissions être sauvés. Vienne ton règne dans nos cœurs ! Vienne ton règne sur notre terre.

Dimanche 21 Décembre 2025

Isaïe 7,12-16) (Rom.1,1-7) (Mt.1, 18-25)

Marie avait été accordée en mariage à Joseph. A cette époque, souvent, les jeunes époux étant encore adolescents, un certain temps s’écoulait entre l’engagement matrimonial et la venue de l’épouse sous le toit de son mari. C’est dans ce laps de temps que Marie se trouva enceinte. Joseph ne manifesta ni reproches ni colère, il décida de renvoyer Marie secrètement, même si, selon la Loi, les répudiations devaient être publiques. Mais voici que l’Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit de prendre Marie pour épouse, que l’enfant qu’elle porte vient de l’Esprit Saint et qu’il sera le Sauveur. Dans la Bible, les songes sont un des moyens utilisés par Dieu pour faire connaître ses desseins aux hommes. Dans l’Ancien testament, Abraham, David, Daniel, entre autres, en ont bénéficié. Dans le Nouveau Testament St Paul a fait l’objet de plusieurs visions nocturnes qui l’ont guidé et réconforté dans son apostolat. Mais le songe de Joseph est tout-à-fait à part. D’abord ce n’est pas un ange mais Dieu lui-même qui intervient. En effet dans le langage biblique, l’expression « l’Ange du Seigneur » est une périphrase employée pour désigner Dieu, dont par respect et par crainte on ne veut pas prononcer le nom. Ensuite l’objet de ce songe n’est pas de révéler tel ou tel dessein de Dieu plus ou moins important, mais d’annoncer l’arrivée imminente du Messie. D’autre part il est demandé à Joseph de donner son nom à l’enfant. Or chez les Juifs le nom n’est pas simplement un terme qui désigne quelqu’un, il exprime l’activité ou la destinée de celui qui le porte. Et le nom dont il est demandé à Joseph d’appeler l’enfant qui va naître c’est Jésus, c’est-à-dire : Sauveur. Et puis enfin chez les Juifs, celui qui donne son nom à un enfant c’est celui qui a autorité sur lui. Joseph a donc un pouvoir et une autorité toute spéciale sur l’enfant. C’est lui qui doit le faire entrer dans la société, dans la descendance de David. Avec Marie, c’est lui qui doit former et éduquer l’enfant. Ce songe n’apporte donc pas une information insignifiante, il s’agit d’une véritable annonciation. D’ailleurs on le qualifie souvent « d’Annonciation à Joseph ». Ce qui est impressionnant dans cette page d’évangile c’est la façon dont Joseph reçoit le message qui lui est adressé. Il ne pose pas de questions, ne demande pas d’explications, il n’hésite pas une seconde. Quand il se réveilla, il fit ce que l’ange lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse. Pour Joseph, il est bien entendu que le Seigneur veille sur chacun, qu’il n’est jamais loin, qu’il a de projets pour chacun. Il trouve donc normal qu’il intervienne dans sa vie pour lui confier la mission d’introduire le Messie dans le monde, et d’assurer avec Marie son éducation et sa formation. Quelle foi extraordinaire que celle de Joseph ! Lorsqu’un ange est apparu à Zacharie pour lui annoncer que sa femme, bien que très âgée, mettrait au monde un enfant, il ne l’a pas cru. Joseph lui, a cru des choses bien plus extraordinaires : que l’enfant qui allait naître était l’œuvre de l’Esprit Saint, que lui, simple charpentier de village était appelé à être le père légal du Messie. Comment aurions-nous réagi à sa place ? J’ai bien peur que souvent, nous n’osons pas croire que le Seigneur s’intéresse à nous personnellement au point de nous confier une tâche, une mission. Lorsqu’un appel du Seigneur nous atteint, par fausse humilité et aussi en raison de notre manque de foi, spontanément, persuadés que Dieu ne peut pas s’intéresser à quelqu’un d’ordinaire comme nous, nous écartons cette pensée, la prenant pour une idée sans queue ni tête, qui nous passe par la tête, une idée imaginaire, sans aucun fondement dans la réalité. Je suis persuadé que c’est là une des causes principales de la crise des vocations. Pourquoi le nombre des prêtres se raréfie, ? Bien sûr, ce n’est pas parce que Dieu n’appelle plus, je ne crois pas non plus parce que ceux qui sont appelés refusent de répondre à l’appel qui leur est adressé, mais tout simplement parce qu’ils n’entendent pas cet appel, parce qu’ ils ne le reconnaissent pas comme appel, parce qu’ils prennent cet appel pour une idée imaginaire qui leur passe par la tête, sans aucun fondement réel. Ce qui est curieux c’est que si une idée survient en nous de faire quelque chose de mal, sans trop de difficultés, nous savons reconnaître : c’est le démon qui me tente, il essaie de m’avoir. Tandis que si une idée de faire quelque chose de bien surgit en nous nous ne pensons pas une seconde que cette suggestion puisse venir de Dieu, nous croyons que cela vient de nous, que c’est une idée comme d’autres qui nous passe par la tête. Mais si Dieu nous parle, comment repérer sa parole ? Quand Dieu nous parle, il nous touche au cœur. De deux manières. Parfois en nous faisant des reproches quand nous avons mal fait. Comme on n’ose pas croire que c’est le Seigneur qui intervient, on appelle cela la voix de la conscience. En réalité, c’est Dieu qui intervient. Parfois aussi, il nous parle en nous attirant à lui. Si quelque chose nous touche, nous rapproche de Dieu, nous fait comprendre quelque chose sur lui, que ce soit en priant, en lisant l’évangile, en écoutant une homélie, en voyant quelque chose dans la rue, en causant avec quelqu’un, en regardant la télévision, en lisant le journal, attention ! il est en train de nous dire quelque chose. C’est quand même invraisemblable, lorsqu’une tentation nous fait pencher vers le mal, nous savons reconnaître : le démon est là, il essaie de m’avoir ! Mais quand quelque chose fait pencher notre cœur vers le bien, nous ne sommes pas fichus de reconnaître : le Seigneur est là. Il ne faudrait pas que le Seigneur dise de nous aujourd’hui ce qu’il disait de ses compatriotes et que nous rapporte St Mt. : Le coeur de ce peuple s’est endurci, ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux pour ne pas voir de leurs yeux, ne pas entendre de leurs oreilles, ne pas comprendre avec leur cœur. (Mt.13,14,15)Que retenir de tout cela ?Joseph n’a pas dit en se réveillant : Tiens, j’ai fait un drôle de rêve cette nuit ! Il a cru tout de suite que ce rêve était une communication divine, quand il se réveilla, il fit tout de suite ce que l’ange lui avait commandé. Exactement comme N.D. qui répond tout de suite à l’ange je suis la servante du Seigneur que tout s’accomplisse pour moi selon ta parole. Ces deux-là étaient faits pour s’entendre !!! En voyant comment dans l’Evangile le Seigneur appelle des gens ordinaires Joseph, un charpentier de village, Marie, une petite jeune fille de la campagne, les apôtres, des pêcheurs sans instruction, cessons de penser : le Seigneur ne peut pas s’intéresser à des gens ordinaires comme moi. Le Seigneur ne laisse personne de côté. Il a des projets pour chacun de nous. Les vocations ce ne sont pas des appels extraordinaires réservés à quelques uns. Par conséquent tous nous devons avoir le souci de chercher ce qu’il attend de nous Tous les jours, il communique avec nous. Lorsque nous avons fait quelque chose de mal, ce n’est pas la voix de je ne sais quelle conscience qui nous fait de reproches, c’est le Seigneur. Et lorsque quelque chose nous touche, nous fait comprendre quelque chose de lui, nous attire vers lui et vers le bien, ce n’est pas une idée en l’air sans fondement dans la réalité qui nous passe par la tête, c’est encore le Seigneur lui-même qui, discrètement, nous attire. Il ne faudrait pas que le Seigneur ait à nous reprocher, aujourd’hui encore : Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? (Jean 8,43)

Dimanche  14  Décembre 2025 3e dimanche de l’Avent.

(Isaïe 35,1-6a)  (Jacques 5,7-10)  (Mt.11,2_11)

Jean Baptiste ne doutait pas que Jésus soit le Messie. Lorsque ce dernier était venu recevoir le baptême, J.B. avait vu l’Esprit Saint descendre sur lui sous l’apparence d’une colombe et il avait entendu une voix venant du ciel proclamer : Celui-ci est mon Fils bien-aimé (Mt.3,17) et puis l’enseignement de Jésus et ses miracles l’impressionnaient profondément. Mais ses disciples eux, se posaient des questions.

C’est que Jésus était déconcertant. C’était quelqu’un comme tout le monde. Or justement, tous les croyants pensaient que le Messie devait être quelqu’un de différent, d’imposant, quelque chose comme un grand prêtre ou au moins comme un scribe savant versé dans les Ecritures. Or qui voit-il arriver ? Son cousin, charpentier à Nazareth. J.B. annonçait un Messie qui viendrait en juge sévère châtier les pécheurs. Il prêchait avec violence et colère : Engeance de vipères, repentez-vous tandis que Jésus lui, c’était : Laissez venir à moi les petits enfants (Luc 18,16) et puis il y avait l’anticléricalisme véhément de Jésus qui n’arrêtait pas de s’en prendre aux prêtres, scribes, docteurs de la Loi, lévites, et aux bien pensants : pharisiens et saducéens. Alors J.B. ne doutait pas, mais il était quand même perplexe à certains moments. Il est donc bien content d’envoyer ses disciples demander à Jésus de régler la question une fois pour toutes : Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ?

Face aux questions des envoyés de J.B., Jésus les renvoie à leur propre jugement : regardez ce qui se passe : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent et les pauvres entendent la Bonne Nouvelle. Or ce sont là les termes employés par le prophète Isaïe pour décrire  les œuvres qu’accomplira le Messie lorsqu’il viendra. (Isaïe 26,19—29,18—35,5,6—61,1) Jésus ne se contente pas de répondre simplement : Oui, je suis celui que vous attendez, mais il  renchérit  : d’ailleurs je suis tel que les prophètes l’ont annoncé.

Aujourd’hui, nous aussi, comme les disciples de J.B. autrefois, nous avons des raisons de douter et de nous demander comme eux : est-ce bien lui le Messie Sauveur ou devons-nous en attendre un autre ? Après vingt siècles de christianisme où en sommes-nous ? Le monde n’a pas l’air tellement sauvé…Scandales de mœurs dans l’Eglise… Et la société, ce n’est pas mieux. Selon des enquêtes sérieuses, en France,  plus de 80% des crimes de pédophilie seraient commis au sein des familles. D’un bout à l’autre du monde, partout des injustices, des guerres, des persécutions ethniques ou religieuses et des inégalités scandaleuses. Certains osent s’inquiéter d’une possible pénurie de foie gras pour leur réveillon tandis que le Secours Catholique, le Secours Populaire et les banques alimentaires voient se multiplier le nombre de nécessiteux à leurs portes. On en vient à se demander à qui va-t-on pouvoir encore souhaiter un joyeux Noël ?

                                    Mais si après vingt siècles de christianisme, on en est encore là, est-ce parce que le Christ n’est pas le sauveur et qu’il n’a rien sauvé du tout, ou est-ce que c’est nous qui mettons obstacle au salut ? Le Christ a réellement apporté un salut. Par sa mort et sa résurrection il a vaincu le mal, le péché et la mort. Mais c’est nous aujourd’hui qui bloquons le salut que le Christ veut continuer d’apporter. Alors qu’il nous confie la tâche de poursuivre son œuvre de salut en faisant régner partout où nous sommes la loi d’amour et de charité, bien souvent nous nous détournons de lui, nous prétendons aller chercher ailleurs salut et bonheur, dans la raison, le progrès, la science, la technique ou dans n’importe quelle idéologie douteuse, quand ce n’est pas dans l’alcool, la drogue ou la violence.Comme le fait remarquer un historien :Les pires régimes de l’histoire moderne ont été  ceux qui ont le plus clairement renié la vision chrétienne de la réalité et cherché à la remplacer par autre chose (Hart Atheist Delusions p.107) Il y a plus de 2.000ans le Seigneur le déplorait déjà : Ils m’ont abandonné moi la source d’eau vive pour des citernes lézardées qui ne retiennent pas l’eau. (Jer.2,13) On est tenté de dire que les choses n’ont pas changé.

Mais ce serait malhonnête de ne pas reconnaître que malgré tout, le christianisme a fait bouger les choses dans le monde, aussi bien au sommet, au niveau des gouvernements et des grandes instances internationales qu’à la base, dans la vie quotidienne d’un chacun. La législation des droits de l’homme au niveau international, le droit du travail, les régimes gouvernementaux d’aide sociale, les innombrables associations d’entraide officielles ou privées, religieuses ou laïques en faveur des personnes ou des pays les plus défavorisés, des migrants, des réfugiés des enfants ou des personne âgées sont incontestablement des conquêtes de l’esprit chrétien. On n’admet plus aujourd’hui d’abuser des enfants, de laisser sans soins des malades,  d’abandonner à leur solitude des personnes âgées. C’est un fait. Mais c’est un fait aussi que dans la réalité, nous sommes encore très loin de mettre parfaitement en pratique les idéaux que nous professons et notre monde n’est pas encore le Royaume de paix, de justice et de charité que le Seigneur nous demande de construire.

Alors ? Je ne vais pas sauver le monde à moi tout seul. Ce n’est pas moi qui vais guérir les aveugles, les sourds et les boiteux du monde entier. Mais je peux m’attaquer à ce qui est aveugle sourd et boiteux en moi et autour de moi. Et peut-être arriverai-je à améliorer un peu la situation, parce que le Seigneur vient qui veut apporter du salut à travers moi. Lui, dont la puissance agissant ennous, peut faire bien plus, infiniment plus que tout ce que nous pouvons désirer ou imaginer comme dit St Paul (Ephes.3,20) C’est pourquoi il est si urgent pour chacun de mieux accueillir le Seigneur aujourd’hui, de façon à apporter un peu plus de paix de justice et de charité  autour de lui.

Que retenir de tout cela ?

Devant tout ce qui va mal dans le monde, nous pouvons être tentés de questionner comme les disciples de Jean :Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en  attendre un autre ? d’autant plus que notre manque de lucidité nous empêche de reconnaître ce que le Christ et son Evangile ont déjà apporté au monde. Si, après vingt siècles de christianisme, le monde est encore dans le triste état que nous constatons, c’est bien parce que le Christ est venu chez les siens  et que les siens ne l’ont pas reçu. Aujourd’hui, il continue de venir. Allons nous continuer de ne pas le recevoir ? le voici qui vient et nous appelle à continuer son œuvre de salut. Au lieu de perdre notre temps à pleurer hypocritement des larmes de crocodile sur les malheurs du temps, ouvrons tout grand notre cœur pour accueillir celui dont la puissance agissant en nous peut nous rendre capables de déboucher ce qui est sourd et aveugle en nous et autour de nous, et de décoincer ce qui en nous et autour de nous est aveugle et boiteux. Alors Noël 2025 sera le bon et joyeux Noël que tous, nous espérons.

2e dimanche de l’Avent 7 décembre 2025

(Isaïe 11,1-10)   (Rom.15,4-9)  (Mt.3,1-12)

Tout le monde attendait le Messie. Deux ou trois faux messies étaient déjà apparus, mais leur supercherie avait été rapidement dévoilée. Jean Baptiste surgit, il annonce l’imminence de la venue du Messie. Lui faisait sérieux. Son apparence et son comportement étaient ceux d’un vrai prophète :  Il portait un vêtement de poils de chameau et une ceinture autour des reins, ce qui était la tenue habituelle des prophètes, et comme eux, il se nourrissait de miel sauvage et de sauterelles. Et puis, lui ne prétendait pas être le Messie. Aux prêtres et aux lévites venus lui demander : Qui es-tu ? il  répondit clairement Je ne suis pas le Christ, expliquant avec simplicité et humilité : Je suis celui qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, ….celui qui vient après moi et plus fort que moi, est plus fort que moi, je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Et surtout sa franchise et la vigueur de son enseignement plaisaient à ses auditeurs. Il osait attaquer de front les Pharisiens et les Saducéens qui se prenaient pour des modèles et méprisaient les autres Bande de vipères, repentez-vous…Déjà la cognée est à la racine des arbres ; tout arbre qui ne porte pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. Heureux d’entendre J.B. remettre durement en place ceux qui d’ordinaire les méprisaient, ils étaient d’autant mieux disposés à son égard et accueillaient volontiers son message de conversion même s’il était exigeant et sévère.

Son message était clair : Convertissez-vous et même menaçant : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. En d’autres termes : il faut que ça change !

Le changement, c’est exactement ce que demande la conversion.  Ce terme de conversion vient du grec métanoïa qui signifie très exactement changement de mentalité et retour vers Dieu. Se convertir, c’est ordonner sa vie selon Dieu. Pour cela il  faut commencer par faire pénitence, c’est-à-dire lutter contre le péché jusqu’à le vaincre si possible, (cela est à notre portée,) mais le but de celui qui se convertit c’est plus que de vaincre le péché, plus que de faire pénitence, c’est de changer de conduite pour rejoindre Dieu. Or rejoindre Dieu n’est pas à notre portée, par nous-mêmes tout seuls nous ne pouvons pas rejoindre Dieu ; il faut que lui s’approche de nous, et c’est ce qu’il fait. Par conséquent la conversion, c’est un changement de conduite, fruit d’un effort de l’homme pour lutter contre le péché auquel  se joint l’action de la grâce qui lui permet de rejoindre Dieu et de vivre désormais en communion avec lui.

Pourquoi J.B. demande-t-il à ses auditeurs et surtout aux pharisiens et aux saducéens de se convertir ? Surtout parce qu’ils sont d’un orgueil insupportable. Alors que devant Dieu, nous sommes tous pécheurs, ils croient que leur observance pointilleuse  de la Loi  fait d’eux des justes.  Dieu, ils croient pouvoir traiter avec lui d’égal à égal ou presque. Ils pensent que Dieu leur doit quelque chose en retour de leurs pratiques et ceux qui ne pensent pas comme eux, ils les méprisent, se jugeant bien supérieurs. Voilà pourquoi J.B. et Jésus sont si sévères avec eux et leur demandent de se convertir.

Et pour cel a, il les invite à faire le geste de se plonger dans l’eau du Jourdain, exprimant par là symboliquement leur désir d’être purifiés de leurs fautes. C’est ce qu’on appelle le baptême de Jean qui n’a rien à voir avec le sacrement de baptême qui nous communique la vie de Dieu. A l’époque de J.B. les sacrements n’existaient pas encore. Le baptême de Jean est une simple démarche de pénitence en vue d’obtenir le pardon des péchés. Et J.B. explique clairement moi, je vous baptise dans l’ eau en vue de la conversion. Celui qui vient après moi, le Messie, vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Ce baptême là sera à l’origine du sacrement de baptême qui est un engagement en vue d’être fait enfant de Dieu.

Pour nous aujourd’hui, quel est le message de cet évangile ? Le même que celui que Jean adresse à ses auditeurs : Convertissez vous, car le Royaume de Dieu est tout proche. Concrètement quelle conversion faire ? Il y a toujours en nous une l’une ou l’autre mauvaise habitude,  de la colère ou de l’impatience dont il faudrait se séparer etc. mais peut-être avons-nous tous à faire une conversion plus profonde, plus fondamentale, concernant ce qui nous empêche d’accueillir le Seigneur et d’avancer au long des jours avec lui ? Il me semble que souvent, note vie est divisée en deux : d’un côté notre travail et nos diverses occupations, où nous essayons de nous débrouiller intelligemment, honnêtement, sans faire de tort à personne, mais là   on n’a pas le temps de penser à Dieu  on est éloigné voire même coupé de lui,  et puis d’un autre côté un  peu de prière de temps en temps et la messe du dimanche 

Mais pourquoi faire comme si le travail et nos activités de toutes sortes étaient nécessairement une agitation profane qui nous éloigne ou nous coupe de Dieu ? C’est vrai qu’ils peuvent nous séparer de Dieu, notamment quand nous nous laissons abrutir par le rythme frénétique du monde moderne. Mais normalement le travail et nos occupations de toute sortes sont une manière différente de la prière mais tout aussi vraie de nous unir à Dieu. Lorsque je suis occupé à la gestion de mon foyer, à la préparation d’un repas, lorsque je suis au bureau ou au volant de ma voiture, le travail que je fais n’est pas une agitation profane qui me couperait de Dieu, je suis en train de remplir  une tâche que Dieu m’a confiée, de répondre à la vocation à laquelle il m’a appelé en me confiant la responsabilité d’une famille. Loin de nous éloigner ou de nous couper de Dieu, le travail et les occupations de toutes sortes qui remplissent nos journées sont un moyen, autre que la prière, mais tout aussi authentique de nous maintenir en communion avec le Seigneur. Tant que nous n’aurons pas compris cela nous resterons des chrétiens maladroits dont le Dieu n’est qu’un Dieu genre roue-de-secours, auquel on ne fait appel qu’en cas de crevaison. Il s’agit de nous convertir et de passer à un Dieu genre GPS  qui guide et inspire l’ensemble de notre vie et qu’on ne perd pas de vue un seul instant jusqu’à ce qu’on soit arrivé à destination.

Que retenir de tout cela ?

Le message que nous donne l’évangile d’aujourd’hui est clair : Convertissez vous ! se convertir du grec métanoein c’est changer sa manière de vivre et revenir vers Dieu. Pour nous, en ce temps de préparation à Noël, nous convertir c’est cha nger tout ce qui nous empêche d’accueillir le Seigneur et de marcher avec lui au long de chacune de nos journées . Outre telle ou telle conversion secondaire, portant sur un défaut personnel que chacun doit choisir de faire, il y a un changement beaucoup plus important que tous nous devons faire, c’est de ne pas couper notre vie en deux avec d’un côté notre travail et nos diverses occupations  qui seraient de l’ordre du profane, coupé de Dieu, et puis de l’autre côté quelques prières et la messe du dimanche. Car c’est dans notre  travail et nos occupations quotidiennes que s’accomplit la volonté de Dieu,  c’est là que se réalise la vocation à laquelle chacun est appelé. C’est là un moyen, autre que la prière mais tout aussi authentique, de nous  mettre en communion avec Dieu. Si notre Dieu est encore un  Dieu roue de secours qui n’intervient qu’en cas de crevaison, il est temps de passer à un Dieu GPS qui guide et inspire toute notre vie qu’on ne perd jamais de vue tant qu’on n’est pas arrivé au bout.

1er  Dimanche  de  l’Avent  30 Novembre  2025

(Isaïe 2,1-5)  (Rom.13,11-14a)  (Mt.24, 37-44)

Nous entrons aujourd’hui dans le temps de l’Avent, qui précède la fête de Noël Les textes liturgiques des quatre dimanches de l’Avent nous invitent à nous préparer à l’avènement du Seigneur. Mais on ne voit pas très bien de quel avènement il s’agit. De l’avènement  du Seigneur à la fin des temps ? de son avènement à Noël ? ou encore de son avènement  parmi nous chaque jour , puisqu’il nous a bien dit : je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. (Mt.28,20)

 Aujourd’hui la première lecture et surtout  l’évangile nous parlent plutôt de l’avènement du Seigneur à la fin des temps. Le Christ nous recommande vivement d’être prêts pour cette venue  car c’est à l’heure où vous n’y pensez pas que le Fils de l’homme viendra.  Mais très probablement, cette venue là, ce n’est pas pour tout de suite. Aussi, je vous propose de la laisser de côté, pour  nous concentrer sur la venue du Seigneur à Noël et sur sa présence chaque jour au milieu de nous.

Comment nous préparer à Noël ? Presque toujours on dit que Noël, c’est la célébration de la venue parmi nous de Dieu qui se fait homme. C’est vrai, mais c’est incomplet. Il ne faut pas laisser de côté la conséquence très importante de cette venue : A ceux qui l’ont reçu… il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu nous dit St Jean (Jean1,12). Il est donc plus exact de parler de Noël comme St  Irénée qui disait : à Noël, Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu  A Bethléem, ce jour-là, dans l’extrême discrétion de la naissance d’un petit enfant dans une grotte, à l’écart du village, c’est un énorme rebondissement qui s’est produit dans l’histoire de l’humanité. Jusque-là, l’homme, créé à l’image de Dieu, était encore comme en face de lui. Il y avait une certaine distance entre l’homme et Dieu. Désormais Dieu entre dans l’humanité.  En  Jésus vrai Dieu et vrai homme, il n’y a plus de distance entre lui et les hommes,  et ceux qui reçoivent le baptême, vivent désormais de la vie même de Dieu. Comme nous le disions il y a quelques années encore, à l’offertoire de la messe : Dieu qui avez créé l’homme d’unemanière admirable (en le créant à votre image au début du monde) vous l’avez restauré d’une manière plus admirable encore (en l’unissant à votre divinité par votre incarnation à Noël). Aujourd’hui, à l’offertoire nous disons plus clairement encore : Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions nos être unis à la divinité de celui qui a voulu prendre part à notre humanité.

Mais à Noël, il s’est produit un énorme scandale : il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. (Jean 1,10), ils ne l’ont pas reconnu. Seuls quelques bergers l’ont accueilli, des gens assez mal vus d’ailleurs, on les accusait de profiter de leurs déplacements pour voler des poules dans les villages qu’ils traversaient. Nous aimerions que cette année, cela se passe mieux. Mais les choses en se présentent pas tellement bien. On parle énormément de Noël, des vacances de Noël, des fêtes de Noël, du réveillon de Noël, des cadeaux de Noël, mais pas tellement de la venue du Sauveur. On peut voir partout des représentations du Père Noël, mais on ne voit guère de représentations de la crèche de Noël. Le Seigneur est le grand absent de cette fête de Noël devenue une fête profane, pour ne pas dire profanée.

que devions-nous faire aujourd’hui pour   accueillir le Seigneur afin qu’il rentre vraiment dans nos cœurs comme dans  nos familles ? Ainsi que l’évangile d’aujourd’hui nous y invite, tâchons d’être plus attentifs à sa venue au milieu de nous chaque jour. Pourquoi attendre le 25 Décembre pour chercher la présence du Seigneur ? Le jour où il est remonté vers le Père il en a assuré ses apôtres : Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. (Mt.28,20) Comment est-il présent parmi nous chaque jour ? Certes nous ne le voyons pas de nos yeux, mais son Esprit est là qui nous guide vers la vérité tout entière (Jean 14,16). C’est lui qui nous fait comprendre l’évangile quand nous le lisons, quand nous prions, quand quelque chose nous touche en écoutant une homélie. C’est lui qui nous montre la présence du Créateur à travers la nature qui nous entoure, la pluie qui arrose notre terre, le soleil qui nous éclaire, C’est lui qui nous fait comprendre que les prodiges réalisés par les sciences et les techniques des hommes sont des reflets de  l’intelligence que Dieu leur a donnée ! Et surtout l’Esprit Saint nous fait voir la présence de Dieu à travers le bien qui se fait dans le monde, quels que soient le mal et le péché qui le salissent, car il n’y a qu’une source de bien dans le monde, c’est Dieu. Chaque fois que quelqu’un quelque part dans le monde dit ou fait quelque chose de bien, le Seigneur est là qui agit. A l’approche de Noël, plus que jamais, soyons attentifs à le voir,  à le remercier de sa présence et de son action au milieu de nous. La présence réelle, elle n’est pas seulement dans le tabernacle fermé à clef ! Elle est aussi dans toute action bonne qui se fait dans le monde. Il y a 2.000 ans il est venu parmi les siens et les siens ne l’ont pas reconnu. Pourvu que ce ne soit pas la même chose aujourd’hui…. Qui d’entre nous sait le nombre d’associations style secours Catholique, restos du cœur, accueil des migrants qui existent qui existent autour de nous ? Qui d’entre nous pense quelquefois à faire une litanie d’action de grâce pour le dévouement des personnels soignants dans les hôpitaux, les cliniques, les maisons de retraite ? Qui d’entre nous pense quelquefois à louer Dieu pour toute la délicatesse et l’amour qui se vivent chaque jour dans les familles ? Serions-nous encore ce peuple, Jésus en parlait avec tristesse dont le cœur s’est endurci, ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux pour ne pas voir de leurs yeux, entendre de leurs oreilles, ne pas comprendre avec leur cœur. (Mt.13,15)

Que retenir de tout cela ?

Que pouvons nous faire pour mieux préparer la venue du Seigneur à Noël ? Peut-être tout simplement nous efforcer de mieux repérer son passage chaque jour dans nos vies, chaque fois qu’il nous fait dire ou faire quelque chose de bien. Ne soyons pas de ceux dont l’Ecriture dit avec tristesse : Ils ont des yeux mais ne voient pas. (Ez.12,2), mais demandons à Notre Dame de nous aider à bien voir et à bien accueillir son fils présent au milieu de nous. Si vous voulez, reprenons ensemble le refrain de ce beau chant à Notre Dame 

« Chercher avec toi, dans nos vies, les pas de Dieu, Vierge Marie

Par toi, accueillir en nos vies le don de Dieu, Vierge Marie »

Dimanche  23  Novembre2025

(2 Sam.5,1-3)  (Col.1,12-20)  (Luc 23,35-43)

Christ- Roi

Pourquoi donner au Christ ce titre de Roi ? Quand les gens ont voulu le faire roi après la multiplication des pains, il n’a pas aimé cela du tout. Très mécontent, il les a renvoyés chez eux. Sa vie, de la crèche à la croix, n’a rien de somptueux ni de royal. Il n’a ni armées, ni richesses, ni palais, comme les rois de la terre. Et si on veut à tout prix le célébrer comme Roi, pourquoi choisir comme évangile de cette fête une page où, supplicié sur la croix, il est méprisé et moqué par la foule rassemblée au Golgotha ? Pourtant ce titre de Roi, il le mérite, en tant que Créateur et en tant que Rédempteur, comme St Paul le laisse entendre dans la 2° lecture.

En tant que Créateur, bien sûr, puisque c’est en lui que tout a été créé dans le ciel et sur la terre…Il est avant toute chose et toute chose subsiste en lui. Tout subsiste en lui, cela veut dire que ce qui existe aujourd’hui, c’est lui qui le maintient dans l’existence. Il n’a pas créé l’univers, il y a un certain nombre de millions d’années et depuis, il aurait pris sa retraite ! Non, le Christ Roi est un roi en exercice, il continue de créer, jour après jour, tout ce qui est. La vie dont nous jouissons en ce moment, c’est lui qui la crée, non seulement notre vie physique, mais aussi notre vie de communion avec lui, avec son Esprit présent en nous depuis notre baptême et notre confirmation.

Et puis le Christ mérite encore le titre de Roi en tant que Rédempteur. L’humanité qui était séparée de lui par le péché, il l’a reconquise en offrant sa vie pour nous à travers le sacrifice de la croix, où la toute puissance de son amour a vaincu toute la puissance du mal et du péché, opérant la réconciliation avec le Père. Souvent nous pensons que la passion et la mort du Christ sur la croix sont des défaites du Christ et qu’il faut attendre sa résurrection au matin de Pâques pour voir son triomphe. C’est faux. Son triomphe éclate déjà dans sa passion et sa mort sur la croix, puisque là, déjà, la toute puissance de son amour l’emporte sur toute la puissance du mal déchaînée contre lui. Alors qu’on est en train de le tuer, il prie pour ses bourreaux : « Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34). Autrement dit : vous pouvez me tuer si vous voulez, moi, je vous aime encore.  C’est là que son amour tout puissant se montre plus puissant que la toute puissance du mal, du péché et de la mort. Rien ne peut venir à bout de son amour. Son titre de Roi, il l’a donc conquis en mourant sur la croix puisque c’est bien là, à ce moment-là, que se manifeste la toute puissance de son amour qui l’emporte sur toute la puissance du mal, du péché et de la mort.

Ce n’est donc pas étonnant et cela n’a rien de choquant que l’évangile choisi pour la célébration de la fête du Christ-Roi nous montre le Christ mourant sur la croix puisque c’est là que se révèle le triomphe royal de son amour sur toutes les forces du mal, du péché et de la mort.

La royauté du Christ n’a rien de commun avec les royautés de la terre. Elle est d’un autre ordre. Elle n’a pas besoin de palais splendides, de richesses somptueuses, de l’entourage spectaculaire d’une cour brillante, de la puissance écrasante d’armées redoutables ou d’un pouvoir politique dominateur. Tout cela apparait comme du folklore, de la pacotille à côté de la royauté du Christ reposant sur la toute puissance d’un amour qui l’emporte sur toute la puissance du mal, du péché et de la mort.

Mais le Christ-Roi, nous ne pouvons pas nous contenter de l’admirer à distance. Il  se trouve que nous participons à  sa royauté depuis notre baptême, comme le souligne le célébrant au cours de la cérémonie : Vous êtes maintenant membres du Christ, vous participez à sa dignité de prêtre, de prophète et de roi. Or comment se manifeste la royauté du Christ ? Dans le service des autres dans l’amour. Participer à la royauté du Christ, c’est donc, comme lui, se consacrer au service des autres par amour. Peut-être pas à travers des gestes spectaculaires, mais dans l’ordinaire d’une foule de gestes quotidiens qui ont de la valeur aux yeux de Dieu, ce que généralement nous ne soupçonnons pas. Regardez, dans la parabole du jugement dernier, qu’est-ce qui a valu aux justes d’être comptés parmi les élus ? Venez à moi, les bénis de mon Père, dit le Seigneur, recevez en partage le Royaume qui vous a été préparé , parce que…parce que vous avez fait des choses extraordinaires ? Non. Parce que vous êtes allés à la messe le dimanche et fait un tas de prières ? Même pas ! Mais parce que j’ai eu faim, vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif, vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, malade et vous m’avez visité. Et les justes diront : Seigneur quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te donner à boire …(Mt.2534…) Ils ne se seront pas rendu compte que ce qu’ils ont fait pour n’importe qui, un enfant, un conjoint, un ami, un inconnu, c’est comme s’ils l’avaient fait pour le Christ en personne, car ce que vous aurez fait pour l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous l’aurez fait. (Mt.25,40)

Pour nous aujourd’hui, cela veut dire que lorsqu’une maman prépare le repas des siens, lorsqu’un instituteur apprend à lire à ses élèves, lorsqu’un médecin soigne un malade, lorsque les employés municipaux vident les poubelles, lorsqu’un boulanger prépare le pain pour les habitants du quartier, il y a du service des autres là-dedans et un peu d’amour et cela a du prix aux yeux de Dieu. Par là nous sommes unis au Christ Roi qui se donne au service des autres par amour. Mais nous avons du mal à le croire. Nous sommes persuadés que nos tâches  quotidiennes sont des choses banales matérielles, sans valeur aux yeux de Dieu. C’est d’ailleurs pourquoi on ne voit jamais une image ou une statue de Notre Dame en train de faire la cuisine ou le ménage. Comme si tenir son foyer ne faisait pas partie des tâches que le Seigneur lui avait confiées. Cette fête du Christ Roi nous invite à ouvrir les yeux pour voir l’amour et se service des autres qu’il y a dans nos tâches familiales ou professionnelles et à prendre conscience que par là nous sommes unis au Christ Roi dont la royauté s’exerce dans le service des autres  par amour.

Que retenir de tout cela ?

Pourquoi donner au Christ le titre de Roi ? Parce que il est  le Créateur de l’univers. Et parce que en tant que Rédempteur, son amour tout puissant  a triomphé de toutes les puissances du mal, du péché et de la mort. Sa  royauté n’a rien à voir avec celle des rois de ce monde qui se manifeste par des richesses ou le pouvoir politique ou militaire. Le Christ est un roi très spécial. Son sceptre, c’est la croix et sa politique, le lavement de pieds. La royauté du Christ se manifeste dans le don de soi pour ceux qu’il aime. C’est  dans  le don de soi qu’il y a dans tout ce que nous faisons pour le service des autres à  travers le quotidien de nos tâches familiales et professionnelles, que se manifeste notre participation à la Royauté du Christ même si, pareils aux justes  de l’évangile admis dans le Royaume, nous ne nous  rendons pas compte. Saint Exupery parlant de quelques dames âgées qui brodaient des chasubles d’or pour leur Dieu écrivait : Elles allaient, ne le sachant pas,  les mains  pleines d’étoiles. Eh bien,  quand vous êtes au travail tous les jours, dans un bureau ou un magasin, sur un chantier ou au volant de votre voiture, quand vous faites le ménage ou préparez le dîner, je crois, moi, que vous allez, ne le sachant pas les mains pleines d’étoiles. Et je suis fierd’offrir tout cela au Seigneur dans cette messe ,  en même temps que le sacrifice du Christ.                                                   

9  Novembre  2025

(Ez 47,1-2.8-9.12)  (1 Co 3,9c-11.16-17(Jean 2,13-22)

La colère est un péché, c’est même un des 7 péchés capitaux. Or l’évangile d’aujourd’hui nous montre Jésus se mettant violement en colère. Pourtant le Christ est sans péché. Alors ?

Commençons par regarder la scène. Cela se passe au Temple. Le Temple, ce n’est pas un bâtiment genre cathédrale ou basilique, c’est un espace d’environ 400 m. de long sur 300 m. de large, comprenant plusieurs esplanades ou parvis, des sanctuaires, notamment celui qui abrite l’Arche d’Alliance, symbole de la présence de Dieu au milieu de son peuple, et un autel surélevé, en plein air, sur lequel on offrait les sacrifices. C’est pourquoi il y a sur place des marchands qui vendent des bœufs, des moutons et des colombes destinés aux sacrifices, ainsi que des changeurs pour changer en monnaie locale l’argent des juifs venant de différents pays du bassin méditerranéen. Autrefois tout ce commerce avait lieu dans la vallée du Cédron voisine du Temple ou sur les pentes du Mont des Oliviers, mais petit à petit il avait envahi les parvis à l’intérieur même du Temple. Jésus, indigné de voir le Temple, la maison de son Père transformée en maison de commerce, se met en colère, renverse les tables des changeurs et chasse les marchands à coups de fouet. Comment peut-il agir ainsi lui qui nous enseigne : Quiconque se met en colère contre son frère en répondra au tribunal ? (Mt.5,22)

St Paul a une expression surprenante : Mettez-vous en colère, dit-il, mais ne péchez pas !

(Ephes.4,26) Y aurait-il des colères qui ne seraient pas des péchés ? C’est vrai qu’on parle parfois de saintes colères . Que faut-il pour que la colère ne soit pas un péché ? Trois conditions sont requises. 1°) Il faut qu’elle ait une juste cause, par exemple réagir contre une injustice. Non seulement ce n’est pas un péché de se mettre en colère pour rétablir la justice, mais c’est un devoir. St Jean Chrysostome va même jusqu’à écrire : celui qui ne se met pas en colère quand il y a une juste cause de le faire, commet un péché ! 2°)D’autre part, il faut que le mouvement de colère ne soit pas disproportionné. Il arrive malheureusement qu’une dispute banale se termine par un meurtre, parce qu’un des protagonistes se laisse entraîner trop loin.! 3°) Il faut aussi garder une intention droite dans sa colère, c’est-à-dire viser à ramener le bien et la justice et non pas se laisser emmener par un esprit de méchanceté ou de haine, de vengeance ou de rancune. Une maman qui se met en colère contre son enfant qui fait des bêtises n’a pas de haine contre lui. C’est au contraire parce qu’elle l’aime qu’elle se fâche contre lui.

Donc, se mettre en colère, c’est un péché… mais pas toujours !

Ne pas se mettre en colère, c’est bien… Mais pas toujours ! parfois, c’est même un péché !

Bienheureux les doux (Mt.5,4) a dit le Christ, mais il n’a pas dit : Bienheureux les mous ! Il est miséricordieux, mais pas complaisant. La charité, ce n’est jamais tout laisser faire sans réagir. Comme l’écrit Bernanos dans « Le Journal d’un Curé de Campagne » : le Christ n’a jamais dit vous êtes le miel de la terre, il a dit : Vous êtes le sel de la terre (Mt.5,13) et le sel, cela pique et parfois même cela brûle.

Si les apôtres approuvent la colère de Jésus où ils voient une manifestation de respect pour la maison de Dieu, d’autres protestent énergiquement : Quel signe nous donnes-tu pour agir ainsi ? c’est-à-dire : de quelle autorité te permets-tu de causer du désordre dans le sanctuaire ? Jésus répond en parlant d’un autre sanctuaire : son   corps,  qui est, comme le Temple  de Jérusalem et mieux que ce Temple,  la demeure de Dieu. Il proclame : Détruisez ce Temple et en trois jours je le relèverai, ce qui veut dire : Faites moi mourir sur la croix et trois jours après je ressusciterai.

Les Juifs trouvent cette réponse ridicule. Ils ne pouvaient pas en comprendre la portée prophétique. Jésus annonce ici les temps nouveaux : Bientôt, à partir du matin de Pâques, la présence de Dieu parmi les hommes ne sera plus dans les pierres d’un  Temple, mais dans la présence du Christ ressuscité parmi les hommes. Ce que nous rapporte cette page d’évangile, c’est beaucoup plus qu’une bagarre dans le temple de Jérusalem, c’est l’annonce de l’avènement des Temps Nouveaux . Désormais, la présence de Dieu parmi les hommes ne sera plus ici ou là, dans des pierres, mais partout où le Christ ressuscité sera présent, c’est à dire en chaque baptisé.

Pour nous aujourd’hui, cela veut dire que le Christ est présent parmi nous de deux manières : dans le St Sacrement, dans le tabernacle de l’église et en chaque baptisé. Ce qui confère un caractère sacré à notre corps, comme le souligne St Paul en s’adressant aux Corinthiens : Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du St Esprit qui est en vous et qui vous vient de Dieu ? Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ?…Le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c’est vous. (1 Cor. 6,17 et 3,16,17) D’où le devoir de bien traiter notre corps, de ne pas le mettre en danger dans des comportements dangereux qui entraînent des accidents, ne pas le détruire par une mauvaise alimentation, l’ alcool ou les  stupéfiants. Bien traiter notre corps, c’est aussi bien s’habiller. Un jour quelqu’un m’a dit : J’estime, mon Père, que l’élégance pour une femme, c’est une question de politesse, même vis à vis du Père éternel ! Une femme bien habillée fait honneur au Seigneur qui nous donne de beaux tissus et de l’intelligence et du bon goût pour les tailler comme il faut. En même temps, elle se fait plaisir, son mari est fier de voir sa femme bien habillée et ses enfants sont heureux de voir leur maman bien mise. Ne me faites pas dire…………………

Que retenir de tout cela ?

Se mettre en colère, c’est un péché, mais pas toujours. Par exemple quand la colère a une juste cause, comme de réagir contre une injustice, quand la réaction n’est pas disproportionnée et quand elle vise au rétablissement de la justice, sans être animée par la rancune, la haine ou la vengeance. Ne pas se mettre en colère, c’est bien, mais pas toujours. La charité, ce n’est pas tout laisser faire sans réagir. C’est un péché de ne pas se mettre en colère quand il le faut.

Le Christ est bon et miséricordieux, mais n’allons pas l’imaginer comme quelqu’un qui ne fait pas de vagues, toujours calme, serein, impassible quelles que soient les circonstances. Il s’indignait avec véhémence devant le mal, il ne mâchait pas ses mots et haussait le ton quand il le fallait, intransigeant vis à vis du péché, mais indulgent vis à vis du pécheur. Il avait le cœur tendre et l’esprit ferme, alors que nous, trop souvent, nous avons le cœur dur et l’esprit mou. Mais surtout cette page d’évangile ne nous rapporte pas une simple altercation entre Jésus et les marchands dans le Temple. Elle nous annonce les temps nouveaux où la présence de Dieu parmi les hommes n’est plus dans les pierres d’un temple, mais partout où le Seigneur ressuscité est présent par son esprit, c’est à dire en chaque baptisé. Il est avec nous, en nous, jusqu’à la fin des temps. A nous de rester avec lui.

Dimanche  2  Novembre 2025

(Isaïe 25,6a.7-9)  (Rom.14, 769. 10-12)   (Jean 14,1-6)

Nous sommes le Jeudi Saint au soir. L’atmosphère est lourde. Les apôtres sont tristes et inquiets. Après leur avoir annoncé la trahison de Judas, Jésus leur a déclaré qu’il allait partir pour une destination où ils ne pourraient le suivre. Là où je vais, vous ne pouvez pas venir. (Jean 13,33) Voyant leur désarroi, Jésus tente de les réconforter : Que votre cœur ne se trouble pas. Je pars vous préparer une place… je reviendrai et je vous emmènerai afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. Pour aller où je suis, vous connaissez le chemin… Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie. Mais cela n’apaise pas les apôtres. Ils ne veulent pas que le Christ s’en aille. Ils sont tellement heureux d’être avec lui, d’écouter son enseignement, d’être témoins de ses miracles. Ils voudraient que cela dure toujours. Ce qu’ils aimeraient c’est qu’il reste avec eux, là où ils sont, mais pas qu’il les emmène ailleurs.

Nous autres aujourd’hui, nous avons souvent la même attitude que les apôtres. Nous sommes attachés au Seigneur, nous avons confiance en lui, nous l’aimons pour tout ce qu’il nous apporte et nous souhaitons qu’il nous aide toujours davantage dans nos difficultés, mais nous n’allons pas jusqu’à vouloir et aimer ce qu’il veut pour nous. Nous voudrions le confiner dans nos projets, mais nous ne sommes guère ouverts aux siens. Quand nous l’entendons dire : Je vais vous préparer une place… là où je suis, vous serez, vous aussi, nous sommes troublés et même inquiets. Les perspectives de l’au-delà ne font pas partie de nos préoccupations courantes. Non pas parce que nous ne voulons pas nous en occuper ou que nous en nions l’existence. Mais tout simplement parce que nous sommes totalement accaparés par les soucis et les projets immédiats, d’ordre personnel, familial ou professionnel. Notre horizon est totalement bouché. Les voitures, le téléphone, les ordinateurs, sans parler des machines et des gadgets de toutes sortes qui encombrent les cuisines et les bureaux  de nos logements nous permettent de faire de plus en plus de choses, et parfois simultanément et chaque fois que nous achetons une nouvelle machine, nous trouvons de nouveaux travaux à lui faire faire. Comment dans ces conditions trouver un créneau pour s’occuper de l’au-delà ?

Et puis arrive de temps en temps la nouvelle du décès d’un membre de notre famille ou d’un ami ou le 2 Novembre, la commémoraison de tous les fidèles défunts. C’est toujours un choc.

Certaines pensées refont surface : ah oui ! c’est vrai ! Il y a quelque chose après la mort ; la vie de maintenant, ce n’est que la première mi-temps, il y a une deuxième mi-temps. Et même des prolongations, éternelles. Il faudrait s’en occuper, s’y préparer. Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir faire pendant tout ce temps-là ? Nous n’en avons aucune idée. Tout ça est flou, opaque. Est-ce qu’on y croit ? Est-ce qu’on n’y croit pas ? D’un côté, on dirait bien qu’on n’y croit pas. Pour la question de la résurrection, c’est assez net, on a beaucoup de mal à y croire mais, même la mort, d’une certaine manière on n’y croit pas. On sait qu’on meurt, que tout le monde meurt un jour ou l’autre. Personne n’y échappe. Mais croit-on vraiment que les morts soient morts ? C’est un fait que personne n’accepte volontiers de passer une nuit dans une pièce où il y a un mort. Pourquoi ? Si nous croyions que les morts sont tout-à-fait morts nous n’en aurions pas peur Si nous en avons peur, c’est que, obscurément, nous croyons qu’ils sont encore vivants quelque part, d’une manière ou d’une autre,  nous avons donc peur de ce qu’ils pourraient faire. Depuis les temps les plus reculés, dans tous les peuples la mort s’accompagne de rites funéraires. Dans nombre de cultures ces rites funéraires sont accomplis avec grand soin pas seulement en vue de rendre hommage au défunt en souvenir de ce qu’il a été de son vivant, mais en vue de satisfaire le défunt, de s’attirer ses bonnes grâces et se protéger d’un mécontentement éventuel de sa part. Dans nombre de cultures, les religions sont basées sur le culte des ancêtres. On les craint. Il faut leur rendre hommage, leur offrir des sacrifices en vue d’obtenir leur protection et se protéger de toute vengeance de leur part. Et en dehors des funérailles, on continuera de faire des offrandes aux défunts de temps en temps parce qu’il est bien entendu que de là où ils sont, même si on ne sait pas où exactement, ils sont encore vivants et capables d’intervenir dans la vie de leurs descendants, de leur accorder des bienfaits ou de les frapper de malheurs.

Pour nous chrétiens nous savons que Dieu nous a créés à son image. Mais il restait encore une certaine distance entre lui et nous. Nous étions comme en face de lui. En se faisant homme, le Christ a encore amélioré notre statut. Il a supprimé la distance entre Dieu et nous. Comme le Christ est à la fois vrai Dieu et vrai homme, nous sommes à la fois hommes et greffés directement sur Dieu par notre baptême. La vie qui nous anime le jour de notre naissance vient de lui, chaque jour de notre existence nous avançons vers lui, nous nous approchons de lui, et finalement, au terme   de notre vie nous rentrons chez lui qui nous attend au seuil de sa demeure. C’est ce que le Christ nous explique dans l’Evangile.  Le Père m’a envoyé sur terre pour vous réconcilier avec lui malgré les dégâts du péché et vous unir à lui définitivement. De mon côté, nous dit Jésus bien clairement, mon but, c’est que là où je suis, c’est à dire aux cieux, près du Père, vous soyez vous aussi avec moi. C’est pour ça que,en attendant, je vous laisse mon évangile qui sera le mode d’emploi de la vie nouvelle où je vous introduis et je vais vous envoyer l’Esprit Saint qui achèvera de vous guider. Parce que vous tout seuls, vous ne pouvez pas y arriver, vous que le péché rend parfois aveugles boiteux et sourds. Oui mais moi de toutes façons je suis la Voie, la Vérité, la Vie et passant par moi, vous arriverez au Père.

Que retenir de tout cela ?

Dans l’évangile d’aujourd’hui, le Christ nous rappelle que notre vie ici-bas ne représente que la première mi-temps et la partie de loin la plus courte de notre existence qui se prolonge au-delà de notre mort, pour une deuxième mi-temps et des prolongations éternelles auprès du Père où nous retrouverons tous ceux qui nous ont précédé ici-bas. Au moment où il va lui-même terminer son séjour parmi nous sur la terre, il nous prévient qu’il s’en va nous préparer une place afin que là où il est, nous soyons nous aussi avec lui. Malheureusement, bousculés par le tourbillon de nos activités, entraînés par  le rythme trépidant de la vie moderne, préoccupés par tout ce qu’il faut faire immédiatement, sans attendre, nous risquons de nous enfermer dans un présent étroit qui nous empêche de voir où nous allons finalement. L’évangile d’aujourd’hui nous rappelle que le terme de notre vie, c’est le retour dans la maison du Père. Que nous le voulions ou non, que nous y pensions ou non, nous avançons chaque jour vers la maison du Père. Il faudrait garder le cap, avancer dans la bonne direction, vérifier de temps en temps où nous allons : Je navigue ou je dérive ?

Dimanche 26 Octobre 2025

(Ben Sira 35,15b-17. 20-22a) (2 Tim. 4,6-8.16-18) (Luc 18,9-14)

Un pharisien, qu’est-ce que c’est ? C’est un croyant plutôt fervent qui observe minutieusement toutes les prescriptions de la Loi : ablutions rituelles avant les repas, repos du sabbat, jeûnes d’obligation, il paye la dîme et ne manque aucune des prières prescrites. Tout cela est très bien. Malheureusement la plupart du temps, les Pharisiens font leurs prières et leurs bonnes œuvres pour être vus et admirés. De plus, persuadés d’être des justes, ils méprisent les autres. En général, ils sont à couteaux tirés avec Jésus. St Paul était pharisien avant sa conversion. Les publicains eux, sont des fonctionnaires qui, au service du colonisateur romain, perçoivent les impôts. Ils sont généralement méprisés. On les considère comme des collaborateurs avec la puissance coloniale et des voleurs qui détournent l’argent de l’état pour se remplir les poches. Matthieu était collecteur d’impôts avant de devenir l’ un des douze.Dans sa prière le pharisien se glorifie d’être un juste, supérieur aux autres. Il rend grâces à Dieu de ce qu’il n’est pas comme tant d’autres, qui sont voleurs, injustes, adultères ou comme ce publicain qui est un fonctionnaire corrompu. Lui, jeûne deux fois par semaine, paie régulièrement la dîme et accomplit scrupuleusement toutes les obligations de la Loi. Tout cela est sûrement vrai. Il n’y a là probablement ni mensonge ni exagération. Pourtant le tableau qu’il dresse de lui-même est une imposture. Pour plusieurs raisons. D’abord, il ne parle que de ce qu’il fait de bien sans faire mention de ses manques ni de ses défauts. Ensuite il se compare à des pécheurs publics, en particulier à un publicain, donc à quelqu’un de connu pour être malhonnête. Il est toujours facile de se comparer à quelqu’un de pire que soi, mais cela ne fait pas de vous quelqu’un d’honnête. Mais surtout ce qui fausse son jugement, c’est qu’il ne voit pas que le bien en lui ne vient pas de lui, mais de Dieu seule source de bien dans le monde. Toutes ses qualités et ses talents sont des dons de Dieu, soit que le Seigneur les lui ait donnés directement par grâce, soit qu’il les lui ait donnés à travers ses parents, ses éducateurs, ses amis ou les croyants qu’il a mis sur sa route. St Paul disait aux Corinthiens : Qu’avez-vous que vous n’ayez reçu, et si vous l’avez reçu de quoi vous glorifiez vous, comme si vous ne l’aviez pas reçu ? (1 Cor.4,7) Aveuglé par son orgueil, le pharisien ne voit plus la réalité et s’illusionne sur lui-même et sur les autres. Le publicain lui, est humble. Quelqu’un qui est humble, c’est quelqu’un qui a les pieds par terre, (le mot humilité vient du latin humus :la terre.) Il est réaliste. Il voit la réalité telle qu’elle est sans qu’un orgueil, un optimisme ou un pessimisme déplacé ne la déforment. Et qu’est-ce que cette réalité qu’il voit lui révèle ? Elle lui révèle deux choses. D’abord que, devant Dieu, il est pécheur, indigne. Se tenant à distance, le publicain n’ose pas lever les yeux vers le ciel. Mais elle lui révèle aussi, et c’est le plus important, que le Dieu qui est en face de lui, est un Dieu plein de miséricorde, qui veut lui pardonner et le relever. C’est pourquoi il le prie avec confiance : Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis. Le résultat c’est que le publicain, au terme de sa prière se retrouve non pas écrasé, mais au contraire réconforté. Le Seigneur ne l’a pas rejeté, il l’a réadmis parmi les justes. C’est pourquoi le Christ termine la parabole en disant : je vous le déclare quand le publicain redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste plutôt que le pharisien. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé.D’un bout à l’autre de l’évangile, le Seigneur est comme à l’affut et dès que quelqu’un se reconnaît pécheur, il est tout heureux de le relever. L’exemple le plus net c’est le cas de Pierre après la pêche miraculeuse (Luc 5,1-11). Jésus ayant demandé à Pierre de jeter ses filets pour pécher, Pierre , qui connaît son métier et sait qu’on ne jette pas ses filets à l’eau dans la journée, car à ce moment là le poisson s’enfonce dans les profondeurs et on n’a aucune chance d’attraper quoi que ce soit, avait répondu à Jésus Maître nous avons péché toute la nuit, sans rien prendre, (sous-entendu : au moment où toutes les conditions sont réunies pour faire une bonne pêche), maintenant, ce n’est plus le moment. Mais sur ta parole, je vais jeter les filets. Or contre toute attente ils avaient péché une quantité énorme de poissons. Devant cette pêche non pas exceptionnelle mais véritablement inexplicable, Pierre, bouleversé, et même effrayé, ayant découvert la puissance divine de Jésus, tomba à ses pieds : Eloigne toi de moi, Seigneur , car je suis un homme pécheur. Mais Jésus, loin d’enfoncer Pierre dans son sentiment d’indignité le relève au contraire : Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu pêcheras. En d’autre termes Pierre va à confesse : je suis un pécheur. Jésus répond Oui d’accord, c’est vrai, Bon, comme pénitence tu seras pape!!! Lorsque nous parlons d’humilité, généralement nous voyons bien la démarche d’abaissement qu’elle comporte : on se reconnaît pécheur ; mais souvent nous ne voyons pas le relèvement qui s’ensuit, celui qui s’abaisse, le Seigneur, dans sa miséricorde le relève. L’humilité du pécheur qui s’humilie devant Dieu déclenche la miséricorde du Seigneur qui relève celui qui s’humilie. Celui qui s’abaisse est Relevé car la miséricorde dans la Bible, ce n’est pas simplement un mouvement de bonté et de compassion. Dans les langues hébraïques, la miséricorde c’est l’expression, la manifestation d’un élan profond d’amour envers l’autre qui a son siège dans le sein maternel, dans les entrailles. Les gestes de bonté et de compassion sont l’expression visible, en surface, de cet amour fondamental.. Le geste d’humilité du pécheur déclenche les gestes de bonté et de compassion de la miséricorde divine aussi sûrement que le fait d’appuyer sur la gachette déclenche le tir. Celui qui s’abaisse devant le Seigneur, le Seigneur, en retour, le relève. Il ne peut pas faire autrement. L’amour en lui le pousse à la bonté et à la compassion.

Que retenir de tout cela ?

Le mot humilité vient du latin humus : la terre. Quelqu’un qui est humble, c’est quelqu’un qui est réaliste, qui a les pieds sur terre. Parce qu’il est réaliste, devant Dieu, il réagit comme le publicain : d’abord il découvre : je ne vaux pas grand-chose, je suis un pécheur, mais il découvre aussi : le Seigneur, dans son amour, ne me rejette pas, il me pardonne et me redonne sa grâce et sa force. Il me fait rebondir pour faire de moi son collaborateur dans la construction du Royaume. Celui qui s’abaisse est élevé. Une attitude d’humilité devant le Seigneur déclenche les gestes de bonté et de compassion de la miséricorde divine, aussi sûrement que le fait d’appuyer sur la gâchette déclenche le tir. Dans sa miséricorde le Seigneur me fait rebondir pour faire de moi son collaborateur dans la construction du Royaume St Paul le disait aux Ephésiens : C’est lui qui nous a faits. Nous avons été créés en Jésus Christ pour les œuvres bonnes qu’il a préparées à l’avance pour que nous les accomplissions.(Ephes.2,10)

Fa asan’Andriamanitra isika, ary zava noariny tao amin’i Kristy Jesoa, mba hanao ny asa soa voaomany rahateo hataontsika.

Dimanche  19  Octobre  2025

(Ex.17,8-13)  (2 Tim.3,14–4,2)  (Luc 18,1-8)

Pendant des siècles les hommes ont prié des dieux, tout puissants, mais insaisissables et  imprévisibles. On ne savait pas quel genre de prière, quelle espèce de sacrifice les toucherait et les amènerait à s’intéresser un peu à nous. Yahvé, le Dieu des Juifs était aussi un être tout puissant, mystérieux et redoutable, mais, au contraire des autres dieux, il était foncièrement bon et miséricordieux. En outre, le Christ est venu nous révéler que, ce  Dieu là n’était pas seulement bon et miséricordieux mais qu’il était d’abord et avant tout un Dieu Amour, en qui la toute puissance obéissait à l’amour, qu’il était pour nous comme un père qui aime ses enfants et veille sans cesse sur eux. C’est pourquoi le Christ nous invite à prier dans nous décourager : Quand vous priez ne rabâchez pas comme les païens, ils s’imaginent que c’est à force de paroles qu’ils se feront exaucer. Ne leur ressemblez pas car votre Père sait ce dont vous avez besoin avant que vous le lui demandiez (Mt.6,7,8) Demandez et vous recevrez. (Jean 16,24)

Pourtant, nous avons quand même des raisons de nous décourager. Par expérience, nous savons bien que Dieu n’exauce pas toujours nos prières, et puis il laisse le mal, les violences, les guerres, les injustices s’étaler partout dans le monde malgré nos prières. Nous en venons à douter… Si notre Dieu était vraiment un Dieu Amour, un Père qui veille sur nous, il ne permettrait pas que tout cela se passe…. et notre foi vacille.

D’où cela vient-il que le Seigneur n’écoute pas nos prières et ne nous donne pas toujours les choses bonnes que nous lui demandons. Est-ce que  cela vient de lui ? Est-ce lui qui ne voudrait pas ? Impensable. Il a dit demandez et vous recevrez. Mais attention !  Il n’a jamais dit vous recevrez ce que vous avez demandé, Toutefois, il a quand même insisté Frappez,on vous ouvrira, quiconque demande reçoit, qui cherche trouve. (Luc 11,9,10). Alors si nos prières ne sont pas exaucées, cela doit venir de nous, parce que  nos prières sont inappropriées. Par exemple, il peut arriver que ce que nous demandons et qui nous paraît bon, en fait, ne l’est pas, et c’est pourquoi le Seigneur ne nous l’accorde pas.  Exactement comme une maman ne donne pas à son enfant le couteau tranchant avec lequel il veut jouer. Par conséquent avant même de prier et de demander quelque chose au Seigneur, il faudrait peut-être nous assurer que cette demande n’est pas inappropriée. C’est ce que le Christ nous explique en St Luc Après avoir fait remarquer que les Pères de la terre lorsque leur enfant leur demande un œuf ne leur donnent  pas un scorpion, il conclut : Si vous, qui êtes mauvais savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit St à ceux qui le lui demandent. (Luc 11,13) Il ne dit pas combien plus le Père céleste vous donnera-t-il ce que vous lui demandez Mais combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent. Parce que l’Esprit Saint nous guidera en vous empêchant de demander des choses mauvaises et en vous faisant demander uniquement des choses bonnes.

 Il y a quand même des cas où, alors que nous demandons des choses incontestablement bonnes, le Seigneur n’exauce pas nos prières. Un petit enfant est gravement malade, tout le monde prie pour sa guérison. Et il meurt. Comment Dieu qui est bon peut-il permettre cela ? Comment Dieu qui est bon, peut-il permettre de pareils malheurs ?.

 Il faut nous rendre compte qu’une partie de la réalité nous échappe. Nous ne savons pas comment le Seigneur reçoit ce petit enfant … quel avenir il lui réserve ? Nous n’en avons aucune idée. Dans des cas pareils nous ne pouvons que réaffirmer quand même notre confiance : « Seigneur nous ne comprenons pas que tu puisses  laisser une telle  épreuve nous frapper. Mais si tu permets qu’il en soit ainsi, c’est qu’il y a quelque part, d’une manière que nous ne voyons pas, un bien pour nous. Renforce notre confiance en Toi et aide nous à affronter cette épreuve.» Et nous restons hébétés, désorientés, devant le petit cercueil blanc. Mais je crois que le Seigneur comprend notre peine et notre désarroi. Souvenons nous que devant le tombeau de Lazare, alors qu’il savait très bien que dans les minutes qui suivaient, il allait le ramener à la vie, en voyant le chagrin des sœurs et des amis de Lazare, il a craqué, il n’a pas pu retenir ses larmes.

Et puis autre raison  de nous décourager : quand on voit tout ce qui se passe dans le monde, la violence, les injustices, les guerres, tous ces peuples victimes de dictateurs fous ou des cartels de la drogue, on se demande pourquoi Dieu n’intervient pas. C’est vrai que Dieu qui est Amour, respecte la liberté des hommes. En amour on ne force pas. Mais, nous ne comprenons pas. Nous trouvons que devant de tels maux, il devrait agir..et devant son absence de réaction notre foi vacille. Nous sommes tentés de penser : S’il y avait un Dieu, il ne permettrait pas que tous ces malheurs arrivent. Le Christ avait pressenti la possibilité de tels reniements. C’est ce qui lui fait dire : le Fils de l’homme, quand il reviendra trouvera-t-il la foi sur la terre ?

On peut comprendre que devant tout le mal qu’il y a dans le monde nous soyons troublés, en voyant que Dieu ne réagit pas pour frapper les méchants, mais il faudrait quand même nous rappeler que le créateur nous a confié la tâche de gérer sa création Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez la. (Gen.1,28)  Le Christ en venant parmi nous, nous a donné sa paix pour que à notre tour, nous l’apportions  au monde qui nous entoure.  S’il convient tout à fait d’implorer le Seigneur d’accorder la paix à notre monde, il ne faut pas lui mettre tout sur le dos !!! N’oublions pas qu’il nous a confié la tâche d’apporter sa paix dans le monde. . . D’un côté, nous savons  bien que par nous-mêmes tout seuls nous en sommes bien incapables, mais d’un autre côté nous savons tout aussi clairement que le Seigneur ne veut pas faire les choses tout seul, mais veut nous donner sa grâce pour que unis à lui, nous arrivions à faire progresser  la paix autour de nous. Donc inutile de psalmodier  Seigneur ! Seigneur ! mais retroussons nos manches pour faire sa volonté Appliquons nous donc  à lutter de toutes nos forces demandant au Seigneur de bénir nos efforts pour faire régner la paix et la justice chez nous d’abord, dans nos familles, dans nos milieux, et dans la partie du monde qui nous entoure, confiants que le Seigneur veille.

Que retenir de tout cela ?

Dans l’évangile  d’aujourd’hui, le Seigneur nous presse de toujours prier sans nous décourager. Or, c’est un fait qu’il ne nous donne pas toujours ce que nous lui demandons. Comment alors ne pas succomber au découragement ?

 Il faudrait que nous arrivions à admettre que notre jugement n’est pas toujours bon. Parfois nous demandons des choses que nous croyons bonnes pour nous alors qu’elles ne le sont pas : comme un enfant qui demande qu’on lui donne un couteau pour s’amuser. Parfois aussi nous ne pouvons pas comprendre la situation dans sa totalité. Un petit enfant meurt. Nous restons hébétés et désorientés face au petit cercueil blanc sous nos yeux mais nous ne voyons pas comment Dieu reçoit ce petit et nous ne pouvons pas savoir l’avenir qu’il lui réserve. Parfois encore nous n’arrivons pas à admettre que Dieu étant Amour, il ne peut pas, sans se renier agir en force. Incapables de comprendre, nous pouvons être tentés de croire que Dieu nous abandonne. Pourtant une certaine assurance demeure au fond de nous qui nous fait dire avec St Paul : Oui, j’en ai l’assurance, ni la mort, ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent, ni l’avenir, ni les forces des hauteurs, ni celles des profondeurs, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ. (Rom.8,38,39)Celui qui est mort sur la croix par amour pour nous ne peut pas nous lâcher.