homélie

Dimanche 9 juillet

14ème dimanche du temps ordinaire – Année A – Mt 11,25-30

«  Je suis doux et humble de coeur. »

« Père, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. » Dans l’évangile, on le constate, ce sont les petits, les gens simples qui ont vu en Jésus le Messie tandis que les sages et les savants, c’est-à-dire les prêtres, les docteurs de la Loi, les lévites, ne l’ont pas reconnu. Normalement ce sont les sages et les savants qui comprennent ce qui se passe dans le monde, tandis que les petits ne se rendent pas compte. Pourquoi les petits arrivent-ils à connaître la révélation de Dieu alors que les sages et les savants n’y arrivent pas ?

Peut-être parce que sachant qu’ils ont petits, qu’ils ne connaissent rien, les petits sont ouverts, prêts à recevoir ce qu’on va leur dire. Tandis que les sages et les savants, persuadés que c’est leur intelligence qui leur fait tout comprendre, s’enferment en eux-mêmes, dans leurs raisonnements et leurs certitudes, refusant orgueilleusement de recevoir une lumière venue d’ailleurs : cela les ferait dépendre de quelqu’un qui leur serait supérieur. « La connaissance enfle »disait St Paul aux Corinthiens (1Cor.8,1) D’autre part, non seulement les petits sont ouverts, prêts à recevoir ce qu’on leur dit, mais ils sont contents de le recevoir. Un petit enfant n’est pas humilié, complexé de ne pas savoir conduire une voiture, manipuler un ordinateur ou tout simplement lacer ses chaussures, il est heureux de ce que son papa ou sa maman soit là pour lui, il est tout heureux de faire confiance à l’amour de ses parents. Je me rappelle un petit garçon de cinq ans environ. Il était debout à côté de la voiture de son papa. Et comme je m’approchais de lui, tout d’un coup, il m’a dit « Mon papa, il est grand ». Cette réflexion m’a frappé. Il ne m’a pas dit ; c’est embêtant je suis encore petit, je ne me rase pas, je ne sais pas conduire une voiture, il m’a dit : mon papa il est grand. Il n’était pas humilié de dépendre de son père. Au contraire, il en était fier et heureux : je suis petit, je ne peux pas faire grand chose. mais qu’est-ce que ça peut faire, mon papa est là !

De même devant Dieu les petits, c’est-à-dire ceux qui savent qu’ils sont orgueilleux égoïstes, incapables de faire le bien qu’ils aiment alors qu’ils font le mal qu’ils n’aiment pas, loin de se sentir humiliés, sont au contraire heureux et comblés de voir qu’ils ne sont pas rejetés mais qu’ils sont encore aimés de Dieu. St Paul, désolé de constater : « Le bien que je veux je ne le fais pas et le mal que je ne veux pas je le fais, malheureux homme qu je suis  » (Rom.7,19) n’est pas écrasé ; au contraire il est heureux de découvrir que Seigneur le soutient: « Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2Cor.12,10) « Je puis tout en celui qui me fortifie »(Phil.4,13) Les petits ne sont pas humiliés de découvrir qu’il y a un Dieu bien plus fort qu’eux. Et prenant conscience que ce Dieu là les aime, ils débouchent dans la joie et l’action de grâce. Cela me fait penser à cette vieille chanson de notre folklore où la petite bergère dont on se moque à cause de ses gros sabots, rétorque fièrement « je ne suis pas si vilaine avec mes sabots tontaine puisque le fils du roi m’aime avec mes sabots tontaine !!!

Mais pourquoi dans l’évangile, cette méfiance, cette réticence vis-à-vis des sages et des savants alors que le savoir et la sagesse sont des biens précieux que tout le monde recherche ? C’est que bien souvent le savoir et la sagesse humaine nous font basculer dans l’orgueil. Quand on est instruit, on est tenté de se croire supérieur aux autres. On croit qu’on arrive à tout dominer par soi-même, sans avoir besoin de l’aide de personne. Le pire, c’est que trop souvent on va être tenté d’utiliser son savoir et sa sagesse en vue de dominer les autres, ce qui ouvre la voie à la violence et aux conflits de toutes sortes. Comment faire pour éviter ces dérives de la connaissance et de la sagesse ? Peut-être tout smplement en allant jusqu’au bout du processus de la connaissance. Car il y a différents niveaux de connaissance. Cela commence par la connaissance sensible : je vois l’eau avec mes yeux. Et puis mon intelligence intervient,je raisonne A quoi ça sert, l’eau ? : je comprends alors que l’eau apaise la soif, qu’elle est nécessaire à toute vie ,c’est la connaissance rationnelle.Mon intelligence me permet aussi de discerner la beauté de l’eau: l’eau d’une rivière, de la mer, c’est beau, c’est la connaissance artistique. Mon intelligence me fait accéder aussi à une connaissance scientifique de l’eau, l’eau c’est H2O. Et finalement ma réflexion peut me conduire jusqu’à voir dans l’eau une créature de Dieu qui la met à notre disposition. On peut appeler cela la connaissance religieuse des choses . C’est seulement à ce niveau , en Dieu, qu’on peut discerner la totalité du sens des choses ainsi que la bonne manière de s’en servir.Tant qu’on n’est pas parvenu à ce niveau, on ne connaît pas vraiment la réalité. St Paul le souligne : « Si quelqu’un s’imagine connaître quelque chose, il ne connaît pas encore comme il faudrait connaître » (1Cor.8,2)

Une fois que j’ai compris ce que c’est que cette chose que j’ai devant moi, se pose la question : Qu’est-ce que je vais en faire ? Or on utilise toujours les choses selon la pensée, le projet de celui qui les a fabriquées. Quand j’achète une voiture, je l’utilise toujours selon l’idée de ceux qui l’ont fabriquée : ils l’ont fabriquée pour rouler sur la route, pas pour grimper aux arbres. Par conséquent la connaissance, la sagesse, puisque c’est Dieu qui me les donne, je dois m’en servir selon les projets qu’il a en vue lorsqu’il me les donne. Mon intelligence, mes connaissances, ma sagesse, Dieu me les donne pour quoi faire ? Pour fabriquer des bombes atomiques ou des médicaments ?

Pourquoi la méfiance du Seigneur vis-à-vis des sages et des savants ? Parce qu’ils ils croient arriver à la connaissance et à la sagesse par eux-mêmes, oubliant que c’est le Seigneur qui leur a donné l’intelligence. Par suite, ils ne se soucient pas ou refusent d’utiliser connaissances et sagesse selon les projets de Dieu qu’ils remplacent par leurspropres projets qu’ils pensent meilleurs. Ils rejettent le point de vue de Dieu qui nous donne toutes choses afin que nous les utilisions pour le bien de tous avec justice et charité et se lancent dans une course aux richesses et à la domination sur les autres qui amènent des catastrophes en série au lieu du progrès escompté. C’est ainsi que les philosophes des lumières et les rationalistes espéraient qu’une fois débarrassée des croyances et des légendes des religions, l’humanité, unanime, adopterait une sagesse meilleure fondée sur une rationalité supérieure qui apporterait enfin progrès et bonheur dans tout l’univers. Hélas, c’est le contraire qui s’est produit, comme le fait remarquer parmi bien d’autres un historien et théologien orthodoxe : « Les pires régimes de l’histoire moderne ont été ceux qui ont le plus clairement renié la vision chrétienne de la réalité et cherché à la remplacer par un ensemble de valeurssoi-disant plus« humaines ». Dans l’histoire, aucune cause, aucune religion, aucune ambition impérialiste, aucune aventure militaire n’a détruit plu de vies que la cause de la « fraternité universelle », de l’utopie post-religieuse ou du progrès de la race humaine » (The Atheist Delusions, David Bentley Hart p. 107) Le XX° siècle avec ses deux guerres modiales, ses famines, ses camps d’extermination en a malheureusement été l’illustration tragique.

Que retenir de tout cela ? 

Les tout-petits ont la préférence de Dieu parce que, se jugeant avec réalisme comme faibles et dépendants de plus fort qu’eux, loin d’être humiliés et complexés par leur petitesse, ils se réjouissent de ce qu’ils peuvent compter sur l’amour de leur Père du ciel en toutes circonstances. Comme le petit garçon qui dit Mon papa, il est grandou St Paul qui se réjouit :« Je puis tout en celui qui me fortifie » (Phil.4,13 )

Par contre, le Seigneur se méfie des sages et des savants parce que, trop souvent, victimes de leur orgueil ils prétendent remplacer la sagesse de Dieu par leur propre sagesse.

Le bon sens exige que l’on utilise les choses selon le projet de celui qui les a fabriquées. C’est pourquoi la vie, le monde, il s’agit de les utiliser selon le projet de celui qui les a fabriqués !

Le Seigneur est « la Voie, la Vérité, la Vie » (Jean 14,6) Ceux qui ont essayé autre chose, cela ne leur a guère réussi.

Dimanche 25 juin

12ème dimanche du temps ordinaire – Année A – Mt 10,26-33

«  Ne craignez pas ceux qui tuent le corps. »

Dans le passage d’évangile précédant celui que nous venons d’entendre, le Seigneur envoie ses disciples proclamer « en pleine lumière »ce qu’il leur a révélé discrètement, en petit comité, et cela malgré les persécutions dont ils seront l’objet. Car il ne leur cache pas ce qui les attend :« Ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi (Jean 15,20) « Le disciple n’est pas au-dessus du maître(Mt10,24). Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups « (Mt 10,16) Il leur recommande donc d’être habiles et prudents, mais il les rassure aussi. « Ne craignez pas«  L’Esprit St vous viendra en aide. Dans l’évangile d’aujourd’hui, par trois fois encore, il répète « Ne craignez pas.« Le Père veille, pas un seul moineau ne meure sans son accord et vous, « vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.« Les apôtres ont bien compris le message, ils sont partis annoncer l’évangile. Ils ont fait face à toutes sortes d’oppositions et de persécutions sans faillir. Presque tous dont morts martyrs. Mais l’évangile s’est répandu par toute le terre.

Et nous aujourd’hui quelle doit être notre position devant cet envoi en mission ? Nous ne sommes pas envoyés de la même manière que les apôtres. Mais si nous sommes les disciples du Christ, nous sommes aussi envoyés. Car le Christ est « l‘envoyé du Père, »et on ne peut pas être disciple du Christ sans participer à sa mission d’envoyé. Bien sûr, un laïc chrétien aujourd’hui n’a pas à prêcher comme le Christ à travers les bourgades de Palestine, ou comme son curé à la messe le dimanche, mais il doit transmettre sa foi à travers sa manière de vivre et la communiquer à ses enfants, à ses proches, à son entourage. Il est impensable d’être des chrétiens de consommation qui se contentent d’engraisser paresseusement en profitant des grâces que le Seigneur nous prodigue. On ne peut pas être un chrétien passif. Si on est chrétien, on participe de l’élan et du dynamisme du Christ envoyé. Ne comprenons pas de travers la parabole du Bon Pasteur : le Seigneur n’entend pas faire de nous un troupeau de moutons mais un troupeau de pasteurs. De même qu’il est envoyé par le Père partager avec nous tout ce qu’il a et tout ce qu’il est, de même aujourd’hui chacun de nous est envoyé partager tout ce qu’il a reçu du Seigneur à ceux qui l’entourent, avec force et efficacité mais aussi avec simplicité et discrétion. Ce serait du plus complet mauvais goût de donner dans la publicité indiscrète ou la propagande envahissante. Regardez le coronavirus, il ne fait pas beaucoup de bruit mais il est terriblement contagieux. Sommes nous assez contagieux ? …………….

Dans le monde qui nous entoure, ce n’est pas facile d’ être témoins de l’évangile et le parole du Christ « Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups« reste tout à fait d’actualité. En France, il n’y a pas de persécutions à proprement parler et d’après les textes et les déclarations officielle, on vise à faire régner une laïcité respectueuse de toutes les opinions et de toutes les croyances. Dans la réalité toutefois, cette laïcité n’existe pas toujours. Dans tel secteur de la défense nationale, on filtre le nombre d’officiers chrétiens. Dans la fonction publique, il n’est pas bien vu qu’un fonctionnaire aille à la messe le dimanche. Dans les milieux universitaires, certes, on n’égorge pas les chrétiens, mais l’atmosphère est agressivement antireligieuse ce qui étonne et scandalise bien des étudiants étrangers. Dans le N°3747 du 27, 28 Juin 2017, un éditorialiste de la Vie Catholique faisait remarquer que « la notion de Dieu a été supprimée des programmes de philo alors même que le questionnement métaphysique est à l’origine de la discipline. Tout se passe comme si la laïcité s’était transformée en athéisme et en athéisme militant agressif qui exclut l’expression religieuse de tous les compartiments de la société » Mais ne dramatisons pas la situation. Pensons plutôt à tous ces chrétiens obligés de quitter leur travail, leur famille et même leur pays devant les persécutions violentes dont ils sont l’objet,en particulier dans les régions où sévit l’extrémisme islamiste.

Et puis il y a toute l’atmosphère matérialiste dans laquelle nous baignons, où l’argent, la productivité, la rentabilité règnent en maîtres absolus, causant de graves crises économiques et humaines en certaines régions tandis qu’ailleurs les poubelles sont pleines de nourriture de vêtements et de chaussures dont on ne sait que faire. Dans bien des contrées, des millions d’hommes sans travail doivent émigrer pour tenter de survivre tandis qu’ailleurs l’excès de travail et les rythmes de travail inhumains détruisent l’équilibre humain des personnes et des familles.

Comment dans un contexte pareil arriver à témoigner de l’évangile ? Comment arriver à apporter plus de paix, de justice, de charité dans un tel monde ? Commençons par nous nourrir de l’évangile, ensuite efforçons nous de promouvoir un climat chrétien autour de nous afin que chaque personne soit respectée, quelle que soit la couleur de sa peau, sa religion ou son rang dans la société, car le Christ est mort pour elle comme il est mort pour moi. Là où nous travaillons, efforçons nous de mettre plus d’entente et de collaboration. Enfin garder le souci du bien commun, et avoir le courage de s’engager en politique ne serait-ce qu’au niveau de son quartier ou de sa commune. car là aussi se déploie le service des autres.Le pape Paul VI osait dire que la politique est une forme privilégiée de la charité.

Que retenir de tout cela ? 

Comme il a envoyé ses apôtres annoncer partout le Bonne Nouvelle, le Seigneur nous envoie partager avec ceux qui nous entourent ce qu’il nous a donné et que nous avons reçu. Le Christ est essentiellement ENVOYE DU PERE. On ne peut pas être du Christ sans être soi-même envoyé. Ne nous dérobons pas en prétextant que nous ne sommes pas à la hauteur d’une telle tâche. IL a choisi des apôtres qui n’étaient pas des premiers de classe et leur chef l’a renié trois fois. Ils ont quand même réussi à répandre l’évangile dans le monde entier; Il l’avait dit : Tels que vous êtes, modestes pêcheurs Galiléens,« Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes.« (Mt.4,19))

Il est certain que nous aurons à faire face, sinon à des persécutions caractérisées, du moins à des obstacles et au mépris du monde, mis il est non moins certain que le Seigneur ne nous abandonnera jamais, et sa grâce, qui est le pouvoir donné aux hommes de faire par eux-mêmes ce qu’ils ne peuvent pas faire par leurs propres forces, nous permettra de venir à bout des obstacles. Tous ceux qui, ayant entendu l’appel du Seigneur se sont lancés d’une manière ou d’une autre pour « proclamer en pleine lumière et crier l’évangile sur les toits«  savent, comme St Paul, qu’ils peuvent compter sur« Celui dont la puissance agissant en nous peut faire bien plus, infiniment plus qu tout ce que nous pouvons désirer ou imaginer« . (Eph.3,20)

Dimanche 18 juin

11ème dimanche du temps ordinaire – Année A – Mt 9,36-10,8

«  Jésus appela ses douze disciples et les envoya en mission. »

Même si Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages proclamant la Bonne Nouvelle et guérissant toute maladie et toute infirmité comme le dit l’évangile précédant immédiatement le passage que nous venons d’entendre, il restait bien des misères dans le pays, et voyant les foules désemparées et abattues, le Seigneur était rempli de pitié et de compassion . Pour lui le plus triste, pire encore que les maladies et les infirmités, c’était de voir le peuple laissé à l’abandon sans personne pour le diriger. Les gens étaient comme des brebis sans pasteurs. Ceux qui auraient dû les guider : les prêtres, les scribes, les docteurs de la Loi avaient pour la plupart trafiqué et déformé la religion juive traditionnelle et se fermaient chaque jour davantage au message de salut du Seigneur. Jésus est bouleversé de voir la moisson abondante, et le manque de main d’oeuvre pour s’en occuper. Aussi invite-t-il ses disciples à prier le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.

Sans plus attendre il appelle ses douze apôtres et les envoie en mission. Nous savons ce qui en a résulté. Ces douze hommes et leurs successeurs ont répandu l’évangile par toute la terre. Le plus extraordinaire c’est que les douze premiers apôtres choisis par le Seigneur n’avaient aucune formation religieuse particulière, ils étaient des croyants tout ce qu’il y a de plus ordinaires. Matthieu, petit fonctionnaire des impôts, était probablement le seul à avoir un peu d’instruction. Or du temps de Jésus, il y avait un certain nombre de gens instruits des choses de la religion, ne serait-ce que parmi les prêtres, les docteurs de la Loi, les scribes, les lévites, et parmi la masse des pratiquants dont certains, comme les saducéens ou les Pharisiens, étaient particulièrement versés dans la connaissance de l’Ecriture et de la Tradition . Il est tout de même très étonnant que le Seigneur n’ait appelé personne parmi eux. Peut-on imaginer aujourd’hui un évêque ordonnant prêtres des hommes ramassés n’importe où et n’ayant pas derrière eux des années d’études dans un grand séminaire ?

Le Christ a innové. Aucun de ses apôtres ne sortait d’une école rabbinique. Aujourd’hui devant la situation difficile de l’Eglise dans notre pays, il faudrait certainement innover. La situation dans l’Eglise et dans le monde n’est plus du tout ce qu’elle était il y a cinquante ou quatre vingt ans. Alors pourquoi vouloir s’accrocher obstinément aux structures d’autrefois ? J’ai eu la chance de passer trente six ans à Madagascar dans une Eglise qui a toujours fonctionné avec très peu de prêtres ce qui entraîne des inconvénients mais aussi des avantages J’ai été curé de brousse pendant vingt ans, responsable d’un district qui comptait trente deux clochers. Comme dans tous les districts missionnaires, chaque petite paroisse était dirigée par un comité de laïcs, hommes et femmes et un catéchiste homme ou femme avait la charge de l’animation spirituelle, prononçant chaque dimanche l’homélie. Comme très peu d’entre eux pouvait abandonner leurs rizières pour suivre les cours d’une école de catéchistes, en ville, la plupart du temps leur formation était assurée par le prêtre en charge du district, au cours de réunions mensuelles d’une grosse journée consacrée à la prière et à la réflexion.

J’ai eu tout le loisir de constater que le manque de prêtres n’est pas forcément une catastrophe. Au contraire, cela permet aux laïcs de donner toute leur mesure. Et d’après ce que j’ai vu, non pas en passant rapidement quelques jours ou quelques mois, mais pendant trente-six ans à Madagascar, les Eglies de pays de mission, plus dynamiques que les Eglises de nos pays de vieille chrétienté, ont quelque choe à leur apprendre. Je ne comprends pas que, puisqu’en France actuellement où on se trouve dans la situation qui était traditionnellement celle des pays de mission, je ne comprends pas qu’on n’aille pas voir là-bas comment ça marche, peut-être pas pour copier ce qui s’y fait, mais pour s’en inspirer. D’autant plus que nous avons chez nous des laïcs de valeur ayant déjà une formation chrétienne certainement supérieure à celle de mes catéchistes de brousse. Il y a huit jours j’étais dans une petite paroisse des environs de Lille. le comité pastoral avait préparé la liturgie de la messe, non seulement les chants et les lectures, mais ils avaient recomposé les oraisons de la messe. Comme d’habitude, leurs oraisons étaient bien meilleures que celles du missel officiel. Je suis rentré en France depuis bientôt dix ans. Partout où j’ai pu aller, j’ai n’ai entendu que des éloges à propos des équipes de laïcs qui s’occupent des enterrements. Cessons de gémir sur la prétendue situation catastrophique de l’Eglise de France. C’est vrai qu’il y a malheureusement beaucoup moins de monde qu’autrefois dans les églises. Mais partout où je suis allé ces dix dernières années j’ai toujours vu des célébrations bien meilleures que celles auxquelles je participais lorsque j’étais enfant, grâce aux équipes de laïcs en charge avec le prêtre de l’endroit de la pastorale et de la liturgie. Mais on ne va pas assez loin. On s’enferme dans les habitudes des cent dernières années que l’on canonise, décrétant que c’est ça LA tradition de l’Eglise qu’ il faut respecter sous peine de péché mortel. J’ai entendu un très bon prêtre, un excellent curé de paroisse, déclarer avec beaucoup de conviction : un laîc faire l’homélie ? Jamais ! C’est réservé au prêtre ! C’est faux.La tradition de l’Eglise ne se limite pas à ce qui s’est fait ces cent dernières années dans notre pays ! Dans les premiers siècles de l’Eglise, on a célébré l’Eucharistie avant qu’il y ait des prêtres. C’était un ancien de la communauté qui présidait la célébration, le presbuteros. Cela aussi, c’est la tradition de l’Eglise. On pourrait peut-être y revenir. Il n’y aurait là aucun sacrilège. Rien dans la foi ou le dogme ne s’oppose à l’ordination de prêtres mariés ou de femmes Pourquoi ne pas étudier sérieusement la question ? Le statut des femmes a considérablement évolué partout sauf dans l’Eglise Vous trouvez aujourd’hui des femmes au volant de poids lourds de 44 tonnes ! C’est une femme qui dirige la banque mondiale. Plusieurs sont chefs d’état ou premiers ministres, certaines sont à la tête de puissants syndicats et on ne compte plus les femmes chefs d’entreprises. Pendant ce temps là certains curés refusent encore aux filles d’être servants d’autel. Soyons sérieux ! on dit qu’on prie pour les vocations, c’est vrai, mais dans le même temps on les limite,on les freine, on les enferme les vocations, dans nos peurs paniques du nouveau et nos préjugés injustifiables.

Le petit nombre de prêtres et qui ne cesse d’aller en décroissant est bien préoccupant . Prions pour les vocations , oui. Mais si les chose ne s’arrangent pas, ce n’est pas parce que le Seigneur ne veut pas appeler. C’est de notre côté que ça coince. Peut-être faudrait-il cesser de marcher à rculons vers l’avenir, les yeux fixés sur ce qui se faisait il y a quatra-vingt ans et qu’on regarde

comme LAtradition et qu’il faut respecter sous peine de péché mortel. !!!

Prions pour les responsables de l’Eglise, pour qu’ils osent prendre les décisions que les situations nouvelles réclament et pour le peuple chrétien, qu’il soit prêt à abandonner certaines de ses habitudes s’il le faut, pour en adopter de nouvelles. Laissons nous rajeunir par le Seigneur qui se présente dans l’Ecriture que ce soit dans l’ancien testament, dans Isaïe, comme « Celui qui va faire du nouveau »(Isaïe 43,19) ou dans le nouveau testament, dans l’Apocalypse « Voici, je fais toutes choses nouvelles » (Apoc.21,5).

Dimanche 11 juin

Le Saint Sacrement – Année A – Jn 6,51-58

« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. »

Le Saint sacrement, c’est le sacrement du corps du Christ qui se donne à nous en nourriture. Y a-t-il encore besoin d’un tel sacrement ? Par le baptême nous avons déjà en nous la vie du Christ. Avons nous encore besoin de quelque chose d’autre ? Apparemment oui, puisque le Christ nous dit :« Je suis le pain de vie »(Jean6,48). « Le pain que je donne, est ma chair pour la vie du monde.Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, vous n’avez pas la vie en vous » C’est que le baptême, c’est une naissance à la vie divine, et de même qu’après sa naissance, le nouveau né a besoin de se nourrir pour développer sa vie naturelle, humaine, de même après le baptême, nous avons besoin du pain de vie que le Christ veut nous donner pour développer la vie surnaturelle, divine en nous. Car le baptême n’est pas un bain dans lequel nous serions dissous, anéantis en Dieu, mais un bain dans lequel nous sommes plongés dans une communion avec le Seigneur où nous demeurons des personnes libres et donc susceptibles de rejeter ou d’accepter et de renforcer cette communion. Après avoir reçu le baptême, nous demeurons des pécheurs exposés au danger de céder à la tentation de nous séparer de Dieu. Nous avons donc besoin d’une nourriture, qui alimente et renforce la vie nouvelle que nous venons de recevoir .

Cette nourriture, le Christ l’appelle le pain de vie et il précise « Le pain que je donnerai, c’est ma chair donnée pour que le monde ait la vie. Mais quand il nous dit : il faut vous nourrir de moi pour avoir la vie éternelle, parce que celui qui me mange vivra par moi, de quel moi s’agit-il ? Du moi livré pour nous. Ce n’est pas le moi de Jésus enfant à Nazareth, ni le moi de Jésus annonçant l’Evangile que nous recevons dans la communion, mais le moi de Jésus donnant sa vie pour nous sur la croix. Ce qui veut dire que la vie, qu’il est indispensable de recevoir dans la communion pour mener une vie chrétienne, puisque le Christ insiste :« Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, vous n’avez pas la vie en vous », c’est une vie où on donne sa vie pour les autres.Autrement dit, je ne suis pas chrétien, je ne mène pas une vie chrétienne, si je ne donne pas ma vie pour les autres. Donner sa vie pour les autres, ce n’est pas quelque chose de facultatif. Je peux être chrétien que je dise mon chapelet ou non, que je porte ma médaille de baptême autour du cou ou non, mais je ne peux pas être chrétien si je ne donne pas ma vie pour les autres.

Mais qu’est-ce que ça veut dire donner sa vie pour les autres ? Est–ce qu’il faut mourir martyr sur une croix comme le Christ ? Bien sûr que non. Se mettre au service des autres, servir les autres, c’est déjà une manière de donner sa vie pour eux. Que faut-il donc faire pour servir les autres ? Rien. Rien d’autre que ce que nous faisons déjà. Regardez bien : dans toutes nos activités, dans toutes les professions il y a toujours un aspect de service des autres. Un agriculteur qui cultive du blé ou des pommes de terre contribue à nourrir la société, un commerçant dépanne les gens de son quartier, un médecin qui soigne les malades, un enseignant dans son école, un policier dans son commissariat, un conseiller municipal ou un employé de mairie, une maman au foyer ou un conducteur de bus scolaire, tous d’une manière ou d’une autre sont au service des autres. « Et ce que vous aurez fait pour le plus petit d’entre les miens, c’est pour moi que vous l’aurez fait » (Mt.25,40)L’évangile d’aujourd’hui nous invite être attentifs à cette dimension de service des autres qu’il y a dans toutes les professions que nous exerçons et dans toutes les occupations qui remplissent nos journées. Nous avons tendance à ne voir dans nos activités et nos professions que le bénéfice financier qu’elles rapportent et souvent nous méprisons ou nous ignorons l’ aspect de service qu’elles renferment. Il n’y a qu’à voir comment on parle d’une femme au foyer, on la définit négativement : « sans profession ». Comme si élever des enfants et créer une atmosphère chaleureuse dans le foyer, c’était là des choses négligeables et sans valeur, puisqu’elles n’entraînent pas de gain d’argent, tandis que tapoter sur un ordinateur dans un bureau ou servir à boire dans un bistrot serait infiniment plus respectable ! Le service des autres, ce n’est pas n’importe quoi. Le service, c’est l’agir de l’amour, c’est de l’amour en actes et ça n’a pas de prix. Peut-être sommes nous trop préoccupés par l’argent que notre travail nous rapporte. Tant mieux si notre profession et notre travail nous permettent de bien gagner notre vie et de subvenir comme il convient aux besoins de notre famille, c’est très important, bien sûr. Mais notre travail vaut plus que l’argent qu’il nous rapporte. Il y a de l’amour dedans et ça, ça n’a pas de prix. D’ailleurs quand on est au service des autres, on est en parfaite communion avec le Christ. tout autant qu’en recevant une hostie à la messe.C’est tellement vrai que la 4° Prière Eucharistique reprend quasiment mot pour mot le récit du lavement des pieds dans l’évangile pour introduire la consécration de la messe :

Lavement des pieds
1°) Quand l’heure fut venue de passer de ce monde au Père
2°)Lui qui avait aimé les siens qui étaient dans le monde
3°)Au cours du repas, Jésus se leva de table, prit un linge
Quatrième Prière Eucharistique
1°) Quand l’heure fut venue où tu allais le glorifier
2°)Lui qui avait aimé les siens qui étaient dans les aima jusqu’à l’extrême le monde les aima jusqu’au bout
3°)Pendant le repas qu’il partageait avec ses et lava les pieds de ses disciples disciples, il prit le pain….

Que retenir de tout cela ? 

Le Saint Sacrement, c’est le sacrement du Christ qui donne sa vie pour nous. L’évangile d’aujourd’hui nous rappelle l’obligation absolue que nous avons de donner notre vie pour les autres si nous voulons être chrétiens. On ne peut pas être chrétien si on ne donne pas sa vie pour les autres. Et pour arriver à donner sa vie pour les autres tous les jours sans faiblir, nous avons besoin de nous nourrir du pain de vie, du sacrement du Christ donnant sa vie pour nous.

Donner sa vie pour les autres autres ne signifie pas qu’il faille s’imposer des sacrifices terriblement exigeants, héroïques et spectaculaires. Cela se vit normalement à travers notre travail quotidien qui comporte toujours un aspect de service des autres. Nous ne nous en rendons pas compte et surtout nous n’y accordons pas assez d’attention, mais nous sommes tous les jours en train de servir les autres à travers nos activités professionnelles ou l’accomplissement de notre devoir d’état. Saint Exupery parlant quelque part de vieilles dames qui s’usaient le yeux à broder des chasubles d’or pour leur Dieu disait « elles allaient ne le sachant pas, les mains pleines d’étoiles. » Moi, je crois que vous tous, tant que vous êtes, à travers tout ce que vous faites du matin au soir, vous allez ne le sachant pas les mains pleines d’étoiles.

Dimanche 4 juin

Sainte Trinité – Année A – Jn 3,16-18

« Dieu a envoyé son Fils, pour que, par lui, le monde soit sauvé. »

La Trinité, qu’est-ce que c’est ? Et puis, que Dieu soit Trinité ou pas, quelles conséquences cela entraîne-t-il  pour nous aujourd’hui ?

La Trinité, c’est le mystère d’un seul Dieu en trois personnes : le Père, le Fils et le St Esprit. Le mot Trinité a été inventé par les théologiens dans les tout premiers siècles de l’Eglise.   Mais la Trinité est déjà présente dans l’Evangile où le Christ, qui se fait connaître comme le Fils, parle constamment du « Père qui l’a envoyé » (Jean6,13) et de « l’Esprit qui nous fera accéder à la vérité tout entière » (Jean16,13). Comment est-il possible que trois personnes ne fassent qu’un, dans le respect de l’intégrité de chacune d’elles,  sans que l’une d’entre elles n’absorbe les deux autres ou sans que l’ensemble des trois ne donne une sorte d’alliage où l’individualité des personnes ne disparaisse, comme le cuivre et le zinc disparaissent en donnant le laiton ? Une seule chose peut faire que trois personnes soient tellement unies qu’elles ne fassent qu’un, tout en respectant l’intégrité de chacune d’elles, c’est l’amour. Dans la Trinité aucune personne n’est centrée sur elle-même, mais chacune est tournée vers les deux autres. Le Père ne joue pas son jeu à lui : « Le Père aime le Fils, il a tout remis entre ses mains » (Jean3,35). Le Fils non plus ne joue pas son jeu à lui : « Je suis descendu du ciel, non pas pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jean6,38) Et l’Esprit n’est pas une entité à part, c’est l’Esprit du Père et du Fils . Donc, la Trinité, qu’est-ce que c’est ? C’est un dynamisme d’amour circulant entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint.

Mais, pour nous aujourd’hui, qu’est-ce que ça peut faire que Dieu soit Trinité ou pas ? A quoi ça sert que Dieu soit Trinité ? Eh bien, il se trouve que c’est parce qu’il y a la Trinité, dynamisme d’amour, qu’il y a un monde et des hommes dedans. En effet ce dynamisme d’amour circulant entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint n’ a pas pu rester enfermé sur lui-même. Il a débordé, explosé à l’extérieur et ce fut la création. Le Père, le Fils et l’Esprit, c’est plus fort qu’eux. Ils ne peuvent pas rester entre eux, dans le confort tranquille de leur entente profonde. Ils ont envie de partager tout ce qu’ils ont et tout ce qu’ils sont. Ils ont envie de faire être des choses, d’autres  êtres autour d’eux. Si nous sommes là aujourd’hui et s’il y a un monde autour de nous, c’est parce qu’au départ, il y a Dieu, dynamisme d’amour qui a voulu faire exister d’autres êtres, avec, au sommet, des hommes créés à son image, dont il désire faire ses fils adoptifs, et avec qui il veut partager sa mentalité, son intimité, son bonheur et sa vie éternelle.

S’il en est ainsi, alors, l’amour, avant  même d’être une qualité ou une vertu comme le courage ou la volonté, est la loi fondamentale de tout ce qui existe, c’est l’énergie créatrice, c’est la loi du progrès  et de l’évolution (Teilhard).  « Aimez vous les uns les autres » (Jean13,31), cette parole est un commandement de charité, oui, mais avant d’être un commandement de charité, c ‘est d’abord comme la loi structurelle essentielle, fondamentale de la vie, du progrès et de l’évolution. Et, autre conséquence : l’égoïsme, avant d’être un défaut ou un péché est une pathologie ,une maladie mortelle de l’être, une force qui détruit la vie.

Bien. Très bien. C’est magnifique cette Trinité, dynamisme d’amour. Mais maintenant qu’est-ce qu’on fait ? Est-ce que nous pouvons rester là à applaudir Dieu. Bravo ! Vive Dieu ! Vive la Trinité !  Cette Trinité a-t-elle un impact dans notre vie de chaque jour ?  Il se trouve que la  Trinité, ce dynamisme d’amour, n’est pas restée inerte dans son ciel. Dieu a envoyé son Fils dans le monde. Pourquoi ?Pas pour faire une tournée d’inspection ou condamner les pécheurs,  mais « pour que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité », (1Ti.2,8) pour que nous puissions nous accrocher à lui, croire en lui, nous greffer sur lui, afin d’accéder et participer à la vie trinitaire. En Jésus Christ, Dieu Trinité s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu comme dit St Irénée. Encore faut-il que nous accueillions le Seigneur qui s’approche. Encore faut-il  croire  en lui et  demander le baptême par lequel nous sommes greffés sur cette vie trinitaire.

Il ne nous reste plus ensuite qu’à entretenir cette greffe  dans le cadre d’une vie que nous voulons maintenir branchée sur Dieu, inspirée par l’ Evangile, qui  est comme le mode d’emploi de cette vie. Ce n’est pas facile, facile. C’est exigeant de se maintenir à niveau, en communion avec le Seigneur.  Par égoïsme et orgueil, constamment, nous sommes tentés de faire ce qui nous plaît, sans nous occuper de rien ni de personne et surtout pas de Dieu. Mais si nous restons fidèles, lui ne nous abandonne pas. Il nous le répète constamment dans l’Ecriture : les hommes,  ?  « Je ne cesserai pas de leur faire du bien » (Jer.12,40) Et St Paul expliquait aux Corinthiens  » nous tous qui réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur,  puisque créés à l’image de Dieu, nous sommes transformés en cette même image, toujours plus glorieuse, comme il convient à l’action du Seigneur qui est Esprit » (2Cor.3,18). La plupart du temps nous en sommes inconscients, c’est dommage, mais chaque fois que   nous faisons ou nous disons quelque chose de bien, puisqu’il n’y a qu’une seule source de bien, c’est Dieu, Dieu est là, avec nous, agissant en nous, nous conformant toujours plus à lui,

 Et si, en cours de route, le péché abîme notre communion avec Dieu le sacrement de réconciliation répare les dégâts. D’autre part, chaque fois que nous participons à l’Eucharistie de la messe, nous nous offrons au Seigneur et le prêtre demande au Seigneur, (c’est la prière précédant immédiatement la consécration), : ces offrandes, sanctifie les par ton Esprit , pour qu’elles deviennent pour que nous devenions le corps et le sang de J.C.N.S. Autrement dit chaque fois que nous participons à la messe, nous sommes transformés, devenant  toujours davantage semblables au Christ, toujours davantage à l’image de Dieu Trinité.

Que retenir de tout cela ? 

La Trinité, c’est le nom qu’on donne à Dieu pour dire qu’il est un dynamisme d’amour circulant entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Ce dynamisme d’amour n’a pas pu rester en circuit fermé, entre le Père, le Fils et l’Esprit . Il a débordé, éclaté au dehors. C’est comme ça que la création  s’est produite, avec tout ce qu’elle contient et les hommes au sommet, créés à l’image de Dieu, destinés à devenir ses fils adoptifs et à partager son bonheur et sa vie éternelle.

Que Dieu soit Trinité, qu’est-ce que ça peut faire pour nous aujourd’hui ? Si Dieu-Trinité n’ existait pas, il n’y aurait rien, ni univers ni humanité qui le peuple. Le dynamisme d’amour de la Trinité est la loi fondamentale, l’énergie créatrice de tout ce qui existe, la loi qui gouverne le progrès et l’évolution. Par conséquent l’amour avant même d’être une qualité ou une vertu comme le courage ou la volonté,  est d’abord la loi fondamentale, l’énergie créatrice de tout ce qui existe et l’égoïsme, avant même d’être un défaut ou un péché, est une  pathologie, une maladie mortelle, destructrice de toute vie.

Dieu-Trinité veut nous faire participer à sa vie, au dynamisme d’amour qui le constitue. Mais il ne nous oblige pas à y entrer de force. Encore faut-il que  nous demandions   à entrer dans ce dynamisme d’amour par le baptême. Voilà où réside l’extraordinaire dignité, la valeur infiniment précieuse, la véritable grandeur de tout homme., beaucoup plus que dans l’argent ou le pouvoir d’écraser les autres. Dommage  que des foules de braves gens autour de nous l’aient complètement oublié.  Inconscients, ils marchent « à côté de leurs pompes ».Prions pour eux. « La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant et la vie humaine, c’est de voir Dieu » disait St Augustin. La gloire de Dieu c’est l’homme vivant de son dynamisme d’amour  et pour nous, vivre c’est entrer toujours plus avant dans ce dynamisme d’amour de Dieu.

Dimanche 28 mai

Pentecôte – Année A – Jn 20,19-23

« De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie : recevez l’Esprit Saint. »

La première lecture, tirée du livre des Actes des Apôtres nous rapporte la venue du St Esprit sur les apôtres le jour de la Pentecôte. Mais l’évangile nous rapporte une autre descente de  l’Esprit St. sur les apôtres le soir de Pâques. Qu’est-ce que cela veut dire ? En réalité, il n’y a pas eu une seule descente de l’Esprit Saint sur les apôtres. Chaque fois qu’ils comprenaient une parole  du Christ, il fallait  que l’Esprit St soit descendu sur eux et les ait éclairés, sinon la parole de Dieu serait demeurée hors de leur atteinte.  Mais la venue du St Esprit était alors comme une venue en passant,  tandis que le jour de la Pentecôte il vient pour demeurer en permanence chez les apôtres, et sa venue s’accompagne alors de phénomènes extraordinaires : un bruit comme un violent coup de vent, des langues de feu qui se posent sur chacun des « douze apôtres qui s’expriment alors chacun  selon le don de l’Esprit…. et chacun des assistants entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient ». On s’entend, on se comprend. C’est l’anti-Babel.

                                         Soyons francs :Le  St Esprit reste pour nous quelque chose de flou. Dieu Père, cela nous parle. Un père nous savons ce que c’est. Dieu Fils, Jésus Christ, c’est encore plus clair. En se faisant homme comme nous, il s’est rendu  accessible. Mais le St Esprit, ça reste un peu vague,  c’est comme le vent  : le vent on ne le voit pas. Mais on perçoit très bien  ses effets : on l’entend souffler, on voit les feuilles des arbres bouger et la poussière s’envoler sur son passage. De même le St Esprit, on ne le voit pas, mais on en perçoit  très bien les effets  Après la Pentecôte, on ne reconnaît plus les apôtres. Avant la Pentecôte, ils se tenaient peureux,  enfermés au cénacle par crainte des Juifs. Après la Pentecôte, ils sortent, pleins d’audace, annoncer partout la Bonne Nouvelle et sans broncher, ils affrontent l’ opposition violente des milieux juifs orthodoxes, les persécutions  et même  le martyr.  Avant la Pentecôte, souvent, ils ne comprenaient pas ce que disait le Christ. Presque découragé, le Christ finit par leur direle soir du jeudi St.:  » J’ai encore bien des chose à vous dire,mais vous n’êtes pas à même de les supporter. Quand il viendra lui, l’Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité tout entière » (Jean16,12,13 ) Après la Pentecôte, ce ne sont plus des apôtres hésitants, à la doctrine un peu floue, qui avaient du mal à comprendre l’enseignement de Jésus et plus d’une fois l’interprétaient de travers, désormais, pleins d’assurance, ils proclament  la Bonne Nouvelle dont ils ont présentement la pleine intelligence. Et puis le bouleversement, le plus spectaculaire peut-être, c’est que désormais Dieu fait entendre sa parole à des gens venant de partout, parlant toutes sortes de langues C’est le début de la mondialisation de l’évangile annoncée par le Christ le jour de l’Ascension « Vous allez recevoir la puissance de l’Esprit Saint…Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités du monde. » (Actes1,8 ).Le christianisme jusque là limité au monde Juif devient  catholique kat’olèn ten gèn, répandu par toute la terre. Dieu fait entendre l’Evangile à toutes les nations  qui se retrouvent profondément unis dans la même foi.

Et sur nous aujourd’hui, quels sont les effets de l’Esprit Saint ?  Les mêmes  que sur les apôtres. D’abord  il éclaire notre intelligence, par exemple en nous permettant de comprendre  tout le sens d’une parole de Dieu qui jusqu’alors ne nous avait pas frappé. Voici qu’aujourd’hui, elle nous touche et nous rapproche de Dieu. En effet,  la connaissance que l’Esprit St.  nous donne de la parole de Dieu n’est pas une connaissance abstraite et froide qui nous laisserait indifférents et ne changerait rien à notre manière de vivre comme la connaissance d’un théorème de géométrie ou d’une recette de cuisine  .Dès qu’on commence à comprendre quelque chose Dieu ,si peu que ce soit , on découvre qu’il est bon et miséricordieux et donc on se met à l’aimer,  et parce qu’on l’aime, on commence à suivre ses lois et commandements  Le Seigneur nous avait déjà  annoncé cette transformation qu’il opérerait en  nous  :« Je vous donnerai un coeur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau…………et je ferai que vous marchiez selon mes lois  et que vous observiez mes coutumes » (Ez36,26,27) dit-il en Ezechiel. Autrement dit, l’Esprit St, qu’est-ce qu’il fait ? Il agit en chacun au niveau de son intelligence qu’il éclaire, de son coeur qu’il transforme  et finalement au niveau de sa vie quotidienne en  donnant à chacun la force et le courage  modifier sa manière de vivre, ce qui n’est pas étonnant puisque  la parole de Dieu que l’Esprit St nous fait comprendre, c’est une parole de vie, une parole à vivre. En outre,  tous ceux qui sont ainsi touchés par l’Esprit, d’où qu’ils viennent, à travers les cinq continents, se trouvent désormais rassemblés  dans une même foi qui les unit au plus profond d’eux-mêmes. ns  impressionnants du jour de la première Pentecôte : veAujourd’hui encore c’est chaque jour que l’Esprit Saint agit en nous, même s’il n’y a plus  les    manifestationts violents,  langues de  feu, parler en langues.  Mais comment faire pour repérer le passage de  l’Esprit et entendre sa voix ? D’abord il faut l’appeler dans la prière, lui demander de nous guider ,comme le psalmiste  « Fais moi comprendre et je vivrai » (ps.118,144) Ensuite il faut être attentif à nos mouvements intérieurs. Chaque fois que quelque chose, un évènement dont nous sommes témoins,une parole entendue, nous touche au coeur et nous fait comprendre quelque chose de Dieu, c’est l’Esprit St qui nous instruit. Cela peut être une parole de l’évangile,  quelque chose que nous avons entendu dans une conversation ou une homélie, à la radio,  à la télé, quelque chose que nous avons vu dans la rue ou autour de nous :  la délicatesse, l’attention aux autres dans les familles, le dévouement dans les hôpitaux autour des malades, l’entraide, la solidarité vis à vis des personnes âgées ou des migrants. On nous a appris à faire  notre examen de conscience pour repérer nos péchés, c’est bien, Mais est-ce que nous faisons quelquefois notre examen de conscience pour repérer la présence de l’Esprit St. qui nous pousse à faire le bien ? Ce serait idiot de passer plus de temps à chercher après ses péchés qu’à chercher après le Bon Dieu.

Que retenir de tout cela ? 

Nous célébrons aujourd’hui la descente du St Esprit sur les apôtres. Le St Esprit c’est comme le vent : on ne le voit pas mais on l’entend souffler et on voit la poussière s’envoler sur son passage. Le St Esprit on ne le voit pas mais on voit ses effets. Il a profondément transformé les apôtres. Avant de l’avoir reçu, ils ne comprenaient pas grand chose aux paroles du Christ. Désormais ils en ont la pleine intelligence et ils annoncent partout l’évangile avec autorité. Avant , ils avaient peur des Juifs orthodoxes, désormais ils n’ont plus peur de rien et ils affronteront les persécutions et le martyr. Après la Pentecôte  l’évangile  n’est plus annoncé  aux Juifs seulement mais à tous les hommes de tous les pays   et dans toutes les langues. C’est le début de la mondialisation, de la catholicité de l’Evangile qui unit des hommes venant de partout au plus profond d’eux-mêmes dans une même foi en vue de l’accomplissement du dessein de « Dieu notre Sauveur qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » comme dira plus tard St Paul (1Tim.2,4).

Pour nous aujourd’hui l’Esprit Saint nous fait comprendre la parole de Dieu, transforme notre coeur et nous fait aimer Dieu. Et  surtout il met en nous une force qui déclenche notre adhésion à l’évangile et nous fait  vivre  en chrétiens. Nous avons du mal à repérer son passage, parce qu’il est discret. On le représente sous l’image de la colombe parce que la colombe n’a pas un cri aigu, mais un roucoulement sourd. Pour percevoir son passage, appelons le dans la prière et pensons à relever tout ce qui dans nos journées nous a touchés et rapprochés de Dieu. C’est d’autant plus urgent que le Seigneur nous envoie vers tous ceux qui nous entourent et qui, n’arrivent entendre la voix du Seigneur qui les guide. « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie »

Dimanche 21 mai

7ème Dimanche du temps pascal – Année A – Jn 17,1-11

« Père, glorifie ton Fils. »

« Père, glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie ». Une fois encore le Christ nous déconcerte. Lui qui a voulu venir au monde dans l’extrême discrétion, à l’écart d’un village perdu de Judée et vivre complètement ignoré de tous dans une bourgade de Galilée, lui qui se cachait lorsqu’il faisait une guérison miraculeuse et demandait sévèrement à la personne guérie de ne rien dire à personne, lui qui s’est esquivé lorsqu’on a voulu le faire roi après la multiplication des pains, le voilà qu’il demande maintenant à être glorifié. Qu’est-ce que ça veut dire ?

D’abord il faut savoir que dans la Bible, la gloire ne désigne pas la renommée, le panache, le prestige extérieur de quelqu’un, mais sa valeur réelle, son poids, son importance, le respect qu’il inspire. Or Dieu, ce qu’il est réellement,fondamentalement, essentiellement, c’est Amour. Par conséquent, La gloire de Dieu, c’est son Amour, qui manifeste l’éclat de sa sainteté . Et donc, « Père, glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie », cela veut dire : Que l’amour du Fils pour les hommes soit révélé afin qu’il révèle à son tour l’amour du Père qui veut le salut de l’humanité.. Or où se montre cet amour du Fils qui constitue sa gloire ? Dans toute sa vie mais surtout dans sa Passion et sa mort sur la croix où Il donne sa vie pour nous. Et « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » (Jean15,13 ) Donc en même temps que la Passion et la mort du Christ révèlent l’amour du Christ elles révèlent aussi sa gloire, puisque la gloire du Christ c’est son amour. D’ailleurs parlant aux apôtres de sa Passion imminente, le Seigneur dira « Elle est venue, l’heure où le Fils de l’homme doit être glorifié » (Jean10,23)

Nous avons du mal à comprendre cela. Presque toujours nous pensons que la Passion du Christ et sa mort sur la croix sont une défaite humiliante que sa résurrection vient venger au matin de Pâques. C’est pour nous que la passion et la mort du Christ sont un motif de honte puisque c’est à cause de nos péchés qu’elles ont eu lieu, mais pour le Christ sa passion et sa mort loin d’être une honte, sont une manifestation de sa gloire parce qu’elles révèlent la toute puissance de son amour qui tel un tsunami irrépressible a recouvert et noyé toute la puissance du mal. Si bien que finalement la prière du Christ « Père, glorifie ton Fils afin que ton Fils te glorifie » revient à dire : « Père que ma passion et ma mort sur la croix arrivent, puisque c’est là que vont se manifester éminemment mon amour et ma gloire afin qu’ils manifestent à leur tour ton amour et ta gloire.« 

La gloire du Père, c’est que, dans son amour, il veut que tous les hommes aient la vie éternelle, Mais pour avoir la vie éternelle, il faut qu’ils connaissent le Père et le Christ qu’il a envoyé. Et connaître le Père et le Christ, ce n’est pas simplement le connaître avec mon intelligence, comme je connais M. Macron ou M Poutine : je sais qui c’est. Non, connaître Dieu, c’est expérimenter une communion avec lui. C’est de l’ordre du coeur plutôt que de l’ordre de la tête, de l’ordre du vécu plutôt que de l’ordre du seul savoir. La connaissance de Dieu, ce n’est pas un simple savoir . C’est une connaissance complètement différente de mes autres connaissances, c’est une connaissance qui change , ma manière de vivre. Savoir que Tokyo est la capitale du japon, cela ne change pas ma façon de vivre. Tandis que connaître Dieu, connaître le Christ m’amène à changer ma vie. Je renais avec lui dans une vie nouvelle. Jouant sur les mots, on dit quelquefois très justement que connaître Dieu, c’est co-naître avec lui, re-naître avec lui dans une vie nouvelle.

Quelle promotion pour nous ! Nous voilà intimes avec le créateur ! Voilà où réside la dignité et la valeur infiniment précieuse de tout homme. « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu ? Le temple de Dieu est sacré et ce temple, c’est vous » écrivait St Paul aux Corinthiens (1Cor.3,16,17).Malheureusement, nous méconnaissons généralement notre véritable grandeur. On place couramment la valeur de quelqu’un dans sa richesse ou sa puissance. Souvent, on entend dire un tel ou un tel vaut tant de millions de dollars . Et tout le monde connaît le mot de Staline : le pape, combien de divisions ? Cela ne veut pas dire que notre monde est uniquement peuplé de tyrans sanguinaires et de businessmen sans coeur. Des millions de braves gens, s’efforcent de constituer des familles heureuses et stables, ils essaient d’élever leurs enfants le mieux possible. Ingénieurs, médecins, enseignants, techniciens ou hommes politiques nous inondent de réalisations spectaculaires qui améliorent notre vie

Mais on est de plus en plus préoccupé en constatant que le progrès ne nous apporte pas toujours le monde meilleur qu’il nous faisait espérer Sans parler des engins de mort toujours plus performants qu’il permet de fabriquer, on voit de plus en plus les effets pervers des techniques qu’il utilise : pollution, déclin de la qualité de la vie, désastres écologiques, etc. Le pire étant qu’en se complexifiant les techniques s’emballent et échappent à notre contrôle. Devant les perspectives inquiétantes qu’ouvre l’intelligence artificielle, par exemple, les chercheurs, sérieusement alarmés cherchent à freiner un mouvement qui nous entraîne vers un inconnu angoissant.

L’évangile d’aujourd’hui nous presse d’abandonner les mirages de l’argent, de la puissance des armes ou de celle de l’intelligence humaine pour rejoindre le réel. Et le réel c’est que nous venons du Père, que chaque jour nous sommes en route vers lui et que nous finirons par rentrer chez lui.Quand on se procure quelque chose dans un magasin, on l’utilise toujours dans la pensée de celui qui l’a fabriquée. Eh bien tâchons d’utiliser notre vie dans la pensée de celui qui l’a fabriquée. Il nous a d’ailleurs fourni le mode d’emploi : l’évangile.

Que retenir de tout cela ? 

La gloire de Dieu c’est son Amour qui manifeste l’éclat de sa sainteté. Quand il demande d’être glorifié, le Christ demande que soit révélé son Amour qui révèle à son tour l’Amour du Père. Et c’est dans sa passion et sa mort sur la croix que se révèlent et son amour et sa gloire. L’évangile aujourd’hui nous invite donc à voir dans la passion et la mort du Christ sur la croix une manifestation triomphale de sa gloire où la toute puissance de son amour, tel un tsunami, recouvre et noie toute le puissance du mal.

Cet évangile nous rappelle aussi le projet de Dieu qui dans son amour nous donne de le connaître au point de co-naître avec lui dans une vie nouvelle et éternelle. C’est là que réside la dignité et la valeur infiniment précieuse de tout homme et non pas dans la richesse ou le pouvoir d’écraser les autres. A nous de choisir : passer à côté de notre vie ou rejoindre la vie réelle. La vie réelle, elle vient de Dieu. Dans la vie réelle nous avançons chaque jour vers Dieu pour nous retrouver le jour venu au seuil de la maison du Père, où Il nous attend pour nous accueillir.

Dimanche 14 mai

6ème Dimanche du temps pascal – Année A – Jn 14, 15-21

« Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur. »

Nous sommes le Jeudi Saint au soir et le Christ fait ses adieux aux apôtres. Il leur annonce qu’il va s’en aller mais qu’il ne les abandonne pas : Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. Les apôtres ont du mal à comprendre. Il leur annonce clairement qu’il va s’en aller, qu’ils ne le verront plus de leurs yeux : D’ici peu le monde ne me verra plus. Mais en même temps il leur annonce non moins clairement : je ne vous abandonne pas, je serai toujours là. Puisqu’il annonce qu’il ne sera plus là physiquement, mais qu’il sera là quand même, il faut donc qu’il revienne autrement que physiquement. C’est ce qu’il s’évertue à expliquer  : je serai là par mon Esprit qui sera en vous. je m’en vais, vous ne me verrez plus. Mais je vais prier le Père et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous, l’Esprit de vérité….Il sera en vous. Les apôtres ne sont pas ravis et nous non plus.Ils préféreraient continuer à le voir de leurs yeux, de l’entendre de leurs oreilles et de le toucher de leurs mains  et nous aussi, nous préférerions voir le Christ de nos yeux.

Pourtant la présence du Seigneur en nous par son Esprit est plus avantageuse que ne  serait sa présence physique à nos côtés. D’abord la présence physique  de quelqu’un est nécessairement limitée localement. Si le Seigneur est à Jérusalem, il ne peut pas être en même temps à Béthanie. S’il est à Rome, il ne peut pas être en même temps auprès de nous ici à Lille. Ensuite, c’est un fait que Jésus n’arrive pas à faire comprendre son message aux apôtres. Il faut qu’il y ait quelque chose d’autre, comme l’intervention de l’Esprit  Saint pour qu’ils arrivent à comprendre, ainsi qu’il  le  dit ce même soir du Jeudi Saint :  « J’ai encore bien des choses à vous dire, mais vous n’êtes pas à même de les supporter ; lorsque viendra l’Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité tout entière. » (Jean 16,12-13) Et en effet, alors que le jour de l’Ascension, ils en étaient encore à demander au Christ : « Est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour  Israël ? » (Actes1,6), montrant par là leur incompréhension de la mission du Messie, alors que même après la Résurrection, ils s’enfermaient encore par crainte des Juifs, tout d’un coup, à partir de la Pentecôte, ce petit groupe  d’hommes sans instruction, sans moyens, sans argent, se met à prêcher avec assurance la Bonne Nouvelle affrontant sans crainte les oppositions,  les persécutions et même le martyr et bientôt le christianisme sera une religion universelle, répandue par toute la terre. L’Esprit Saint,  reçu le jour de la Pentecôte,  1°) leur a donné la pleineintelligence de la parole du Seigneur, 2°) leur a donné la force et le courage d’affronter toutes les difficultés, jusqu’à accepter le martyr et 3°) et leur a permis d’annoncer l’Evangile partout.

                                     Nous autres, aujourd’hui encore, par nous-mêmes, nous sommes incapables de comprendre la parole. Si nous arrivons à comprendre quelque chose au Seigneur et à son Evangile, c’est parce que l’Esprit Saint ouvre nos intelligences et nos coeurs. Comment cela ? Lorsque par exemple en priant, en lisant l’Evangile ou en écoutant une homélie, une parole nous frappe, nous touche, c’est l’Esprit Saint qui agissant en nous nous fait comprendre quelque chose du mystère de Dieu. Et il n’agit pas seulement lorsque nous sommes en prière. L’Esprit Saint parle aussi à notre coeur à travers une parole entendue dans une conversation, à travers quelque chose que nous voyons dans la rue ou  la télé, ou encore à travers une réflexion qui nous vient à l’esprit en voyant la beauté de la création ou en voyant les prodiges que le génie des hommes parvient à réaliser grâce à l’intelligence que Dieu leur a donnée. Pensez aux merveilles de la chirurgie moderne, aux opérations infiniment complexes d’un ordinateur ou d’un simple téléphone portable qui tient dans le ceux de la main et dont le fonctionnement est tributaire des satellites de communication. Tout nous parle de Dieu. Regardons autour de nous. Ouvrons nos yeux et nos oreilles. Mais surtout  ouvrons nos coeurs, car c’est dans nos coeurs que l’Esprit du Seigneur est à l’oeuvre. Il nous l’avait fait savoir dès les jours de Jérémie : « Je vous donnerai un coeur capable de me connaître ». (Jer.24,7).

Mais c’est un fait : au long de nos journées,nous n’entendons pas Dieu nous parler, pourquoi ? Nous ne le voyons pas agir, pourquoi ? Demandez à n’importe quel bon chrétien : quand est-ce que Dieu vous a parlé  pour la dernière fois ?  Il ne sait que dire. Mais si vous lui demandez quand est-ce que le démon vous a parlé pour la dernière fois ? il trouve tout de suite une réponse. Curieux !!! On dirait que ous croyons mieux au démon que nous en croyons en Dieu ! Nous savons identifier les tentations.  Tant mieux ! Mais nous ne savons pas identifier les invitations, les appels que Dieu nous adresse. Dommage !Quoi faire pour nous apercevoir qu’il est là ? Peut-être pourrions nous chaque soir, passer en revue notre journée pour voir où il était. Aujourd’hui, qu’est-ce qui m’a rapproché de Dieu ? qu’est-ce qui m’a fait comprendre quelque chose sur Dieu ? Un moment de prière ? Une parole entendue à la messe ou dans la rue ? Un geste de bonté ? Attention : il n’y a qu’une source de bien dans le monde, c’est Dieu. Donc chaque fois que quelqu’un dit ou fait quelque chose de bien attention ! Dieu est là. Peut-être faudrait-il faire systématiquement, tous les jours, notre examen de conscience sur le bien que nous faisons sur le bien que les autres font, sur tout ce que nous avons vu de bien dans le journée afin de nous entraîner à reconnaître la présence de Dieu au milieu de nous.

Que retenir de tout cela ? 

La présence du Seigneur au milieu de nous par son Esprit est encore plus bénéfique que sa présence physique. L’Esprit Saint a réussi à faire chez les apôtres ce que même le Christ n’avait pas réussi à faire. Il les a amenés à la complète intelligence de sa parole, leur a donné la force de triompher de tous les obstacles, de supporter même le martyr et les a rendus capables d’annoncer l’Evangile par toute la terre.

Aujourd’hui encore, le Seigneur est présent au milieu de nous et en nous par son Esprit. Mais encore faut-il nous connecter pour parvenir à l’entendre. Exactement comme pour entendre les messages que les ondes nous transmettent , même si j’ai un poste radio, encore faut-il l’allumer pour entendre quelque chose, il faut être connecté.

Que faut-il faire pour se connecter sur l’Esprit Saint ? Etre attentifs à nos mouvements intérieurs pour repérer ce qui nous a rapproché de Dieu dans la journée: quelque chose de beau dans la création, une parole ou un geste qui nous ont touchés. En d’autres termes se maintenir dans une attitude de recherche et d’écoute. Avant même  de nous dire dans  l’évangile « Cherchez et vous trouverez »(Mt.7,7) le Seigneur nous assurait déjà en Jérémie :« Vous me trouverez pour m’avoir cherché de tout votre coeur… Je me laisserai trouver par vous ».(Jer.29,13,14)

Dimanche 7 mai

5ème Dimanche du temps pascal – Année A – Jn 14, 1-12

« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. »

Nous sommes le Jeudi Saint au soir. L’atmosphère est lourde. Les apôtres sont tristes et inquiets. Après leur avoir annoncé la trahison de Judas, voici que Jésus leur déclare qu’il va partir pour une destination où ils ne peuvent le suivre « là où je vais, vous ne pouvez pas venir » A la tristesse que leur cause l’annonce d’une séparation imminente, s’ajoute une certaine déception : ils espéraient que ce serait lui qui délivrerait Israël de l’occupation romaine et lui rendrait son indépendance politique et sa grandeur, mais tout indique qu’il n’en est pas question. Jésus tente de les réconforter :« Que votre coeur ne se trouble pas ! » « Je pars vous préparer une place mais je reviendrai et je vous emmènerai afin que là où je suis vous soyez, vous aussi.Pour aller où je suis, vous connaissez le chemin »……. « Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie ».  Mais cela n’apaise pas les apôtres. Ils ne veulent pas que le Christ s’en aille. Ils sont tellement heureux d’être  avec lui, d’écouter son enseignement, d’être témoins de ses miracles. Ils voudraient que cela dure toujours. Pourquoi partir on ne sait où, même si c’est pour s’y retrouver avec lui ? Ce que les apôtres aimeraient, c’est que le Christ reste avec eux, là où ils sont, mais pas qu’il les emmène ailleurs.

Nous autres aujourd’hui, nous avons souvent la même attitude que les apôtres. Nous sommes attachés au Seigneur, nous avons confiance en lui, nous l’aimons pour tout ce qu’il nous apporte et nous souhaitons qu’il nous aide toujours davantage dans nos difficultés,  mais nous n’allons pas jusqu’à vouloir et aimer ce qu’il veut pour nous. Comme les apôtres, nous voudrions le confiner dans nos projets, mais nous ne sommes guère ouverts aux siens.  Quand nous l’entendons nous dire : « Je vais vous préparer une place…et là où je suis, vous serez vous aussi », nous sommes troublés et même  inquiets. Les perspectives de l’au-delà ne font pas partie de nos préoccupations courantes. Tous les jours nous avons à faire face à des obligations qui ne peuvent pas attendre :  soucis de santé, contrariétés avec les enfants ou les petits enfants qui n’évoluent pas toujours comme on le souhaiterait, problèmes professionnels.  La vie moderne nous entraîne dans   un rythme de plus en plus accéléré, dangereux pour  notre santé, notre équilibre psychologique personnel et familial. Enfermés dans l’instant, dans l’immédiat, notre horizon  bouché, nous empêche de voir plus loin.  Avez vous remarqué le nombre de personnes qui vont,  affairées, une tablette devant le visage, ne voyant pas beaucoup plus loin que le bout de leur nez, c’est le cas de le dire ?

Et voilà que l’évangile tout-à-coup nous rappelle que la vie ne consiste pas seulement à faire le plus de choses possibles, le plus rapidement possible, mais   que la vie a un sens, que nous sommes sur une trajectoire, que ça vient de quelque part et que ça va quelque part. Le Seigneur nous sort de notre engourdissement pour nous rappeler que de tout façon ça va se terminer par le retour à la maison du Père. Cela nous secoue un peu. Mais savoir où on va, ce n ‘est pas une catastrophe, au contraire. Et bien, maintenant que nous savons où nous allons, il va falloir garder le bon cap et veiller à ce que nos multiples activités ne nous entraînent pas dans toutes les directions. Il s’agit de faire que  notre vie de famille,notre travail, nos activités,  tout ça,  soit vécu en relation, en fonction et compte tenu du but final de notre vie qui est le retour à la maison du Père.

Concrètement comment faire pour que notre travail, nos activités soient vécus  en relation, en fonction et compte tenu du but final de notre vie qui est le retour à la maison du Père ? La plupart du temps nous  pensons que le travail  c’est quelque chose qui nous coupe de Dieu. C’est  complètement faux .C’est vrai que quand on travaille on n’a pas le temps de penser à Dieu ou de  prier. Pourtant quand y regarde de près, on s’aperçoit  que le travail, peut aussi être un moyen de rejoindre Dieu et de rester uni à lui, comme la prière, mais autrement. Pourquoi ?  Parce que le travail nous permet de répondre à la vocation à laquelle le Seigneur nous a appelés. Grâce à son salaire, fruit  de son travail, le père de famille subvient aux besoins de ceux que Dieu lui a confiés.  D’autre part, le travail, quel qu’il soit, est toujours un service des autres . Le commerçant dépanne les familles du voisinage, l’instituteur éduque les enfants du quartier, le médecin   soigne les malades, la femme au foyer prépare les repas de tous les membres de la famille, l’entreprise de bâtiment en construisant une maison va faire le bonheur de ceux qui vont l’habiter, Or, « ce que vous ferez au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le ferez » (MT.25,40). De plus quand nous travaillons  nous utilisons et développons  les talents qu’il nous a donnés : le courage, l’intelligence etc.,  Et puis surtout notre travail, quel qu’il soit peut contribuer au développement et à l’extension de la création : les maçons qui construisent un logement, quand il est achevé, il y a là quelque chose qui n’était pas là auparavant, les jardiniers de la commune qui plantent des massifs de fleurs à travers la ville, tous développent et améliorent la création du Bon Dieu. C’est donc une complètement faux de croire  que la prière est  le seul moyen de s’unir à Dieu et d’être en communion avec lui. D’ailleurs le Seigneur nous  met  en garde  cette illusion « il ne suffit pas de me dire Seigneur ! Seigneur ! pour entrer dans le Royaume des cieux, il faut faire la volonté de mon Père » (Mt.7,21) « Quoi que vous fassiez, faites le pour la gloire de Dieu » nous recommande St Paul (2Cor.10,31). Mais pour cela encore faut-il  que nous gardions présent à l’esprit  le but final final de nos actions  et de notre vie. Tout est là.

Car le travail qui peut et doit nous unir à Dieu et nous maintenir en communion avec lui, peut aussi  nous éloigner de Dieu et même nous couper de lui, si nous oublions le but final de notre existence Par exemple quand on se lance frénétiquement dans le travail  uniquement dans le but de gagner de l’argent par tous les moyens,  même en volant et en exploitant les autres, ou quand on fabrique des engins de destruction et de mort. Le travail des hommes, qui peut contribuer au développement et au progrès de la création, peut tout aussi bien contribuer à sa destruction. On peut planter des parterres de fleurs, ou semer des tapis  de bombes.

Le tout est de faire que notre travail,  nos activités ne nous coupent pas   de notre but final, mais qu’ils soient faits en fonction , en relation et compte tenu du but final de notre vie,   vers lequel nous avançons jour après jour. Cela me fait penser aux hommes   de quart que je voyais dans la passerelle d’un  chalutier sur lequel je m’étais embarqué pour une campagne de pêche. J’étais surpris et presque choqué de voir qu’ils causaient tranquillement, tout en fumant leur cigarette et en écoutant distraitement France Musique, apparemment très détendus, mais en y regardant de plus près, je me suis aperçu qu’ils ne quittaient des yeux  la boussole et que toute leur attention restait  concentrée sur le cap à tenir.

Que retenir de tout cela ? 

« Je pars vous préparer une place….afin que là où je suis, vous soyez vous aussi », nous dit le Christ dans l’évangile d’aujourd’hui. Bousculés par le tourbillon de nos activités, entraînés  par le rythme trépidant de la vie moderne, préoccupés par tout ce qu’il faut faire immédiatement, sans attendre, nous risquons de nous enfermer dans un présent étroit qui bouche notre horizon et nous empêche de voir plus loin. L’ évangile aujourd’hui nous rappelle que le terme de notre vie, c’est le retour dans la maison du Père. Que nous le voulions ou non, que nous y pensions ou non, nous avançons chaque jour vers la maison du  Père. Il faudrait voir à garder le cap. A chacun de voir : je navigue ou je dérive ?

Dimanche 30 avril

4ème Dimanche du temps pascal – Année A – Jn 10,1-10

« Je suis la porte des brebis. »

Dans l’A.T.,Israël est fréquemment présenté comme le troupeau de Dieu. Le Seigneur lui a suscité des bergers au long des siècles : Moïse, Josué David etc. Mais devant les maladresses et les abus de pouvoir de certains mauvais bergers, le Seigneur finalement a décidé de reprendre les choses en mains « Vous avez laissé s’égarer mes brebis ! mais je rassemblerai moi-même le reste de mes brebis » (Jer.23,2,3) dit il en Jérémie. Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus se présente comme le vrai berger qui est venu pour que tout le troupeau ait la vie et l’ait en abondance.……………………………………………Peut-être que cette parabole du Bon Pasteur ne nous dit pas grand chose, parce que des bergers, des moutons, nous n’en voyons jamais, sauf à la télévision dans les publicités pour les fromages de brebis !!! J’ai eu la chance, un jour, dans les Alpes, de rencontrer un berger, de causer avec lui et de voir de près à quoi ressemblait sa vie. Il était seul dans la montagne, loin de tout village, avec ses deux chiens, exposé jour et nuit aux intempéries, sans aucun abri, veillant sans relâche sur son troupeau, le guidant vers les bons pâturages, repérant les bêtes malades, celles qui boitent ou s’éloignent du gros du troupeau. Il se nourrissait surtout de laitages. Une fois par semaine seulement, on lui montait de la nourriture solide du village. Rien à voir avec les bergers légèrement efféminés des images pieuses qui conduisent nonchalamment quelques brebis, des rubans roses autour du cou !!! Et en voyant la vie très rude de ce berger je me suis rendu compte que la parole de Jésus « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jean10,11) n’avait rien d’exagéré.

En remarquant que des brebis qui s’éloignaient dangereusement revenaient vers le gros du troupeau, à la voix du berger qui les rappelait, j’ai compris que l’évangile ne raconte pas d’ histoires, quand il dit que les brebis connaissent la voix du berger et lui obéissent. Mais là où ce berger m’a stupéfié, c’est lorsqu’ il m’a raconté : Je suis venu en train avec un troupeau de 500 bêtes depuis la Provence. Quand les employés de la SNCF ont fait descendre mes bêtes sur le quai de la gare de Modane, j’ai vu tout de suite qu’il en manquait deux !!! J’ai compris alors que les paroles de Jésus : « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent » (Jean10,14) n’ont rien d’ une exagération poétique, mais correspondent à une réalité vraie. Jésus, le meilleur pasteur qui soit, peut, en toute vérité, se comparer à un berger qui prend soin de chacune de ses brebis qu’il appelle par son nom. C’est là ce qui nous touche le plus dans cette parabole: ainsi donc le Seigneur, créateur de l’univers s’intéresserait à chacun, connaîtrait chacun par son nom, veillerait sur chacun, aurait de projets pour chacun, donc pour moi aussi, pour ma famille… Nous avons peine à le croire. Pourtant il nous le disait déjà du temps d’ Isaïe « Ne crains pas, car je t’ai racheté; je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi…parce que tu comptes beaucoup à mes yeux, que tu as du prix et que moi, je t’aime. » (Isaïe43,1,4 )

En découvrant cela nous ne pouvons pas nous empêcher de nous demander : Mais, au fait, moi, est-ce que j’écoute sa voix ? Ou bien est-ce que je fais à mon idée, pour le mieux, sans faire de tort à personne, mais en oubliant complètement qu’il a des projets pour moi, pour ma famille,aujourd’hui, cette semaine, ? En cette journée de prière pour les vocations rappelons nous que les vocations ce n’est pas pour les autres. Chacun est appelé par le Seigneur à quelque chose .

Mais comment savoir à quoi il m’appelle, comment reconnaître sa parole, comment identifier sa volonté ? En la cherchant. Et la cherchant dans notre prière, comme St François d’Assise qui, tous les jours, demandait : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? » ……..Il n’y aura pas de révélations spectaculaire ni d’apparitions miraculeuses mais le Seigneur va déposer sa réponse à notre prière dans notre esprit et notre coeur. Il faudra donc faire extrêmement attention à nos mouvements intérieurs et au déroulement de nos pensées.Car il y a trois sortes de pensées en nous. Celles qui viennent de nous ou des autres autour de nous, celles qui viennent du démon, on les appelle des tentations, et puis il y a des pensées qui viennent de Dieu. Les pensées qui viennent de Dieu, nous poussent vers le bien et apportent la paix à tous ceux qui, tout bonnement essaient de vivre en chrétiens. Dieu parle à notre intelligence et à notre coeur. Le livre du Deutéronome le disait déjà il y a 28 siècles de cela « La Parole n’est pas au-delà de tes moyens ni hors de ton atteinte. Elle n’est pas dansles cieux qu’il te faille dire :Qui montera pour nous aux cieux, nous la chercher, que nous l’entendions pour la mettre en pratique ? Elle n’est pas au-delà des mers qu’il te faille dire : Qui ira pour nous au-delà des mers nous la chercher que nous l’entendions pour la mettre en pratique Car la Parole est tout dans tout ce qui me passe près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton coeur). »(Deut.30,11-14)

Une pensée qui vient de Dieu, on la reconnaît à ce que, toujours, elle me touche, soit qu’elle m’apprenne quelque chose sur Dieu que je n’avais pas compris jusque là, soit qu’elle me pousse à faire quelque chose de bien, soit qu’elle me montre quelque chose de bien ou de beau. Cela peut arriver n’importe où et n’importe quand, au cours d’une prière, à la messe, pendant une homélie, ou dans une conversation chez moi, en regardant la télévision, en conduisant ma voiture, en marchant dans la rue. Une autre manière très simple de repérer la présence de Dieu qui nous parle, c’est de chercher ce que moi, ou quelqu’un autour de moi, avons fait de bien pendant la journée. Car il n’y a qu’une source de bien dans le monde, c’est Dieu. Par conséquent chaque fois que quelqu’un dit ou fait quelque chose de bien dans le monde, Dieu est là. Et si pendant la journée trop occupés par autre chose nous n’étions pas en ligne pour entendre ce que nous disait le Seigneur, prenons un moment le soir pour revoir notre journée et relever les messages

Que retenir de tout cela ? 

Le Seigneur est le seul guide capable de nous diriger au long de notre vie. Comme un bon berger, il veille sur chacune de ses brebis. Il nous conduit jour après jour dans le but de nous donner la vie en abondance.Comme St François d’Assise demandons sans cesse dansnotre prière :Seigneur, que veux-Tu que je fasse ?Soyons aussi très attentifs à écouter sa voix en repérant tout ce qui nous a touchés et attirés vers lui au long de nos journées. D’autant plus que d’autres voix de mauvais bergers nous sollicitent : « le bien , le mal, la religion, le masculin, le féminin, tout ça n’existe pas. Ce sont des inventions que la société cherche à vous imposer. Choisissez ce que vous voulez être, ce que vous voulez faire en toute indépendance. Personne n’a le droit de vous imposer quoi que ce soit en ce qui relève de votre vie privée. »Je pense ici aux théories du genre, au wokisme et autres doctrines farfelues qui distillent actuellement leur poison mortel auprès des jeunes dans les écoles et les universités. N’allons pas nous laisser piéger par les idées à la mode. Puissions nous avoir le même bon sens et la même détermination que St Pierre disant à Jésus « Seigneur, à qui irions nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » (Jean6,68)