Dimanche 14 juin, 11e dimanche du T.O. la mission

Frères et sœurs,

au football, il y a des gens qui jouent perso et d’autres qui jouent collectif. Jouer perso, c’est-à-dire prendre le ballon et aller vers le but pour essayer de marquer tout seul. Ce n’est pas le style de Jésus. Jésus, lui, il joue collectif. C’est pour cela que, ce dimanche, nous lisons dans les textes l’envoi des apôtres en mission. Jésus aurait certainement pu accomplir la mission tout seul, mais cette mission n’aurait pas eu d’avenir.

Dès le début de son ministère, Jésus nous dit que, comme disciples, nous sommes appelés à être des missionnaires. Alors arrêtons-nous un instant sur ces aspects de la mission. Parce que, par notre baptême, nous aussi, nous sommes, comme dit la première lecture, une nation sainte, un peuple de prêtres. On pourrait dire aussi un peuple de prêtres, prophètes et rois. Et donc la mission, c’est à nous de la vivre. Il y a trois mots qui me sont venus en pensant à cette mission à partir de l’Évangile.

Le premier mot, c’est le mot de contemplation. Jésus commence par contempler la foule qui est devant lui. Il voit ce peuple et il est pris de pitié.

Le mot qui est utilisé pour dire que Jésus est pris de pitié pourrait se traduire aussi par : Jésus a des entrailles de mère pour ce peuple qui est devant lui. Ils sont comme des brebis harassées et prostrées. Il faut s’imaginer le peuple occupé par l’armée romaine, trahi certainement par ses chefs religieux.

Ce peuple aussi renvoie à différentes pages de la Bible, par exemple en Ézéchiel 34, où Dieu dit qu’il est tellement déçu par les pasteurs de son troupeau qu’il va venir lui-même et qu’il sera le pasteur de son troupeau. Lorsque Jésus est touché aux entrailles, nous pouvons nous demander si nous sommes touchés aux entrailles ou non devant les personnes qui sont prostrées, qui sont sans berger, qui sont perdues.

Je ne sais pas pour vous, mais moi, je vois tellement de misère autour de moi, en particulier dans le quartier où j’habite, que le risque, c’est de finir par se blinder, de finir par s’habituer, parce que nous ne pouvons pas répondre à toutes ces misères. Mais Jésus, lui, reste avec des entrailles de mère. Le risque pour nous, devant toutes ces foules sans berger qui sont autour de nous, c’est de nous décourager.

Mais Jésus nous montre que, dans la contemplation, il n’y a pas seulement la contemplation de la misère des foules. Il y a plusieurs manières de voir le monde, et c’est pour ça que Jésus change d’image. Il passe de l’image du troupeau perdu à l’image du champ à moissonner. Parce que Dieu n’abandonne jamais son peuple et que, comme dans le désert, à la première goutte d’eau, il y a beaucoup de petites plantes qui naissent.

Et c’est ce que nous voyons autour de nous actuellement, dans l’Église, dans le monde. Il y a beaucoup de gens qui s’interrogent sur le sens de leur vie. Il y a beaucoup de gens qui frappent à la porte de l’Église, qui cherchent du sens, qui ont fait l’expérience de la Bonne Nouvelle de Jésus.

Voyez, le monde autour de nous, ce n’est pas simplement des gens perdus, ce sont des gens que Dieu rejoint. Voilà ce que nous pouvons contempler.

Ça, c’est le premier point : la contemplation.

Le deuxième mot qui me venait, c’est le mot de prière. On peut se demander pourquoi Jésus, qui voit ce champ à moissonner, ne dit pas : « Bon, toi tu vas là-bas, on va faire ceci, cela. »

Non, il ne commence pas comme ça. Il dit : « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »

Et le plus étonnant, c’est que les gens à qui il demande de prier, ce sont eux qui vont être envoyés quelques minutes plus tard.

Pourquoi ?

Jésus veut nous dire que la mission, ça commence toujours par la prière. Même Jésus commence toujours la mission par la prière. C’est-à-dire que la mission ne nous appartient pas ; la mission, elle se reçoit d’un autre, elle se reçoit du Père. C’est pour cela que Jésus nous invite à nous tourner vers le maître de la moisson. Pour découvrir que c’est lui le maître de la moisson et c’est lui qui a fait germer tout ce qu’il y a dans le champ. Donc c’est à lui que nous devons nous remettre.

Et puis la deuxième utilité de la prière, c’est sans doute de nous transformer nous-mêmes, d’être prêts à accueillir la mission. Donc, quand Jésus dit : « Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson », il ne s’agit pas simplement de penser que Dieu pourrait envoyer quelqu’un d’autre, mais aussi qu’il pourrait m’envoyer moi et de préparer son cœur.

Et le troisième mot, c’est la mission. Etre en mission, ça veut dire « être envoyé », et apôtre, ça veut dire « envoyé » également.

Ce qui est très important dans la mission, et Jésus le dira plus tard dans l’Évangile de Matthieu : « Celui qui m’accueille, c’est moi qu’il accueille. » C’est-à-dire que celui qui est envoyé est le représentant de celui qui l’envoie. Il est la présence de celui qui l’envoie au milieu de son peuple. C’est très fort, ça. Ça veut dire que les apôtres sont appelés à être comme Jésus au milieu de leur peuple.

On ne le voit pas dans cette découpe de l’Évangile, mais nous voyons que Jésus demande à ses disciples de faire exactement ce qu’il a fait : annoncer que le Royaume des cieux est tout proche, guérir les malades, ressusciter les morts, purifier les lépreux, expulser les démons.

Donc Jésus nous appelle à être sa présence au milieu du monde et à faire ce qu’il a fait. Demandons-nous si notre présence est une présence guérissante pour les autres.

Demandons-nous aussi si nous avons assez de foi dans la mission. Jésus dit : « Ressuscitez les morts. » C’est pour bien nous faire comprendre que cette mission est beaucoup plus forte que nous. Jésus nous dit : « Ressuscitez les morts. » Autrement dit, il nous dit que cette mission vous dépasse. Mais ayez foi.

Demandons la grâce de nous laisser toucher.

Demandons la grâce de prier le maître de la moisson pour renvoyer tout à lui.

Demandons la grâce d’être la présence de Jésus au milieu de ceux qui en ont besoin.

Amen

1 réflexion sur “Dimanche 14 juin, 11e dimanche du T.O. la mission”

  1. 👋 r père

    l image du foot bel exemple.Seul nous pouvons rien….mais travailler ensemble c est difficile… nous pouvons avoir le meme projet mais pas le même chemin.
    nous sommes uniques.
    nous avons notre vécu notre culture …..bref mais pour essayer de travailler ensemble dans un 1er temps jésus l habite il est notre frère et il a des dons que je ne possède pas nous sommes complémentaires…il a ses qualités et ses défauts tout comme moi…
    alors demandons cette grâce a Dieu d accepter l autre comme il est et pas comme je voudrai qu il soit.

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