François Battez

Dimanche 21 mai

7ème Dimanche du temps pascal – Année A – Jn 17,1-11

« Père, glorifie ton Fils. »

« Père, glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie ». Une fois encore le Christ nous déconcerte. Lui qui a voulu venir au monde dans l’extrême discrétion, à l’écart d’un village perdu de Judée et vivre complètement ignoré de tous dans une bourgade de Galilée, lui qui se cachait lorsqu’il faisait une guérison miraculeuse et demandait sévèrement à la personne guérie de ne rien dire à personne, lui qui s’est esquivé lorsqu’on a voulu le faire roi après la multiplication des pains, le voilà qu’il demande maintenant à être glorifié. Qu’est-ce que ça veut dire ?

D’abord il faut savoir que dans la Bible, la gloire ne désigne pas la renommée, le panache, le prestige extérieur de quelqu’un, mais sa valeur réelle, son poids, son importance, le respect qu’il inspire. Or Dieu, ce qu’il est réellement,fondamentalement, essentiellement, c’est Amour. Par conséquent, La gloire de Dieu, c’est son Amour, qui manifeste l’éclat de sa sainteté . Et donc, « Père, glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie », cela veut dire : Que l’amour du Fils pour les hommes soit révélé afin qu’il révèle à son tour l’amour du Père qui veut le salut de l’humanité.. Or où se montre cet amour du Fils qui constitue sa gloire ? Dans toute sa vie mais surtout dans sa Passion et sa mort sur la croix où Il donne sa vie pour nous. Et « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » (Jean15,13 ) Donc en même temps que la Passion et la mort du Christ révèlent l’amour du Christ elles révèlent aussi sa gloire, puisque la gloire du Christ c’est son amour. D’ailleurs parlant aux apôtres de sa Passion imminente, le Seigneur dira « Elle est venue, l’heure où le Fils de l’homme doit être glorifié » (Jean10,23)

Nous avons du mal à comprendre cela. Presque toujours nous pensons que la Passion du Christ et sa mort sur la croix sont une défaite humiliante que sa résurrection vient venger au matin de Pâques. C’est pour nous que la passion et la mort du Christ sont un motif de honte puisque c’est à cause de nos péchés qu’elles ont eu lieu, mais pour le Christ sa passion et sa mort loin d’être une honte, sont une manifestation de sa gloire parce qu’elles révèlent la toute puissance de son amour qui tel un tsunami irrépressible a recouvert et noyé toute la puissance du mal. Si bien que finalement la prière du Christ « Père, glorifie ton Fils afin que ton Fils te glorifie » revient à dire : « Père que ma passion et ma mort sur la croix arrivent, puisque c’est là que vont se manifester éminemment mon amour et ma gloire afin qu’ils manifestent à leur tour ton amour et ta gloire.« 

La gloire du Père, c’est que, dans son amour, il veut que tous les hommes aient la vie éternelle, Mais pour avoir la vie éternelle, il faut qu’ils connaissent le Père et le Christ qu’il a envoyé. Et connaître le Père et le Christ, ce n’est pas simplement le connaître avec mon intelligence, comme je connais M. Macron ou M Poutine : je sais qui c’est. Non, connaître Dieu, c’est expérimenter une communion avec lui. C’est de l’ordre du coeur plutôt que de l’ordre de la tête, de l’ordre du vécu plutôt que de l’ordre du seul savoir. La connaissance de Dieu, ce n’est pas un simple savoir . C’est une connaissance complètement différente de mes autres connaissances, c’est une connaissance qui change , ma manière de vivre. Savoir que Tokyo est la capitale du japon, cela ne change pas ma façon de vivre. Tandis que connaître Dieu, connaître le Christ m’amène à changer ma vie. Je renais avec lui dans une vie nouvelle. Jouant sur les mots, on dit quelquefois très justement que connaître Dieu, c’est co-naître avec lui, re-naître avec lui dans une vie nouvelle.

Quelle promotion pour nous ! Nous voilà intimes avec le créateur ! Voilà où réside la dignité et la valeur infiniment précieuse de tout homme. « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu ? Le temple de Dieu est sacré et ce temple, c’est vous » écrivait St Paul aux Corinthiens (1Cor.3,16,17).Malheureusement, nous méconnaissons généralement notre véritable grandeur. On place couramment la valeur de quelqu’un dans sa richesse ou sa puissance. Souvent, on entend dire un tel ou un tel vaut tant de millions de dollars . Et tout le monde connaît le mot de Staline : le pape, combien de divisions ? Cela ne veut pas dire que notre monde est uniquement peuplé de tyrans sanguinaires et de businessmen sans coeur. Des millions de braves gens, s’efforcent de constituer des familles heureuses et stables, ils essaient d’élever leurs enfants le mieux possible. Ingénieurs, médecins, enseignants, techniciens ou hommes politiques nous inondent de réalisations spectaculaires qui améliorent notre vie

Mais on est de plus en plus préoccupé en constatant que le progrès ne nous apporte pas toujours le monde meilleur qu’il nous faisait espérer Sans parler des engins de mort toujours plus performants qu’il permet de fabriquer, on voit de plus en plus les effets pervers des techniques qu’il utilise : pollution, déclin de la qualité de la vie, désastres écologiques, etc. Le pire étant qu’en se complexifiant les techniques s’emballent et échappent à notre contrôle. Devant les perspectives inquiétantes qu’ouvre l’intelligence artificielle, par exemple, les chercheurs, sérieusement alarmés cherchent à freiner un mouvement qui nous entraîne vers un inconnu angoissant.

L’évangile d’aujourd’hui nous presse d’abandonner les mirages de l’argent, de la puissance des armes ou de celle de l’intelligence humaine pour rejoindre le réel. Et le réel c’est que nous venons du Père, que chaque jour nous sommes en route vers lui et que nous finirons par rentrer chez lui.Quand on se procure quelque chose dans un magasin, on l’utilise toujours dans la pensée de celui qui l’a fabriquée. Eh bien tâchons d’utiliser notre vie dans la pensée de celui qui l’a fabriquée. Il nous a d’ailleurs fourni le mode d’emploi : l’évangile.

Que retenir de tout cela ? 

La gloire de Dieu c’est son Amour qui manifeste l’éclat de sa sainteté. Quand il demande d’être glorifié, le Christ demande que soit révélé son Amour qui révèle à son tour l’Amour du Père. Et c’est dans sa passion et sa mort sur la croix que se révèlent et son amour et sa gloire. L’évangile aujourd’hui nous invite donc à voir dans la passion et la mort du Christ sur la croix une manifestation triomphale de sa gloire où la toute puissance de son amour, tel un tsunami, recouvre et noie toute le puissance du mal.

Cet évangile nous rappelle aussi le projet de Dieu qui dans son amour nous donne de le connaître au point de co-naître avec lui dans une vie nouvelle et éternelle. C’est là que réside la dignité et la valeur infiniment précieuse de tout homme et non pas dans la richesse ou le pouvoir d’écraser les autres. A nous de choisir : passer à côté de notre vie ou rejoindre la vie réelle. La vie réelle, elle vient de Dieu. Dans la vie réelle nous avançons chaque jour vers Dieu pour nous retrouver le jour venu au seuil de la maison du Père, où Il nous attend pour nous accueillir.

Dimanche 14 mai

6ème Dimanche du temps pascal – Année A – Jn 14, 15-21

« Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur. »

Nous sommes le Jeudi Saint au soir et le Christ fait ses adieux aux apôtres. Il leur annonce qu’il va s’en aller mais qu’il ne les abandonne pas : Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. Les apôtres ont du mal à comprendre. Il leur annonce clairement qu’il va s’en aller, qu’ils ne le verront plus de leurs yeux : D’ici peu le monde ne me verra plus. Mais en même temps il leur annonce non moins clairement : je ne vous abandonne pas, je serai toujours là. Puisqu’il annonce qu’il ne sera plus là physiquement, mais qu’il sera là quand même, il faut donc qu’il revienne autrement que physiquement. C’est ce qu’il s’évertue à expliquer  : je serai là par mon Esprit qui sera en vous. je m’en vais, vous ne me verrez plus. Mais je vais prier le Père et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous, l’Esprit de vérité….Il sera en vous. Les apôtres ne sont pas ravis et nous non plus.Ils préféreraient continuer à le voir de leurs yeux, de l’entendre de leurs oreilles et de le toucher de leurs mains  et nous aussi, nous préférerions voir le Christ de nos yeux.

Pourtant la présence du Seigneur en nous par son Esprit est plus avantageuse que ne  serait sa présence physique à nos côtés. D’abord la présence physique  de quelqu’un est nécessairement limitée localement. Si le Seigneur est à Jérusalem, il ne peut pas être en même temps à Béthanie. S’il est à Rome, il ne peut pas être en même temps auprès de nous ici à Lille. Ensuite, c’est un fait que Jésus n’arrive pas à faire comprendre son message aux apôtres. Il faut qu’il y ait quelque chose d’autre, comme l’intervention de l’Esprit  Saint pour qu’ils arrivent à comprendre, ainsi qu’il  le  dit ce même soir du Jeudi Saint :  « J’ai encore bien des choses à vous dire, mais vous n’êtes pas à même de les supporter ; lorsque viendra l’Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité tout entière. » (Jean 16,12-13) Et en effet, alors que le jour de l’Ascension, ils en étaient encore à demander au Christ : « Est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour  Israël ? » (Actes1,6), montrant par là leur incompréhension de la mission du Messie, alors que même après la Résurrection, ils s’enfermaient encore par crainte des Juifs, tout d’un coup, à partir de la Pentecôte, ce petit groupe  d’hommes sans instruction, sans moyens, sans argent, se met à prêcher avec assurance la Bonne Nouvelle affrontant sans crainte les oppositions,  les persécutions et même le martyr et bientôt le christianisme sera une religion universelle, répandue par toute la terre. L’Esprit Saint,  reçu le jour de la Pentecôte,  1°) leur a donné la pleineintelligence de la parole du Seigneur, 2°) leur a donné la force et le courage d’affronter toutes les difficultés, jusqu’à accepter le martyr et 3°) et leur a permis d’annoncer l’Evangile partout.

                                     Nous autres, aujourd’hui encore, par nous-mêmes, nous sommes incapables de comprendre la parole. Si nous arrivons à comprendre quelque chose au Seigneur et à son Evangile, c’est parce que l’Esprit Saint ouvre nos intelligences et nos coeurs. Comment cela ? Lorsque par exemple en priant, en lisant l’Evangile ou en écoutant une homélie, une parole nous frappe, nous touche, c’est l’Esprit Saint qui agissant en nous nous fait comprendre quelque chose du mystère de Dieu. Et il n’agit pas seulement lorsque nous sommes en prière. L’Esprit Saint parle aussi à notre coeur à travers une parole entendue dans une conversation, à travers quelque chose que nous voyons dans la rue ou  la télé, ou encore à travers une réflexion qui nous vient à l’esprit en voyant la beauté de la création ou en voyant les prodiges que le génie des hommes parvient à réaliser grâce à l’intelligence que Dieu leur a donnée. Pensez aux merveilles de la chirurgie moderne, aux opérations infiniment complexes d’un ordinateur ou d’un simple téléphone portable qui tient dans le ceux de la main et dont le fonctionnement est tributaire des satellites de communication. Tout nous parle de Dieu. Regardons autour de nous. Ouvrons nos yeux et nos oreilles. Mais surtout  ouvrons nos coeurs, car c’est dans nos coeurs que l’Esprit du Seigneur est à l’oeuvre. Il nous l’avait fait savoir dès les jours de Jérémie : « Je vous donnerai un coeur capable de me connaître ». (Jer.24,7).

Mais c’est un fait : au long de nos journées,nous n’entendons pas Dieu nous parler, pourquoi ? Nous ne le voyons pas agir, pourquoi ? Demandez à n’importe quel bon chrétien : quand est-ce que Dieu vous a parlé  pour la dernière fois ?  Il ne sait que dire. Mais si vous lui demandez quand est-ce que le démon vous a parlé pour la dernière fois ? il trouve tout de suite une réponse. Curieux !!! On dirait que ous croyons mieux au démon que nous en croyons en Dieu ! Nous savons identifier les tentations.  Tant mieux ! Mais nous ne savons pas identifier les invitations, les appels que Dieu nous adresse. Dommage !Quoi faire pour nous apercevoir qu’il est là ? Peut-être pourrions nous chaque soir, passer en revue notre journée pour voir où il était. Aujourd’hui, qu’est-ce qui m’a rapproché de Dieu ? qu’est-ce qui m’a fait comprendre quelque chose sur Dieu ? Un moment de prière ? Une parole entendue à la messe ou dans la rue ? Un geste de bonté ? Attention : il n’y a qu’une source de bien dans le monde, c’est Dieu. Donc chaque fois que quelqu’un dit ou fait quelque chose de bien attention ! Dieu est là. Peut-être faudrait-il faire systématiquement, tous les jours, notre examen de conscience sur le bien que nous faisons sur le bien que les autres font, sur tout ce que nous avons vu de bien dans le journée afin de nous entraîner à reconnaître la présence de Dieu au milieu de nous.

Que retenir de tout cela ? 

La présence du Seigneur au milieu de nous par son Esprit est encore plus bénéfique que sa présence physique. L’Esprit Saint a réussi à faire chez les apôtres ce que même le Christ n’avait pas réussi à faire. Il les a amenés à la complète intelligence de sa parole, leur a donné la force de triompher de tous les obstacles, de supporter même le martyr et les a rendus capables d’annoncer l’Evangile par toute la terre.

Aujourd’hui encore, le Seigneur est présent au milieu de nous et en nous par son Esprit. Mais encore faut-il nous connecter pour parvenir à l’entendre. Exactement comme pour entendre les messages que les ondes nous transmettent , même si j’ai un poste radio, encore faut-il l’allumer pour entendre quelque chose, il faut être connecté.

Que faut-il faire pour se connecter sur l’Esprit Saint ? Etre attentifs à nos mouvements intérieurs pour repérer ce qui nous a rapproché de Dieu dans la journée: quelque chose de beau dans la création, une parole ou un geste qui nous ont touchés. En d’autres termes se maintenir dans une attitude de recherche et d’écoute. Avant même  de nous dire dans  l’évangile « Cherchez et vous trouverez »(Mt.7,7) le Seigneur nous assurait déjà en Jérémie :« Vous me trouverez pour m’avoir cherché de tout votre coeur… Je me laisserai trouver par vous ».(Jer.29,13,14)

Dimanche 7 mai

5ème Dimanche du temps pascal – Année A – Jn 14, 1-12

« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. »

Nous sommes le Jeudi Saint au soir. L’atmosphère est lourde. Les apôtres sont tristes et inquiets. Après leur avoir annoncé la trahison de Judas, voici que Jésus leur déclare qu’il va partir pour une destination où ils ne peuvent le suivre « là où je vais, vous ne pouvez pas venir » A la tristesse que leur cause l’annonce d’une séparation imminente, s’ajoute une certaine déception : ils espéraient que ce serait lui qui délivrerait Israël de l’occupation romaine et lui rendrait son indépendance politique et sa grandeur, mais tout indique qu’il n’en est pas question. Jésus tente de les réconforter :« Que votre coeur ne se trouble pas ! » « Je pars vous préparer une place mais je reviendrai et je vous emmènerai afin que là où je suis vous soyez, vous aussi.Pour aller où je suis, vous connaissez le chemin »……. « Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie ».  Mais cela n’apaise pas les apôtres. Ils ne veulent pas que le Christ s’en aille. Ils sont tellement heureux d’être  avec lui, d’écouter son enseignement, d’être témoins de ses miracles. Ils voudraient que cela dure toujours. Pourquoi partir on ne sait où, même si c’est pour s’y retrouver avec lui ? Ce que les apôtres aimeraient, c’est que le Christ reste avec eux, là où ils sont, mais pas qu’il les emmène ailleurs.

Nous autres aujourd’hui, nous avons souvent la même attitude que les apôtres. Nous sommes attachés au Seigneur, nous avons confiance en lui, nous l’aimons pour tout ce qu’il nous apporte et nous souhaitons qu’il nous aide toujours davantage dans nos difficultés,  mais nous n’allons pas jusqu’à vouloir et aimer ce qu’il veut pour nous. Comme les apôtres, nous voudrions le confiner dans nos projets, mais nous ne sommes guère ouverts aux siens.  Quand nous l’entendons nous dire : « Je vais vous préparer une place…et là où je suis, vous serez vous aussi », nous sommes troublés et même  inquiets. Les perspectives de l’au-delà ne font pas partie de nos préoccupations courantes. Tous les jours nous avons à faire face à des obligations qui ne peuvent pas attendre :  soucis de santé, contrariétés avec les enfants ou les petits enfants qui n’évoluent pas toujours comme on le souhaiterait, problèmes professionnels.  La vie moderne nous entraîne dans   un rythme de plus en plus accéléré, dangereux pour  notre santé, notre équilibre psychologique personnel et familial. Enfermés dans l’instant, dans l’immédiat, notre horizon  bouché, nous empêche de voir plus loin.  Avez vous remarqué le nombre de personnes qui vont,  affairées, une tablette devant le visage, ne voyant pas beaucoup plus loin que le bout de leur nez, c’est le cas de le dire ?

Et voilà que l’évangile tout-à-coup nous rappelle que la vie ne consiste pas seulement à faire le plus de choses possibles, le plus rapidement possible, mais   que la vie a un sens, que nous sommes sur une trajectoire, que ça vient de quelque part et que ça va quelque part. Le Seigneur nous sort de notre engourdissement pour nous rappeler que de tout façon ça va se terminer par le retour à la maison du Père. Cela nous secoue un peu. Mais savoir où on va, ce n ‘est pas une catastrophe, au contraire. Et bien, maintenant que nous savons où nous allons, il va falloir garder le bon cap et veiller à ce que nos multiples activités ne nous entraînent pas dans toutes les directions. Il s’agit de faire que  notre vie de famille,notre travail, nos activités,  tout ça,  soit vécu en relation, en fonction et compte tenu du but final de notre vie qui est le retour à la maison du Père.

Concrètement comment faire pour que notre travail, nos activités soient vécus  en relation, en fonction et compte tenu du but final de notre vie qui est le retour à la maison du Père ? La plupart du temps nous  pensons que le travail  c’est quelque chose qui nous coupe de Dieu. C’est  complètement faux .C’est vrai que quand on travaille on n’a pas le temps de penser à Dieu ou de  prier. Pourtant quand y regarde de près, on s’aperçoit  que le travail, peut aussi être un moyen de rejoindre Dieu et de rester uni à lui, comme la prière, mais autrement. Pourquoi ?  Parce que le travail nous permet de répondre à la vocation à laquelle le Seigneur nous a appelés. Grâce à son salaire, fruit  de son travail, le père de famille subvient aux besoins de ceux que Dieu lui a confiés.  D’autre part, le travail, quel qu’il soit, est toujours un service des autres . Le commerçant dépanne les familles du voisinage, l’instituteur éduque les enfants du quartier, le médecin   soigne les malades, la femme au foyer prépare les repas de tous les membres de la famille, l’entreprise de bâtiment en construisant une maison va faire le bonheur de ceux qui vont l’habiter, Or, « ce que vous ferez au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le ferez » (MT.25,40). De plus quand nous travaillons  nous utilisons et développons  les talents qu’il nous a donnés : le courage, l’intelligence etc.,  Et puis surtout notre travail, quel qu’il soit peut contribuer au développement et à l’extension de la création : les maçons qui construisent un logement, quand il est achevé, il y a là quelque chose qui n’était pas là auparavant, les jardiniers de la commune qui plantent des massifs de fleurs à travers la ville, tous développent et améliorent la création du Bon Dieu. C’est donc une complètement faux de croire  que la prière est  le seul moyen de s’unir à Dieu et d’être en communion avec lui. D’ailleurs le Seigneur nous  met  en garde  cette illusion « il ne suffit pas de me dire Seigneur ! Seigneur ! pour entrer dans le Royaume des cieux, il faut faire la volonté de mon Père » (Mt.7,21) « Quoi que vous fassiez, faites le pour la gloire de Dieu » nous recommande St Paul (2Cor.10,31). Mais pour cela encore faut-il  que nous gardions présent à l’esprit  le but final final de nos actions  et de notre vie. Tout est là.

Car le travail qui peut et doit nous unir à Dieu et nous maintenir en communion avec lui, peut aussi  nous éloigner de Dieu et même nous couper de lui, si nous oublions le but final de notre existence Par exemple quand on se lance frénétiquement dans le travail  uniquement dans le but de gagner de l’argent par tous les moyens,  même en volant et en exploitant les autres, ou quand on fabrique des engins de destruction et de mort. Le travail des hommes, qui peut contribuer au développement et au progrès de la création, peut tout aussi bien contribuer à sa destruction. On peut planter des parterres de fleurs, ou semer des tapis  de bombes.

Le tout est de faire que notre travail,  nos activités ne nous coupent pas   de notre but final, mais qu’ils soient faits en fonction , en relation et compte tenu du but final de notre vie,   vers lequel nous avançons jour après jour. Cela me fait penser aux hommes   de quart que je voyais dans la passerelle d’un  chalutier sur lequel je m’étais embarqué pour une campagne de pêche. J’étais surpris et presque choqué de voir qu’ils causaient tranquillement, tout en fumant leur cigarette et en écoutant distraitement France Musique, apparemment très détendus, mais en y regardant de plus près, je me suis aperçu qu’ils ne quittaient des yeux  la boussole et que toute leur attention restait  concentrée sur le cap à tenir.

Que retenir de tout cela ? 

« Je pars vous préparer une place….afin que là où je suis, vous soyez vous aussi », nous dit le Christ dans l’évangile d’aujourd’hui. Bousculés par le tourbillon de nos activités, entraînés  par le rythme trépidant de la vie moderne, préoccupés par tout ce qu’il faut faire immédiatement, sans attendre, nous risquons de nous enfermer dans un présent étroit qui bouche notre horizon et nous empêche de voir plus loin. L’ évangile aujourd’hui nous rappelle que le terme de notre vie, c’est le retour dans la maison du Père. Que nous le voulions ou non, que nous y pensions ou non, nous avançons chaque jour vers la maison du  Père. Il faudrait voir à garder le cap. A chacun de voir : je navigue ou je dérive ?

Dimanche 30 avril

4ème Dimanche du temps pascal – Année A – Jn 10,1-10

« Je suis la porte des brebis. »

Dans l’A.T.,Israël est fréquemment présenté comme le troupeau de Dieu. Le Seigneur lui a suscité des bergers au long des siècles : Moïse, Josué David etc. Mais devant les maladresses et les abus de pouvoir de certains mauvais bergers, le Seigneur finalement a décidé de reprendre les choses en mains « Vous avez laissé s’égarer mes brebis ! mais je rassemblerai moi-même le reste de mes brebis » (Jer.23,2,3) dit il en Jérémie. Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus se présente comme le vrai berger qui est venu pour que tout le troupeau ait la vie et l’ait en abondance.……………………………………………Peut-être que cette parabole du Bon Pasteur ne nous dit pas grand chose, parce que des bergers, des moutons, nous n’en voyons jamais, sauf à la télévision dans les publicités pour les fromages de brebis !!! J’ai eu la chance, un jour, dans les Alpes, de rencontrer un berger, de causer avec lui et de voir de près à quoi ressemblait sa vie. Il était seul dans la montagne, loin de tout village, avec ses deux chiens, exposé jour et nuit aux intempéries, sans aucun abri, veillant sans relâche sur son troupeau, le guidant vers les bons pâturages, repérant les bêtes malades, celles qui boitent ou s’éloignent du gros du troupeau. Il se nourrissait surtout de laitages. Une fois par semaine seulement, on lui montait de la nourriture solide du village. Rien à voir avec les bergers légèrement efféminés des images pieuses qui conduisent nonchalamment quelques brebis, des rubans roses autour du cou !!! Et en voyant la vie très rude de ce berger je me suis rendu compte que la parole de Jésus « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jean10,11) n’avait rien d’exagéré.

En remarquant que des brebis qui s’éloignaient dangereusement revenaient vers le gros du troupeau, à la voix du berger qui les rappelait, j’ai compris que l’évangile ne raconte pas d’ histoires, quand il dit que les brebis connaissent la voix du berger et lui obéissent. Mais là où ce berger m’a stupéfié, c’est lorsqu’ il m’a raconté : Je suis venu en train avec un troupeau de 500 bêtes depuis la Provence. Quand les employés de la SNCF ont fait descendre mes bêtes sur le quai de la gare de Modane, j’ai vu tout de suite qu’il en manquait deux !!! J’ai compris alors que les paroles de Jésus : « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent » (Jean10,14) n’ont rien d’ une exagération poétique, mais correspondent à une réalité vraie. Jésus, le meilleur pasteur qui soit, peut, en toute vérité, se comparer à un berger qui prend soin de chacune de ses brebis qu’il appelle par son nom. C’est là ce qui nous touche le plus dans cette parabole: ainsi donc le Seigneur, créateur de l’univers s’intéresserait à chacun, connaîtrait chacun par son nom, veillerait sur chacun, aurait de projets pour chacun, donc pour moi aussi, pour ma famille… Nous avons peine à le croire. Pourtant il nous le disait déjà du temps d’ Isaïe « Ne crains pas, car je t’ai racheté; je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi…parce que tu comptes beaucoup à mes yeux, que tu as du prix et que moi, je t’aime. » (Isaïe43,1,4 )

En découvrant cela nous ne pouvons pas nous empêcher de nous demander : Mais, au fait, moi, est-ce que j’écoute sa voix ? Ou bien est-ce que je fais à mon idée, pour le mieux, sans faire de tort à personne, mais en oubliant complètement qu’il a des projets pour moi, pour ma famille,aujourd’hui, cette semaine, ? En cette journée de prière pour les vocations rappelons nous que les vocations ce n’est pas pour les autres. Chacun est appelé par le Seigneur à quelque chose .

Mais comment savoir à quoi il m’appelle, comment reconnaître sa parole, comment identifier sa volonté ? En la cherchant. Et la cherchant dans notre prière, comme St François d’Assise qui, tous les jours, demandait : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? » ……..Il n’y aura pas de révélations spectaculaire ni d’apparitions miraculeuses mais le Seigneur va déposer sa réponse à notre prière dans notre esprit et notre coeur. Il faudra donc faire extrêmement attention à nos mouvements intérieurs et au déroulement de nos pensées.Car il y a trois sortes de pensées en nous. Celles qui viennent de nous ou des autres autour de nous, celles qui viennent du démon, on les appelle des tentations, et puis il y a des pensées qui viennent de Dieu. Les pensées qui viennent de Dieu, nous poussent vers le bien et apportent la paix à tous ceux qui, tout bonnement essaient de vivre en chrétiens. Dieu parle à notre intelligence et à notre coeur. Le livre du Deutéronome le disait déjà il y a 28 siècles de cela « La Parole n’est pas au-delà de tes moyens ni hors de ton atteinte. Elle n’est pas dansles cieux qu’il te faille dire :Qui montera pour nous aux cieux, nous la chercher, que nous l’entendions pour la mettre en pratique ? Elle n’est pas au-delà des mers qu’il te faille dire : Qui ira pour nous au-delà des mers nous la chercher que nous l’entendions pour la mettre en pratique Car la Parole est tout dans tout ce qui me passe près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton coeur). »(Deut.30,11-14)

Une pensée qui vient de Dieu, on la reconnaît à ce que, toujours, elle me touche, soit qu’elle m’apprenne quelque chose sur Dieu que je n’avais pas compris jusque là, soit qu’elle me pousse à faire quelque chose de bien, soit qu’elle me montre quelque chose de bien ou de beau. Cela peut arriver n’importe où et n’importe quand, au cours d’une prière, à la messe, pendant une homélie, ou dans une conversation chez moi, en regardant la télévision, en conduisant ma voiture, en marchant dans la rue. Une autre manière très simple de repérer la présence de Dieu qui nous parle, c’est de chercher ce que moi, ou quelqu’un autour de moi, avons fait de bien pendant la journée. Car il n’y a qu’une source de bien dans le monde, c’est Dieu. Par conséquent chaque fois que quelqu’un dit ou fait quelque chose de bien dans le monde, Dieu est là. Et si pendant la journée trop occupés par autre chose nous n’étions pas en ligne pour entendre ce que nous disait le Seigneur, prenons un moment le soir pour revoir notre journée et relever les messages

Que retenir de tout cela ? 

Le Seigneur est le seul guide capable de nous diriger au long de notre vie. Comme un bon berger, il veille sur chacune de ses brebis. Il nous conduit jour après jour dans le but de nous donner la vie en abondance.Comme St François d’Assise demandons sans cesse dansnotre prière :Seigneur, que veux-Tu que je fasse ?Soyons aussi très attentifs à écouter sa voix en repérant tout ce qui nous a touchés et attirés vers lui au long de nos journées. D’autant plus que d’autres voix de mauvais bergers nous sollicitent : « le bien , le mal, la religion, le masculin, le féminin, tout ça n’existe pas. Ce sont des inventions que la société cherche à vous imposer. Choisissez ce que vous voulez être, ce que vous voulez faire en toute indépendance. Personne n’a le droit de vous imposer quoi que ce soit en ce qui relève de votre vie privée. »Je pense ici aux théories du genre, au wokisme et autres doctrines farfelues qui distillent actuellement leur poison mortel auprès des jeunes dans les écoles et les universités. N’allons pas nous laisser piéger par les idées à la mode. Puissions nous avoir le même bon sens et la même détermination que St Pierre disant à Jésus « Seigneur, à qui irions nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » (Jean6,68)

Dimanche 23 avril

3ème Dimanche du temps pascal – Année A – Lc 24,13-35

« Il se fit reconnaître par eux à la fraction du pain. »

Cleophas et son compagnon faisaient partie des disciples qui suivaient fidèlement Jésus. Après la passion et la mort du Christ sur la croix, découragés, ils rentrent chez eux. Dans le récit que St Luc nous donne de leur rencontre avec le Ressuscité, deux choses nous surprennent. D’abord le fait qu’ ils ne reconnaissent pas Jésus lorsqu’il les rejoint sur la route, ils devaient pourtant bien le connaître. Et d’autre part le comportement de Jésus qui fait semblant de ne pas être au courant de ce qui vient de se passer à Jérusalem à savoir  sa passion et  sa crucifixion.

Comment se fait-il que les disciples d’Emmaüs ne reconnaissent pas Jésus ?  Pourtant ils l’avaient encore vu de leurs yeux les jours précédents. Les récits des apparitions nous  montrent bien  que le Christ ressuscité n’avait rien d’un fantôme. Les apôtres l’ont vu de leurs yeux et touché de leurs mains . Pourtant le corps du Christ ressuscité n’était pas tout-à-fait pareil à son corps d’avant. Il apparaît et disparaît soudainement sans ouvrir la porte en entrant  et sans la fermer en sortant. Est-ce que son apparence aussi aurait changé ? L’Evangile ne dit rien là-dessus. Toutefois St  Marc faisant allusion à l’apparition aux disciples d’Emmaüs écrit : »Il se manifesta sous un autre aspect à deux d’entre eux qui faisaient route pour se rendre à la campagne » (Marc16,12) Lors de la Transfiguration, le visage de Jésus en gloire était autre. Maintenant que ressuscité il est rentré dans la gloire qui était la sienne avant  son incarnation, il n’est plus à plein temps sur  la terre, il ne fait qu’y passer lors de ses   apparitions.  Même si le ressuscité a un vrai corps d’homme, il est désormais d’un autre monde , on ne peut plus le reconnaître  que dans la foi. Au petit matin du jour de Pâques, lorsqu’il apparaît à Marie Madeleine qui pleure devant le tombeau vide, elle le prend pour le jardinier. Il   n’est pas accessible et pourtant tout proche; il faut qu’il se révèle. Ce qu’il fait en l’appelant par son nom : « Marie » (Jean20,16 ) Rarement prononcé dans le discours direct, le nom, pour un sémite, atteint l’intériorité de l’être. Instantanément l’intimité rompue par la mort est rendue présente, Marie reconnaît Jésus vivant et le salue :« Rabbouni ». Sur le chemin d’Emmaüs les deux disciples, tristes, découragés ne croient plus guère.Il faudra que le Christ réchauffe leur coeur et ranime leur foi pour qu’ils le reconnaissent. C’est ce qu’il a fait en leur expliquant l’Eciture . Une fois qu’il leur eût expliqué, partant de Moïse et de tous les prophètes ce qui le concernait dans l’Ecriture et une fois qu’il eût rompu le pain et le leur eût partagé, « alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent « 

Mais revenons au début du récit. Jésus qui a rejoint les deux disciples leur demande  « De quoi discutez-vous en marchant ? » Ils répliquent Tu n’as donc pas entendu parler des évènements  qui se sont passés à Jérusalem ? Jésus de nouveau demande :« Quels évènements ? » Et faisant semblant de ne pas être au courant il les laisse lui raconter sa passion et sa crucifixion. On peut penser que le Seigneur devait bien rire dans sa barbe ! On dirait bien que le Christ a de l’humour ! Mais on n ‘ose pas dire des choses pareilles. La religion, on ne rit pas avec ces choses là ! Avez-vous jamais vu   une image,un tableau ou une sculpture représentant le Christ souriant. ? C’est dommage. Pour ma part, je crois que nous serons bien étonnés en arrivant au ciel de nous apercevoir que le Bon Dieu est bien moins embêtant qu’on  ne s’imagine !!!

Mais pourquoi le Christ se prête-t-il à ce petit jeu ? Il me semble que c’est pour purger en quelque sorte les deux disciples de leur foi erronée avant de les ramener à la vérité de la  foi. »Nous nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël »confient-ils à Jésus.Ils croyaient qu’ils croyaient en Dieu. En fait ils croyaient seulement dans leurs idées sur Dieu.  Sur le chemin d’Emmaüs, ils croient qu’ils ne croient plus dans le Messie Dieu, alors que c’est seulement dans leurs idées sur le Messie Dieu vu comme libérateur  rendant l’indépendance politique à Israëlqu’ils ne croient plus. Jésus n’a aucun mal à leur faire découvrir ce qu’est vraiment le Messie. Tout heureux et le coeur brûlant tandis qu’en chemin il  leur explique les Ecritures, ils le retiennent à souper avec eux pour en entendre davantage. Et quand ils ont enfin reconnu Jésus, ils courent vite à Jérusalem partager  leur joie et leur foi restaurées avec les apôtres.  

Nous autres aujourd’hui, bien souvent nous sommes comme les disciples d’Emmaüs. Après l’épreuve de la Passion, ils avaient quasiment perdu la foi. Nous aussi après une épreuve,   par exemple après une  grosse déception parce que le Seigneur n’a pas exaucé une de nos  prières, découragés, notre foi s’éteint. Le Seigneur a bien dit « Demandez et vous recevrez » (Jean16,24 ) alors pourquoi notre prière n’est-elle pas exaucée ? Nous sommes déçus,  découragés. Notre foi est-elle morte pour autant ? Il faudrait y regarder de plus près. D’abord  Seigneur  n’a jamais dit Demandez et vous recevrez ce que vous demandez. Il a seulement dit Demandez et vous recevrez. Ne recevant pas ce que  nous avons demandé, alors, comme  les disciples d’Emmaüs, nous sommes découragés,  notre foi s’effondre  nous croyons quelle est morte . En fait ce  n’est pas notre foi en Dieu qui est morte mais notre foi dans nos idées sur Dieu qui est morte. Et quand par la suite quelque chose, une parole d’Ecriture ou un évènement qui survient nous ramène dans  la pleine vérité, alors comme les disciples d’Emmaüs, débarrassés de la foi que nous nous étions fabriquée, nous n’avons plus que celle, bien plus solide, qu’il nous a donnée et comme les disciples d’Emmaüs,nous retrouvons notre joie et notre foi d’avant, désormais renforcées.

Conclusion : les épreuves, les moments de doute peuvent nous amener à perdre la foi, c’est vrai. Mais ils peuvent tout autant nous conduire à une foi plus solide, dégagée de nos idées fausses sur Dieu, débarrassée d’une fausse  compréhension de sa parole. N’ayons pas peur de regarder en face nos doutes et nos questionnements. Si nous n’arrivons pas à trouver la réponse à notre trouble, parlons en à un ami ou à un prêtre mais surtout prions le Seigneur de nous éclairer. Car la foi  on ne l’achète pas avec de l’argent on ne l’acquiert pas avec un savoir ou des diplômes, c’ est un don de Dieu qui, dans son amour, veut partager avec nous tout ce qu’il a et tout ce qu’il est et nous accueillir dans son intimité « Voici que je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et  lui près de moi ». dit l’Ecriture. (Apoc.3,20)

Que retenir de tout cela ? 

L’histoire des disciples d’Emmaüs qui n’arrivent  pas à reconnaître le Seigneur de leurs yeux, montre  que  le Christ ressuscité n’étant plus  présent physiquement parmi nous, nous ne pouvons plus percevoir sa présence que par la foi.

D’autre part qu’est-ce qui a plongé  les disciples d’Emmaüs dans le découragement et le doute ? Leurs idées fausses sur le Messie.  Ils le voyaient comme celui qui  rendrait l’indépendance politique à Israël. Ils pensaient croire en Dieu, ils croyaient seulement dans leurs idées sur Dieu. Plus tard sur le chemin d’Emmaüs, ils croyaient avoir perdu la foi en Dieu, ils avaient seulement perdu la foi dans leurs idées sur Dieu. Nous aussi, ce sont nos idées fausses sur Dieu qui nous plongent parfois dans le découragement et le doute.Une chose est certaine : le doute qui peut nous amener à perdre la foi,  peut tout autant nous conduire à une foi plus solide, parce qu’il nous amène  à nous débarrasser de nos idées fausses sur Dieu et d’une foi bancale

Enfin les disciples d’Emmaüs qui avancent, tristes et découragés, sans  voir le Seigneur à leurs côtés, nous invitent à réagir pour chercher et  découvrir sa présence  à  nos côtés. « Vous me trouverez pour m’avoir cherché de tout votre coeur, je me laisserai trouver par vous » nous assure le Seigneur dans Jérémie. (29,13) Tâchons d’être assez adroits pour ne pas le rater.

Dimanche 16 avril

2ème Dimanche de Pâques ou de la Divine Miséricorde – Année A – Jn 20,19-31

« Huit jours plus tard, Jésus vient. »

Nous sommes au soir du jour de Pâques Les apôtres sont rassemblés. Toutes les portes du lieu où ils se trouvent sont soigneusement fermées par crainte des Juifs dont l’hostilité ne faiblit pas. Ils sont là tristes, découragés, marqués par les évènements tragiques qu’ils viennent de vivre : la passion et la mort du Christ sur la croix, l’ensevelissement et la mise au tombeau. Ils avaient tellement espéré qu’il serait le Messie que tout le monde attendait…. Inquiets, ils se demandent ce qu’il va se passer maintenant. Des bruits courent : Marie Madeleine et deux disciples en route vers Emmaüs prétendent l’avoir vu ressuscité. Mais les apôtres n’en croient rien. Ils sont abattus, désorientés. Soudain « Jésus vint et il était au milieu d’eux« . Voyant qu’ils sont effrayés, il les rassure : « La paix soit avec vous !« Et constatant qu’ils n’arrivent pas à croire que c’est bien lui, il leur montre les plaies de ses mains et de son côté. Convaincus, ils laissent éclater leur joie !

Mais Jésus ne leur est pas apparu seulement en vue de les consoler dans leur accablement ; s’il leur apparaît, c’est aussi dans le but de les envoyer en mission. Déjà au cours des trois année qu’ils avaient passé avec lui, il les avait envoyé pour de courtes missions dans les villages environnants. Aujourd’hui le ton est plus grave et plus solennel : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » Non seulement il n’ a pas un mot de reproche à leur égard pour l’avoir abandonné et s’être enfuis lors de son arrestation, mais il leur fait encore confiance. Ils en sont bouleversés. Afin de les armer pour cette nouvelle mission, il souffle sur eux, reproduisant ainsi le geste primordial où le créateur a insufflé en l’homme un souffle qui fait vivre explique le livre de la Sagesse (15,11). Il s’agit donc ici d’une sorte de nouvelle création par laquelle le Seigneur insuffle en ses disciples sa vie nouvelle ressuscitée, et donc la force de cette vie nouvelle capable de venir à bout du mal, du péché et de la mort. Désormais, ils peuvent partir affronter le monde et construire le royaume. Pâques, la Résurrection ce n’est donc pas une « happy end », le dernier épisode d’une histoire qui finirait bien, c’est le commencement d’une nouvelle étape dans l’histoire du salut, un nouveau départ dans la construction du royaume.

De même que ce jour là il a envoyé ses disciples travailler à l’édification du Royaume, de même aujourd’hui encore, il nous envoie poursuivre la construction de ce Royaume, c’est-à-dire mettre autour de nous toujours plus de vérité, de justice et d’amour. C’est une tâche difficile, c’est vrai. St Paul lui-même en convenait :« Qui donc est à la hauteur d’une telle tâche ? »(2Cor.2,16) Mais il ajoutait tout de suite après : Notre assurance ne vient pas de nous,« c’est de Dieu que vient notre capacité« (2Cor.3,5). Nous ne devons pas oublier que le jour de notre baptême nous avons été greffés sur la vie du Christ ressuscité, nous avons donc en nous cette force du Christ vainqueur du mal, du péché et de la mort. Nous sommes faibles, oui, mais quelle que soit cette faiblesse, avec la force du Christ ressuscité vivant en nous, nous sommes désormais capables d’affronter le monde hostile et d’y travailler pour le transformer en Royaume où règnent la paix, la justice, la charité.

Rappelons nous aussi que le Seigneur ne recrute pas ses apôtres parmi les gens instruits, cultivés, il ignore les élites, même les élites religieuses. Aucun prêtre ni docteur de la Loi parmi ses apôtres qui sont des gens très simples, des pêcheurs plus ou moins illettrés. Ils ont des qualités, mais aussi de sérieux défauts. On trouve dans leurs rangs des incrédules comme Thomas, des renégats comme Pierre et même des adversaires comme Paul qu’il retournera et convertira sur le chemin de Damas. C’est vrai que nous ne sommes pas à la hauteur. Mais n’oublions jamais ce qu’il a dit aux premiers apôtres qu’il a appelés : « Je FERAI de vous des pêcheurs d’hommes.« (Mt.4,10). Il prend n’importe qui pour être ses apôtres, mais il les forme. St Paul dira un jour avec beaucoup de lucidité :« Le Père fait de nous des êtres nouveaux en Jésus Christ en vue des oeuvres bonnes qu’il a préparées à l’avance pour que nous les accomplissions. » (Eph.2,10)

Mais concrètement qu’est-ce qu’il faut faire pour construire le Royaume ? Rien. Rien de spécial, rien d’autre que ce que nous faisons déjà. Mais il faut le faire autrement. En voyant le sens et la portée devant Dieu de notre travail .Car c‘est à travers nos tâches de tous les jours, que nous construisons le Royaume. La plupart du temps, nous pensons que le travail c’est ce qui me permet de gagner de l’argent pour moi et pour les miens , un point c’est tout. C’est faux. N’importe quel travail déborde mon petit milieu, moi, les miens. Il est toujours un service des autres. Le commerçant rend service aux habitants du quartier, le médecin vient au secours des malades, l’enseignant assure l’éducation des plus jeunes. « et ce que vous ferez au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le ferez ».D’autre part n’importe quel travail prolonge toujours d’une manière ou d’une autre la création divine. Les maisons que nous habitons, ce n’est pas Dieu qui les a construites, ce n’est pas le créateur qui y a installé l’eau courante, le gaz, l’électricité, le téléphone, la télévision, ce n’est pas lui qui a fabriqué nos voitures ni les vêtements que nous portons ni les chaises sur lesquelles nous sommes assis. C’est pourquoi il est tout à fait juste de dire qu’ à travers notre travail qui continue l’oeuvre de la création, nous pouvons construire le royaume de Dieu. Mais il va falloir veiller à ne pas faire ce travail n’importe comment, chercher le profit à tout prix par exemple ou exploiter les autres, etc. « Comme vous voulez que les autres agissent envers vous, agissez de même envers eux » (Luc 6,31) Pour nous chrétiens, l’évangile, c’est le mode d’emploi de la vie. Bien des idéologies et des propagandes nous sollicitent. Attention à ne pas prendre les vessies pour des lanternes, bien sûr, mais il y a pire encore, ce serait de prendre les lanternes pour des vessies.

Que retenir de tout cela ? 

L’évangile d’aujourd’hui nous fait comprendre que la résurrection du Christ n’est pas la fin d’une histoire qui se termine bien, une sorte de « happy end » mais le début d’un nouveau chapitre de l’histoire du salut où le Seigneur nous fait l’honneur de nous envoyer poursuivre son oeuvre, construire le Royaume de Dieu sur la terre. Comme le Christ a soufflé sur les apôtres, leur insufflant sa vie nouvelle de ressuscité vainqueur du mal du péché et de la mort, il nous a donné dès le jour de notre baptême de participer à sa vie de ressuscité vainqueur de tout mal, nous rendant capables de transformer notre monde de violence, d’injustice et d’égoïsme en un royaume de paix, de justice et de charité. Il y a tant à faire ! Ne traînons pas les pieds. Parlant des chrétiens, je ne sais plus qui disait « Si noble est le poste que Dieu leur a confié qu’il ne leur est pas permis de déserter »ccablés sur le chemin, ayant perdu toute espérance. C’est donc dans la joie et l’action de grâces mais aussi avec le souci de ceux qui ne partagent pas notre foi que nous renouvellerons maintenant les engagements de notre baptême.

Dimanche 9 avril

Résurrection du Seigneur – Année A

« Reste avec nous car le soir approche. »

Joie et soulagement. Tels sont nos sentiments en ce jour de Pâques. Joie parce que le Christ est ressuscité. Il nous était insupportable de penser à toutes les souffrances de sa Passion et de sa mort sur la croix, d’autant plus que nous avons une part de responsabilité dans ce qui est arrivé. C’est insupportable pour nous de voir un juste persécuté ou des innocents massacrés et aujourd’hui le sort de milliers d’Ukrainiens, des ethnies pourchassés en Chine, en Ethiopie et ailleurs, ou encore le sort des opposants opprimés en URSS et dans tant d’autres pays, nous indigne. A plus forte raison, la passion et la mort du Christ sur la croix nous sont absolument insupportables, Lui qui est passé en faisant le bien, soulageant les misères physiques aussi bien que morales, plein de miséricorde envers n’importe quel pécheur dévoyé, que ce soit un fonctionnaire douteux comme Zachée ou une malheureuse femme adultère, Lui qui est allé jujsqu’à prier pour ses bourreaux : « Père pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23,34) ……………….Aussi sommes nous heureux et soulagés de le voir ressuscité en ce matin de Pâques, victorieux et triomphant du mal, du péché et de la mort.

Mais cette résurrection du Christ n’est pas une sorte de « happy end », ce n’est pas une histoire qui finit bien, marquanrt la fin de la mission du Seigneur sur la terre et la réconciliation des pécheurs avec le Père, c’est le début d’une ère nouvelle, car le triomphe absolu du Christ dépasse sa seule personne et déborde sur toute l’humanité. Ce Jésus ressuscité, c’est J. C. vrai Dieu et vrai homme. En J. C. ressuscité, ce n’est pas seulement la divinité qui est ressuscitée, son humanité aussi est ressuscitée, une humanité entièrement semblable à la nôtre. Donc en J.C. ressuscité, vrai Dieu, mais aussi vrai homme comme nous, le premier homme comme nous est ressuscité. Cela veut dire que la résurrection du Christ transforme et bouleverse le destin de tous les hommes. Il est arrivé quelque chose à la mort, on n’en meurt plus.La résurretion du Christ n’est pas un évènement individuel qui ne concernerait que la personne du Christ, elle est aussi la source et le gage de notre résurrection à venir, comme il l’affirme à plusieurs reprises solennellement dans l’évangile :« Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra,et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais.« (Jean11,25,26)« Je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi.«  (Jean17,24)

Mais notre résurrecion à venir reste quelque chose de bien mytérieux. Toutefois l’évangile nous apporte trois indications sûres. D’abord il nous dit qu’après la mort nous allons ressusciter comme le Christ, c’est-à-dire pour une vie éternelle, qui ne finit pas, et non pas pour une simple prolongation de notre vie terrestre, comme ce fut le cas pour Lazare ou la fille de Jaïre qui après avoir été ressuscités, moururent de nouveau.

Ensuite, et c’est la deuxième indication que nous donne l’évangile, comme le Christ nous ressusciterons avec notre corps. Car le Christ est ressuscité avec son corps. Ses disciples ont pu le voir de leurs yeux et le toucher de leurs mains. Donc nous aussi, nous ressusciterons avec notre corps.

Mais, et c’est la troisième indication donnée par l’évangile, le corps du Christ ressuscité est un corps nouveau, pas tout-à-fait semblable à son corps d’avant la Passion. Lors des apparitions le Christ apparaît et disparaît subitement dans la salle où se trouvent les apôtres sans ouvrir ni fermer la porte. C’est pourquoi on dit que le corps du Christ ressuscité est un corps spirituel. Lors de notre résurrection, nous aurons ce genre de corps, un corps spirituel, comme celui du Christ ressusscité.

Nous avons bien du mal à croire en la résurrection du Christ Nous ne valons guère mieux que les Apôtres Il a fallu qu’ils voient le Christ ressuscité de leurs yeux, qu’ils le touchent de leurs mains, qu’ils mangent et boivent avec lui autour de la même table, pour qu’ils soient enfin

convaincus. Et nous avons encore plus de mal à croire en notre propre résurrection. C’est vrai que tout n’est pas clair. Bien des questions demeurent : quelqu’un qui est mort à 80 ans mais qui avait perdu une jambe dans un accident de voiture à l’âge de cinquante ans, va-t-il ressusciter avec une jambe ou avec deux jambes ? Nous n’en savons rien!!! Restons en aux certitudes que nous donne l’évangile : nous resusciterons pour une vie éternelle, avec un corps nouveau. Pour le reste, nous aurons le la surprise de le découvrir lorsque nous y serons!!!

Mais ce n’est pas seulement après notre mort que nous tirerons parti, si j’ose dire, de la résurrection du Christ. Car le jour de notre baptême, ce n’est pas la vie du petit Jésus ni la vie du Seigneur parcourant la Palestine pour y prêcher l’évangile que nous recevons, mais la vie du Christ ressuscité. Par conséquent, dès maintenant nous sommes greffés sur cette vie nouvelle du Christ ressuscité, vainqueur du mal, du péché et de la mort. Nous devrions toujours garder cela présent à l’esprit. Cela nous donnerait plus d’audace et de courage dans notre lutte contre le mal.

Que retenir de tout cela ? 

C’est pour nous une grande joie et un grand soulagement de célébrer aujourd’hui la résurrection de NSJC. D’autant plus que nous avons une part de responsabilité dans les souffances qu’il a endurées à travers sa Passion et sa Mort sur la croix. Tout cela est arrivé à cause de nos péchés. Aussi, sa Résurrection recouvre d’une joie infinie la tristesse amère et le remords lancinant où sa Passion et sa Mort nous avait plongés.

Mais ce triomphe du Christ n’est pas une sorte de « happy end ». C’est le début d’une ère nouvelle pour toute l’humanité. Car la résurrection du Christ dépasse sa seule personne. Le Christ ressuscité nous entraîne tous dans sa résurrection. Le Christ ressuscité vrai Dieu et vrai homme est le premier homme comme nous qui soit ressuscité. Il est arrivé quelque chose à la mort, on n’en meurt plus. C’est sa volonté que tous ceux qui croient en lui, même s’ils meurent, vivent auprès de lui, là où il est, dans l’éternité. Donc, nous ressusciterons comme le Christ, c’est-à-dire pour une vie éternelle, avec notre corps mais qui sera un corps nouveau.

Mais ce n’est pas seulement après notre mort que nous sommes rattrapés par la résurrection du Christ. Depuis le jour de notre baptême, nous sommes déjà greffés sur la vie nouvelle du Christ ressuscité, vainqueur du mal, du péché et de la mort. Il est avec nous, au long de nos journées et nous pouvons compter sur la force du Christ vainqueur du mal, du péché et de la mort dans les épreuves et les tentations qui jalonnent notre route. Nous avons donc d’excellentes raisons de chanter Alleluia!!!

Mais nous ne pouvons pas en rester à applaudir Dieu sans rien faire. Mettons tout en oeuve pour développer et faire croître cette vie nouvelle, non seulement en pensant à nous, mais aussi avec le souci de tous ceux qui, autour de nous, trop éprouvés par la vie, n’arrivent plus à croire en la résurrection. Tout cela leur paraît trop beau pour être vrai. Qu’ils soient présents dans notre prière tous ces nouveaux disciples d’Emmaüs qui avancent accablés sur le chemin, ayant perdu toute espérance. C’est donc dans la joie et l’action de grâces mais aussi avec le souci de ceux qui ne partagent pas notre foi que nous renouvellerons maintenant les engagements de notre baptême.

Dimanche 2 avril

Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur – Année A

Après le récit de l’entrée à Jérusalem

Pourquoi le Seigneur a-t-il accepté d’entrer triomphalement dans Jérusalem, monté sur un ânon, lui qui d’ordinaire est extrêmement discret ? C’est que l’heure est venue pour celui qui aimait apparaître comme un humble charpentier de village, de se révéler aux yeux de tous comme le Messie annoncé par le prophète Zacharie : « Voici ton roi qui vient vers toi, juste et victorieux, plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne…il proclamera la paix parmi les nations.« (Zach.9,9,10 ) Il n’avance pas monté sur un chval, monture guerrière, mais sur un ânon, symbole de paix et de simplicité. C’est Jésus « doux et humble de coeur » (Mt11,29 ) mais c’est aussi le véritable Messie envoyé par le Père et annoncé par les prophètes.

Après la lecture de la Passion

Le récit de la Passion de Notre Seigneur que nous venons d’entendre nous plonge dans des sentiments contradictoires. D’un côté nous sommes submergés par un profond sentiment de tristesse et de honte, parce que c’est à cause de nos péchés qu’il a souffert tout cela. Mais d’un autre côté, voyant comment les forces du mal ne peuvent venir à bout de l’amour infini de Notre Seigneur : (alors qu’on est en train de le tuer, il prie encore pour ses bourreaux : « Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc, 23,34), c’est-à-dire : Vous pouvez me tuer si vous voulez, moi je vous aime encore), nous sommes émerveillés et remplis d’action de grâces en voyant la puissance de l’amour de Dieu l’emporter sur les forces du mal.

Qu’un juste soit persécuté, un innocent persécuté et mis à mort, nous ne pouvons pas le supporter. Notre gêne et notre malaise sont d’autant plus grands que, nous le savons bien, nous avons notre part de responsabilité dans ce crime. Jésus pourrait dire à chacun d’entre nous : J’ai versé telle goutte de mon sang à cause de toi. C’est bien pourquoi nous ne pouvons pas en rester à des regrets sincères, peut-être mais stériles. Après avoir entendu le récit de tout ce que le Christ a souffert à cause de nous, nous ne pouvons pas ne pas nous décider à changer de vie pour suivre le Christ plus fidèlement à partir de maintenant.

Mais, assez parlé de nous, de nos péchés et de notre responsabilité dans la Passion de Notre Seigneur.Voyons comment lui a abordé ces heures tragiques. Ce n’est pas quelue chose qu’il a subi, qui lui a été imposé, c’est quelque chose qu’il a voulu. Car ce ne sont pas ses ennemis qui se sont emparés de lui pour le tuer, c’est lui qui a donné sa vie. Il l’a bien précisé à ses apôtres le soir du Jeudi Saint « Ma vie, on ne me l’ôte pas, je la donne de moi-même. » (Jean 10,10) Il a voulu, en donnant sa vie, montrer comment la puissance de son amour en dominant les forces du mal, allait manifester sa gloire. C’est pourquoi, ce même Jeudi Saint, il dit encore aux apôtres, parlant de sa

passion et de sa mort imminentes :« L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié » (Jean 12,23) Il a laissé déferler sur lui les forces du mal, du péché et de la mort, mais, tel un tsunami, les flots de son amour infini ont recouvert toute la puissance du mal du péché et de la mort qui ont été balayées et vaincues définitivement. Ce qui inspirera à St Paul son hymne à l’amour de Dieu :« Qui nous séparera de l’amour du Christ ?……………….J’en ai l’assurance, ni la mort, ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent, ni l’avenir, ni les puissances, ni les forces des hauteurs, ni celles des profondeurs, ni aucune autre créature , rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ Notre Seigneur » (Rom.8,35,38,39)

Au cours de la célébration des Rameaux, nous voyons le Seigneur face à ces deux triomphes : le triomphe humain de l’entrée à Jérusalem et le triomphe divin de son amour infini dominant les forces du mal,du péchée et de la mort dans la Passion.

Le revirement de la foule qui exige la mort du Christ cinq jours seulement après l’avoir acclamé comme roi trahit l’extrême fragilité des triomphes humains. Cinq jours sulement après son entrée triompale dans Jérusalem, il ne reste rien de ce triomphe

Par contre le triomphe divin du Seigneur dont l’amour infini est venu à bout des forces du mal, du péché et de la mort dans sa Passion, rien ne peut le détruire. Rien ne peut venir à bout de la toute puissance de son amour comme nous le rappelait St Paul, il y a un instant.

Nous autres maintenant , quel genre de triompes, quel genre de succès allons-nous rechercher ? Les triomphes et les succès humains sont tentants. Allons-nous nous laisser séduire ? Ou allons nous nous décider à rechercher les succès et les triomphes aux côtés du Seigneur, « dont la puissance agissant en nous peut faire bien plus, infiniment plus que tout ce que nous pouvons désirer ou imaginer ? (Eph.3,20)

Dimanche 26 mars

5ème dimanche de Carême – Année A – Jn 11

« Je suis la résurrection et la vie. »

« Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra. » Tel est l’enseignement majeur de cet évangile. Mais il faut remarquer aussi 1°) la foi persévérante des Apôtres, alors qu’ils sont souvent décontenancés par les réactions du Seigneur,2°) la confiance totale de Marthe et Marie en Jésus, 3°)les larmes de Jésus devant le tombeau de Lazare et 4°)la perspicacité des témoins du miracle qui en voyant ce que Jésus avait fait, dépassent le simple prodige et crurent en lui..

Les apôtres sont décontenancés par la réaction de Jésus qui, lorsqu’il apprend que Lazare est malade ne part pas immédiatement lui rendre visite. Il faut savoir que lorsqu’on vient dire à Jésus « Seigneur, celui que tu aimes est malade » en réalité ce message veut dire « Viens le voir« . En effet, selon les usages , on ne dit pas brutalement « Viens le voir ». La politesse demande qu’on procède indirectement, par allusions. exactement comme Notre Dame à Cana ne demande pas à son fils de faire quelque chose, elle lui dit tout simplement « Ils n’ont plus de vin »(Jean 2,3) Or voilà que non seulement Jésus ne part pas pour Béthanie rendre visite à Lazare, mais il reste encore deux jours sur place et décide de repartir en Judée où tout récemment encore les Juifs voulaient le lapider. Les apôtres sont désorientés. Voyant cela, Jésus tente de s’expliquer « Lazare s’est endormi. « Rassurés les apôtres réagissent : s’il dort, alors il est sauvé. Mais Jésus leur dit clairement « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ». De nouveau, les apôtres sont complètement perdus. Thomas réagit « Allons y nous aussi pour mourir avec lui. »Complètement à côté de la plaque !Nous voyons là combien les apôtres, même s’ils sont « paumés », ne décrochent pas. Ils ne comprennent pas les façons de faire de Jésus, mais ils le suivent quand même.Fidèles dans leur foi et leur attachement au Seigneur ils sont pour nous des modèles.

Ils sont à la fois ridicules en même temps que touchants. Ridicules parce que bien souvent ils ne comprennent rien. Mais touchants aussi parce qu’au lieu d’être découragés devant un Maître aussi énigmatique, ils lui restent inexplicablement fidèles. Qu’est-ce donc qui les retient ? Quelque part au fond d’eux-mêmes un attachement plus fort que tous les malentendus. Un jour alors que beaucoup de disciples le lâchaient, Jésus se tourna vers les douze « Et vous, allezvous partir vous aussi ? » Alors jaillit la réponse de Pierre « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la Vie Eternelle. » (Jean 6,68) Comme les apôtres combien de fois ne sommes nous pas désorientés par ce qui nous arrive ou ce qui touche nos proches ? Et nous nous demandons Pourquoi ? Pourquoi le Seigneur permet-il que tel malheur, telle épreuve surviennent ? Mais sommes nous capables de la même obstination dans la confiance ?

Ce qui nous impressionne également dans ce récit, c’est la foi des deux soeurs de Lazare, sûres que si le Christ avait été là, leur frère ne serait pas mort. Dans son dialogue avec Jésus, Marthe va plus loin encore, elle affirme sa conviction que même encore maintenant, tout ce qu’il demandera à Dieu, Dieu lui accordera. Elle croit en la résurrection à la fin des temps, mais elle a entière confiance aussi que le Christ est la Résurrection et la Vie et que celui qui croit en lui, même s’il est mort vivra. En ce temps là, ce n’était pas si facile de croire en Jésus alors que la quasi totalité du monde clérical : les prêtres, les docteurs de la Loi, les scribes, les lévites et un bon nombre des pratiquants les plus assidus : les pharisiens , le considéraient comme un ennemi de la religion. Pour nous aussi aujourd’hui, ce n’est pas facile de croire quand la plupart des gens le dimanche matin font leurs courses au supermarché, font du jogging ou promènent leur chien au lieu d’aller à la messe. …..Avons nous la même assurance dans notre foi que Marthe et Marie ?

Après nous avoir rapporté la profession de foi de Marthe et Marie, St Jean nous amène alors à l’instant le plus émouvant de son récit : en voyant les deux soeurs de Lazare ainsi que ses amis en pleurs, Jésus, bouleversé se mit à pleurer. Il savait pourtant que dans quelques instants, il allait ramener Lazare à la vie, mais devant le chagrin de Marthe et Marie et de leurs amis, il a craqué et n’a pas pu retenir ses larmes. Cela veut dire que Dieu est humain. Cela veut dire que nos peines, nos souffrances, nos épreuves, nos tristesses,aussi bien que nos moments de joie et de bonheur, il sait ce que c’est, il est passé par là avant nous. On peut parler avec un Dieu comme ça, on peut prier un Dieu comme ça. Ce n’est pas un Dieu lointain, indifférent qu’il faut tenter de convaincre à coups de longues prières de nous venir en aide. « Votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous le lui demandiez » (Mt.6,8) Et St Paul insiste« ne soyez inquiets de rien mais en toute occasion par la prière et la supplication accompagnée d’actions de grâces, faites connaître vos demandes à Dieu » (Phil.4,6 ) Il nous invite même à exprimer notre action de grâces avant même d’être exaucés. C’est d’ailleurs ce que fait Jésus priant devant le tombeau de Lazare « Père, je te rends grâces parce que tu » m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours, mais je te le dis à cause de la foule qui m’entoure afin qu’ils croient que tu m’as envoyé.

Puis s’adressant à Lazare Jésus lui commande« Viens dehors » St Jean n’en parle pas mais on peut imaginer la stupeur et la joie de tous en voyant Lazare rendu à la vie ! Il conclut sobrement : « Beaucoup de Juifs ayant vu ce que Jésus avait fait crurent en lui » Dépassant ce miracle, ils sont remontés à celui qui avait fait ce miracle. Ce qui nous invite, nous aujourd’hui, à remonter jusqu’à la présence de Dieu agissant au milieu de nous à partir de tout ce qu’il peut y avoir de bien dans ce qui se passe autour de nous Car il n’y a qu’une source de bien c’est Dieu. Par conséquent, chaque fois que quelqu’un quelque part dans le monde dit ou fait quelque chose de bien, Dieu est là en train d’agir….. Mais savons nous regarder ?

Que retenir de tout cela ? 

Le Christ est la Résurrection et la Vie. Comme il a ressuscité Lazare, il nous ressuscitera un jour. Il l’a affirmé « Je veux que là où je suis, ils (mes disciples) soient eux aussi avec moi » (Jean17,24 )

Les maladresses des apôtres à comprendre les propos de Jésus nous consolent de nos propres difficultés à comprendre la parole de Dieu et leur attachement au Seigneur, malgré leurs difficultés à le suivre est pour nous un modèle de persévérance quand notre fidélité est tentée de faiblir.

Et puis la vigueur de la foi de Marthe et Marie comme le réalisme des témoins de la résurrection de Lazare qui, ayant vu ce qu’avait fait Jésus crurent en lui nous invitent à voir ce qu’il fait aujourd’hui dans nos vies. Je pense à tous ces gestes d’entraide et de solidarité, pendant la crise du Covid, devant les séismes en Turquie et en Syrie, je pense au dévouement des personnels soignants dans les hôpitaux et les Ephads. Le Seigneur est là, présent et agissant au milieu de nous à travers tout cela. J’ai peur qu’Il ne soit obligé aujourd’hui encore de nous faire le même reproche qu’il faisait un jour à ses disciples :Vous avez des yeux, ne voyez-vous pas ? Vous avez des oreilles, n’entendez-vous pas ?

Dimanche 19 mars

4ème dimanche de Carême, de Laetare – Année A – Jn 9

«   Il s’en alla et se lava ; quand il revint, il voyait. »

Du temps de Jésus, les Juifs pensaient qu’une maladie ou une infirmité était une punition divine pour un péché commis par celui qui en souffrait ou par ses parents. C’est pourquoi, à la vue de l’aveugle né, les apôtres demandent à Jésus qui a péché pour qu’il soit né aveugle. Personne n’a péché leur répond le Christ, il est né aveugle pour que se manifestent en lui les oeuvres de Dieu,c’est-à-dire pour qu’on voie, lorsque je vais lui rendre la vue, que je suis le Messie qui accomplit les oeuvres de Dieu et que je suis la lumière du monde. Là dessus, sans même attendre que l’aveugle le supplie de le guérir, le Seigneur,avec sa salive, fait de la boue dont il lui enduit les yeux et l’envoie se laver à la piscine de Siloé. Sans discuter, sans poser de questions, faisant confiance à Jésus, l’aveugle s’y rend et au retour, il voyait. Tout cela se passait un jour de sabbat.

Cette guérison n’est pas un simple geste de bonté ou un miracle parmi d’autres, c’est là un signe de la présence du Messie comme l’avait prophétisé Isaïe : quand il viendra: « les yeux des aveugles verront »(29,13) Mais l’opinion publique est divisée. Certains n’arrivent pas à y croire : cet homme n’est pas l’aveugle né qui serait guéri, mais quelqu’un qui lui ressemble, d’autres disent : c’est bien lui. Les pharisiens aussi sont divisés. Les uns pensent que Jésus est un impie puisqu’il opère des guérisons le jour du sabbat. Le autres disent qu’un pécheur ne pourrait pas accomplir des choses pareilles. Leur hostilité envers Jésus s’accroît. Ils refusent de croire au miracle et menacent d’exclure de la synagogue ceux qui y croiraient.

Pourquoi cette hostilité et ce refus de croire ? Pour deux raisons, d’abord la jalousie. Ils constatent que Jésus gagne toujours plus d’autorité et de prestige auprès de la foule impressionnée par la profondeur de son enseignement et par ses miracles. Avant qu’il ne commence à prêcher, c’est eux qui jouissaient de cette autorité et de ce prestige. Leur observation minutieuse de la Loi suscitait l’admiration et le respect de tous. La foule les considérait comme des maîtres. Aujourd’hui c’est Jésus que l’on considère comme un maître. Il est donc urgent pour eux de montrer à tous que l’enseignement qu’il donne aussi bien que ses agissements sont ceux d’un impie. Il a guéri l’aveugle un jour du sabbat, c’est là faire un travail. Or on ne doit pas travailler le jour du sabbat. Donc c’est un impie. La cause est entendue. En réalité le but des Pharisiens n’est pas de rétablir l’autorité de la Loi et le respect du sabbat, mais de déconsidérer Jésus en montrant qu’il est un impie et de restaurer leur prestige compromis par l’emprise croissante de Jésus sur le peuple.

D‘autre part les Pharisiens s’opposent à Jésus et refusent de croire en lui parce qu’il les bouscule. Il dérange l’univers paisible où ils évoluent, entourés de la considération de tous. Avec les prêtres et les docteurs de la Loi ils avaient bricolé l’Ecriture et la Tradition pour se fabriquer une interprétation de la religion à leur pointure, qui ne les dérange pas trop et leur assure la considération de tous. Ils ne peuvent pas accepter ce Jésus qui vient bouleverser leur tranquillité.

Nous autres aujourd’hui, nous avons bien des défauts, devant Dieu nous sommes tous des pécheurs, mais nous ne sommes tout de même pas tous, autant que nous sommes, des pharisiens. Cependant, est-ce que, parfois, nous ne sommes pas tentés, comme les Pharisiens, de rejeter le Christ parce qu’il nous dérange, parce que , comme les Pharisiens, nous voulons en faire à notre tête et diriger notre vie comme nous l’entendons, sans que personne ne vienne se mettre en travers ? Dostoïevski disait « O

Christ, Tu es venu pour nous gêner Le Christ dérange notre orgueil : nous ne sommes plus les maîtres, c’est sa parole qui devient l’inspiratrice de notre vie. Il dérange notre égoïsme : avec lui, il faut s’occuper des autres, alors que nous avons déjà tant à faire. Nous sommes tentés de le rejeter.

Car malgré les facilités et le confort que nous apporte les progrès de notre époque, voitures, téléphone, ordinateurs, internet, si nous voulons nous maintenir au niveau de vie élevé auquel nous sommes habitués, la vie est dure. Les rythmes de travail sont souvent à la limite du supportable, et nous avons de la peine à venir à bout de tout ce que nous avons à faire . Nous sommes alors tentés de trouver que le Christ, l’évangile, la religion nous compliquent l’existence et viennent alourdir, aggraver le poids déjà si lourd de nos multiples obligations. Nous sommes alors tentés de le rejeter, Allons nous, comme tant d’autres autour de nous, le renier ? Ou, au contraire, est-ce que, au coeur même de nos difficultés et nos épreuves, nous allons découvrir que le Christ est la vraie lumière qui révèle tout le sens toute la valeur toute la noblesse de nos efforts et de nos labeurs ? La femme, le mari, les enfants, le souci des autres, c’est lourd, d’accord. Mais « ce que vous aurez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’aurez fait » (Mt.25,40). Le travail, que ce soit à la maison, dans un bureau, un atelier, une école ou un hôpital, ce n’est jamais facile, parfois même inhumain ou déshumanisant. Mais c’est aussi notre participation au développement de la création, un complément bien modeste mais réel à l’épanouissement de l’oeuvre de Dieu dans l’univers.

Aurons nous la simplicité de l’aveugle né qui, accueillant la parole du Christ sans discuter, va se laver à la piscine de Siloé, se retrouve guéri et débouche dans la lumière ? Ou allons nous comme les Pharisiens, prétendre que nous voyons clair, refuser la lumière du Christ et nous enfermer dans nos ténèbres ? Qui est le Christ pour nous ? Celui qui illumine notre existence dont il révèle tout le sens, toute la valeur, toute la noblesse ? Ou bien n’est-il qu’un gêneur insupportable dont il vaut mieux se débarrasser ?

Que retenir de tout cela ? 

Trois choses.

1°) Jésus rend la vue à l’aveugle-né. Il fait passer l’aveugle des ténèbres à la lumière des yeux, mais aussi des ténèbres à la lumière de la foi. Car Jésus est la lumière du monde, qui éclaire non seulement nos yeux, mais aussi nos coeurs . Le Christ lumière du monde est la seule clarté à la lumière de laquelle on puisse voir tout le sens, toute la valeur, toute la noblesse de la vie humaine. Est-ce que ça nous intéresse ?

2°)L’évangile d’aujourd’hui nous montre que cette lumière, il faut aller la chercher, comme l’aveugle-né qui va à la piscine de Siloé. car si le Seigneur donne sa lumière à tous ceux qui la cherchent sans jamais repousser personne, il ne l’impose pas de force. C’est« Celui qui marche à ma suite qui aura la lumière qui conduit à la vie » nous dit-il en St Jean (8,12).

3°)Et surtout l’évangile d’aujourd’hui nous montre que dans notre monde il y a le camp de ceux, comme l’aveugle-né qui, voyant bien qu’ils ne voient pas clair, désirent la lumière, font tout ce qu’il faut pour l’obtenir, même si ça les dérange, et reçoivent la lumière quiconduit à la vie. Et il y a le camp de ceux, comme les Pharisiens, qui se targuent d’être éclairés, refusent la lumière (elle révélerait leur obscurité) ne veulent pas être dérangés et s’enferment à jamais dans les ténèbres et la perdition….. Dans quel camp voulons-nous nous ranger ? A chacun de choisir, s’il ne l’a pas déjà fait.